La chronique d'Abdellah AJNAH
Harmonie
EN AFRIQUE, si l'on passe la nuit sous la tente, il est pratiquement impossible de faire la grasse matinée, car, sitôt le lever du soleil, la nature s'éveille et salue le jour. C'est un chant magnifique et subjuguant qui monte de la prairie, et bien endurci serait celui qui résisterait à l'envie de mettre le nez dehors pour découvrir les auteurs de cette mélodie. Sur les rives du Seronera, le plus grand choriste est sans conteste le barbu d'Arnaud.
Du haut des acacias, les couples de barbus honorent l'astre qui monte à l'horizon. Le mâle et la femelle se tiennent l'un contre l'autre et, tout en remuant latéralement la queue, poussent leurs cris monotones. Cette mélodie grinçante et métallique a ceci de particulier que l'un des partenaires lance une note, toujours la même, qui s'harmonise avec celle de sa compagne, composant ainsi le chant caractéristique de l'espèce.
Chaque fois qu'il s'agit de ramasser des voix, la droite et la gauche chantent de la même voix : "Plus de bonheur pour moins de malheurs !"
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