Coopération
Le sommet UE-Amérique latine s'achève sur fond de crise alimentaire
LE Ve sommet entre l'Union européenne et l'Amérique latine s'est achevé vendredi 16 mai 2008 à Lima dans une atmosphère apaisée, au terme d'une journée de travail consacrée à la lutte contre la pauvreté et le réchauffement climatique, sur fond de préoccupation pour la crise alimentaire.
La cinquantaine de présidents et de chefs d'Etat réunis à Lima vendredi se sont séparés dans la soirée après une journée de travaux.
Le président brésilien, Luiz Inacio Lula da Silva, dont le pays est le deuxième producteur de biocarburants après les Etat-Unis, grâce à l'éthanol issu de la canne à sucre, défend leur utilisation, y compris dans le contexte de cette crise alimentaire mondiale.
A la clôture du sommet, la présidente chilienne Michelle Bachelet et son homologue argentine Cristina Kirchner ont proposé une alliance entre l'Amérique latine et l'Union européenne pour affronter la crise alimentaire mondiale.
L'Europe, très préoccupée par les conséquences du réchauffement climatique, défend l'utilisation de ces biocarburants que certains pays latino-américains, dont la Bolivie ou le Venezuela, rejettent totalement.
Les divisions entre les pays de la gauche latino-américaine, emmenée par le bouillant président vénézuélien Hugo Chavez, et ceux défendant une vision plus libérale, ont marqué les différentes interventions de ce sommet.
Les accords de libre-échange entre l'UE et l'Amérique latine, ardemment défendus par les Européens, se sont ainsi heurtés aux réticences de la Bolivie ou de l'Equateur. La "déclaration de Lima" publiée à l'issue du sommet estime néanmoins que leur conclusion est une "priorité politique".
Les discussions ont eu lieu dans une atmosphère apaisée en dépit de la tension récente entre la Colombie d'une part et le Venezuela et l'Equateur.
La publication cette semaine d'un rapport d'Interpol authentifiant le contenu informatique des archives contenues dans l'ordinateur d'un chef de la guérilla des Farc abattu par l'armée colombienne début mars ont suscité des réactions véhémentes du Venezuela et de l'Equateur, mais sans provoquer de crise à Lima. Bogota affirme que ces archives prouvent l'existence de liens entre les Forces armées révolutionnaires de Colombie et les gouvernements de l'Equateur et du Venezuela.
Le président français Nicolas Sarkozy s'est fait remplacer par son Premier ministre François Fillon, tandis que les chefs de gouvernement italien Silvio Berlusconi et britannique Gordon Brown se sont fait excuser.
Dans la nuit quelque 20 000 personnes se sont réunies "contre le libéralisme" dans le centre à l'occasion d'un concert pour la clôture du "sommet des peuples". La sphère altermondialiste s'était donnée rendez-vous pour conspuer le sommet.
17-05-2008
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