La chronique d'Abdellah AJNAH
Quand la rumeur aphrodisiaque devient meurtrière
EN OUGANDA, sur une grande partie du parc national des chutes Murchison qui borde la rive orientale du lac Albert, le rhinocéros blanc trouve des conditions de vie véritablement idéales. Cette espèce, qui a dû, aux époques préhistoriques, peupler la presque totalité du continent noir, ne se trouve plus guère qu'en ce lieu, car elle est malheureusement à la limite de l'extermination.
Dans les livres d'aventures, écrits généralement par des chasseurs ou par des écrivains qui n'ont jamais pris la peine d'aller vérifier sur place les dires des premiers, ces colosses sont dépeints comme des créatures irascibles, toujours disposées à la charge meurtrière. La rumeur est infondée. Ceux qui ont approché le rhinocéros blanc peuvent témoigner qu'il est parfaitement inoffensif. Le contact de ces créatures avec les hommes eut des conséquences dramatiques. Le prétendu pouvoir aphrodisiaque attribué par la pharmacopée chinoise aux cornes des rhinocéros fut à l'origine d'un braconnage intense. Cette deuxième rumeur fut aussi meurtrière.
De même en politique, la rumeur peut avoir des conséquences dramatiques pour les hommes...
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