Projet transfrontalier France-Espagne
Villes sans frontières
Les populations frontalières n'ont pas attendu le marché unique pour faire fi des frontières
lorsque la situation était propice aux échanges. C'est notamment le cas au Pays-Basque où une
culture commune a favorisé les flux transfrontaliers. Le programme européen INTERREG se trouve
là en terrain conquis pour soutenir des initiatives qui répondent à des besoins profonds.
Voyons comment les choses s'organisent dans la baie de Txingudi, de part et d'autre du fleuve
Bidasoa...
LE FLEUVE Bidasoa n'est plus une frontière. Il est enfin
vraiment ce à quoi la nature le destinait depuis des lustres : une voie de communication
et un axe d'intégration pour les habitants de Hendaye, Irun et Hondarribia. Dès 1993, des
activités communes rapprochent les habitants des deux rives, d'abord en dehors de tout cadre
formel. Une navette maritime et terrestre est organisée pour faciliter la mobilité des
personnes et des biens. Une publication annuelle trilingue répertorie les activités culturelles
et sportives. Les terrains de coopération ne manquent pas et, en 1995, les trois villes décident
de se doter d'une structure juridique commune pour travailler dans le cadre d'une véritable
intercommunalité. La signature du Traité de Bayonne en 1995 a rendu possible la création de
l'Eurodistrict Bidasoa-Txingudi, sous forme de "consorcio", structure juridique de droit
espagnol.
Depuis, les initiatives se multiplient. Pour la troisième année consécutive, des journées
d'animation se déroulent durant le deuxième week-end d'octobre avec un succès grandissant.
Entre les compétitions sportives, les expositions d'art ou le corso fleuri, les occasions
d'aller voir "de l'autre côté" ne manquent pas. A Hendaye, un laboratoire de langues permet
aux résidents espagnols de perfectionner leur connaissance du français. Des cours d'espagnol
et de basque sont également organisés. Le programme INTERREG apporte un appui financier à deux
activités majeures : le Plan local de l'Habitat (PLH) et la reconversion de l'autoport.
Le PLH vise à trouver des solutions aux problèmes immobiliers des deux côtés du Bidasoa :
revitalisation des centres historiques de Hendaye et de Hondarribia et réhabilitation de
l'habitat groupé à Irun. Quant à l'autoport, désaffecté depuis l'abolition de la frontière,
il est peu à peu transformé en zone industrielle, avec l'installation d'entreprises françaises
et espagnoles. S'y trouvent déjà une imprimerie, une coopérative de meubles de bureau et une
manufacture de capsules et bouchons.
D'autre part, la Diputacion foral de Guipuzcoa et le district de Bayonne-Anglet-Biarritz
s'intéressent à l'aménagement du vaste espace urbain qui s'étend sur 50 km entre Bayonne et
San Sebastian. Cette conurbation de quelque 600 000 habitants a des besoins particuliers
en termes de structuration du territoire. Un Observatoire transfrontalier, également soutenu
par INTERREG, a été créé pour faire des propositions dans ce domaine.
Source : Commission européenne, 1999
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