Conseil Municipal de Montpellier
Culture, laïcité, législatives et futur Hôtel de Ville, un Conseil qui n'a pas manqué d'animation
Lundi 25 février, s'est tenu à l'Hôtel de Ville de Montpellier la séance publique du Conseil Municipal. L'ordre du jour comptait 64 affaires.
C'EST sous le signe des échéances électorales prochaines que tout le monde attendait ce Conseil Municipal de Montpellier du 25 février. Mais, d'entrée de jeu, les discussions se sont focalisées sur la laïcité. Un sujet qui devient cher aux élus montpelliérains. Pour donner le ton à la séance, un bref échange a eu lieu entre le Député-maire de Montpellier, Georges Frêche, et Olivier Dugrip, chef de file de la droite au sein du Conseil Municipal, décidé plus que jamais à faire barrage au projet de construction d'une salle polyvalente à la Paillade qui est, à priori, destinée à être utilisée comme lieu de culte pour les musulmans.
Une fois cette mise au point faite, Georges Frêche a abordé l'ordre de jour qui contenait 64 affaires des plus ordinaires.
Faisant allusion à l'octroi par le ministère de la Culture, à la Ville de Montpellier, d'une enveloppe couvrant 34 % du budget nécessaire pour les travaux de rénovation du musée Fabre, alors que les subventions attribuées aux Villes de Lille et de Saint-Étienne, couvrent 50 % des budgets prévus pour les travaux de leurs nouveaux musées, Georges Frêche est monté au créneau : "Cet après-midi, j'ai envoyé un télégramme sec à Madame Tasca, car je ne comprends pas pourquoi l'État agit à la tête du client", avant d'ajouter : "Si on ne reçoit pas 50 % de notre budget, on ne démarrera pas les travaux du musée Fabre". Mais le maire de Montpellier a affiché un optimisme certain : "Nous aurons cet argent et ce avant que Jospin ne vienne à Montpellier".
Les Législatives de juin 2002 sont à l'honneur !
Le Conseil a été appelé à se prononcer sur une délibération qui fixe les modalités d'attribution des salles municipales aux candidats aux Législatives. "Une salle gratuite par candidat et par circonscription dans la partie ville" précisait la délibération. Majorité et opposition ont fait l'unanimité.
Après une succession d'affaires culturelles qui ont permis de faire régner un peu de calme au sein de l'Assemblée, les élus ont été amenés à se prononcer sur une délibération qui préconise la construction de la médiathèque William Shakespeare, prévue pour octobre 2003, et devant couvrir les quartiers Petit Bard, Astruc, Alco, les Cévennes, Celleneuve, Clémentville, la Martelle et la Chamberte. Cela a ouvert le ballet des contestations des prétendus candidats sur la deuxième circonscription.
En premier lieu, c'est Martine Petitout, élue de l'opposition municipale, qui s'est donné la peine d'"aller vérifier la fréquentation des lieux culturels de la Ville"; elle a révélé les résultats de sa minutieuse enquête : "A la médiathèque Garcia Lorca, il y a plus de personnel que d'abonnés". Une fois de plus, "madame contribuables" a fait preuve de son savoir-faire en matière de calcul. "Il faut profiter des structures existantes." proposa-t-elle.
Comment, face à de tels propos, "le défenseur des arts et des belles lettres" peut-il rester passif ? Georges Frêche, sortant son sabre, a déclaré : "Vous me faites penser à Voltaire qui disait qu'il ne faut pas éduquer le peuple pour éviter qu'il ne se révolte".
"C'est un projet électoraliste. C'est l'argent des contribuables" a alors répliqué "la protectrice de l'argent public", Martine Petitout. Elle a voté contre la délibération.
Chacun sa laïcité
Un autre dossier a engagé le débat et a enflammé les esprits, il s'agit d'une délibération qui fixe la participation de la Ville au financement des écoles d'enseignement privé sous contrat d'association avec l'Etat. Philippe Thinès (PRG) a fait l'éloge de l'école républicaine et a demandé de "ne pas affecter de subventions aux élèves des classes maternelles de l'enseignement privé", et d'ajouter : "Il faut diviser par deux la subvention accordée aux élèves des classes primaires de l'enseignement privé". Il a défendu avec ardeur "l'école laïque et républicaine". Après une telle intervention, la soeur ennemie, Françoise d'Abunto, autre membre du Parti Radical de Gauche, ne pouvait rester sans voix. Elle a donné sa version de la laïcité : "Tolérance, fraternité et solidarité".
Cette séance a vu également le vote d'une délibération qui permet à l'OPAC de Montpellier (ACM) un droit de préemption sur la copropriété du Petit-Bard. Une cité qui compte 806 logements. Georges Frêche a précisé : "Notre objectif est de devenir majoritaire. Il faut que l'ACM arrive à être propriétaire de 404 appartements au sein de cette cité". Une occasion pour le Député-maire de Montpellier, qui est candidat à sa propre succession, de faire valoir les soins qu'il apporte à ce quartier.
La droite s'est mobilisée contre cette délibération. "Projet électoraliste!" s'est exclamée Martine Petitout, qui est désormais opposée à tout projet devant voir le jour sur la deuxième circonscription.
Au moment de voter les projets du contrat de Ville, Georges Frêche a fait l'économie de contestation à l'opposition, en précisant à chaque projet le nom du quartier et la circonscription. Parmi ces projets, figurait la salle polyvalente de la Paillade. Ainsi, lorsque Olivier Dugrip a réitéré son opposition au projet de construction de cette salle devant servir de mosquée, Georges Frêche a déclaré : "Ne soyez pas des Le Pen, vous valez mieux.", et d'enchaîner : "Ne seriez-vous pas racistes à l'égard des musulmans, vu que vous avez bien voté pour des projets de lieux de culte pour les disciples des autres religions ?" L'opposition a voté contre l'ensemble des projets des contrats de Ville.
En 2008, Montpellier aura un nouvel Hôtel de Ville et peut-être aussi un nouveau maire !
La séance se termina avec une délibération qui permet le lancement du concours de maîtrise d'oeuvre pour le nouvel Hôtel de Ville de Montpellier et le quartier formant son environnement. Lieu : "Dans le secteur des Aiguerelles, au sud de l'avenue du professeur Etienne Antonelli, sur un site bordé par le Lez et le ruisseau des Aiguerelles, dans l'axe du futur port Jacques Coeur".
"L'actuelle mairie n'est pas digne de la Ville de Montpellier" a clamé Georges Frêche, ventant par ailleurs les mérites de certaines mairies telles que celles de Paris ou de Toulouse, abritées dans des bâtiments au cachet historique, une chance que Montpellier n'a pas eue. "Malgré toute leur bonne volonté, les élus ont vraiment du mal à travailler dans des locaux aussi exigus" a regretté Michel Passet (PC), appuyant l'urgence de la construction d'un nouvel Hôtel de Ville. De son côté, l'opposition a rejeté ce projet.
Le concours doit être bientôt lancé pour désigner l'architecte de cette structure. Livraison prévue pour 2008, après les élections municipales de 2007. Georges Frêche a déclaré: "Ce n'est pas pour moi que je compte construire cette mairie, mais c'est pour mon successeur." Scoop de la soirée. Le calme a régné, les yeux ont brillé et les prétendants à la succesion...
Montpellier, le 26-02-2002
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