Humanitaire Mère Teresa, la "Sainte des Bas-Fonds"
NEE Agnes Gonxha Bejaxhiu à Skopje en Yougoslavie le 26 août 1910, elle est la dernière d'une famille albanaise de 3 enfants. Agnes avait deux soeurs plus âgées qu'elle, Aga (née en 1904) et Lazare (née en 1907). Ses parents étaient des paysans catholiques. Mère Teresa a été éduquée dans le respect des traditions. Alors qu'elle est âgée de 9 ans, son père meurt. Sa mère, Drana, fonda une petite entreprise familiale pour subvenir aux besoins de sa famille.
Dès l'âge de 12 ans, elle ressent une profonde vocation religieuse. C'est au pied de la Madone des Montagnes Noires, où elle se rend fréquemment en pèlerinage, qu'elle décide de se dévouer au travail missionnaire en Inde.
A 18 ans, elle entre alors dans la confrérie de Notre-Dame de Lorette en Irlande. L'Ordre l'envoie étudier d'abord à Dublin puis au Bengale, où elle arrive en janvier 1929 et où elle apprend la réalité de la vie quotidienne des missionnaires. Elle reste en Inde afin d'assister les enfants abandonnés et sous-alimentés, les sans-abri... A Darjeeling, elle fait sa profession de foi en 1931. Le 24 mai de la même année, elle prend le nom de "Teresa" en l'honneur de Sainte Teresa de Avila (nonne espagnole du 16e siècle).
Elle devient professeur de géographie de 1937 à 1946 à l'école bengali Sainte-Marie de Calcutta, avant d'en devenir la directrice.
Frappée par la misère extrême des habitants des "slums", elle décide de se consacrer aux bidonvilles. En 1946, avec l'assentiment de l'évêque, elle quitte son poste de professeur pour se consacrer aux pauvres des bidonvilles de Calcutta. En effet, le 10 septembre 1946, elle entend l'appel de Dieu : "Je savais que je devais suivre le Christ en me tournant vers ceux qui, à l'image de Jésus, n'ont pas où poser la tête."
En 1948, le Pape Pie XII lui accorde le statut de nonne indépendante. La même année, elle devient citoyenne indienne et crée la première école dans les quartiers populaires de Calcutta. Elle apprend les rudiments du métier d'infirmière, avec des missionnaires médicaux américains, pendant 3 mois dans la ville de Patna. Elle fonde alors les "Missionnaires de la Charité" à Calcutta. Son premier Nirmal Hriday (lieu du coeur immaculé) est ouvert la même année. Elle choisit l'habit de l'ordre : un simple sari blanc aux bordures bleues avec une croix épinglée sur l'épaule gauche.
En 1949, elle est rejointe par sa première recrue, une jeune femme de la ville de Bengale.
En 1950, elle s'occupe des enfants abandonnés, leur trouve des parents adoptifs, crée des écoles, parcourt le monde et visite les 330 communautés de son ordre réparties dans 76 pays.
En 1952, la ville de Calcutta lui accorde le droit d'établir son centre d'accompagnement des mourants dans le temple abandonné de la déesse Kali. Elle fonde donc la "Maison des mourants du Kalighat" où elle et ses nonnes rassemblent les Indiens mourants dans les rues, pour leur apporter les derniers réconforts et les accompagner dans leur ultime voyage.
En 1955, Mère Teresa commence à s'occuper des lépreux. Pour cette tâche, le gouvernement indien donne à son ordre 34 hectares de terrain dans la banlieue d'Asansol. Elle fonde donc une colonie de lépreux appelée Shanti Nagar (la Cité de la Paix) : "Lorsque je touche ce corps qui pue, dit-elle, je sais que je touche Jésus lui-même..."
Mère Teresa ouvre aussi des "cuisines du coeur" ainsi que des maisons pour alcooliques, drogués, handicapés et pour les victimes du Sida.
En 1962, pour son travail remarquable, le gouvernement indien lui remet le Padmashree (Lotus Magnifique).
En 1963, une nouvelle branche est fondée, celle des "Frères Missionnaires de la Charité", dirigée par un jésuite australien, le père Andrew. En même temps, elle insiste sur la primauté de la prière auprès de ses soeurs et fonde un lien avec les ordres contemplatifs.
En 1965, le Pape Paul VI place les missionnaires de la Charité directement sous son autorité. Il permet à Mère Teresa d'étendre ses actions en dehors de l'Inde. Suite à l'autorisation papale, des centres pour les lépreux, les aveugles, les handicapés et les personnes âgées fleurissent partout dans le monde.
L'année 1968 voit l'ouverture d'un centre des missionnaires de la Charité à Rome. Mère Teresa organise la création d'orphelinats et d'écoles pour les défavorisés.
En 1971, le Pape Paul VI lui remet le Prix Jean XXIII pour la paix.
En 1972, Mère Teresa se voit décerner le prix Jawaharlal Nehru de la compréhension internationale par le gouvernement indien.
En 1979, elle reçoit le Prix Nobel de la paix.
En 1990, les Missionnaires de la Charité comptaient plus de 3 000 nonnes et entretenaient des centres dans 25 pays.
Mère Teresa meurt le 5 septembre 1997 à 21h30 à Calcutta.
Elle a été béatifiée le dimanche 19 octobre 2003 devant 300 000 fidèles par le Pape Jean Paul II qui rappela ces phrases :
- "Celui qui veut être le premier parmi vous, sera l'esclave de tous" (Marc 10,44)
- "Chaque fois que vous l'avez fait à l'un de ces petits qui sont mes frères, c'est à moi que vous l'avez fait" (Mt 25,40)
Mère Teresa était sans doute une des personnalités les plus remarquables du XXe siècle.
Complètement dévouée à sa vocation, elle avait un seul but : aimer Dieu en aimant et en aidant les plus pauvres, le plus souvent ceux qui ne sont pas désirés, qui sont rejetés...
Affirmant "qu'il n'y a pas de plus grande maladie que le manque d'Amour", Mère Teresa a parcouru le monde sans relâche pour faire avancer la Fraternité, drainant derrière elle un immense élan humanitaire.
Ouvrages de Mère Teresa
- La joie du don / Mère Teresa de Calcutta (1975)
- Tu m'apportes l'amour / Mère Térésa de Calcutta (1975)
- Une main de tendresse / Mère Teresa (1979)
- Dans le silence du coeur : méditations / Mère Teresa de Calcutta et ses coopérateurs (1984)
- De la souffrance à la joie / Mère Teresa de Calcutta et ses coopérateurs malades et affligés (1985)
- Le chemin de Croix / Mère Teresa de Calcutta, frère Roger de Taizé (1986)
- Nous serons jugés sur l'amour / textes de Mère Teresa (1986)
- Marie, mère de réconciliations / Mère Teresa de Calcutta, frère Roger de Taizé (1987)
- Jésus, celui qu'on invoque : prières et méditations pour chaque jour de l'année / Mère Teresa (1988)
- Par la parole et par l'exemple / Mère Teresa (1990)
- L'amour, un fruit toujours de saison : méditations quotidiennes tirées de réflexions de Mère Teresa (1990)
- J'ai pris Jésus au mot / Mère Teresa de Calcutta (1992)
- La prière : fraîcheur d'une source / Mère Teresa de Calcutta, frère Roger de Taizé (1992)
- Mère Teresa par elle-même (1994)
- Prier avec Mère Teresa (1994)
- Paroles blanches de Mère Teresa du monde : avec douze de ses poésies-prières et des pensées de Kahlil Gibran (1995)
- Un chemin tout simple / Mère Teresa (1995)
- Un défi aux femmes : la Conférence de Pékin : interventions de Mère Teresa, la reine Fabiola, Mary Ann Glendon (1995)
- L'hymne au service de Mère Teresa (1996)
Ouvrages sur Mère Teresa
- Amour sans frontière, Mère Teresa de Calcutta / Par Georges Gorrée et Jean Barbier (1972)
- Amour et enfer / Dessins de Dino Battaglia et Giorgio Trevisan ; [traduction de Martine Debaussart] (1977)
- Mère Teresa / Par Robert Serrou (1980)
- A Calcutta avec Mère Teresa / Par Benoît Marchon (1983)
- Les chercheurs de Dieu / Par Marie-Noëlle Pichard, Pierre Dhombre et Isabelle de Wazières (1992)
Le 4 Octobre 2005
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