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Portrait
Maurice Requi
Maire de la Vacquerie et conseiller général de l'Hérault



Maire de la Vacquerie, commune qui existe depuis le 18ème siècle, et qui a annexé la commune de Saint-Martin en 1832, Maurice Requi est également conseiller général du canton du Caylar, dans le Département de l'Hérault.

Entretien


La Citoyenneté :
Depuis combien d'années êtes-vous maire de la commune de la Vacquerie ?
Maurice Requi : Je suis élu à la Vacquerie depuis 1971, tout d'abord en tant que maire adjoint. Et en 1977, j'ai été élu maire. J'ai voulu arrêter cette année, mais je me suis présenté comme conseiller municipal. Il se trouve que la personne qui devait me succéder n'est pas disponible pour le moment. Donc, pendant deux ans encore, j'assumerai le mandat de maire, et je cèderai ensuite la place pour rester conseiller municipal.

La Citoyenneté : Comment êtes-vous arrivé à la politique ?
Maurice Requi : Sans aucune préméditation. A l'époque, le maire de la Vacquerie était un directeur d'école. Il fallait qu'il fasse sa liste, il m'avait alors demandé d'y figurer. Ce monsieur avait beaucoup de travail, et ayant vu que je pouvais assumer le poste de maire, vu que je venais du ministère des finances et que les dossiers ne me gênaient pas trop, il m'a proposé de continuer. Je me suis pris au jeu, car même dans un petit village, on peut réaliser des choses intéressantes. De plus, je suis issu d'une famille qui a toujours servi l'État. Déjà mes grands-parents étaient instituteurs sur le Larzac ; ma fille est maire de Saint-Etienne-de-Gourgas, elle est à son troisième mandat.

La Citoyenneté : Et vos autres enfants s'intéressent-ils également à la politique ?
Maurice Requi : J'ai deux fils. L'un est conseiller municipal avec sa soeur, mais l'autre n'a pas voulu...

La Citoyenneté : En fait, toute votre famille est passionnée par la politique ?
Maurice Requi : Mes parents étaient instituteurs, mes grands-parents aussi. Nous avons toujours servi l'État.

La Citoyenneté : Si vous n'étiez pas maire, quel métier auriez-vous aimé faire ?
Maurice Requi : J'aurais aimé occuper une fonction d'élu, mais je ne pouvais pas le faire, puisque j'étais tenu au devoir de réserve. Je suis entré très jeune dans l'administration ; à l'âge de 23 ans, j'étais inspecteur des impôts. A l'époque, il était interdit d'être candidat dans un département où on exerçait des fonctions dans l'administration. Cette loi a été assouplie.

La Citoyenneté : Lorsque vous ne serez plus maire, qu'aimerez-vous faire de votre temps libre ?
Maurice Requi : J'aimerai voyager, faire des conseils en fiscalité pour des maires qui ont des problèmes.

La Citoyenneté : Que conseillez-vous aux jeunes qui veulent faire de la politique ?
Maurice Requi : Je pense qu'il faut qu'ils commencent modestement dans des conseils municipaux de jeunes. D'ailleurs, le Département de l'Hérault est en train de mettre en place un Conseil départemental des jeunes. Car être maire, c'est vraiment un métier ; il faut connaître un tas de choses, il y a de nombreuses lois. Il faut être disponible. En fait, il faut connaître beaucoup plus de choses qu'il y a vingt ans. Il faut se former tout le temps. Surtout les maires des petites communes qui ne sont pas assistés par des techniciens et qui doivent se débrouiller seuls.

La Citoyenneté : Quel est votre plus beau souvenir en politique ?
Maurice Requi : C'est peut-être d'avoir été élu conseiller général en 1993, car c'était un niveau supérieur. Il a fallu se battre pour y arriver. Je pensais que ça allait se faire facilement, vu que je m'occupais du Sivom du Larzac.

La Citoyenneté : Vous étiez candidat de la gauche ?
Maurice Requi : Ma famille a toujours été de gauche, mais très tolérante. Ma mère était pratiquante, ma soeur également, mon père ne s'y est jamais opposé.

La Citoyenneté : Vous avez côtoyé monsieur Saumade, maintenant vous travaillez avec monsieur Vezinhet. Quel regard portez-vous sur les deux hommes ?
Maurice Requi : Lorsque monsieur Saumade gérait ce département, il a toujours suivi de près les problèmes, peut-être plus ceux du rural que ceux de l'urbain. Monsieur Vezinhet a une vue plus globale, mais il n'oublie quand même pas le milieu rural ; il a peut-être une vue plus ouverte sur l'ensemble de ce territoire, d'autant plus qu'il est obligé de tenir compte de ce qui se passe au niveau national. Au niveau du Département de l'Hérault, il faut faire face à des changements, la population augmente d'au moins 1000 habitants par mois, il faut faire en sorte à ce qu'il y ait des logements, des collèges...

La Citoyenneté : Y a-t-il un projet qui vous tient vraiment à coeur pour la Vacquerie, mais aussi pour votre canton ?
Maurice Requi : C'est de faire progresser ce petit village où il n'y a pas de ressources. La fiscalité est très faible -120.000 Francs par an-. En sollicitant les aides du Département, de l'État, de l'Europe, on arrive à réaliser de jolis projets. J'ai pu quand même modifier complètement l'image du village, embellir des petites localités qui en avaient besoin. Il fallait refaire des places, faire une salle des fêtes, refaire des appartements, transformer le presbytère en un gîte...
Pour ce qui est de mon canton, celui du Caylar, je veux en faire la véritable porte d'entrée de l'Hérault. Au Caylar, il y a 250 personnes qui travaillent, alors qu'il n'y a que 400 habitants. Je suis ravi de travailler sur ce canton, car c'est un site qui bouge et où j'ai des possibilités. Le Caylar devrait devenir un lieu où on cultive la traçabilité des produits alimentaires. On ne va pas là-haut pour faire de l'industrie. Nous avons installé un boulanger, nous espérons installer des serres pour pouvoir produire les fameuses plantes aromatiques. Nous avons le pain au feu de bois, des produits agricoles tels que le fromage, toutes les qualités de viande. Et tout cela, nous essayons de le mettre en valeur.

La Citoyenneté : Vous devez connaître tous les habitants du village ?
Maurice Requi : Oui, et même les résidants. La commune de la Vacquerie compte 121 habitants ; mais avec les résidants, ça fait un total de 300 à 400 habitants. Le maire d'une grande commune n'est pas autant connu de la population que celui d'une petite commune. Parfois, on vient me voir pour des choses qui n'ont rien à voir avec la Mairie ou le Conseil général.

Montpellier, le 30 Novembre 2001


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