Vie publique
Le rôle des partis
L'ELU au suffrage universel se veut le représentant de ses électeurs et du peuple tout entier, et cela n'est pas sans poser parfois des problèmes de compatibilité entre les intérêts particuliers des premiers et l'intérêt général.
Mais il est aussi, et peut-être avant tout, le représentant de la formation politique à laquelle il appartient. C'est en effet l'"étiquette" du candidat qui mobilise le plus d'électeurs en sa faveur, même si sa dimension personnelle peut jouer lors du scrutin.
Il n'est donc pas étonnant que les partis politiques apparaissent dans la Constitution de 1958 dès le titre premier : "De la souveraineté."
Selon l'article 4, "les partis et les groupements politiques concourent à l'expression du suffrage. Ils se forment et exercent leur activité librement. Ils doivent respecter les principes de la souveraineté nationale et de la démocratie".
Dès lors, la question se pose de savoir devant qui le député est responsable. Devant ses électeurs ou devant les militants de son parti ? Le débat n'est jamais vraiment tranché. Tout dépend du degré d'organisation du parti, de la place qu'y tiennent ses élus, de la discipline qui est exigée d'eux et aussi du mode de scrutin : l'élection à la proportionnelle asservit en effet davantage l'élu au parti qui l'a présenté. Reste que les partis, qui se veulent l'expression de la volonté des citoyens les plus conscients, entendent tirer de cette qualité le droit de peser sur le cours de la vie parlementaire.
Dans la réalité, d'autres groupements que les partis sont à même de peser sur les délibérations des assemblées et l'action des élus. C'est le cas des médias, dont l'influence, notamment à travers le traitement de l'information et les sondages, est considérable. C'est aussi celui de divers groupes de pression, nommés encore "groupes d'intérêts", qui, par leur poids socio-économique et leur influence électorale, peuvent orienter un débat dans la direction qu'ils préconisent ou, au contraire, s'opposer à des projets qui nuisent aux intérêts de leurs mandants.
Toutefois, à l'inverse d'autres pays, le parlement français ne connaît ces groupes que de manière négative : l'article 23 du règlement de l'Assemblée nationale interdit, en effet, la constitution au sein de l'Assemblée de groupements permanents tendant à la défense d'intérêts particuliers, locaux ou professionnels. Le même article interdit en outre aux députés d'adhérer à un tel groupement ou de souscrire à son égard des engagements impératifs concernant sa propre activité parlementaire.
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