Journalisme Françoise Giroud
Une femme de conviction
FRANÇOISE Giroud est née à Genève, en Suisse, le 21 septembre 1916. De son vrai nom France Gourdji, Françoise Giroud était de parents turcs installés en France.
Françoise Giroud a subi l'influence déterminante de son père, dont elle était la seconde fille et qui est mort très jeune. En effet, son père ayant préféré avoir un fils, elle n'a cessé de vouloir prouver qu'une fille, c'était aussi bien. Ainsi, elle était devenue un garçon manqué. Dans son désir d'égaler un garçon, Françoise Giroud devint alors hyperactive. A elle seule, elle possédait la force de travail de plusieurs personnes.
Elevée dans la peur constante de ne pas joindre les deux bouts, elle disait que d'avoir été aimée, notamment par sa mère et sa soeur, était sa seule richesse. Les valeurs que cette mère enseigna à ses filles sont la justice, la liberté, la dignité, la compassion et le courage.
Françoise Giroud quitta l'école à l'âge de 15 ans. A 16 ans, elle commença sa carrière professionnelle tout en bas de l'échelle : d'abord sténo-dactylo puis scripte, elle accéda au poste d'agent de liaison dans la Résistance au début des années 1940. En effet, Françoise et sa soeur aînée Douce firent partie de la Résistance durant l'occupation nazie. En 1943, la Gestapo les arrêta. Françoise fut incarcérée et Douce déportée à Ravensbrück. Deux ans plus tard, cette dernière revint et décéda peu après, prématurément usée. Françoise en fut tant affectée, d'autant plus qu'elle était très proche de sa soeur.
Elle s'imposa très jeune dans le journalisme. Ainsi, entre de 1945 à 1953, elle dirigea la rédaction du magazine Elle, puis fonda avec Jean-Jacques Servan-Schreiber l'hebdomadaire L'Express qu'elle dirigea de 1971 à 1974. Depuis 1993, elle était éditorialiste de télévision pour le Nouvel Observateur.
Françoise Giroud a également occupé plusieurs fonctions en politique. Elle devint secrétaire d'Etat de 1974 à 1977, sous le septennat de Valéry Giscard d'Estaing, d'abord chargée du ministère de la Condition féminine et, ensuite, du ministère de la Culture.
En tant que secrétaire d'Etat à la Condition féminine, elle a mis en place "cent une mesures" pour favoriser l'insertion des femmes : autonomie, droits propres, élimination des discriminations, diffusion de l'information, situation des veuves, divorcées, mères célibataires, formation à des métiers dits masculins. Toutefois, elle n'a jamais été vraiment acceptée par les féministes la considérant comme une bourgeoise, trop solidaire du pouvoir masculin.
De 1977 à 1979, elle fut Vice-présidente du Parti radical et, en 1981, elle se prononça pour François Mitterrand.
Françoise Giroud était mère de deux enfants, dont un fils décédé, et une fille, Caroline Eliacheff.
Elle a manifesté un vif intérêt pour le cinéma. Ainsi, après avoir été scripte, notamment de La grande illusion de Jean Renoir en 1937, elle a écrit de nombreux scénarios inspirés souvent de ses propres livres.
Membre du jury du Prix Femina à partir de 1992, Françoise Giroud publia de nombreux ouvrages nous révélant ainsi ses talents d'auteur.
Oeuvres de Françoise Giroud
- 1952 : Le tout Paris
- 1958 : La nouvelle vague, portrait de la jeunesse
- 1972 : Une poignée d'eau (recueil de chroniques)
- 1972 : Si je mens
- 1977 : La comédie du pouvoir
- 1978 : Ce que je crois
- 1981 : Une femme honorable
- 1982 : Le bon plaisir
- 1987 : Christian Dior
- 1988 : Alma Malher ou l'art d'être aimé (grand prix de la femme 1988)
- 1990 : Les leçons particulières
- 1992 : Jenny Marx ou la femme du diable
- 1994 : Journal d'une parisienne
- 1994 : Mon très cher amour
- 1995 : Coeur de Tigre
- 1996 : Chienne d'année
- 1996 : Cosima la sublime
- 1997 : Gais-Z et contents
- 1997 : Arthur ou le bonheur de vivre
- 1998 : Deux et deux font trois
- 1999 : Les Françaises
- 2000 : Histoires (presque) vraies
- 2000 : C'est arrivé hier (journal 1999)
- 2001 : On ne peut pas être heureux tout le temps
- 2001 : Profession journaliste (conversations avec Martine de Rabaudy)
- 2002 : Lou: Histoire d'une femme libre
- 2003 : Les taches du léopard (posthume)
Françoise Giroud est décédée d'un traumatisme crânien le 19 janvier 2003. Elle avait 86 ans.
Montpellier - Le 18 Juillet 2004
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