Rétro
François RABELAIS
Médecin et homme de lettres
LA DATE de naissance du romancier et humaniste François
Rabelais est inconnue, mais on sait qu'elle est comprise entre 1483 et 1494. Il serait
probablement né à la Devinière, propriété de son père qui était un avocat fortuné à Chinon, en
Touraine.
A l'âge de 9 ou 10 ans, Rabelais fut mis en pension à l'abbaye de Seuilly, près de Chinon,
mais il n'y apprit rien. Bien qu'il fût hostile à la culture séculière, il fut placé dans
l'ordre par son père. Ainsi, en 1510, il aurait été novice au couvent de la Baumette, près
d'Angers dont était originaire sa mère. Peu après, il acheva son noviciat chez les Cordeliers
de Fontenay-le-Comte.
C'est grâce à son ami poitevin Jean Bouchet que Rabelais se mit à écrire en Français. Son
premier écrit connu en Français est une épître en vers. C'est dans sa résidence préférée,
le prieuré de Ligugé, au sud de Poitiers, que Rabelais poursuivit avec entrain sa traduction
d'Hérodote, du grec en latin.
Il quitta l'ordre des bénédictins, vers 1530, pour l'habit de prêtre séculier et embrassa
une carrière médicale. Entre 1527 et 1530, il visita Bordeaux, Toulouse, Orléans et, finalement,
Paris. Il y observa les moeurs et le langage des étudiants.
Le 1er novembre 1530, il fut nommé bachelier à la Faculté de Médecine de Montpellier. En
1531, il professa un cours sur les aphorismes d'Hippocrate et sur l'Ars parva de Galien, et
rectifia les textes grecs, à l'aide de manuscrits qu'il avait en sa possession. Ce fut un
succès immense. Vers 1531-32, Rabelais publia chez l'éditeur Claude Nourry, sous le pseudonyme
d'Alcofribas Nasier, "Pantagruel", élément fondateur de la geste. De 1532 à 1535, il
exerça la médecine à l'Hôtel-Dieu de la ville de Lyon. "Gargantua", père de
"Pantagruel", fut publié en 1535.
A l'occasion du mariage du Dauphin avec Catherine de Médicis, François Ier vint passer
à Lyon plusieurs semaines, et Rabelais fut présenté à la cour. C'est alors que son livre
"Pantagruel" fut condamné par la Sorbonne pour obscénité. Mais une chance se
présenta : c'est sa rencontre avec ses deux futurs protecteurs, Jean du Bellay, évêque de
Paris, et son frère Guillaume, seigneur de Langey, futur vice-roi du Piémont. Il accompagna
Jean du Bellay à Rome, pendant l'hiver 1533-34. Au cours de son second voyage à Rome, d'août
1535 à mai 1536, toujours avec Jean du Bellay, nommé cardinal, Rabelais est absous de son crime
d'apostasie et est autorisé par le nouveau pape, Paul III, à exercer la médecine et à
reprendre l'habit de bénédictin dans le monastère de Saint-Maur-des-Fossés.
En 1537, il fut nommé licencié et docteur en médecine à Montpellier. Les registres de la
Faculté de Médecine de Montpellier contiennent cette mention : "22 mai 1537, le
docteur François Rabelais, pour sa thèse, a choisi le livre des "Pronostics" d'Hippocrate,
qu'il a expliqué en grec." Par ailleurs, en 1538, il assista à la rencontre d'Aigues-Mortes
entre François Ier et Charles Quint.
Juste avant l'entrée de Rabelais au sevice de Guillaume du Bellay, frère du cardinal,
naquit son fils naturel à Lyon. Son humeur capricieuse ne lui permettant pas de rester
longtemps au même endroit, il pratiqua d'abord la médecine à Narbonne et sur les bords de
l'Aude, puis il professa la médecine à Lyon. Par la suite, il se rendit à Rambouillet, puis à
Metz, après la condamnation de son 3e livre "Le Tiers Livre" (publié en 1546) par la
Sorbonne. Alors qu'au cours de son 3e séjour à Rome, de septembre 1547 à septembre 1549,
Rabelais composa la "Sciomachie", description des fêtes données à l'occasion de la
naissance de Louis d'Orléans, le "Quart Livre", dernier ouvrage qui parut de son vivant,
fut publié à Lyon, en 1548. A son retour en France, la fortune lui sourit, et de 1551 à 1552,
il fut curé de Meudon. Au début de 1553, il abandonna la cure de Saint-Christophe-du-Jambet,
dans le diocèse du Mans, dont il était bénéficiaire.
Les derniers moments et la mort de Rabelais ne sont pas bien connus, mais on sait qu'il
décéda en mars 1553, à Paris. Le "Cinquième Livre" de Rabelais parut partiellement en
1562 puis dans sa forme complète en 1564, mais son attribution à Rabelais demeure incertaine.
Montpellier - Le 23 Octobre 2002
|