Récompense
Le Prix des Lecteurs du Livre d'Economie 2005
TOUT au long du mois de décembre, près de 2500 internautes-lecteurs ont désigné les 3 ouvrages finalistes du Prix des Lecteurs du Livre d'Economie 2005, soit un taux de participation en augmentation de 70 % par rapport au premier tour de vote en ligne en 2004.
Ont été sélectionnés, par ordre alphabétique des auteurs, les trois ouvrages suivants :
- Le capitalisme est en train de s'autodétruire de Patrick Artus et Marie-Paule Virard (La Découverte)
- Le ghetto français d'Eric Maurin (Seuil)
- Analyste : au coeur de la folie financière d'Edouard Tétreau (Grasset)
Du mercredi 4 au jeudi 19 janvier 2006, les internautes-lecteurs voteront à nouveau en ligne pour désigner le lauréat du Prix des Lecteurs du Livre d'Economie 2005 parmi ces 3 ouvrages finalistes.
Le Prix des Lecteurs du Livre d'Economie est décerné, pour la deuxième année consécutive, dans cadre des Rendez-vous Citoyens du Sénat-Economie.
4500 internautes-lecteurs avaient attribué le Prix des Lecteurs du Livre d'Economie 2004 à Philippe Askenazy pour son ouvrage "Les désordres du travail". (Seuil)
Le Prix des Lecteurs du Livre d'Economie sera remis par Christian Poncelet, Président du Sénat et Jean-Marc Sylvestre, Président du Comité Scientifique du Prix des Lecteurs du Livre d'Economie, le samedi 21 janvier 2006 dans le cadre des Rendez-vous Citoyens du Sénat-Economie qui auront pour thème "Modèle social et compétitivité économique".
Le Prix des Lecteurs du Livre d'Economie et les Rendez-Vous Citoyens du Sénat-Economie, qui sont une initiative du Sénat, ont pour ambition de permettre aux citoyens une meilleure compréhension des questions économiques et d'éclairer un thème d'actualité à la lueur de l'expertise conjuguée d'intervenants venus de tous horizons, universitaires, journalistes, chefs d'entreprise et responsables politiques
LE CAPITALISME EST EN TRAIN DE S'AUTODETRUIRE
Patrick ARTUS et Marie-Paule VIRARD
Editions La Découverte
Le capitalisme est en train de s'autodétruire... L'affirmation peut sembler saugrenue, voire provocatrice, au moment même ou les grandes entreprises de la planète, y compris en France, affichent des profits insolents, rémunèrent très confortablement leurs dirigeants et distribuent des dividendes record à leurs actionnaires... Alors que la croissance économique, en Europe en tous cas, se distingue par sa mollesse, que les délocalisations se multiplient et que chômage et précarité s'aggravent, on comprend que le débat devienne vif sur la légitimité d'une telle captation de richesses.
Dans ce livre décapant et remarquable de clarté, les auteurs n'y vont pas par quatre chemins pour qualifier ce paradoxe : c'est au moment où le capitalisme n'a jamais été aussi prospère qu'il apparaît le plus vulnérable, et nous avec lui. Pourquoi ? Parce qu'il s'agit d'un capitalisme sans projet, qui ne fait rien d'utile de ses milliards, qui n'investit pas, qui ne prépare pas l'avenir. Face au malaise social, le gouvernement prétend encourager un meilleur partage de la production de richesses en augmentant le pouvoir d'achat, mais en vérité, il ne traite que les symptômes. Car au fond le débat est ailleurs : c'est l'absurdité du comportement des grands investisseurs, qui exigent des entreprises des rendements de leurs fonds propres exorbitants de tout sens commun. De telles exigences poussent celles-ci à privilégier le rendement à trois mois plutôt que l'investissement à long terme, quitte à délocaliser, à faire pression sur les salaires et à renoncer à créer des emplois ici et maintenant. Voilà pourquoi il est urgent, expliquent les auteurs, de réformer profondément la gestion de l'épargne, d'imposer de nouvelles règles de gouvernance aux gérants comme aux régulateurs. Faute de quoi on n'évitera pas une nouvelle crise du capitalisme, avec toutes ses conséquences politiques et sociales, notamment dans les pays industrialisés.
Patrick Artus est directeur des études économiques du Groupe Caisse d'Epargne et de la Caisse des dépôts et consignations, professeur à l'école Polytechnique et professeur associé à l'université Paris I-Panthéon-Sorbonne.
Marie-Paule Virard est rédactrice en chef du magazine Enjeux-les Echos.
LE GHETTO FRANÇAIS
Eric MAURIN
Editions du Seuil
Le problème de la ségrégation urbaine en France ne se limite pas à quelques centaines de quartiers dévastés par l'échec et la pauvreté. Ceux-ci ne sont que la conséquence la plus visible de tensions séparatistes qui traversent toute la société, à commencer par ses élites.
A ce jeu, ce ne sont pas seulement des ouvriers qui fuient des chômeurs immigrés, mais aussi les salariés les plus aisés qui fuient les classes moyennes supérieures, les classes moyennes supérieures qui évitent les professions intermédiaires, les professions intermédiaires qui refusent de se mélanger avec les employés, etc.
Le phénomène est d'autant plus préoccupant qu'en enfermant le présent, les fractures territoriales verrouillent aussi l'avenir des individus et les assignent à des destins sociaux écrits d'avance.
Tel est l'enseignement de cette enquête au coeur du "ghetto français", qui révèle une société marquée par la défiance et la recherche de l'entre-soi, et découvre en chacun de nous un complice plus ou moins actif de la ségrégation urbaine.
Eric Maurin X-ENSAE et docteur en économie, est chercheur au Groupe de recherche en économie et statistique (Grecsta, CNRS). Il est l'auteur de nombreux articles sur l'emploi et les politiques sociales ainsi que de l'Egalité des possibles (La République des Idées/Le Seuil, 2002).
"ANALYSTE : AU COEUR DE LA FOLIE FINANCIERE"
Edouard TETREAU
Editions Grasset
A mi-chemin de Blouse et de Le Capital (Osmont), un document - choc sur la finance. Un livre très précis, drôle et cruel, qui décrit en les incarnant les dérives actuelles des marchés financiers.
Ce livre est une plongée dans le coeur du réacteur des marchés, tels que j'ai pu les observer à un endroit et à un moment privilégiés : j'ai été analyste financier sur les groupes de médias européens de 1998 à 2004, pendant le gonflement puis le percement de la bulle dite "Internet", ou des "TMT" pour les valeurs "Technologies Médias Télécommunications".
J'ai été témoin mais aussi acteur de quelques-uns des excès et des dysfonctionnements des marchés ces dernières années. Le krach des valeurs Internet. La tyrannie de la "création de valeur". Les conflits d'intérêts entre les banques d'affaires et les analystes. L'irresponsabilité de la masse anonyme et aveugle des intermédiaires de gestion, pompeusement appelés "investisseurs institutionnels".
Enfin, et surtout, le désarroi et l'incompréhension grandissante des épargnants, salariés et retraités, et des dirigeants d'entreprises face à un marché qui ne tourne plus vraiment rond.
Ce livre n'est pas une thèse ambitieuse, naïve et vaine pour une refonte des marchés financiers dans le monde. Ce sont des carnets de voyage, dont chacun pourra tirer l'enseignement qu'il souhaite, là où il est : épargnant, salarié, dirigeant d'entreprise, journaliste, administrateur de sociétés, responsable politique. Ethnologue.
On y découvrira que les gens de finance ne sont décidément pas raisonnables. Ces marchés financiers sont des endroits humains où l'erreur et le génie, la malhonnêteté et le courage, l'appât du gain et le désir de construire, le vice et la vertu se côtoient sans cesse, se croisent, s'entrelacent et parfois fusionnent.
Ce lieu et ces gens sont finalement si humains qu'il faudrait être fou pour leur confier nos économies, nos entreprises, nos projets. Et totalement pervers pour penser que les marchés financiers ont une loi qui doit s'imposer à la communauté des hommes.
Edouard Tétreau, 34 ans, est diplômé d'HEC et membre de la Société Française des Analystes Financiers (S.F.A.F.). C'est en octobre 1998 qu'il devient analyste financier à la société de bourse du Crédit Lyonnais, où il sera responsable médias en Europe. Il quitte le Crédit Lyonnais en 2004 pour créer son entreprise MEDIAFIN et conseille aujourd'hui les dirigeants d'entreprises françaises cotées en bourse pour leur stratégie et leur communication.
Site Internet
www.senat.fr/prixdeslecteurs2005.html
Source : Service de la communication du Sénat Décembre 2005
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