Politique
Georges Pompidou
La France conduite avec fermeté et lucidité
GEORGES Pompidou est né le 5 juillet 1911 à Montboudif, dans le Cantal, où ses parents étaient instituteurs.
Son père devint plus tard professeur d'espagnol, à Albi où le jeune Georges fit toutes ses études jusqu'au baccalauréat, obtenant un premier prix au concours général de version grecque.
Il prépara ensuite l'Ecole Normale Supérieure au Lycée Louis-le-Grand à Paris et réussit le concours en 1931.
Parmi ses nombreuses amitiés, qui compteront fortement dans sa vie, figure Leopold Sedar Senghor qui sera plus tard le premier - et prestigieux - Président de la République du Sénégal.
Premier à l'agrégation des lettres en 1934 et diplômé de l'Ecole libre des Sciences Politiques, il enseignera trois ans à Marseille puis à Paris.
Le 29 octobre 1935, il épousa Claude Cahour. Ils adoptent alors un fils, Alain, né en 1942, aujourd'hui biologiste.
Il se référera constamment aux valeurs de l'école républicaine : "droiture et travail ; respect du mérite et des vertus de l'esprit".
Très vite, il devient l'un des plus proches collaborateurs du Général de Gaulle. Il entre au cabinet du chef du gouvernement provisoire en septembre 1944. Et le Général quittant le pouvoir en 1946, il devient maître des requêtes au Conseil d'Etat, mais poursuit sa collaboration auprès de lui : en 1947, il devient secrétaire général du comité d'études que celui-ci suscite pour préparer les réformes à introduire lors d'un futur retour au pouvoir. De 1946 à 1949, il est directeur du Commissariat au Tourisme.
De 1948 à 1953, il occupe le poste de chef de cabinet du Général. Puis Georges Pompidou se tourne pour quelques années vers la vie économique et l'entreprise, expérience qui sera déterminante pour l'organisation de l'essor économique de la France lorsqu'il en aura plus tard la responsabilité.
De 1954 à 1958, il travaille au groupe Rothschild.
Lors du retour du Général de Gaulle en 1958, il devient son directeur de cabinet.
En 1961, il publiera une Anthologie de la poésie, pour laquelle il cultive un goût accentué.
Le 16 avril 1962, le Général de Gaulle le nomme Premier ministre. Or, le 5 octobre de la même année, une motion de censure renverse le gouvernement. Les députés du Palais Bourbon voulaient s'opposer au projet de révision constitutionnelle permettant de faire élire la présidence au suffrage universel. Toutefois, le référendum est approuvé par les électeurs avec une réponse positive de l'ordre de 61,7 %. Georges Pompidou est alors renommé Premier ministre.
Le 8 janvier 1966, voit le jour le troisième cabinet Pompidou. Celui-ci ne durera qu'un peu plus d'un an, puisque le 7 avril 1967, est mis en place le quatrième cabinet Pompidou.
Vint cependant la crise de 1968 pendant laquelle la République parut ébranlée. Le calme avec lequel Georges Pompidou géra cette crise permit au Général de Gaulle, le moment venu, de retourner le cours des événements et de rétablir le fonctionnement normal de nos institutions.
Le 30 mai 1968, l'Assemblée nationale est dissoute, et le lendemain, est mis en place le cinquième cabinet Pompidou. Mais le 21 juillet de la même année, Georges Pompidou démissionne, Maurice Couve de Murville est nommé Premier ministre.
Le 1er juillet 1968, le traité de non-prolifération des armes nucléaires est signé à Londres, Moscou et Washington.
Vers la fin de 1968, une tentative d'assassinat politique est orchestrée contre Georges Pompidou : c'est l'affaire Markovic.
En voyage à Rome, en janvier 1969, Georges Pompidou déclare à la presse qu'il sera candidat à la succession du Général de Gaulle. Ces déclarations sont mal vues par le Général qui déclare à son tour qu'il a l'intention de remplir son mandat jusqu'à son terme. Georges Pompidou fait la même déclaration lors d'un voyage en Suisse. Le Général est contraint à démissionner le 28 avril suite à l'échec de son projet de réforme du Sénat et de régionalisation.
Du 28 avril au 19 juin 1969, c'est Alain Poher, Président du sénat, qui est Président de la République par intérim.
Lors du premier tour de l'élection présidentielle du 31 mai, Pompidou est en tête avec 44,46 % des suffrages contre 23,3 % pour Poher, et 21,27 % pour Duclos. Georges Pompidou est élu Président de la République avec 58,22 % des votes au deuxième tour du 15 juin 1969.
Georges Pompidou fut à l'origine, en décembre 1969, du sommet européen de La Haye qui rétablit la concorde entre les six membres fondateurs de la Communauté Européenne, définit les conditions de la négociation avec la Grande-Bretagne, amorça l'Union Economique et Monétaire et ébaucha une coopération politique destinée à déboucher sur l'Union Politique inscrite par les négociateurs dans leurs conclusions.
L'Europe pouvait ainsi repartir de l'avant et notamment l'entente franco-allemande qui restait un fondement essentiel de la politique extérieure de la France et la base irremplaçable de la coopération européenne.
Cinq rencontres eurent lieu, en cinq ans, entre Leonid Brejnev et Georges Pompidou.
De 1968 à 1973, en cinq ans, le volume de biens et services mis à la disposition des Français s'accrut de plus de 40 %. Et l'industrie fournit, chaque année, près de 100 000 emplois supplémentaires.
La France poursuivit aussi sa coopération politique et économique avec tous les pays indépendants et, en priorité, avec ceux d'Afrique francophone.
En 1973, fut adopté à l'initiative de la France, un programme européen de lanceurs et satellites qui permet, aujourd'hui encore, à l'Europe d'être la première sur le marché mondial.
Les fruits de la croissance permirent aussi d'améliorer le cadre de vie et d'offrir à chacun des chances accrues d'épanouissement personnel.
La crise du logement fut résorbée avec la construction, chaque année, de quelque 500 000 logements.
Un nouveau ministère, celui de l'Environnement, fut créé pour donner aux villes et aux campagnes de France un visage plus accueillant. L'agriculture, grâce aux débouchés du Marché commun et à une politique différenciée selon les régions, maintint en vie la plus grande partie de la France rurale.
Georges Pompidou a conduit une politique ambitieuse de la Culture, symbolisée par le Centre qui porte aujourd'hui son nom, mais imprégnant toutes les activités de l'esprit et des arts.
En matière sociale aussi, un effort sans précédent fut mené pour diminuer les inégalités et réduire les injustices par la loi et la politique contractuelle : mensualisation des ouvriers, nouvelle loi sur le salaire minimum, actionnariat des salariés...
Or, tout n'avait pas encore abouti à la fin d'un mandat présidentiel qui s'interrompit brutalement le 2 avril 1974, après quatre ans et neuf mois seulement. Mais le bilan était néanmoins considérable et la France avait été conduite, jusqu'au dernier jour, avec fermeté et lucidité.
Montpellier - Le 31 Mars 2004
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