Prévisions économiques intermédiaires de l'UE
Légère révision de la croissance pour 2007 mais les risques augmentent
SUR la base d'une mise à jour effectuée pour les sept plus grands Etats membres de l'Union européenne, la Commission prévoit une croissance économique de 2,8 % dans l'UE et de 2,5 % dans la zone euro en 2007. Ces prévisions constituent une révision à la baisse de 0,1 point de pourcentage par rapport aux prévisions de printemps. Des fondamentaux solides et un contexte mondial encore favorable devraient continuer à soutenir la croissance européenne. Néanmoins, la turbulence récente sur les marchés a clairement accentué les risques qui pèsent sur la croissance. En ce qui concerne l'inflation, les prix à la consommation devraient augmenter de 2,2 % dans l'UE et 2 % dans la zone euro en 2007 (soit une progression de 0,1 point de pourcentage par rapport aux prévisions de printemps) sous l'effet de l'augmentation des prix des produits de base.
"Les fondamentaux solides sur lesquels repose l'économie européenne permettront de faire face aux perturbations financières actuelles. Toutefois, les risques accrus qui pèsent sur l'avenir doivent inciter les gouvernements à poursuivre avec détermination l'agenda des réformes et de l'assainissement budgétaire, précisément pour renforcer la résistance de l'économie européenne", a déclaré Joaquín Almunia, le commissaire européen chargé des affaires économiques et monétaires.
La croissance économique devrait atteindre 2,8 % dans l'UE et 2,5 % dans la zone euro cette année, ce qui constitue une révision à la baisse de 0,1 point de pourcentage par rapport aux prévisions de printemps, reflétant principalement un deuxième trimestre moins bon que prévu selon les prévisions intermédiaires de la Direction générale des affaires économiques et financières de la Commission.
Ces prévisions découlent d'une mise à jour des perspectives de croissance du PIB réel et d'inflation en France, en Allemagne, en Italie, aux Pays-Bas, en Pologne, en Espagne et au Royaume-Uni. Au total, ces sept pays représentent plus de 80 % du PIB de l’UE.
Un contexte international qui demeure favorable malgré les turbulences
Les économies européennes ont bien commencé l'année 2007, avec une croissance du PIB de 0,7 % en glissement trimestriel à la fois dans la zone euro et dans l'UE, principalement sous l'effet des investissements. La croissance du PIB réel s'est ralentie au deuxième trimestre pour s'établir à 0,3 % dans la zone euro (0,5 % dans l'UE). La prudence est de mise dans l'interprétation des données relatives à la croissance durant le deuxième trimestre. Les résultats trimestriels sont influencés par l'incidence d'un hiver exceptionnellement clément sur les investissements dans le secteur de la construction durant le premier trimestre, avant que la tendance s'inverse le trimestre suivant, lorsque les conditions météorologiques nettement moins favorables ont entraîné un ralentissement marqué. Mais cela pourrait également vouloir dire que la croissance a atteint son niveau le plus élevé l'an dernier, et cette évolution pourrait être accentuée par l'incidence des perturbations récentes sur les marchés financiers.
La crise due aux problèmes sur le marché hypothécaire américain du subprime durant l'été a entraîné une réévaluation désordonnée des risques sur les marchés internationaux. L'incertitude relative aux pertes sous-jacentes a entraîné une aversion au risque et un accroissement des différentiels sur les obligations des entreprises ainsi qu'une diminution de la liquidité et une plus grande volatilité sur plusieurs marchés.
Etant globalement saines avant cette crise, les économies européennes et mondiale devraient être en mesure de faire face aux perturbations, du moins si elles sont de courte durée. Pour l'instant, on prévoit même une accélération de la croissance économique mondiale en 2007 par rapport aux prévisions du printemps, dans la mesure où la croissance plus soutenue enregistrée dans les pays émergents, en particulier la Chine, compense largement la révision à la baisse de la croissance américaine. Toutefois, la crise récente accentue clairement les risques. C'est le cas notamment aux Etats-Unis, où la demande de logements s'est effondrée.
Dans ce contexte, la mise à jour effectuée pour les sept plus grandes économies de l'UE montre que les perspectives favorables mises en lumière par les prévisions de printemps se maintiennent globalement. Cette situation est le résultat de plusieurs facteurs : le contexte économique international demeure relativement favorable ; la croissance était plus élevée que prévu durant le premier trimestre ; les fondamentaux restent solides ; les résultats des enquêtes se sont quelque peu affaiblis par la suite, mais ils restent à des niveaux élevés ; et l'amélioration de la situation sur le marché de l'emploi devrait favoriser la consommation privée.
La demande intérieure devrait rester le principal moteur de la croissance du PIB à la fois dans la zone euro et dans l'ensemble de l'UE, et la production est de plus en plus tirée par la consommation privée. Ceci pourrait refléter notamment les signes persistants d'amélioration sur les marchés européens de l'emploi, en particulier en Allemagne. Le taux de chômage, tombé sous le seuil de 7 % à la fois dans l'UE et dans la zone euro durant l'été, se situe à des niveaux jamais atteints depuis le début des années 1980.
En ce qui concerne l'avenir, les perspectives mises à jour pour 2007 semblent annoncer un ralentissement de la croissance en 2008 plus marqué que prévu durant le printemps, avec le risque supplémentaire que l'incidence de la crise sur les marchés financiers se fasse sentir l'an prochain.
Légère recrudescence de l'inflation en raison de la progression des prix des produits de base
Jusqu'ici, l'inflation est restée contenue en 2007 grâce à des effets de base favorables des prix de l'énergie. L'inflation des prix à la consommation se situait à 1,9 % durant le premier semestre de 2007 dans la zone euro, un niveau globalement conforme aux prévisions de printemps et en recul par rapport à l'année précédente. En revanche, l'inflation de base a progressé de 0,3 point de pourcentage entre décembre 2006 et juillet 2007. Cette recrudescence semble être principalement liée à l'augmentation de la TVA en Allemagne.
En ce qui concerne l'avenir, les projections relatives à l'inflation des prix à la consommation ont été revues à la hausse de 0,1 point de pourcentage pour les deux régions en 2007, pour se situer à 2,2 % dans l'UE et 2,0 % dans la zone euro. Cette révision à la hausse résulte principalement d'une inflation plus élevée que prévu durant le deuxième trimestre et de l'incidence attendue de l'augmentation des prix des produits de base vers la fin de l'année. Par exemple, sur les marchés à terme, le cours moyen du Brent est estimé à 68 dollars le baril en 2007, soit 1¾ dollar de plus que dans les prévisions de printemps.
Toutefois, le redressement de la productivité et la concurrence internationale intense au niveau des prix devraient contribuer à maintenir l'inflation sous contrôle. Comme les conditions de financement plus rigoureuses commencent à freiner la croissance du PIB, les pressions inflationnistes internes devraient s'atténuer.
Evaluation des risques
Les développements depuis le printemps ont augmenté les risques pesant sur les perspectives économiques pour la deuxième moitié de 2007 et 2008, en particulier concernant l'économie des Etats-Unis et la réévaluation des positions sur les marchés financiers.
Par conséquent, les risques d'une dégradation de la situation sont maintenant plus marqués.
Un rapport plus complet peut être consulté sur le site :
http://ec.europa.eu/economy_finance/about/activities/activities_keyindicatorsforecasts_en.htm
Source : Commission européenne, 13 septembre 2007
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