Conseil Municipal de Montpellier
L'urbanisme entre dans l'ère "Frêche, Guibal and Co"
Marcredi 27 mars, s'est tenu à l'Hôtel de Ville de Montpellier la séance publique du Conseil Municipal. Hommages, urbanisme et fiscalité étaient au menu.
C'EST sous le signe des hommages que le Député-maire de Montpellier, Georges Frêche, a ouvert le Conseil municipal du mercredi 27 mars 2002. Un premier hommage a été rendu à François Delmas, maire honoraire de la Ville. Georges Frêche a rappelé que "la famille du disparu a souhaité que cet hommage ne soit pas public et qu'il ait lieu dans la discrétion." Il s'est alors contenté de demander aux conseillers municipaux d'observer une minute de silence en hommage à son prédécesseur.
Un autre moment d'émotion, ce fut lorsque Georges Frêche a évoqué la tuerie qui s'est déroulée moins de vingt-quatre heures auparavant, à Nanterre, à la fin du Conseil municipal. Le Député-maire de Montpellier a rappelé qu'il a adressé, au cours de la matinée, un message de solidarité et ses condoléances à la Députée-maire de Nanterre, la communiste Jacqueline Fraysse Cazalis : "Un message adressé au nom des membres du Conseil municipal et de tous les Montpelliérains et Montpelliéraines." a-t-il précisé. Cette occasion a permis au Député-maire de Montpellier d'apaiser et de rassurer. "Il n'est pas question de tomber dans l'excès, mais nous prendrons les dispositions nécessaires." a-t-il déclaré, avant d'ajouter : "La mairie ne peut pas devenir un bunker."
L'heure était au recueillement et pas aux débats. Aucun commentaire n'est venu s'ajouter à l'intervention de Georges Frêche.
"Frêche, Guibal and Co" remplacera désormais "Frêche, Dugrand and Co"
Ce sont les dossiers de l'urbanisme et des bâtiments municipaux qui ont dominé ce Conseil municipal. Tout d'abord, une enveloppe de 487 840 Euros a été votée au bénéfice de l'aménagement et de la remise en état des locaux municipaux situés au 27, boulevard Louis Blanc. Une opération qui s'inscrit dans le domaine du "développement des Relations Internationales de la Ville, notamment au niveau de la Solidarité Internationale et des Droits de l'Homme" a précisé Bernard Fabre, adjoint aux Relations Internationales.
L'aménagement en cours de la ZAC Port Marianne - Consuls de Mer, et la saturation des groupes scolaires alentour ont incité les services communaux à prévoir la construction d'un groupe scolaire dans ce secteur. Georges Frêche a argumenté : "C'est un quartier qui connaît une augmentation forte en population. C'est une affaire urgente." D'autant plus que le développement de la Ville vers la mer est un thème cher à celui-ci. Le coût de l'opération a été fixé à 3 140 450 Euros. La dénomination Jean Jaurès a été retenue pour l'école élémentaire et celle de Geneviève Anthonioz-de-Gaulle pour l'école maternelle. Le Conseil municipal a procédé à la constitution du jury appelé à désigner le lauréat.
Ce Conseil municipal a également été marqué par le vote d'une délibération qui préconise la restauration de la promenade du Jardin du Peyrou. Vu l'état de l'ensemble des sols de la promenade, un programme de rénovation a été lancé au cours de l'année 2000. "Il s'agit de la restauration des sols des promenades basses." a déclaré Michel Guibal, adjoint à l'urbanisme. L'occasion pour Georges Frêche de préciser que désormais, "le Jardin du Peyrou sera définitivement fermé aux voitures".
Olivier Dugrip, chef de file de l'opposition de droite, a proposé de mettre en place un jardin pour enfants et un espace pour les boulistes. "Je prends note" a déclaré Georges Frêche, qui a ajouté : "Le Jardin du Peyrou est un lieu où se déroule chaque année le challenge international de la pétanque." Et d'ironiser : "Merci Monsieur Dugrip de vous joindre à nos réalisations."
Les dossiers de l'urbanisme se sont succédés. Le débat s'est animé lors de l'élection des membres du jury pour le concours de maîtrise d'oeuvre du quartier Nouveau Saint-Roch. C'est Michel Guibal qui a planté le décor en présentant le dossier : "Une évolution importante de ces installations est nécessaire pour pouvoir répondre convenablement à l'accroissement du trafic des voyageurs, afin d'améliorer son accessibilité aux piétons, aux véhicules et aux transports en commun." Et d'entrer dans le vif du sujet : "Il s'agit d'organiser la réalisation d'un quartier nouveau autour de la gare accueillant des équipements publics, notamment un parc public et un parking de 1550 à 2000 places". A ceci s'ajoutent des équipements divers (hôtels, commerces), des logements et des bureaux. Une telle évolution est toutefois conditionnée par la libération des terrains occupés actuellement par la SERNAM.
De même, le terrain Baurès appartenant à la Poste est en ligne de mire de la municipalité. Une éventualité qui aboutira à un levé de bouclier de la part des employés de la Poste qui disposent d'un parking gratuit. Georges Frêche envisage de "mettre des places de parking à la disposition des usagers de la Poste, dans les mêmes conditions qu'aujourd'hui." Autrement dit, il compte préserver la gratuité de ces places. "En plus, ils auront un abri pour leurs véhicules, ce qui n'est pas le cas aujourd'hui." a-t-il déclaré.
Olivier Dugrip a rappellé "une proposition qui consistait autrefois à intégrer la construction du collège Clémenceau dans ce quartier." Georges Frêche a refusé de débattre autour d'un thème qu'il a estimé ne relevant pas des compétences de la mairie : "C'est un collège et un lycée, c'est une affaire qui relève des compétences du Rectorat, du Conseil général, du Conseil régional et de l'Etat. Nous n'allons pas commencer à délibérer à la place des autres." Lorsque Olivier Dugrip a insisté, Georges Frêche a rétorqué : "Vous faites une fixation sur le collège, Monsieur Dugrip. Vous devriez y retourner."
Le festival de l'urbanisme s'est poursuivi tout au long du Conseil, et Georges Frêche a déclaré : "Lorsque Monsieur Raymond Dugrand a quité notre équipe, cela nous a fait de la peine. Les commentateurs parlaient à l'époque de Frêche, Dugrand and Co." Et d'ajouter : "Vous assistez ce soir à la naissance de Frêche, Guibal and Co.".
"Baisse globale du volume des impôts : impôts ménages et TEOM"
Vint alors le vote des taux d'imposition de la Ville. C'est Hélène Mandroux-Colas, première adjointe au maire, déléguée au budget, qui a pris en charge la présentation du dossier. L'évolution du paysage de l'intercommunalité et l'application de la loi Chevènement ont entraîné une nouvelle répartition des impôts.
"Avec la création de la Communauté d'agglomération, la Ville gère désormais l'ensemble des impôts ménages, tandis que la taxe professionnelle est transférée à la Communauté d'agglomération." a-t-elle précisé. Cela signifie que la commune reprend les parts de la taxe d'habitation, de la taxe foncière et du foncier non bâti qui étaient jusqu'à présent perçues par le District. "En clair, le contribuable de ces trois taxes paiera donc à la Ville le cumul du taux de la Ville et de l'ancien taux du District. En revanche, il ne paiera plus rien à la Communauté d'agglomération." a expliqué Hélène Mandroux-Colas, qui a ajouté : "Les entreprises montpelliéraines, qui vont payer la taxe professionnelle à la Communauté d'agglomération, constateront une baisse de 1,2 % de leur cotisation". La candidate socialiste sur la quatrième circonscription n'a pas omis de rappeler que "cette baisse se poursuivra sur les deux prochaines années."
Les taux d'imposition pour 2002, proposés au Conseil, sont les suivants : taxe d'habitation à 21,15 %, taxe foncière à 29,32 % et taxe sur le foncier non bâti à 106,00 %. Ce qui traduit une augmentation de 1,5 %. D'un autre côté, la taxe d'enlèvement des ordures ménagères (TEOM) va voir une baisse de 41 %. "Réduire la TEOM est l'option la plus solidaire et la plus équitable." a asséné Hélène Mandroux-Colas.
A sa grande joie, l'adjointe au budget a déclaré : "La notification définitive des bases d'imposition et des compensations fiscales détermine une recette supplémentaire de 1,6 Million d'euros, la croissance des bases ayant été favorable." Ceci sera affecté à des projets d'investissement.
L'opposition de droite a donné carte blanche à Martine Petitout pour monter au créneau. Fidèle à ses habitudes, elle a sorti sa calculette et ses tablettes pour établir des comparaisons. Celle qui se positionne comme étant "la protectrice des contribuables et la gardienne des économies des citoyens" a décoché ses flèches. S'adressant à Georges Frêche : "Vous n'êtes qu'un flambeur !" Ce dernier, portant son bouclier, a rétorqué : "Je préfère être Georges le flambeur que Pierrot le fou". A son tour, il a donné sa version comparative, et les chiffres ont tourné à l'avantage de la majorité municipale.
En fin de compte, la majorité a voté pour, l'opposition a voté contre et les taux d'imposition ont été adoptés.
Montpellier, le 28-03-2002
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