Politique
Jacques Chaban-Delmas Le plus jeune général de l'armée française depuis la Révolution
JACQUES Chaban-Delmas est né le 7 mars 1915 à Paris. Son père était administrateur de sociétés. Après des études au lycée Lakanal, à Sceaux, à la faculté de droit de Paris, il est diplômé de l'Ecole libre des sciences politiques, major de sa promotion à Saint-Cyr, licencié en droit et diplômé d'études supérieures d'économie politique et de droit public.
En 1933, il entre en tant que journaliste stagiaire à L'information économique et financière tout en suivant les cours de Sciences Po et de la Faculté de droit.
En 1939, il épouse Odette Hamelin (3 enfants), la fille du fondateur du journal, dont il divorcera pour épouser Marie-Antoinette Geoffray, née Iôn (1 enfant), qui se tue dans un accident de voiture en 1970. Il épouse, en 1971, alors qu'il est Premier ministre, Micheline Chavelet, une fort belle femme que M. François Mitterrand lui a présentée.
En 1942, réfugié à Nice, il entre dans la résistance gaulliste et prend le nom de Chaban. Il est reçu au concours d'Inspecteur des finances en 1943. En 1944, il est nommé "général", à 29 ans, et est chargé d'organiser la libération de Paris. Il est alors le plus jeune général de l'armée française depuis la Révolution.
En 1945, il est secrétaire général du ministère de l'Information auprès du socialiste Gaston Deferre, puis, après le départ du pouvoir du général de Gaulle en janvier 1946, il entre au parti radical. En novembre 1946, il est élu député de la Gironde et devient l'année suivante maire de Bordeaux, mandat qu'il conservera jusqu'en 1995, malgré une "grande fatigue" les dernières années. Il cède alors sa place à Alain Juppé en juin 1995.
En 1947, il participe à la fondation par le général de Gaulle du RPF (Rassemblement du peuple français) et c'est fin 1952, alors qu'il est président du groupe parlementaire RPF, qu'il fait voter l'investiture du radical René Mayer.
Il est plusieurs fois ministre sous la IVe République (voir ci-dessous). C'est lui, notamment, qui organise à Alger, avec ses hommes de main, MM. Léon Delbecque et Lucien Neuwirth, la mort de la IVe République et le retour au pouvoir du général de Gaulle, l'un des "Treize complots du 13 mai" 1958 (Serge et Merry Bromberger, Les Treize complots du 13 mai, Fayard, Paris 1959). Jamais ministre du général de Gaulle, il devient Premier ministre de Georges Pompidou en 1969, mais démissionne le 7 juillet 1972 (bien qu'il ait obtenu la confiance de l'Assemblée nationale), le Président n'étant pas favorable à son projet de "Nouvelle Société", trop progressiste, et n'appréciant pas la maladresse de son Premier ministre, qui a utilisé un moyen alors légal de ne pas payer d'impôt sur le revenu.
Ses conseillers sont les socialistes Jacques Delors et Simon Nora.
A la mort de Georges Pompidou, il se présente à l'élection présidentielle de 1974 mais n'arrive qu'en troisième position.
Député depuis 1946, il est président de l'Assemblée nationale de 1958 à 1969. En 1986, un renversement d'alliances lui permet de récupérer le "perchoir", c'est-à-dire la présidence de l'Assemblée nationale, en évinçant Edgar Faure qui l'occupait et qui avait l'appui de Jacques Chirac.
Après 1981 et jusqu'en 1995, le maire de Bordeaux se consacre à sa ville et développe ce que l'on appelle le "système Chaban". Sous sa direction, la ville de Bordeaux est restée une "belle endormie", alors que sa voisine Toulouse resplendit de modernité.
Il pratiqua le sport à haut niveau, étant notamment finaliste du double messieurs aux championnats de France de tennis en 1965, puis champion du double messieurs aux Internationaux de France (en catégorie vétérans) de 1970. Il avait été licencié au Racing Club de France section tennis dès l'avant-guerre. Il fut en outre international français de Rugby à XV en juin 1945 (une seule sélection, contre l'équipe du British Empire Service, à Richmond, alors qu'il est général depuis un an !), et licencié au Club athlétique des Sports Généraux (de la Société Générale avant 1919 - futur Stade Français) au poste de trois-quarts aile gauche.
Il meurt à Paris le 10 novembre 2000. Le 14 novembre 2000, "la France" lui fait des funérailles nationales, et c'est le président de la République lui-même, M. Jacques Chirac, son adversaire mortel de 1974, qui prononce son bel éloge.
Fonctions gouvernementales
- Ministre des Travaux publics, des Transports et du Tourisme du gouvernement Pierre Mendès France (du 19 juin au 14 août 1954)
- Ministre du Logement et de la Reconstruction du gouvernement Pierre Mendès France (du 3 septembre au 12 novembre 1954)
- Ministre des Travaux publics, des Transports et du Tourisme du gouvernement Pierre Mendès France (du 3 septembre au 23 février 1955)
- Ministre d'Etat du gouvernement Guy Mollet (du 21 février 1956 au 13 juin 1957)
- Ministre de la Défense nationale et des Forces armées du gouvernement Félix Gaillard (du 6 novembre 1957 au 14 mai 1958)
- Premier ministre du 20 juin 1969 au 5 juillet 1972
Autres fonctions exécutives
- Président de l'Assemblée nationale (du 9 décembre 1958 au 20 juin 1969, du 3 avril 1978 au 21 mai 1981, du 2 avril 1986 au 12 juin 1988)
- Président de la Communauté urbaine de Bordeaux (1967, 1983, 1989-1995)
- Premier vice-président du Conseil de la Communauté urbaine de Bordeaux (1977-1995)
- Président du Conseil régional d'Aquitaine (1974-1979 et 1985-1988)
Mandats électifs
- Député de la Gironde (1946-1997)
- Maire de Bordeaux (1947-1995)
Ouvrages
- L'Ardeur (1975)
- Charles de Gaulle (1980)
- La Libération (1984)
- Les Compagnons (1986)
- La Dame d'Aquitaine (1987)
- Montaigne (1992), prix Henri Malherbe en 1993
- Mémoires pour demain (1997)
Décorations
- Commandeur de la Légion d'Honneur
- Compagnon de la Libération - décret du 7 août 1945
- Croix de Guerre (1939-1945)
- Médaille de la Résistance avec rosette
- Commandeur de la Legion of Merit (USA)
- Commandeur de l'Ordre de Léopold II de Belgique
- Commandeur du Virtuti Militari (Pologne)
- Commandeur de l'Ordre d'Isabelle-la-Catholique (Espagne)
- Cordon de l'Etoile Yougoslave
Le 18 Juillet 2006
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