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Louis Pasteur
Inventeur de la microbiologie et de la pasteurisation
Découvreur des causes de nombreuses maladies


NE le 27 décembre 1822 à Dole dans le Jura, Louis Pasteur fréquente l'école puis le collège d'Arbois à partir de 1831.
Elève doué, il s'installe en octobre 1838 dans une pension du Quartier Latin qui prépare à l'entrée à l'Ecole Normale.
En 1839, il poursuit ses études au Collège Royal de Besançon.
Il est bachelier ès lettres en 1840 à Besançon puis passe l'option qui lui permet d'obtenir le baccalauréat ès mathématiques deux ans plus tard à Dijon.
En 1843, il est admis à l'Ecole Normale Supérieure et en 1845, il est licencié ès sciences
En 1846, il est nommé Professeur de physique au Lycée de Tournon (Ardèche) mais reste à l'Ecole Normale comme agrégé préparateur.
En 1847, il a reçu un doctorat de l'Ecole Normale de Paris, avec spécialisation en physique et en chimie.
En 1848, il est nommé Professeur de physique au Lycée de Dijon, puis Professeur suppléant de Chimie à la Faculté des Sciences de Strasbourg. C'est alors qu'il fait des recherches sur le dimorphisme. Il découvre que certains cristaux de structures identiques ne dévient pas la lumière de la même façon. Certains la dévient vers la droite, d'autres vers la gauche. Louis Pasteur vient de mettre en évidence l'isomérie.
En 1849, il épouse Marie Laurent, fille du recteur de l'Université de Strasbourg. La même année, il effectue des recherches sur les propriétés spécifiques des deux acides qui composent l'acide racémique.
En 1851, il présente ses mémoires sur les acides aspartique et magique.
En 1852, il effectue de nouvelles recherches sur les relations qui peuvent exister entre les formes cristallines, la composition chimique et le sens de la polarisation rotatoire.
En 1853, Louis Pasteur est fait Chevalier de l'ordre impérial de la Légion d'Honneur. Il reçoit le prix de la Société de Pharmacie de Paris pour la synthèse de l'acide racémique.
En 1854, il est nommé doyen de la Faculté des Sciences de Lille. Il y établit de nombreuses relations avec l'industrie et fait une découverte capitale : les levures sont des êtres vivants à part entière responsables de la fermentation et non des sous-produits de celle-ci, comme de nombreux chimistes le croient.
En 1855, c'est le début des études sur la fermentation. Louis Pasteur présente à Lille un mémoire sur l'alcool amylique.
En 1856, il débute des recherches sur la fermentation alcoolique.
En 1857, il est nommé administrateur de l'Ecole Normale et Directeur des études scientifiques de cette école. La même année, il présente un mémoire sur la fermentation lactique ainsi qu'un mémoire sur la fermentation alcoolique.
De 1857 à 1862, il étudie les fermentations lactique et alcoolique et démontre que :
  • toute fermentation est due à la présence d'un micro-organisme ;
  • à chaque fermentation correspond un ferment particulier.
Il constate également que, pour étudier une fermentation, il faut :
  • préparer un milieu de culture approprié au ferment et stérile ;
  • ensemencer ce milieu avec une trace de ferment à l'état de pureté.
C'est l'origine de toute la technique microbiologique.
Il se demande ensuite comment s'opèrent les fermentations et comment agissent les ferments. Il découvre une nouvelle classe d'êtres vivants, capables de vivre à l'abri de l'air, en étudiant la fermentation butyrique. Il propose le terme de "anaérobie" pour le ferment qui a la propriété de vivre sans air, le terme "aérobie" étant donné au micro-organisme qui exige la présence de l'oxygène libre pour se développer.
Il conclut que la fermentation est la conséquence de la vie sans air.
Les travaux sur les fermentations amènent Pasteur à appliquer la méthode microbiologiste à l'industrie et à l'agriculture.
En 1858, Louis Pasteur installe son laboratoire dans les greniers de l'Ecole Normale à Paris, rue d'Ulm. Il enquête sur les générations dites "spontanées". Il a comme opposants les partisans de la génération spontanée (la naissance d'organismes spontanément dans l'air) et plus particulièrement Félix Archimède Pouchet.
En 1859, il reçoit le Prix de physiologie expérimentale de l'Académie des Sciences pour ses travaux sur les fermentations.
En 1861, il reçoit le Prix JECKER de l'Académie des Sciences pour les recherches sur les fermentations. Il publie dans le bulletin de la Société chimique de Paris l'ensemble des résultats sur la question du vinaigre.
En 1862, il est élu à l'Académie des Sciences dans la section minéralogie. Il effectue des études sur les mycodermes, le rôle de ces plantes dans la fermentation acétique. Il reçoit également le Prix ALHUMBERT pour ses recherches sur la génération spontanée.
En 1863, Napoléon III demande à Louis Pasteur d'étudier les maladies des vins. La même année, il est nommé Professeur de Géologie, physique et chimie appliquées à l'Ecole des Beaux-Arts.
Le 7 avril 1864, Louis Pasteur donne une conférence à la Sorbonne. Ses expériences conquièrent le public, la commission d'experts et les médias. Pouchet est vaincu et avec lui la thèse de la génération spontanée.
A partir de juin 1865, Louis Pasteur passe quatre ans à Alès (Gard) pour y étudier la maladie qui décime les élevages de vers à soie, la pébrine. Ses observations lui permettront de conclure que seulement les oeufs vivants et atteints de la maladie pouvaient propager la maladie. Par conséquent, la solution était de choisir des oeufs qui n'étaient pas atteints de la maladie pour créer des cultures saines. En adoptant cette méthode, la sériciculture en France a été sauvée d'un désastre économique. La même année, il met au point un procédé pratique de conservation et d'amélioration des vins, et effectue des travaux sur la pasteurisation.
En 1866, Louis Pasteur publie l'ouvrage "Études sur les vins", ainsi qu'un essai sur l'oeuvre scientifique de Claude Bernard.
En 1867, il crée un laboratoire de chimie physiologique à l'Ecole Normale. Il est nommé Professeur de chimie organique à la Sorbonne. Il reçoit le Grand Prix de l'Exposition universelle pour ses études sur le vin. Parallèlement, il démissionne de ses fonctions administratives à l'Ecole Normale.
En 1868, Louis Pasteur obtient le diplôme de docteur en médecine de l'Université de Bonn. Il est atteint d'une hémiplégie gauche. La même année, il est Commandeur de la Légion d'Honneur et publie les "Etudes sur le vinaigre". Il étudie la formation du vinaigre et la transformation de l'alcool en acide acétique par un micro-organisme, le Mycoderma aceti, qui fixe l'oxygène de l'air sur l'alcool. Il montre aux vinaigriers comment obtenir un vinaigre d'une qualité constante.
En 1870, il publie des études sur les maladies des vers à soie.
En 1871, il entame des études sur la bière. Les altérations de la bière sont produites par des micro-organismes apportés par les poussières de l'air. Louis Pasteur enseigne aux brasseurs à préserver les moûts des souillures et à chauffer la bière à 55° pour prévenir les maladies.
En 1873, il est élu membre de l'Académie de Médecine.
En 1875, après cinq ans d'expériences, il publie les "Etudes sur la bière et les conseils aux brasseurs".
En 1876, Louis Pasteur est candidat aux élections sénatoriales. Mais son programme, basé sur la défense de l'enseignement supérieur et de la recherche, ne satisfait pas les électeurs et il est battu.
En 1877, il publie une note sur l'altération de l'urine, des "Etudes sur la maladie charbonneuse" et des "Etudes sur la septicémie".
La même année, il effectue des études sur les maladies infectieuses :
  • découverte de la cause des furoncles et de l'ostéomyélite : le staphylocoque ;
  • découverte du microbe de l'infection puerpérale : le streptocoque ;
  • découverte du pneumocoque.
En 1878, il est nommé Grand Officier de la Légion d'Honneur. La même année, il publie le mémoire "La théorie des germes et ses applications à la médecine et à la chirurgie", des notes sur le choléra des poules. Il effectue des recherches sur la gangrène, la septicémie, la fièvre puerpérale.
En 1879, il publie une note sur la peste et découvre I'immunisation au moyen de cultures atténuées. Durant l'été 1879, Louis Pasteur et ses collaborateurs, Roux et Duclaux, découvrent que les cultures vieillies du microbe du choléra injectées aux poules ne déclenchent pas la maladie. De plus, elles résistent à de nouvelles infections.
En 1880, il est nommé membre de la Société centrée de la Médecine vétérinaire. Durant la même année, il fait une communication sur les maladies virulentes (Louis Pasteur expose pour la première fois le principe des virus-vaccins). Il débute ses recherches sur la rage, à la mort d'un enfant à l'hôpital Sainte-Eugénie. Mais alors que l'étude de la virulence de la maladie avance, l'agent pathogène lui échappe encore. Il semble pourtant que la moelle infectée et desséchée protège de la maladie.
En 1881, il est nommé Grand-Croix de la Légion d'Honneur. Le vaccin du charbon est mis au point. Louis Pasteur effectue des travaux sur la fièvre jaune près de Bordeaux. Il est élu à l'Académie française.
En 1882, il publie une note sur la péripneumonie contagieuse des bêtes à cornes et les "Etudes du rouget des porcs".
En 1883, Louis Pasteur réalise la vaccination contre le rouget des porcs à l'aide d'un virus atténué.
En 1884, il fait de nouvelles communications sur la rage et sur les microbes pathogènes et les virus-vaccins au Congrès de Copenhague. Louis Pasteur expose le principe général des vaccinations contre les maladies virulentes.
Le 6 juin 1885, Louis Pasteur reçoit la visite de Marie-Angélique Meister dont le fils Joseph a été mordu par un chien soupçonné de porter la rage. Il commence les injections et, trois mois plus tard, l'enfant sauvé, Pasteur présente ses travaux à l'Académie des Sciences qui lui offre un accueil enthousiaste.
Le 1er mars 1886, sur 350 personnes vaccinées, une seule est décédée. L'Académie propose alors de créer un établissement destiné à traiter la rage après morsure.
Par l'application de sa méthode :
  • à l'étude des maladies infectieuses (agents microbiens),
  • à leur prévention (asepsie),
  • et à leur prophylaxie par immunisation (vaccination),
Pasteur a fondé l'immunologie.
En 1887, Louis Pasteur est élu Secrétaire perpétuel de l'Académie des Sciences. La même année, il est victime d'une seconde attaque d'hémiplégie. Il effectue ses premières expériences de destruction des lapins en Australie par le microbe du Choléra des poules.
Le 14 novembre 1888, l'Institut Pasteur est inauguré par Sadi Carnot. Outil de recherche, de formation et de soins, l'établissement s'exporte rapidement en Australie et au Viêt-nam. Louis Pasteur restera à la tête de l'Institut jusqu'à sa mort, le 28 septembre 1895.
L'Institut Pasteur a été créé grâce au succès d'une souscription internationale, pour permettre à Louis Pasteur d'étendre la vaccination contre la rage, de développer l'étude des maladies infectieuses et de diffuser les connaissances. Très rapidement des pasteuriens vont essaimer à travers le monde, pour diffuser la vaccination contre la rage mais aussi la sérothérapie antidiphtérique, la vaccination contre la variole selon le principe de Jenner, et pour étudier les caractères particuliers de maladies exotiques et les soigner.
C'est une fondation privée, à but non lucratif, reconnue d'utilité publique.
Dès la création de son institut, Pasteur réunit des scientifiques d'horizons divers. Les 5 premiers services ont alors à leur tête deux normaliens : Emile Duclaux (Microbie générale) et Charles Chamberland (Microbie appliquée à l'hygiène) ; un biologiste, Elie Metchnikoff (Microbie morphologique) ; et deux médecins, Joseph Grancher (Rage) et Emile Roux (Microbie technique).
Très rapidement, des chercheurs vont essaimer à travers le monde, pour appliquer et transmettre la "méthode pasteurienne" et pour étudier les caractères particuliers de maladies exotiques.
Ainsi, parallèlement à l'essor de l'Institut Pasteur, se constituera le Réseau international des Instituts Pasteur et Instituts associés qui compte aujourd'hui quelque 20 établissements implantés sur les cinq continents.
L'Institut Pasteur fut l'un des berceaux de la Microbiologie, de l'Immunologie et de la Biologie moléculaire.
Le 28 septembre 1895, Louis Pasteur décède à Villeneuve-l'Etang.

Huit Prix Nobel ont été décernés à des Pasteuriens depuis 1900 :
  • Alphonse LAVERAN (1907) - Pour ses "travaux sur le rôle des protozoaires comme agents de maladies" (il découvrit notamment l'hématozoaire du paludisme).
  • Elie METCHNIKOFF (1908) - Pour ses "travaux sur l'immunité" (découverte des phagocytes et de la phagocytose, en 1883, et de l'immunité cellulaire).
  • Jules BORDET (1919) - Pour ses "découvertes concernant l'immunité" (mise en évidence du rôle des anticorps et du complément).
  • Charles NICOLLE (1928) - Pour ses "travaux sur le typhus" (notamment la découverte du rôle du pou dans la transmission de l'infection).
  • Daniel BOVET (1957) - Pour ses "découvertes sur les produits de synthèse qui inhibent l'action de certaines substances de l'organisme et plus spécialement leur action sur le système vasculaire et les muscles du squelette" (découvertes sur les antihistaminiques et les curarisants de synthèse).
  • André LWOFF, François JACOB, Jacques MONOD (1965) - Pour leurs "découvertes sur la régulation génétique de la synthèse des enzymes et des virus".

Montpellier - Le 8 Juin 2004


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