Economie
Les perspectives économiques de la zone euro demeurent favorables mais les risques s'accentuent
APRES le ralentissement observé durant le deuxième trimestre, la croissance de l'économie dans la zone euro devrait rester soutenue durant la deuxième partie de l'année, selon le rapport trimestriel sur la zone euro publié ce jour. Les indicateurs de confiance se sont tassés durant l'été, mais les fondamentaux économiques de la zone euro restent sains. Malgré les perturbations financières récentes, les projections de croissance pour 2007 n'ont fléchi que très légèrement. Des bilans des entreprises solides et une amélioration de la résistance de l'économie devraient aider la zone euro à traverser ces difficultés. Néanmoins, les risques s'accentuent clairement en raison de la crise financière et de la possibilité d'un ralentissement plus marqué aux Etats-Unis. Le rapport tente également de déterminer comment les marchés financiers peuvent contribuer à lisser l'évolution économique de la zone euro grâce à un partage des risques au-delà des frontières.
La croissance du PIB est retombée à 0,3 % au second semestre, en-dessous des 0,6 % annoncés dans les prévisions du printemps 2007 de la Commission. La croissance était alimentée principalement par la consommation privée, soutenue par la bonne tenue du marché de l'emploi, alors que l'activité ralentissait dans le secteur de la construction, avec un impact sur l'investissement total, qui a diminué pour la première fois en cinq ans. Grâce à la solidité - néanmoins plus nuancée - des échanges mondiaux, la contribution des exportations nettes à la croissance est devenue positive.
Le fléchissement de la croissance au second trimestre reflète dans une large mesure des conditions météorologiques exceptionnelles et des effets statistiques, mais pourrait également indiquer que le cycle économique de la zone euro est arrivé à maturité. Les indicateurs de confiance des entreprises et des consommateurs demeurent nettement supérieurs à leur moyenne à long terme, mais ils se sont affaiblis sensiblement durant l'été. Les fondamentaux économiques de la zone euro restent sains et la croissance devrait rester soutenue durant la deuxième moitié de l'année. Les dernières prévisions intermédiaires de la Commission annoncent une croissance de 2,5 % pour l'ensemble de l'année, soit seulement 0,1 point de pourcentage de moins que les chiffres annoncés durant le printemps.
Les marchés financiers ont enregistré de fortes turbulences ces dernières semaines, principalement en raison de la crise du marché du logement aux Etats-Unis. Ces perturbations se sont répercutées dans d'autres segments des marchés financiers, aux Etats-Unis et ailleurs. L'apparition de risques là où on ne les attendait pas a nui à la confiance des investisseurs, et les banques centrales des Etats-Unis et de la zone euro ont dû intervenir. La crise financière conduira inévitablement à une nouvelle appréciation du risque et à un resserrement des conditions financières, mais les bénéfices considérables des banques et des entreprises non financières de la zone euro devraient atténuer les conséquences négatives pour l'économie réelle.
Des fondamentaux sains et une résistance accrue aident la zone euro
L'impact global de la crise financière sur la croissance de la zone euro devrait rester limité en 2007. Comme le montre l'une des sections spéciales du rapport trimestriel, non seulement les fondamentaux économiques de la zone euro restent solides, mais l'économie est aussi devenue plus résistante aux chocs. Durant le dernier ralentissement économique, au début de cette décennie, on a observé une perte d'activité moindre et une demande intérieure plus élevée que durant les ralentissements précédents dans les années 1980 et 1990. Cette résistance accrue est due à un certain nombre de facteurs, parmi lesquels la suppression du risque de change pour environ la moitié des exportations des membres de la zone euro, qui sont en fait des ventes réalisées à l'intérieur de la zone, la stabilité macroéconomique consacrée par l'Union économique et monétaire et une politique monétaire favorable à la croissance. On observe également quelques améliorations, quoique limitées, dans la conduite des politiques budgétaires, moins pro-cycliques en phase de conjoncture défavorable qu'elles ne l'étaient dans le passé.
Le rapport tente également de déterminer si le partage des risques a progressé dans la zone euro, entraînant des effets positifs pour l'économie en aidant les Etats membres à mieux s'adapter à des chocs économiques en répartissant les risques qui pèsent sur les recettes et en lissant les modèles de consommation. Les données empiriques indiquent que le partage des risques via les marchés financiers a progressé dans la zone euro au cours des dix dernières années. Toutefois, les progrès sont lents et inégaux entre les membres de la zone euro. De plus, le partage des risques joue encore un rôle nettement moins important dans la zone euro qu'aux Etats-Unis en ce qui concerne le lissage des fluctuations des recettes. Ceci pourrait s'expliquer par un rythme d'intégration inégal des différents segments des marchés financiers, les marchés des valeurs mobilières restant à la traîne des marchés des titres de créance. Le rapport préconise d'accélérer l'intégration financière dans la zone euro afin d'améliorer les performances du secteur financier dans la zone ainsi que l'économie dans son ensemble.
Le document complet est disponible à l'adresse suivante :
http://www.europa.eu.int/comm/economy_finance/publications/quarterly_report_on_the_euro_area_en.htm
Source : Commission européenne, 5 octobre 2007
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