Portrait
Daniel Constantin
Préfet de l'Hérault, Préfet de la Région Languedoc-Roussillon
Entretien
La Citoyenneté : Comment êtes-vous arrivé à la vie publique ?
Daniel Constantin : J'ai travaillé très tôt, sans très bien savoir quel serait mon parcours professionnel. A partir de là, faisant partie d'une famille modeste, j'ai fait des études en travaillant. J'étais dans le secteur public : maître d'internat et maître auxiliaire. Et puis, j'ai passé des concours, parmi lesquels celui de l'ENA que j'ai réussi. Après cela, l'intérêt pour la vie publique et le souci de l'intérêt général ont fait que je suis resté là où j'étais.
La Citoyenneté : Avez-vous un personnage historique modèle ?
Daniel Constantin : S'il s'agit de l'histoire récente, je choisirais Mendès France.
La Citoyenneté : La plupart des maires que nous avons interviewés ont choisi Mendès France. Pourquoi, à votre avis ?
Daniel Constantin : Parce que nous avons tous le même âge. Le Général de Gaulle est un autre personnage qui a marqué ma génération. En fait, ma formation civique s'est faite à peu près à ce moment-là. Mendès France, c'était en 1953-54, j'avais alors 13-14 ans. Donc, pour nous, c'était ce qu'on voyait en Indochine, en Tunisie ; ensuite, ça a été l'Algérie. L'essentiel de nos connaissances s'est fait à travers les lectures que nous pouvions avoir à l'époque, à travers la presse d'opinion : Témoignages Chrétiens, L'Express.
Par ailleurs, j'ai rencontré Mendès France à plusieurs reprises. Nous avions la chance d'avoir en face de nous quelqu'un qui nous donnait une explication de la société, de la France et du monde.
La Citoyenneté : Quels sont vos goûts en lecture ?
Daniel Constantin : Je reste assez classique dans mes lectures, c'est-à-dire que je me replonge dans les auteurs anciens. Pour la langue, je choisirais Flaubert. Toutefois, je suis très éclectique. De temps en temps, pour me détendre, je lis un livre policier, j'ai pratiquement lu tous les San Antonio.
La Citoyenneté : Quels sont vos goûts en musique ?
Daniel Constantin : Comme je l'ai dit lors de la signature de la Convention pour l'Opéra de Montpellier, Mozart n'est peut-être pas le plus grand, mais il est le plus sublime. Autant on vibre avec Bach, par exemple, autant on a cette espèce d'approfondissement, de charme avec Mozart.
La Citoyenneté : Quelle est votre radio préférée ?
Daniel Constantin : J'écoute deux radios. Le matin, j'écoute les informations sur Europe 1, et en voiture, j'écoute Radio Classique.
La Citoyenneté : Avez-vous une devise ?
Daniel Constantin : En dehors du Franc suisse, non (Rires).
La Citoyenneté : Quels sont vos goûts en gastronomie ?
Daniel Constantin : C'est une question difficile, parce que j'aime tout. Mais j'aime particulièrement le poisson, sous toutes ses formes, cru ou cuit.
La Citoyenneté : Avez-vous un conseil à donner aux jeunes qui veulent s'engager dans la vie publique ?
Daniel Constantin : Je dirais dans la vie tout court. Il faut tout d'abord avoir un projet pour soi, qui soit à peu près réaliste. Il s'agit de vouloir quelque chose, c'est ça l'élément fort. J'ai vécu cela avec mes enfants. A partir du moment où ils ont vraiment voulu quelque chose, ils ont réussi. Ils ont eu beaucoup de mal, mais ils ont réussi.
On ne va pas à l'école, en disant "j'y vais en attendant". On ne s'inscrit pas à l'université, en disant "j'y vais parce que je ne sais pas quoi faire". On va en boîte, parce qu'on a envie d'écouter de la musique ou de rencontrer des amis.
A la limite, ça peut être une devise : "J'ai envie, je veux".
En fait, les jeunes ne savent pas hiérarchiser leurs désirs. Ils ont envie de tout, or on ne peut pas tout avoir en même temps. Moi, j'aurais aimé être ingénieur, médecin, musicien. Mais à un moment, il m'a fallu choisir. Lorsqu'on veut quelque chose, il y a d'autres choses qu'on ne veut pas.
Montpellier, le 15-03-2002
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