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Jules-Emile PLANCHON, découvreur du Phylloxera
JULES-EMILE PLANCHON est né à Ganges, dans l'Hérault,
le 21 mars 1823.
Son père était un petit artisan sans ressources, qui assura à ses deux fils,
Jules-Emile et Gustave (d'une dizaine d'années plus jeune que le précédent),
une solide instruction générale.
Reçu au baccalauréat à 16 ans, il vint à Montpellier, où il fit ses
études à la pharmacie Teulon, puis à la pharmacie Lutrand. Bachelier es sciences
en novembre 1841, il fut licencié es sciences naturelles en décembre 1842, puis
docteur es sciences après avoir soutenu une thèse de botanique, le 3 juillet 1844.
De 1844 à 1848, il devient conservateur de l'herbier du célèbre
botaniste Sir William Hooker, à Kew, près de Londres. C'est là que Jules-Emile
Planchon se forma véritablement à la botanique, au contact de botanistes
éminents tels que Robert Brown surnommé "Princeps Botanicorum".
La période 1848-1849 fut la plus dure de son existence : il y
fréquente assidûment le jardin des Plantes à Paris. Il était alors sans
ressources. Mais il se lia d'amitié avec Joseph Decaisne grâce à qui il
s'est vu attribuer par Louis Van Houtte la chaire de botanique, de zoologie
et d'horticulture de l'Institut horticole de Gand en Belgique. Il y resta
jusqu'en 1851, et fut le principal rédacteur en chef de la publication
"La flore des Serres et des Jardins d'Europe", et y collabora activement
jusqu'à sa mort.
En 1851, il revint à Montpellier où il soutint une thèse de
doctorat en médecine, intitulée : "Des limites de la concordance entre
les formes, les structures, les affinités des plantes et leurs propriétés
médicales". Par la suite, il fut nommé professeur titulaire de botanique à
l'Ecole de Médecine et de Pharmacie de Nancy, et directeur du Jardin
botanique de cette ville.
Il retourna définitivement à Montpellier en 1853, y remplaça
son ami et ancien Maître Dunal, professeur de botanique à la Faculté des
Sciences, qui ressentait les premières atteintes d'une hémiplégie.
Peu après, Planchon fut reçu pharmacien de Ière classe à Paris en
1856, et devint professeur de botanique et d'histoire naturelle des
médicaments à l'Ecole supérieure de Pharmacie, dont il fut nommé directeur
en 1859, jusqu'en 1881. Le 9 avril 1881, il est nommé professeur d'Histoire naturelle
de la Faculté de Médecine et directeur du Jardin des Plantes de Montpellier,
remplaçant Charles Martins parti à la retraite. Ainsi, il abandonna sa chaire
de la Faculté des Sciences et la direction de l'Ecole de Pharmacie.
Le 1er avril 1888 à 9 heures du soir, il décéda à Montpellier, avec
une rapidité foudroyante.
Son oeuvre fut le reflet de cette phrase que l'on peut lire
dans l'introduction de sa thèse de Pharmacie : "L'utile est le fruit
naturel du vrai". Il fut un maître apprécié et respecté dans le monde entier.
Deux membres de sa famille ont perpétué son nom : d'une part,
son frère Gustave qui fut professeur agrégé à la Faculté de médecine et à
l'Ecole de Pharmacie de Montpellier, puis directeur de l'Ecole de Pharmacie
de Paris ; d'autre part, son fils Louis qui occupa la chaire de Matière
médicale à l'Ecole de Pharmacie de Montpellier de 1901 à 1915.
Jules-Emile Planchon fut notamment découvreur, en juillet 1868,
en Vaucluse, du Phylloxera, une maladie de la vigne causée par le puceron.
Le remède qu'il proposa est le remplacement des vignes françaises par des
vignes américaines qui résistent à la bestiole. Mais, pour conserver les
qualités des raisins et des vins français, il a fallu greffer sur ces pieds
résistants les variétés des vignobles français. Face aux attaques dont il fut
l'objet, il défendit sa thèse avec acharnement (articles, mémoires). En fin de
compte, sa solution fut acceptée : bientôt, les vignes américaines couvrirent
l'Hérault et les départements voisins.
Parmi ses travaux, on distingue :
- Sur les espèces de fritillaires de France, à propos des "Icones" et
d'un manuscrit inédit de Pierre Richer de Belleval.
- La Botanique à Montpellier. Etudes historiques, notes et documents.
L'herbier de Chirac improprement dit de Magnol.
- Mémoire sur la famille des Guttifères.
- Mémoires sur la famille des Simaroubées, sur la famille des Linées.
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Montpellier - Le 7 Novembre 2002
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