Conseil Général de l'Hérault
ODAC et logement social au menu de la session ordinaire
LA PREMIERE session de l'année 2002 du Conseil Départemental de l'Hérault s'est déroulée le 27 janvier dernier. Elle fut l'occasion d'apporter quelques décisions modificatives au budget 2002.
La fin programmée de l'ODAC
Cette session a été marquée par un fait majeur : la disparition de l'Office départemental de l'action culturelle. C'est Jacques Atlan, Président de la commission culture, qui a demandé à l'Assemblée de prononcer la "mort programmée" de l'ODAC. Il a souligné : "Ce n'est pas le décès de l'ODAC, mais il s'agit uniquement d'intégration des services du Département".
Créé le 29 février 1979 sous forme d'une association loi 1901, l'ODAC conduit pour le compte du Conseil général plusieurs opérations d'envergure départementale. Il s'agit essentiellement du Mois de la Jeunesse, des Rencontres Méditerranéennes et de Primeur d'Automne.
C'est l'évolution du paysage culturel sur le territoire de l'Hérault qui conduit les services du Département à cette double initiative : "disparition - intégration".
"Nous aurons affaire à d'autres partenaires" a précisé le conseiller général du canton de Saint Jean de Védas. Il a fait remarquer que "les communes et structures intercommunales se sont dotées des outils nécessaires pour mener des actions culturelles." Le Département s'est aussi doté des services et moyens internes pour conduire sa politique culturelle. Ce sont aujourd'hui 120 agents et 7 Millions d'Euros que le Département de l'Hérault mobilise sur cette politique.
Et de conclure que "ces évolutions conduisent le Département à rechercher de nouveaux modes d'intervention". Désormais, le Département s'engage dans le développement d'une politique de conventionnement entre collectivités locales. "Pour venir en appui à leur capacité d'intervention", Jacques Atlan tout comme André Vézinhet ont parlé d'une seule voix. Ceci n'est qu'un couronnement d'une politique chère au Président du Conseil général : "Une politique de partenariat et non pas de guichet".
Quant au personnel de l'ODAC, il sera réintégré aux services du Département.
L'unanimité du vote du Conseil Départemental n'a pas laissé Jacques Atlan indifférent. Il a saisi l'occasion pour commenter la décision de l'Assemblée : "L'unanimité est un signe très encourageant pour la suite".
Le logement social
Un autre débat a animé cette première session, c'est celui du logement social. Il s'agissait de se prononcer sur une délibération courante : "Garantie d'emprunts" pour l'ODHLM Hérault. André Vezinhet a lancé le débat autour du logement social : "Nous devrions être aujourd'hui à un rythme de 2000 logements par an." Dans un département où la construction de logements sociaux ne dépasse guère 700 par an, André Vezinhet n'a pas mâché ses mots et a lancé un cri d'alarme : "Il y a une obligation de construire, il faut reprendre les choses en main. La demande ne cesse de croître". En dehors du rythme de construction, il s'agit de toute une politique. "Il faut favoriser la mixité sociale, construire du logement intermédiaire et donner un coup de pousse au logement privé et à la copropriété." a précisé le Président du Conseil général, qui est aussi conseiller général du canton de Montpellier 9 qui englobe, entre autres, le quartier de la Paillade. André Vezinhet connaît parfaitement le sujet, vu que ce quartier abrite un grand parc de logements sociaux. Il est certes le mieux placé pour tirer la sonnette d'alarme. Tous les élus, maires et conseillers généraux, sont concernés par ce dossier de logement social.
Le débat est lancé et l'occasion est saisie par les conseillers généraux, l'un après l'autre, pour enrichir "un débat essentiel" selon les termes d'André Vezinhet. C'est Claude Barral (PS) qui est le premier à s'exprimer. Il a déclaré : "Il y a des gens qui ont gagné des élections en tenant un discours contre le logement social." L'ancien maire de Lunel, qui a perdu la mairie en face de l'actuel maire Claude Arnaud, gagnant sans étiquette avec une "liste apolitique", a donné un peu plus de détails pour éclairer l'Assemblée sur ses propos : "Ils disent qu'ils sont apolitiques". Il apparaît que les Lunellois n'ont pas encore rangé l'artillerie. D'autant plus que Claude Barral a suggéré à l'Assemblée de "tenir compte de l'aspect du logement social dans le cadre des contrats de villes." Et de conclure : "Il ne faut pas que le Département soit uniquement un tiroir caisse". Une expression chère à André Vezinhet qui a commenté : "Vous voyez que ma démarche est plus douce que celle de Monsieur Claude Barral, mais je souscris entièrement à la sienne". Jacques Blin (PC) a appuyé la position de Claude Barral tout comme celle d'André Vezinhet.
Un signe de satisfaction est venu du côté de Pierre Guiraud, Président de l'OPHLM de l'Hérault, qui est intervenu en fin connaisseur du dossier : "On ne prêche pas dans le désert. Certains maires ont déjà compris et ils font de la mixité sociale". Toutefois, il a soulevé un autre aspect de cette problématique : "Le grand problème, c'est le foncier. Le prix du sol qui flambe dans ce département".
Robert Lecou (DL) s'est prononcé au nom de l'opposition et a souligné que "la mixité sociale s'étend aussi à l'intérieur de la ville". Et de conclure : "Les deux politiques de l'emploi et du logement sont liées".
Un vote à l'unanimité de la décision modificative du budget a couronné le débat.
Montpellier, le 12-02-2002
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