Littérature
Jean-Pierre de Claris de Florian
JEAN-PIERRE DE CLARIS DE FLORIAN était issu d'une famille anoblie depuis près de trois siècles. Le lieu de naissance de Florian est controversé : il serait né à Sauve (Gard) ou au château de Florian situé à 15 kilomètres d'Anduze (Gard), le 6 mars 1755. Il fut baptisé à Sauve le 12 mars 1755, six jours après sa naissance.
Son grand-père, Jean de Claris, seigneur de Florian, naquit à Sauve en 1674. Après quelques années de service en tant que capitaine de cavalerie au régiment de Girardin, il entra dans la magistrature. En 1708, il était conseiller du roi, maître de la Cour des comptes, aides et finances de Montpellier, charge qu'il occupa jusqu'à sa mort en 1767. Doué d'un esprit turbulent, Jean de Claris eut de nombreux procès, pour lesquels il employa de fortes sommes. La partie de sa fortune que les procès n'avaient pas entamée fut achevée dans les grandes réparations de son château de Florian.
Les parents de Florian étaient François de Claris, seigneur de Florian, Logrian et Lauret, et Gilette Salgues, fille de Jean Salgues, avocat à Sauve, et de Marthe Flaugergues. Florian n'eut pas le bonheur de connaître sa mère, puisqu'elle décéda un an après sa naissance. Ce sentiment de la tendresse filiale, qui le possédait si entièrement, il le peignit plus tard, en termes éloquents dans le préambule de son poème de "Ruth", couronné par l'Académie Française, en 1784. Le père de Florian, inconsolable, ne voulut pas se remarier, et se voua à l'éducation de ses enfants (le second fils mourut très jeune). Les grandes dettes que le père de Florian laissa à sa mort, mirent son fils dans un tel embarras, qu'il dut vendre la terre de Florian, en 1782, à M. Bousquet, d'Anduze, qui la céda ensuite en 1805 à M. Cabanne, de Florian.
Sa mère était née en Espagne, d'où peut-être l'inclination que Florian manifesta pour ce pays.
Il fut pensionnaire à Saint-Hippolyte-du-Fort, près de Sauve, et se fit remarquer par son intelligence précoce. Ses loisirs de vacances étaient partagés entre la lecture (l'"Illiade" était son livre préféré), les promenades champêtres et la chasse.
A l'âge de dix ans, Florian fut placé à Paris, auprès de son oncle, le frère aîné de son père, le marquis de Florian, colonel des dragons de la Garde du Roi, qui avait épousé la propre nièce de Voltaire. Plus tard, ils lui laissèrent toute leur fortune. Florian était destiné à une carrière militaire, pour continuer les traditions de sa famille. La tante de Florian le présenta à Voltaire, avec qui s'établirent des rapports d'affection et de quasi-parenté : Florian l'appelait "le premier homme de l'Europe". La première entrevue de Voltaire avec l'enfant se passa à la lecture de la fable de La Fontaine "Le Marchand, le Gentilhomme, le Pâtre et le Fils du roi". C'est peut-être de cette leçon que naquit la vocation du futur auteur.
En 1768, le duc de Penthièvre, un descendant du duc de Maine, légitimé par Louis XIV, admit Florian comme page. Mais l'éducation de Florian ne fut pas trop surveillée, bien qu'il fût entouré de maîtres de tous genres (dessin, langues, danse...). En fait, il s'appliqua plus au cheval, vu son projet d'entrer dans la cavalerie. Le duc de Penthièvre fut le plus solide exemple pour le jeune Florian ; il surnomma ce dernier "Pulcinello" (petit polichinelle) et fut un second père pour lui.
A 16 ans, Florian entra dans le corps royal d'artillerie, à Bapaume. Il y fut très assidu. Peu après, l'école fut transférée à Brienne, d'où devait sortir quelques années plus tard, le lieutenant Napoléon Bonaparte. Le père de Florian décida que son fils s'engagerait dans la marine. Parallèlement, Florian resta attaché à la maison du duc de Penthièvre, à Paris. C'est là qu'à vingt ans, il entama sa carrière d'écrivain.
Florian était caractérisé par une joie rayonnante qu'il prodiguait par ses bons mots, ses contes et ses chansons. De plus, sa bonté naturelle était certainement liée à son amour pour la nature et à l'impact favorable de la vie familiale. Grâce à "Galatée", son premier roman publié en 1783, il fut qualifié de "jeune homme à l'esprit heureux et naturel". 4 ans après, son chef-d'oeuvre "Estelle et Némorin" fut un grand succès. Par son "Théâtre", Florian fut considéré comme original parmi les auteurs comiques. Mais Florian alla au bout de son talent, avec ses "Fables", en1792 : magnifique étude, sincère, colorée d'humour, de l'humanité et de la vie des animaux.
Esprit largement libéral et réformateur, concerné par les misères sociales, Florian s'associa à la Révolution à ses débuts. Le duc de Penthièvre ne survécut pas à l'assassinat de sa belle-fille, la princesse de Lamballe. Florian s'est vu alors confier le commandement de la garde nationale. Toutefois, il continua ses travaux littéraires. Accusé d'être en relation avec l'ancienne Cour, Florian fut emprisonné à Paris en juillet 1794. En prison, il a écrit quatre livres et un poème sur Guillaume Tell. Ses amis, Boissy-d'Anglas et le poète Ducis, redoublèrent d'efforts pour le libérer. Florian décéda le 13 septembre 1794, sous le poids de ses souffrances et tortures. Il fut inhumé au cimetière des Acacias à Sceaux.
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