Assemblée jeune
10ème Parlement des Enfants
LE 10ème Parlement des Enfants s'est réuni le samedi 17 mai
au Palais-Bourbon, à Paris, sous la présidence de M. Jean-Louis Debré, Président de l'Assemblée
nationale. 577 élèves de CM2 ont représenté, ce jour-là, chacune des circonscriptions
législatives, siégeant à la place de leur député. Au sein de plusieurs commissions, le matin,
puis tous ensemble dans l'hémicycle, l'après-midi, ils ont discuté et voté sur des propositions
de loi élaborées par les classes retenues pour participer à ce 10ème Parlement des Enfants.
Après une sélection par des jurys académiques de deux propositions de loi par académie, le
jury national du 10ème Parlement des Enfants, présidé par le benjamin des députés de
l'Assemblée nationale, M. Edouard Courtial (UMP, Oise), avait procédé au choix des dix
propositions de loi soumises au vote des "enfants-délégués" :
- la proposition de loi de l'Ecole élémentaire de la Place à L'Isle sur le Doubs (Doubs),
visant à créer un dispositif destiné à protéger les enfants des violences rencontrées sur
Internet et à les guider dans leurs choix de connexions ;
- la proposition de loi de l'Ecole primaire publique à Jussac (Cantal), visant à créer dans
chaque commune une commission de réflexion sur les relations entre les générations ;
- la proposition de loi de l'Ecole des Voirons à Gaillard (Haute-Savoie), visant à faire
participer les élèves du cycle 3 au Conseil d'école pour les habituer à prendre des
responsabilités ;
- la proposition de loi de l'Ecole Paul Langevin à Moyeuvre Grande (Moselle), visant à
améliorer la sécurité routière aux alentours des écoles ;
- la proposition de loi de l'Ecole Pierre Larousse à Paris, visant à rendre obligatoire le
tri des déchets dans les écoles ;
- la proposition de loi de l'Ecole primaire publique Saint-Pierre les Eglises à Chauvigny
(Vienne), visant à initier les élèves des écoles élémentaires, des collèges et des lycées aux
gestes de premiers secours ;
- la proposition de loi de l'Ecole primaire à Asfeld (Ardennes), visant à améliorer le
regard sur le handicap par une sensibilisation des élèves dès l'école primaire ;
- la proposition de loi de l'Ecole élémentaire publique de Bananier à Capesterre-Belle-Eau
(Guadeloupe), visant à améliorer la protection des côtes et des eaux du littoral contre les
différents types de pollution (les dégazages et les marées noires) causés par les
pétroliers ;
- la proposition de loi de l'Ecole élémentaire M. Lohier à Kourou (Guyane), visant à lutter
contre la violence à l'école grâce aux écoliers médiateurs ;
- la proposition de loi de l'Ecole Albert Perraud à Nouméa (Nouvelle-Calédonie), visant à
développer l'éducation à la citoyenneté en milieu scolaire.
Par 318 voix, le 10ème Parlement des Enfants a voté en faveur de la proposition de loi de
l'Ecole primaire publique Saint-Pierre les Eglises, visant à initier les élèves des écoles
élémentaires, des collèges et des lycées aux gestes de premiers secours. La proposition de
loi de l'Ecole primaire à Asfeld, visant à améliorer le regard sur le handicap par une
sensibilisation des élèves dès l'école primaire, a recueilli 150 voix, et la proposition de loi
de l'Ecole élémentaire publique de Bananier à Capesterre-Belle-Eau, visant à améliorer la
protection des côtes et des eaux du littoral contre les différents types de pollution (les
dégazages et les marées noires) causés par les pétroliers, a recueilli 105 voix.
PROPOSITION DE LOI
Visant à initier les élèves des écoles élémentaires, des collèges et
des lycées aux gestes de premiers secours.
PRESENTEE
Par les élèves de la classe de CM2 de l'école primaire publique de Saint-Pierre-les-Eglises
de Chauvigny (Académie de Poitiers).
EXPOSE DES MOTIFS
Mesdames, Messieurs,
Chaque année, malgré les recommandations insistantes des enseignants, nous sommes victimes
d'incidents, malheureusement parfois d'accidents, dans la cour de récréation de l'école, dans
le gymnase, en cours d'EPS.
L'an dernier, l'une d'entre nous, en jouant, a violemment percuté le sol en bitume de la
cour. Elle a été transportée en ambulance par le SAMU jusqu'à l'hôpital. Notre réaction de
panique, de pleurs et d'émotions non contenues ne nous a pas permis d'agir en attendant les
secours.
Nous avons constaté, une fois notre camarade de retour saine et sauve en classe, que nous,
enfants, nous ne savions pas quelle attitude adopter en cas de problèmes, si ce n'est se
réfugier vers nos maîtres. Et si c'était à eux qu'il arrivait quelque chose ?
Voilà pourquoi, aujourd'hui, nous voudrions proposer aux élèves des écoles, mais aussi des
collèges et des lycées, que nous fréquenterons plus tard, une initiation aux gestes de premiers
secours.
Nous pensons que chaque enfant, dans son rôle de citoyen, devrait pouvoir venir en aide à
toute personne (adulte ou bien enfant victime d'un accident) et pouvoir lui pratiquer les
gestes simples qui sauvent.
C'est parce que nous accordons notre confiance aux adultes qui prennent soin de nous, que
l'esprit d'entraide et de solidarité fait partie de nos priorités à l'école.
Nous demeurons persuadés, Mesdames, Messieurs, qu'il serait bon que chaque élève puisse
bénéficier d'une formation d'initiation aux gestes de premiers secours, qui se poursuivra dans
les établissements scolaires fréquentés ultérieurement.
PROPOSITION DE LOI
- Article 1
- Les élèves de l'école élémentaire suivront une formation d'initiation aux gestes de
premiers secours en compagnie des enseignants et de professionnels de la santé à l'école.
- Article 2
- L'initiation sera proposée aux élèves des écoles inscrits en cycle 3 (à partir du CE2,
car la lecture et les connaissances scientifiques sur le fonctionnement du corps sont plus
approfondies).
- Article 3
- Les élèves recevront un passeport, sorte d'attestation de participation à la formation aux
gestes de premiers secours. Ils devront à nouveau valider leurs connaissances une fois au
collège et une fois au lycée, par la participation à un mini-stage de réactualisation des
connaissances sur les gestes qui sauvent.
- Article 4
- Les moments de formation en milieu scolaire pourront excéder les trois fois obligatoires
jusqu'au lycée, si les conditions le permettent (coût, disponibilité des animateurs, mise en
place du dispositif).
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Montpellier, le 07-06-2003
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