Politique
Alain Juppé "C'est le meilleur d'entre nous"
ALAIN Juppé est né le 15 août 1945 à Mont de Marsan (Landes). C'est un homme politique français. Il fut le premier ministre de la France de 1995 jusqu'à 1997.
Alain Juppé est le fils de Marie (1910-2004) et de Robert Juppé, gaulliste. Fille d'une famille de métayers des Landes, sa mère avait divorcé en 1938 de son premier mari, dont elle avait eu deux enfants.
Après des études secondaires brillantes au Lycée Victor Duruy à Mont-de-Marsan (il reçoit les premiers prix de grec et de latin au concours général des lycées), il obtient son bac en 1962 à l'âge de 17 ans. Il entre en classe préparatoire au lycée Louis-le-Grand à Paris et est reçu en 1964 à l'Ecole normale supérieure. Il obtient l'agrégation de lettres et étudie également à l'Institut d'études politiques de Paris (1968) puis à l'Ecole nationale d'administration (1970-1972), après avoir accompli son service militaire (1969-1970) comme aspirant, puis sous-lieutenant de l'Armée de L'Air.
Il est marié avec Isabelle Juppé, ancienne journaliste devenue romancière. Elle est employée du groupe Lagardère, sur l'impact du numérique sur les médias. Ils ont une fille.
Fonctions politiques
- 1972 à 1976 : Inspecteur des Finances affecté au service de l'Inspection Générale des Finances
- 1976 : Chargé de mission au Cabinet de M. Jacques Chirac, Premier ministre
- 1976 à 1978 : Conseiller technique au Cabinet du Ministre de la Coopération
- 1978 à 1979 : Chargé de mission auprès de M. le Maire de Paris
- 1978 à1980 : Directeur Adjoint des Finances et des Affaires Economiques de la Ville de Paris
- 1980 à 1983 : Directeur des Finances et des Affaires Economiques de la Ville de Paris
- 1983 à 1995 : Adjoint au maire de Paris
- 1986 à 1988 : Ministre délégué auprès du Ministre de l'Economie, des Finances et de la Privatisation, chargé du Budget - Porte-Parole du Gouvernement
- 1993 à 1995 : Ministre des Affaires Etrangères
- 1995 à 1997 : Premier ministre
- 18 mai 2007 - 18 juin 2007 : Ministre d'Etat Ministre de l'Ecologie, du Développement et de l'Aménagement durables du gouvernement François Fillon
- 1977 à 1978 : Délégué National aux études du Rassemblement Pour la République
- 1979 à 1981 : Membre du Conseil National du RPR
- 1981 à 1988 : Membre du bureau politique et de la commission exécutive du RPR
- 1988 à 1994 : Secrétaire général du RPR
- 1994 à 1997 : Président du RPR
- 2002 à 2004 : Président de l'UMP
- 1986: Député de Paris
- 1988 à1993 : Député de Paris
- 1997 à 2002 : Député de la 2e circonscription de la Gironde
- 2002 - 2004 : réélu député de la 2e circonscription de la Gironde. Mandat interrompu par sa condamnation judiciaire en 2004.
- 1995 à 2004 : Maire de Bordeaux
- 1995 à 2004 : Président de la Communauté Urbaine de Bordeaux
- 2006 (13 octobre) : Réélu maire de Bordeaux
- 1984 à 1986 : Député européen
- 1989 à 1989 : Député européen
Décorations
- Grand-croix dans l'Ordre National du Mérite
- Grand-croix du Mérite de l'ordre souverain de Malte
- Lauréat du Prix Iznogoud 1997
Ouvrages d'Alain Juppé
- Poésies. 1962, dans le journal lycéen «Le Grelot», sous le pseudonyme de Pierre Odalot
- La tentation de Venise, éditions Grasset, 1993
- Entre nous, Nil éditions, 1996
- Montesquieu, le moderne, Perrin, 1999
- Entre quatre z'yeux, entretiens avec Serge July, Grasset, 2001
- France, mon pays. Lettres d'un voyageur, Robert Laffont, 2006
Ouvrages sur Alain Juppé
- Alain Juppé saute sur Bordeaux, Stéphane Lhomme, éditions Syllepse, 2006
- Le joker : Alain Juppé, une biographie, Cécile Edwards-Vuillet, éditions du Seuil, 2001
Oeuvres d'Alain Juppé
- L'entrée de la Turquie dans l'Union européenne : la perception de l'opinion publique européenne. Conférence vidéo en ligne d'Alain Juppé sur la question turque, prononcée à Montréal en mars 2006, Cérium, (Centre d'études et de recherches internationales de l'Université de Montréal)
- La France, trois mois avant les présidentielles. Conférence donnée à Montréal en janvier 2007, Cérium (Centre d'études et de recherches internationales de l'Université de Montréal)
Oeuvres sur Alain Juppé
Juppé, forcément, 1995, film documentaire de Pierre Carles, sur le rôle des médias régionaux lors de l'élection d'Alain Juppé à la mairie de Bordeaux.
A Table avec les Politiques, 2005, film documentaire de Frédéric Lepage.
Alain Juppé, la dernière carte, documentaire de Francis Bianconi pour LCP, 2008.
Affaires judiciaires
- En juin 1995, le Canard Enchaîné publie un document interne de la ville de Paris, signé de la main d'Alain Juppé, donnant ordre à ses services de diminuer le loyer de son fils Laurent, logé dans un appartement relevant des discrètes propriétés de la Ville de Paris, rue Jacob. Il est locataire, à un prix défiant toute concurrence, d'un appartement de 189 m2 dans la même rue, où sont réalisés des travaux pour plusieurs millions de francs au frais des contribuables. Une plainte est déposée par une association de contribuables parisiens, puis l'affaire est classée par Bruno Cotte, procureur de Paris.
- 1998 : Alain Juppé est mis en examen pour «abus de confiance, recel d'abus de biens sociaux, et prise illégale d'intérêt» : pour des faits commis en tant que secrétaire général du Rassemblement pour la République, et maire adjoint de Paris aux finances, de 1983 à 1995, il est considéré comme un élément clé d'un système de financement occulte d'emplois au sein du RPR financés par la Mairie de Paris et des entreprises désireuses de passer des contrats publics (sa secrétaire personnelle au RPR fut elle-même rémunérée par une entreprise - le groupe immobilier Ségur - puis par la Ville de Paris).
- En 2000 et 2001, des manifestations et autres actions de revendication ont eu lieu en faveur d'enfants gitans sédentarisés au nord de Bordeaux, aboutissant au relogement de toutes les familles par la ville de Bordeaux. Entre 2002 à 2004, l'arrêté «anti-bivouac» pris par Alain Juppé est annulé par le Tribunal administratif et des dommages sont versés à Stéphane Lhomme.
- Le 30 janvier 2004, il est condamné par le tribunal correctionnel de Nanterre à dix-huit mois de prison avec sursis dans l'affaire des emplois fictifs de la mairie de Paris et à une peine de dix ans d'inéligibilité. Ce premier jugement est largement commenté dans la presse, critiqué par la majorité, en particulier l'attendu suivant :
«Alain Juppé dans la quête de moyens humains lui apparaissant nécessaires pour l'action du RPR a délibérément fait le choix d'une certaine efficacité en recourant à des arrangements illégaux […]
Que la nature des faits commis est insupportable au corps social comme contraire à la volonté générale exprimée par la loi ; qu'agissant ainsi, Alain Juppé a, alors qu'il était investi d'un mandat électif public, trompé la confiance du peuple souverain. […]»
L'appel interjeté par Alain Juppé immédiatement après sa condamnation a pour effet de suspendre l'application de cette décision jusqu'à l'arrêt de la cour d'appel. Le 1er décembre 2004, celle-ci réduit la condamnation à quatorze mois de prison avec sursis et un an d'inéligibilité.
La cour a commenté :
«Il est regrettable qu'au moment où le législateur prenait conscience de la nécessité de mettre fin à des pratiques délictueuses qui existaient à l'occasion du financement des partis politiques, M. Juppé n'ait pas appliqué à son propre parti les règles qu'il avait votées au parlement.
Il est également regrettable que M. Juppé, dont les qualités intellectuelles sont unanimement reconnues, n'ait pas cru devoir assumer devant la justice l'ensemble de ses responsabilités pénales et ait maintenu la négation de faits avérés.
Toutefois, M. Juppé s'est consacré pendant de nombreuses années au service de l'Etat, n'a tiré aucun enrichissement personnel de ces infractions commises au bénéfice de l'ensemble des membres de son parti, dont il ne doit pas être le bouc émissaire.»
Il démissionne le lendemain de son dernier mandat, celui de maire de Bordeaux.
Ses citations
- «Notre démocratie est parfaitement bancale. Elle n'avance que sur une seule jambe. Elle écarte de sa représentation plus de la moitié des citoyens.»
Discours devant le Parlement - Mars 1997
- «Certes, on n'est pas élu sur un bilan, mais si le bilan est mauvais, on ne gagne pas.»
Extrait du journal Le Figaro.fr - 7 Février 2007
- «Faire preuve de modestie est toujours un exercice salutaire.»
Extrait d'une interview dans Le Journal Du Dimanche - 20 Mai 2007
11-08-2008
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