Entretien
José Sorolla
Maire PS de Saint-Martin-de-Londres et conseiller général de l'Hérault
La Citoyenneté : L'Hérault en 2005, ce sont 4 zones. Qu'apportera de plus ce schéma par rapport à la situation actuelle ?
José Sorolla : Actuellement, le schéma, ce sont 49 cantons et 343 communes. L'orientation donnée par l'ensemble du Conseil général, c'est de dire que les structures Sivom, les communautés de communes, organisations politiques, se juxtaposent avec les pays, organisations dites chartes.
L'organisation associative de ces deux types de structures permet de réfléchir, par exemple, à des problèmes au niveau de bassins d'emploi qui ne peuvent plus être réglés à une échelle plus petite.
Le Conseil général a réagi devant la multiplicité des structures. C'est ainsi qu'on est arrivé à ces 4 territoires : le premier est constitué par le secteur de l'Agglomération de Montpellier ; le second est le secteur central ou coeur d'Hérault ; le troisième est formé par les cités maritimes, telles que Sète, Agde... ; enfin, le quatrième est l'ouest héraultais, autour de Béziers et des hauts cantons.
La Citoyenneté : André Vezinhet veut que le Département tisse des relations avec les communes basées sur des projets et qu'il ne joue plus uniquement le rôle de guichet. Comment voyez-vous ces relations ?
José Sorolla : Notre secteur est paradoxalement complémentaire entre la ville et la campagne. La campagne a des activités bien précises, mais souvent, sur le plan scolaire et universitaire, de nombreuses activités culturelles et sportives se passent dans la ville. Mais on n'oubliera pas les projets ruraux. Il faut avoir des projets complémentaires de ceux de l'Agglomération de Montpellier. Le premier territoire qui s'articule autour de Montpellier s'étend jusqu'à Ganges. Il y a un risque que l'Agglomération de Montpellier concentre à elle toute seule les grands projets. Je fais remarquer qu'on ne trouve pas une seule grande piscine entre Montpellier et Ganges.
La Citoyenneté : Quels sont les projets à venir pour Saint-Martin-de-Londres ?
José Sorolla : Sur la commune de Saint-Martin-de-Londres, il existe une forte poussée démographique, et il faut faire face à cela en termes de structures et d'infrastructures.
En termes de réalisation, nous avons un centre de secours qui doit être réhabilité. Saint-Martin connaît souvent des problèmes d'inondations ; par conséquent, nous devons construire un bassin de rétention qui nécessitera un investissement de 10 millions de Francs ; or, les finances communales ne sont pas assez importantes. Par ailleurs, la Communauté de Communes a le projet de construire une maison des services publics pour les travailleurs sociaux, la poste, les perceptions, les bureaux de communauté, ainsi qu'un gros projet de maison économique et un autre touristique.
La Citoyenneté : Vous êtes président du Mammobile au niveau de l'Hérault. Quoi de neuf à ce niveau ?
José Sorolla : Ce n'est pas très bon ce qui se passe en ce moment au niveau du Mammobile. Un Mammobile a été conçu en 1989 sur tout le District par le professeur Jean-Louis Lamarque ; la même année, un Mammobile a été créé dans l'Orne. Je suis président du Mammobile héraultais depuis 1991. En 1991, un second Mammobile a été financé par le Conseil général, lorsque Gérard Saumade en était président, et des caisses d'assurances, pour couvrir tout l'Hérault ; les communes qui étaient intéressées ont également participé au financement. Ces Mammobiles concernent les femmes âgées de 40 à 69 ans. En 1998, Philippe Dousteblasy, alors Ministre de la Santé, avait décidé de généraliser en France le dépistage gratuit chez un radiologue privé ou dans un service public, et ce pour les femmes âgées de 50 à 70 ans. La Sécurité Sociale ne participait pas pour les femmes âgées de 40 à 50 ans.
Le premier janvier 2000, est né le Mammosud dont le président est le professeur Daurès. Le Conseil général donne 3 millions de francs par an pour cette structure. Et on a continué à financer le Mammobile pour les femmes âgées de 40 à 50 ans.
Bernard Kouchner a voulu qu'on passe du dépistage au diagnostic : cela pose un problème spatial, ainsi qu'un problème de financement qui est pratiquement impossible (la loi date du mois de septembre dernier). Une des issues possibles, c'est d'essayer de faire un avenant à cette loi : elle s'applique dans toutes les structures, sauf dans le Mammobile.
En conclusion, on peut dire qu'il y a un oubli des femmes âgées de 40 à 50 ans ; or, c'est dans cette tranche d'âge que le cancer est le plus redoutable. Aussi, en milieu rural, si on arrête le Mammobile, de nombreuses femmes n'iront pas se faire dépister. Enfin, même en milieu urbain, il existe des zones à fragilité sociale où les femmes iront au Mammobile, mais jamais chez le radiologue.
Les résultats sont les suivants : la chute du cancer du sein, avec 30 à 40 % de femmes sauvées ; par ailleurs, il y a une accélération des cancers (actuellement, on sait que l'évolution peut se faire en 18 mois, au lieu de deux ans).
La Citoyenneté : Vous êtes à la fois médecin, président du Mammobile, maire et conseiller général. Comment arrivez-vous à concilier toutes ces fonctions ?
José Sorolla : En médecine, je travaille à mi-temps. Sur le plan municipal, mes adjoints sont à la hauteur de leur tâche : lorsque j'ai composé ma liste, j'ai choisi des hommes et des femmes compétents. Pour ce qui est de la présidence du Mammobile, je suis aidé par le professeur Joseph Pujol (il est président de l'IMIM qui fait des sessions de formation pour les radiologues).
Montpellier, le 22 octobre 2001
|