Intercommunalité
Entretien avec Jean-Pierre Moure
Maire de Cournonsec et conseiller général de l'Hérault
Jean-Pierre Moure, maire de Cournonsec et conseiller général de l'Hérault, canton de Pignan. Il est président de la commission solidarité et affaires sociales au Département et président du Centre Communal d'Action Sociale (CCAS). Il est également président du Conseil d'Architecture, d'Urbanisme et de l'Environnement de l'Hérault (CAUE).
La Citoyenneté : Vous êtes un des partisans de l'Agglomération de Montpellier. Vous êtes aussi président du Conseil d'Architecture, d'Urbanisme et de l'Environnement de l'Hérault (CAUE). Comment voyez-vous cette collaboration entre les deux structures ? Le CAUE ne va-t-il pas jouer le rôle de catalyseur pour l'Agglomération, sachant qu'au niveau du CAUE, il y a à peu près 120 communes ?
Jean-Pierre Moure : Ce sont deux structures de dimensions et d'objectifs tout à fait différents. D'une part, la Communauté d'agglomération qui est effectivement l'un des éléments clés de l'intercommunalité en devenir, puisqu'elle s'appuie sur une loi récente qui est la loi Chevènement, mais qui a pour objectif de tracer le cadre harmonieux de l'aménagement et du développement futur de l'aire métropolitaine montpelliéraine. De même pour le Biterrois, le Sétois... A côté de cela, il y a des organismes qui interviennent dans des domaines de l'environnement, de la qualité.
Je crois que ce qui réunit les deux, c'est le fait que le projet de l'Agglomération soit un projet et non une juxtaposition d'idées, de mesures, qui sont prises ici ou là en termes d'équipements. C'est une opération d'ensemble qui vise l'avenir, l'économie, l'espace, la rationalité et le CAUE. Le CAUE est un organisme qui travaille beaucoup en termes d'approche globale.
Dans la mise en place de ce que sera le SCOT - les différents schémas de secteurs au sein de l'Agglomération -, le CAUE peut être sollicité directement par l'Agglomération ou par différentes parties prenantes liées à l'Agglomération. Il fera en sorte de communiquer ses avis, ses conseils, ses écoutes, ses croisées entre les différentes parties prenantes, de manière à faciliter la traduction sur le terrain d'un projet harmonieux. Par exemple, quand on dit que l'Agglomération doit, d'une part, préserver certains sites à vocation plus "poumon vert", tels que les collines, les pinèdes, et d'autre part, travailler en harmonie avec la préservation des étangs, du littoral, des plages, mais également bien oeuvrer dans le sens de la revitalisation du patrimoine, des coeurs de villes de cette Agglomération. Je crois que le CAUE a un savoir-faire, il a des équipes, des ressources pour le faire. Nous, au contact d'architectes, de paysagistes, nous pouvons effectivement jouer un peu ce rôle de partenaire visant à faciliter et éclairer le débat.
La Citoyenneté : A propos de la collaboration avec la Communauté d'agglomération de Montpellier, qu'attendez-vous de celle-ci, vu que vous êtes quand même attaché à l'intercommunalité ?
Jean-Pierre Moure : Je ne vois pas comment on se voudrait être responsable de collectivité locale et ne pas être attaché à l'intercommunalité. Aujourd'hui, tout passe par là, si on veut être cohérent par rapport aux problèmes à résoudre, aux solutions à apporter. Cette coopération, je la situe très bien en termes de différents niveaux, en termes de complémentarité. L'Agglomération doit se fixer comme objectif d'assurer ce qu'on appelle les infrastructures, de planter le cadre général, le squelette des enjeux forts qui sont relatifs à ces compétences. Et puis, ce n'est pas du tout exclusif d'une intercommunalité de proximité qui est d'ailleurs incarnée par le Sivom qui, au-delà des compétences qu'il perd parce qu'il rentre dans l'Agglomération, notamment le traitement des déchets et l'assainissement, est en train de développer très fortement une animation et une action de proximité, un rôle de faciliteur, de relais entre les communes et le Département ou l'Agglomération. Cela me paraît très important pour la population par rapport au fait de vivre une vie de proximité très active.
Vous savez, quand on vient de sortir un guide culture, animation jeunesse à plus de 5000 exemplaires, très récemment, suivi d'un agenda pour l'ensemble des manifestations, cela veut dire que sur le terrain de la proximité, naissent des actions, se croisent des initiatives, se partagent des savoir-faire, que ce soit sur le plan économique, social, culturel. Et ça, c'est le rôle de l'intercommunalité de proximité, avec l'appui logistique fort que peut donner ponctuellement ou de façon générale sur de grosses compétences, l'Agglomération, ainsi que sur des équipements de niveau intercommunautaire, qui seront soit un intérêt communautaire d'ensemble par rapport à l'Agglomération, soit peut-être aussi un intérêt communautaire de proximité sur les principaux secteurs ou bassins d'emploi internes à cette Agglomération.
La Citoyenneté : Concernant cette intercommunalité, selon vous, ne faut-il pas changer le mode de représentativité, passer à une élection directe des représentants au sein des structures intercommunales ?
Jean-Pierre Moure : Cela viendra, le vent de l'histoire va vers cela. Cela veut dire qu'il y aura effectivement des représentants qui seront élus directement pour représenter telle collectivité, au niveau d'un territoire plus important. Ce qui est important, c'est la lisibilité d'une population et puis le fait de sentir qu'on a des élus de proximité qu'on peut contacter rapidement, sur lesquels on peut s'appuyer, et qui prennent en compte directement cette même proximité de site, d'intérêt ou de questions à traiter. En fait, il faut mixer les deux. Mais il ne faut pas se tromper de débat, car ce n'est pas parce qu'on va traiter l'assainissement ou le développement économique à des niveaux beaucoup plus importants que les élus qui sont en charge de cela sont ou ne sont pas conscients de l'intérêt de telle localité. Je crois qu'il y a également beaucoup de pédagogie à donner auprès des populations quant à savoir comment on doit prendre les choses pour les faire aller dans le bon sens.
Il faut qu'on comprenne qu'on est au 21ème siècle et que le fait que chaque commune ait son petit stade ou ses associations, à un certain moment, il faut fédérer intelligemment, pas tout, mais il y a des éléments de regroupement pertinents qu'on doit mettre en place. Ainsi, les élus doivent avoir une dimension ad hoc pour pouvoir le faire. Parce que quelque part, c'est toujours quand même le contribuable qui paie. Donc, à une certaine échelle, cela permet de réduire positivement la charge pour les citoyens et les contribuables.
Montpellier, le 15-04-2002
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Jean-Pierre Moure commente l'actualité
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