Melting-pot
La démocratie
Textes choisis et présentés par Bruno Bernardi
IL faut se soucier de la démocratie. Parce que la philosophie est en difficulté pour le faire, elle est peut-être à même de le faire de manière féconde.
Pour Platon, la cause est étendue : la démocratie est ce régime qui, sous prétexte de liberté, renonce à toute norme réglant la vie des hommes et de la cité. La démocratie, pour Platon, n'est donc pas un objet comme un autre, ce n'est pas une idée étrangère à la philosophie, mais ce qui, fondamentalement, la préoccupe, tant les questions qui se posent à son sujet renvoient à celles que la philosophie se pose sur ses propres conditions de possibilité.
Bodin, dont les Six Livres de la République marquent l'avènement dans la pensée politique moderne de l'idée de souveraineté, prend la démocratie, qu'il appelle "gouvernement populaire", pour un véritable repoussoir, à partir duquel penser l'aristocratie et la monarchie.
La citoyenneté est sur toutes les lèvres ; le plus souvent, elle s'adjective. Est-elle pour autant une idée claire, et avons-nous fait des progrès depuis l'époque où Rousseau (Du Contrat social, livre I, chap. VI, note 4) brocardait les Français qui "n'en ont aucune véritable idée, comme on peut le voir dans leurs dictionnaires" ?
En quoi l'idée de démocratie est-elle liée à celle de communauté des fins ? En quoi engendre-t-elle un despotisme ? La notion de volonté générale est sans doute, aux yeux de Kant, ce qui met à nu ces deux relations.
Pouvoir et volonté ; puissance commune et liberté de l'individu. La philosophie de Spinoza est, exactement, consacrée à récuser ces disjonctions comme manquant simultanément les idées de liberté et de puissance souveraine.
- La démocratie, 256 pages
- Textes choisis et présentés par Bruno Bernardi
- Flammarion, Paris, 1999
- Collection GF CORPUS
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