contact
Contact

Google

Résistance

Philippe Leclerc
Le maréchal à "l'âme de cristal"


PHILIPPE de Hauteclocque, dit Leclerc (son nom de guerre), maréchal de France, né le 22 novembre 1902 à Belloy-Saint-Léonard, village picard de quelques dizaines d'habitants situé à une trentaine de kilomètres d'Amiens, descendait d'une lignée illustre.
De noblesse immémoriale, la maison Hauteclocque possédait en 1163, la terre de Hauteclocque, pairie féodale du comté de Saint-Pol. Un village du Pas-de-Calais porte aujourd'hui encore le nom d'Hauteclocque.
Le XIXe siècle voit des Hauteclocque combattre sur toutes les scènes européennes et participer entre autres au siège de Saragosse, à la campagne d'Autriche, à la campagne de Prusse et de Pologne. Un Hauteclocque, César, se bat à Iéna, à Eylau, à Friedland, où il reçoit deux coups de lance, et à Salamanque. Un autre participe à l'expédition de Chine.
L'histoire en 1940 allait faire écho à cette devise que les Hauteclocque, cinq siècles auparavant, portaient sur leurs armes : "On entend loing Haulte Clocque".
Cet été-là, Philippe est le témoin attentif d'une décision qui le fait replonger dans les exemples familiaux d'héroïsme, de courage, de patriotisme les plus poignants auxquels il se plaît à rêver dans la solitude de sa chambre d'enfant.
Le château de Belloy voit partir le maître des lieux, affecté comme cavalier de seconde classe dans le 11e régiment de cuirassiers, et son fils Guy, le frère aîné de Philippe, frais émoulu de Saint-Cyr, nommé au commandement d'un peloton dans le même régiment.
La mère de Philippe, née Marie-Thérèse van der Cruysse de Waziers dans une vieille et aisée famille de Lille, animait la vie religieuse de son village, était présente à toutes les cérémonies et tenait fidèlement le calendrier des multiples fêtes catholiques dont la plus suivie était la procession du Saint-Sacrement. L'enfant fut marqué par cette pratique religieuse simple mais intense de sa mère. Au collège de la Providence, il appartiendra à une congrégation consacrée à la Vierge. Cet engagement ira au-delà de son enfance, de sa jeunesse. Cette piété héritée de sa mère conditionna son existence et donna, incontestablement, une énergie supplémentaire dans sa carrière.
Son frère Guy, de dix ans son aîné, est pensionnaire. Sa mère et ses trois soeurs, Françoise, Madeleine et Yvonne, guident son enfance. Rosalie Fuchs, une Allemande de dix-neuf ans, et Marguerite Galliot, une institutrice originaire de Château-Gontier, éduquent tout ce petit monde, selon une tradition bien établie. Le comte Adrien apporte un complément à l'enseignement des deux préceptrices, se chargeant notamment de donner à Philippe ses premières leçons de latin.
A cinq ans, Philippe est surnommé "Père Pacifique". Façon de rendre hommage à son caractère docile, sérieux, timide. L'enfant aime peu bouger, car il était attaché à cette terre, à ce parc dont il connaîtra vite tous les arbres.
Puis une passion naît. Son père lui offre sa première carabine de 9 mm. Philippe tire, de temps à autre, sur quelques écureuils que la cuisinière fait mijoter spécialement pour lui. Dans ce plaisir tout neuf, Philippe associe sa soeur Colette, de deux ans sa cadette. Il en fait sa traqueuse habituelle. Elle lui débusque les lapins et les perdreaux.
Philippe de Hauteclocque entre pour la première fois à la Providence, au début de l'année scolaire 1913-1914. Ce collège d'Amiens, l'un des plus cotés du nord de la France, accueillait les rejetons des grandes familles terriennes ou industrielles sensibles aux bienfaits de l'éducation des Jésuites attachés à une forte et solide culture intellectuelle associée à la formation du caractère et à l'exercice de la piété.
Hautain, espiègle et bon élève. Le meilleur de sa classe. Le meilleur dans les versions latines et les thèmes grecs. Quand il rentrait au château de Belloy, son livret trimestriel comportait plus de places de premier que de second et le récapitulatif des notes comportait toujours les quatre "A".
Philippe de Hauteclocque est décrit, à cette époque, comme une "âme de cristal" s'exprimant par des yeux clairs et directs sous un front haut. Ses professeurs saluent sa loyauté, sa spontanéité, sa générosité, sa volonté énergique. Il est dur au mal, studieux. Timide : il rougit à la moindre observation.
En 1918, Amiens est menacé par l'offensive Ludendorff. Philippe de Hauteclocque, adolescent de taille moyenne, très mince, très sec, est évacué avec d'autres élèves de la "Providence" à Abbeville puis à Poitiers où ils sont accueillis par le collège Saint-Joseph.
Ce transfert n'altère en rien les études du jeune Hauteclocque qui passe, comme une simple formalité, la première partie du baccalauréat.
De retour de Poitiers, il annonce à son père son souhait d'être inscrit à l'école Sainte-Geneviève de Versailles en classe préparatoire à Saint-Cyr. Ce choix n'est pas une surprise dans sa famille. Dans sa décision, Philippe subissait la double influence de l'histoire de ses ancêtres et les exemples récents de son père et de ses deux oncles, d'un frère et d'un cousin.
En 1920, à dix-huit ans, il entre à Sainte-Geneviève, collège de Jésuites réputé pour la qualité de ses classes préparatoires. Deux années plus tard, en juillet, il se présente au concours d'entrée à l'Ecole spéciale militaire de Saint-Cyr.
Philippe de Hauteclocque signe -simple obligation administrative qui accompagne son entrée à Saint-Cyr - à la subdivision d'Amiens, le 13 octobre 1922, un engagement volontaire de huit ans à l'Ecole spéciale. Puis le 31 octobre, il rejoint la promotion "Metz et Strasbourg" et prend chez le fourrier l'uniforme de "cyrard" avec son célèbre shako bleu ciel, son casoar blanc et rouge, son pantalon garance, sa tunique foncée et son sabre.
Saint-Cyr l'enthousiasme. Rien ne le rebute dans cet apprentissage du métier d'officier, de meneur d'hommes.
A la fin de sa première année, il choisit la cavalerie tout comme ses camarades La Horie, Rouvillois et Lecomte.
Les études à Saint-Cyr ne sont pas pour Philippe de Hauteclocque seulement une jubilation physique. Il mène et inscrit dans des cahiers une réflexion sur l'armée.
Le 1er août 1924, il sort de Saint-Cyr 5e sur 344 élèves avec la mention "Très bien". Ses notes sont au niveau de cette mention : 19 en histoire, 18 en allemand et en arabe, 19 en instruction technique, 19 en instruction du soldat.
Le capitaine Peillon, commandant l'escadron, note à son sujet, parmi les critères : "Valeur intellectuelle : remarquablement intelligent. Valeur morale et esprit militaire : parfaite, militaire dans l'âme. Valeur physique et aptitude à la marche : très bonne, jamais arrêté. Aptitude au commandement : très apte. Caractère : parfait, énergique, rigoureusement droit."
Le 9 septembre 1924, un décret le nomme sous-lieutenant au 24e régiment de dragons pour prendre rang au 1er octobre. Il est détaché pour dix mois à l'école d'application de son arme à Saumur.
Que lui importent les parties de cartes, les sorties nocturnes, puisqu'il est tout à sa passion, une jeune femme, distinguée, mince, jolie. Philippe de Hautelocque vient de se fiancer à Marie-Thérèse de Gargan. Les deux jeunes gens s'étaient rencontrés au mariage de Guy de Hauteclocque qui avait épousé Madeleine, l'une des soeurs de Marie-Thérèse.
Saumur ne l'écarta pas de la pratique religieuse qui avait pour cadre la chapelle de la Vierge dans l'église Saint-Nicolas. Une telle dévotion étonnait ses camarades.
Le 8 août 1925, Philippe de Hauteclocque sort premier de sa promotion sur 41.
Philippe avait épousé, le lundi 10 août 1925 à la mairie de Versailles, Marie-Thérèse, Auguste de Gargan, sans profession, née à Fossé (Loir-et-Cher) le 18 juillet 1903.
A la fin de leur séjour en Picardie, les Hauteclocque partent pour l'Allemagne où Philippe est affecté au 5e Cuirassiers à Goldenheim, un petit village, en pleine forêt, à une dizaine de kilomètres de Mayence. Après six mois passés dans cette ville, les Hauteclocque s'installent à Trèves. Charles De Gaulle, en 1922, avait fait un stage d'infanterie dans cette cité rhénane.
Il servit au Maroc où il participa à des opérations de pacification.
Instructeur à Saint-Cyr après son retour en France, capitaine en 1934, il réussit en 1938 le concours de l'Ecole de guerre, dont il sortit major l'année suivante.
En 1936, Iris XVI, son cheval alezan le désarçonne, Philippe Hauteclocque a un talon cassé, boite et marche avec une canne. Le 14 juin 1940, à saint-Cyr, Iris, ayant tué un soldat allemand, est fusillé par un peloton de 12 hommes.
Mobilisé comme capitaine d'état-major au sein de la 4e division au début de la Seconde Guerre mondiale, il combattit sur le front belge. En mai 1940, alors que sa division était encerclée par les Allemands, il obtint de son général l'autorisation de rejoindre les lignes françaises. Capturé, il s'évada, retourna au combat dans un régiment de cuirassiers, fut blessé, et parvint encore à échapper aux troupes allemandes. Ayant pris connaissance de l'appel du général De Gaulle, incitant à continuer le combat malgré la conclusion de l'armistice, il quitta la France par l'Espagne et gagna Londres, où il se présenta au chef de la France libre, le 25 juillet 1940.
Son expérience coloniale lui vaut de se rendre au Cameroun, puis en Afrique-Equatoriale française qu'il rallie à la France libre avec des forces dérisoires. Mais c'est au Tchad, à Fort-Lamy, que débute véritablement l'épopée de Leclerc. S'attaquant aux possessions italiennes, il prend Koufra le 28 février 1941. II en profite pour prononcer le serment de ne pas déposer les armes avant d'avoir libéré Strasbourg.
A la fin de 1943, Leclerc est promu général de division, il reçoit l'ordre de constituer une grande unité blindée : la 2e D.B. Depuis son PC marocain de Témara, il consacre plusieurs mois à mettre sur pied cette unité de choc. En avril 1944, Leclerc reçoit l'ordre de gagner l'Angleterre. Débarquée à Swansea, la 2e D.B. est cantonnée dans le Yorkshire où elle participera à des manoeuvres avec deux autres grandes unités, tchécoslovaque et polonaise, appelées, elles aussi, à libérer la France. Leclerc sait qu'il ne peut être de la première vague, du moins escompte-t-il entrer dans la bataille le plus tôt possible ; la 2e D.B. ne débarquera que le 1er août.
Parvenu donc le 1er août 1944 sur le sol français à la tête de ses troupes, Leclerc mena sa division jusqu'à Paris, où elle entra triomphalement le 24 août. Le 25 août, il reçut avec Rol-Tanguy, colonel des FFI, la reddition du général von Choltitz, gouverneur militaire de la capitale. La 2e D.B. gagna ensuite la Lorraine, puis Strasbourg, qui fut libérée le 23 novembre 1944. Envoyée au repos à Châteauroux, puis requise pour participer à la réduction de la poche de Royan, la division fut, sur les instances express de son chef, renvoyée vers l'est, où elle atteignit Berchtesgaden, le 5 mai 1945.
Le général Leclerc est une figure de légende. Pourtant, son chef d'état-major, le général Vézinet, reconnaît que Leclerc décevait ses interlocuteurs : "peu communicatif, remâchant ses préoccupations", il prêtait le flanc aux plus caustiques qui parlaient de sa "médiocrité intellectuelle". En fait, ce cavalier pouvait s'adapter aux situations les plus mouvantes. Il le prouvera en 1946 lors des négociations indochinoises.
Le 18 mars 1946, il occupe Hanoi. Il conseille de négocier avec Hô Chi Minh, inspire l'accord Sainteny/Hô Chi Minh de mars reconnaissant l'autonomie du Viêt Nam. Il refuse, sur l'avis de De Gaulle le poste de haut-commissaire en Indochine que lui propose Léon Blum, Président du Conseil.
Le 28 novembre 1947, le général Leclerc meurt dans un accident d'avion lors d'une inspection en Algérie. Il sera promu Maréchal de France à titre posthume en 1952.
Leclerc. Aucun héros de l'Histoire de France n'a été aussi gravé en timbres-poste : sept fois. Au hit-parade de la philatélie, il dépasse le général De Gaulle. Seul le maréchal Pétain le précède mais l'homme de Vichy avait à sa disposition les imprimeries de l'Etat pour prendre une large avance sur ceux qui aspireraient après lui à cette consécration subtile.

Le 26 Février 2007


MAGAZINE

- Nouveaux articles
- Tribune citoyenne
- Côté jeunes
- Côté institutions
- Portraits
- Société
- Rétro
- Europe
- Chroniques
- Livres
- Voyage, tourisme et découverte
- C'est arrivé ce mois-ci
- Comprendre l'Union européenne



PAGES PERSO

- Sciences et Médecine
- Gastronomie
- Les plus belles oeuvres de l'humanité
- Sports et Loisirs
- Cinéma (films et acteurs)
- Collection de Myriam Kettani
- Galerie web
- Peintures de Mustapha Belkouch
- Traiteur et Saveurs
- Euro mag
- Mosaïque Magazine
- EURO SBART



ANNUAIRE DES ELUS DE FRANCE


Languedoc-Roussillon

- Aude (11)
- Gard (30)
- Hérault (34)
- Lozère (48)
- Pyrénées-Orientales (66)


Midi-Pyrénées

- Ariège (09)
- Aveyron (12)
- Haute-Garonne (31)
- Gers (32)
- Lot (46)
- Hautes-Pyrénées (65)
- Tarn (81)
- Tarn-et-Garonne (82)


Provence-Alpes-Côte-d'Azur

- Alpes-de-Haute-Provence (04)
- Hautes-Alpes (05)
- Alpes-Maritimes (06)
- Bouches-du-Rhône (13)
- Var (83)
- Vaucluse (84)


Union européenne
Union européenne
Restaurant
Le SHIVA

7-9, place du Millénaire - Antigone
34000 Montpellier
Tél. : 04 67 20 00 49



A vendre le nom de domaine www.lacitoyennete.com
Contactez-nous


info@lacitoyennete.com