Communications
"Je ferais mieux de l'éteindre !" : d'après une nouvelle étude de l'UE, les frais d'itinérance dissuadent les Européens d'utiliser leur téléphone portable à l'étranger
Les frais d'itinérance sur les réseaux de téléphonie mobile restent très élevés en Europe. C'est ce qui ressort d'une étude de portée européenne publiée aujourd'hui par Eurobaromètre, et que confirme l'évolution récente des prix de l'itinérance internationale. Une écrasante majorité des citoyens de l'UE estiment que celle-ci devrait intervenir pour garantir que les prix des appels passés et reçus sur un téléphone portable lors de déplacements dans l'Union ne soient pas beaucoup plus élevés que les tarifs nationaux. Les utilisateurs européens de la téléphonie mobile continuent de payer entre 4 et 6 euros pour un appel de quatre minutes passé de l'étranger, comme l'indique le site web de la Commission européenne consacré aux prix de l'itinérance, mis à jour aujourd'hui. Dans certains cas, le prix d'un tel appel peut même dépasser 12 euros.
"LES prix excessifs ont pour effet de limiter l'utilisation du téléphone portable à l'étranger. C'est un préjudice pour le consommateur, pour l'industrie européenne et pour l'Europe", a déclaré Viviane Reding, membre de la Commission européenne chargée de la société de l'information et des médias. "Une diminution des prix de l'itinérance relève non seulement de la responsabilité politique de la Commission européenne, mais peut également constituer un modèle commercial intéressant, comme l'ont démontré les opérateurs qui se sont engagés dans cette direction au cours des derniers mois, en introduisant des formules spéciales d'itinérance. J'invite tous les opérateurs de téléphonie mobile à nous aider à supprimer cette ultime frontière tangible au sein du marché intérieur européen. Il n'est pas acceptable que le coût de l'itinérance internationale continue d'être à la charge de citoyens ordinaires s'acquittant de tarifs normaux."
Les dernières conclusions concernant les frais d'itinérance internationale proviennent d'un rapport spécial Eurobaromètre publié aujourd'hui. Une écrasante majorité (70 %) des personnes interrogées partagent l'opinion qu'une intervention de l'UE est nécessaire pour réduire les coûts de l'itinérance dans l'UE au bénéfice des citoyens ordinaires. 68 % seraient même favorables à ce que l'UE intervienne pour faire baisser les frais d'itinérance pour les SMS - cette proportion atteint 78 % des utilisateurs de téléphones portables âgés de 15 à 24 ans.
L'enquête, qui a été menée à la rentrée de septembre, s'appuie que les réponses de 24 565 personnes recueillies dans les 25 Etats membres de l'UE. Elle montre que 79 % des personnes interrogées possèdent un téléphone portable et que, parmi elles, 44 % se sont déplacées pour des motifs personnels dans un autre Etat membre au cours des 12 derniers mois. Leur avis sur les prix de l'itinérance se fondent donc sur une expérience concrète.
Une nette majorité des utilisateurs de téléphones portables interrogés réduisent notablement leur utilisation lorsqu'ils sont à l'étranger ; ce comportement est particulièrement marqué parmi les jeunes utilisateurs (68 % des 15-24 ans) et parmi les étudiants (70 %). Pour 81 % d'entre eux, le coût élevé des communications est le principal facteur de dissuasion - c'est en particulier le cas pour les utilisateurs interrogés en Espagne (82 %), à Malte (85 %), en Autriche (87 %), en Allemagne (87 %), en Slovaquie (88 %), en Hongrie (89 %), en Lituanie (89 %), au Portugal (90 %), en République tchèque (90 %), en Slovénie (94 %) et en Pologne (94 %).
15 % des utilisateurs interrogés préfèrent simplement ne pas emporter leur téléphone portable en vacances ou le garder éteint. 21 % ne l'utilisent à l'étranger que pour envoyer des messages textuels (SMS). 59 % indiquent qu'ils utiliseraient davantage leur téléphone à l'étranger si les tarifs étaient plus bas, une opinion très répandue notamment en Finlande (60 %), en France (61 %), au Danemark (63 %), au Royaume-Uni (64 %), en Belgique (66 %), à Chypre (67 %) , en Pologne (72 %), en Lettonie (73 %), en Grèce (74 %), au Luxembourg (75 %) et à Malte (78 %). Environ 43 % des utilisateurs de la téléphonie mobile n'ont toujours pas une idée claire de ce qu'ils paient pour passer ou pour recevoir des appels lorsqu'ils sont à l'étranger. A cet égard, les utilisateurs espagnols, chypriotes, portugais et grecs semblent être les moins bien informés des frais d'itinérance qui leur sont facturés.
Aujourd'hui, la Commission a également mis à jour son site web consacré aux prix de l'itinérance, lancé en octobre 2005 et précédemment actualisé en mars 2006. On constate que, face à la menace d'un règlement de l'UE, certaines sociétés de téléphonie mobile ont commencé à offrir des formules d'itinérance à des catégories de consommateurs spécifiques. Cependant, pour la grande majorité des consommateurs s'acquittant de tarifs normaux, aucun progrès réel n'est enregistré. Les prix de l'itinérance restent en moyenne 4 fois supérieurs aux prix des appels mobiles nationaux.
Un consommateur britannique passant un appel depuis l'Espagne payera 5,92 euros pour une conversation de quatre minutes et jusqu'à 4,48 euros pour recevoir un appel de la même durée. Un client français en déplacement en Italie payera 4,72 euros tandis qu'un client allemand appelant du Royaume-Uni se verra facturer jusqu'à 6,36 euros. Pour certains, la facture s'avère encore plus exorbitante : pour un appel de 4 minutes vers son pays d'origine, un Autrichien en séjour à Malte payera 9,51 euros ; un Espagnol en Lettonie, jusqu'à 9,19 euros ; un Chypriote en Belgique, 12,00 euros ; enfin, un Irlandais appelant depuis Malte ne paiera pas moins 13,16 euros.
Rappel :
Le 12 juillet 2006, faisant suite à des avertissements réitérés à l'adresse des opérateurs de téléphonie mobile et aux appels lancés par les autorités de régulation nationales pour que la question de l'itinérance soit réglée au niveau européen, la Commission européenne, à l'initiative de la commissaire Reding, a proposé l'adoption d'un règlement de l'UE relatif à l'itinérance internationale sur les réseaux de téléphonie mobile dans le marché intérieur. L'objectif de ce règlement, qui est actuellement soumis à l'examen du Parlement européen et du Conseil des ministres de l'UE, est d'empêcher la facturation de frais d'itinérance excessifs, qui constituent l'une des dernières frontières au sein du marché intérieur européen. Grâce à cette législation, les citoyens et les entreprises de l'UE devraient tous bénéficier d'une réduction des prix de l'itinérance et d'une intensification de la concurrence entre les opérateurs de téléphonie mobile moyennant de nouveaux modèles tarifaires plus économiques. La Commission travaille actuellement de concert avec le Parlement et le Conseil pour que la nouvelle réglementation soit adoptée au plus tard à l'été 2007. Parallèlement, la Commission poursuit ses investigations concernant le comportement potentiellement anticoncurrentiel de certains opérateurs de téléphonie mobile au Royaume-Uni et en Allemagne.
Les principales conclusions du rapport publié aujourd'hui sont disponibles sur le site web de la Commission consacré à l'itinérance, où figurent également des échantillons actualisés des tarifs pratiqués par les opérateurs dans les 25 Etats membres de l'UE :
http://ec.europa.eu/information_society/activities/roaming/index_fr.htm
Source : Commission européenne 7 novembre 2006
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