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Histoire

La Révolution française


LA Révolution française est un ensemble d'événements et de changements qui marque dans l'histoire française le tournant entre l'"époque moderne" et l'"époque contemporaine". C'est aussi la première fois, dans l'histoire de l'Europe depuis l'Antiquité, que le "principe du régime monarchique" a été renversé, et non simplement le monarque lui-même comme lors de la première révolution anglaise de Cromwell. Son impact est également dû aux Guerres de la Révolution française et de l'Empire qui ont touché une large partie de l'Europe continentale avec la création de "républiques soeurs" ou la fin du Saint Empire romain germanique.
La période révolutionnaire commence en 1789, avec la réunion des états généraux et la prise de la Bastille, et se termine en l'an VIII du calendrier républicain (1799) avec le coup d'Etat du 18 brumaire de Napoléon Bonaparte.
Depuis la mort de Louis XV (roi de France de 1715 à 1774), la France est gouvernée par Louis XVI (1754-1793). Ce dernier est le petit-fils de Louis XV et l'arrière arrière arrière petit-fils de Louis XIV, le Roi-Soleil, qui a régné de 1643 à 1715. C'est un homme naïf, influençable et hésitant. On a l'impression que le pouvoir ne l'intéresse pas, moins en tout cas que la serrurerie. Pendant la Révolution, les Français l'appellent aussi Louis Capet, du nom de son lointain ancêtre, Hugues Capet (roi de 987 à 996). Comme ses prédécesseurs, le roi est un monarque absolu qui détient tous les pouvoirs. Il a épousé Marie-Antoinette d'Autriche en 1770. Elle n'avait alors que 15 ans. Les Français n'aiment pas cette reine. Ils la soupçonnent d'être infidèle au roi, de gaspiller l'argent du royaume et de trahir au profit de son pays. Ils l'appellent avec mépris l'"Autrichienne".
Avec 28 millions d'habitants, la France de 1789 est le pays le plus peuplé d'Europe. La société française est divisée en trois ordres : la noblesse, le clergé, le Tiers Etat. La noblesse, riche et puissante, a le pouvoir. Le clergé est composé d'évêques et de curés. Le Tiers Etat regroupe des paysans très pauvres, des artisans et des bourgeois, soit 96 % de la population. Les bourgeois sont des banquiers, des avocats, des commerçants cultivés ayant, pour beaucoup, lu les livres des philosophes.
La situation économique de la France n'est pas bonne. Les récoltes de 1787 et 1788 ont été désastreuses. Le prix du pain ne cesse d'augmenter, les impôts sont très lourds : chaque famille (à part les nobles) doit verser 40 % de ses revenus au roi, au seigneur et au clergé... Pourtant, les caisses de l'Etat sont vides, à cause de la guerre en Amérique et des dépenses fastueuses de la cour. Dans les campagnes et dans les villes, c'est la misère. Les Français commencent à dire leur mécontentement. En juin 1788, la foule manifeste violemment à Grenoble contre les inégalités. Le 21 juillet, les députés du Dauphinois sont les premiers à demander au roi de réunir les états généraux du royaume. Les solutions que proposent les ministres qui se succèdent (Turgot, Necker) ayant échoué, Louis XVI cède. Il convoque les états généraux pour le printemps 1789. Il espère ainsi calmer les Français. Il se trompe...
Tout a donc commencé le 5 mai 1789. Les représentants de tous les Français (1 139 membres des Etats Généraux) se réunissent à la demande du roi pour trouver des solutions à la crise financière que traverse la France. Un grand silence se fait lorsque le ministre des Finances commence son discours. Il parle durant trois longues heures, mais n'évoque que deux idées essentielles : l'Etat manque d'argent ; pour trouver de l'argent, il faut en demander aux Français ; donc lancer un emprunt. La déception est immense parmi les élus du Tiers Etat. Ils attendaient un changement : qu'on leur demande leur avis, qu'on leur offre, enfin, la possibilité de décider par eux-mêmes.
Avec les jours, la déception des membres du Tiers Etat a grandi. Ils ont eu entre eux des conversations animées. Ils sentent qu'ils n'obtiendront pas le changement qu'ils espèrent s'ils ne réagissent pas.
Le serment du Jeu de Paume : Le 17 juin 1789, les élus du Tiers Etat prennent une décision d'une très grande importance : ils se proclament Assemblée nationale. Le roi ne l'accepte pas et menace de faire disperser l'Assemblée. Le député Mirabeau répond : "Nous sommes ici par la volonté du peuple et nous n'en sortirons que par la force des baïonnettes !". Le roi Louis XVI réagit en faisant fermer les portes. En effet, le 20 juin, les élus du Tiers Etat ne peuvent rentrer dans leur salle de réunion habituelle. Ils se rendent alors dans une autre salle, celle du Jeu de Paume, toute proche, et avec un enthousiasme extraordinaire, tous ensemble, ils jurent de ne pas se séparer sans avoir donné une Constitution à la France et tant que le roi n'aura pas reconnu l'Assemblée nationale.
Le 22 juin, un très grand nombre d'hommes d'Eglise et quelques nobles les rejoignent. C'est un grand succès. Chacun attend la réaction du roi. Elle ne se fait pas attendre. Dès le lendemain, tous les membres des Etats Généraux sont convoqués dans la grande salle de réunion. D'une voix tremblante, Louis XVI prend la parole et termine son discours par la phrase suivante : "Je vous ordonne de vous séparer tout de suite". La seule idée qu'il admette, c'est que les Etats Généraux puissent, à la rigueur, voter les impôts. Mais il refuse catégoriquement que l'Assemblée nationale existe, qu'elle vote des lois. Or, aucun des élus du Tiers Etat ne bouge. Tous restent immobiles. Le roi de France vient de leur ordonner de se disperser et ils refusent d'obéir. Jamais encore la toute-puissante autorité d'un roi de France n'a été bravée de cette façon. Louis XVI se tourne alors vers ses soldats et leur commande d'intervenir. Soudain, se produit une chose inimaginable : quelques nobles, en principe les serviteurs les plus dévoués du roi, mettent la main à l'épée pour protéger les élus du Tiers Etat. Le roi rappelle alors ses soldats et quitte la salle. Jamais encore, comme aujourd'hui, le Tiers Etat n'avait pu s'imposer au roi, le faire reculer.
Le 25 juin, une cinquantaine de nobles viennent se joindre à l'Assemblée nationale. Deux jours plus tard, le roi lui-même écrit une lettre à ceux qui se tiennent encore à l'écart de cette Assemblée : il les invite à tous s'y retrouver.
Louis XVI accepte le fait accompli et, le 9 juillet, il ordonne à la noblesse et au clergé de se joindre aux autres députés. Aussitôt, l'Assemblée se proclame "Assemblée nationale constituante". Son but : adopter une Constitution qui abolira la monarchie absolue.
Le 11 juillet, il renvoie le ministre des Finances très aimé du peuple, Necker.
Le dimanche 12 juillet, dès les premières heures de la matinée, toutes les rues de Paris résonnent de cette phrase : "Le roi a renvoyé Necker, le roi a renvoyé Necker..." Dans la nuit du 12 juillet, les Parisiens se dirigent en masse vers les barrières qui entourent la capitale. A l'aide de torches enflammées, on met le feu aux barrières. Certains commencent même à défoncer le mur qui court tout autour de la ville. Les Parisiens se lancent bientôt à l'attaque du couvent de Saint-Lazare où, dit-on, les prêtres auraient amassé "du blé pour plusieurs années". Le bâtiment est entièrement pillé : cinquante charrettes de blé sont transportées aux Halles.
Le 14 juillet au matin, une foule très nombreuse s'empare des fusils qui se trouvent à l'hôtel des Invalides. La poudre, elle, est stockée à la prison de la Bastille. La forteresse est jugée imprenable, mais les Parisiens s'en emparent facilement. Ils la détruisent et tuent son gouverneur.
Le roi retire alors les troupes de Paris. Il rappelle Necker. Il adopte même les insignes que le peuple s'est donnés : la cocarde bleu et rouge, couleurs de Paris, à laquelle il rajoute le blanc de la monarchie. Ces trois couleurs deviendront plus tard celles du drapeau national.
La nuit du 4 août 1789, "l'Assemblée nationale détruit entièrement la féodalité". Les nobles et les ecclésiastiques abandonnent donc leurs droits, soit par conviction, soit par résignation, soit par entraînement. Mais pour mettre en oeuvre cette décision, l'Assemblée nomme une commission appelée "Comité des Droits féodaux" dont le rapport va inspirer un décret du 15 mars 1790 qui établit un régime très nuancé qui cherche à concilier les intérêts en présence. Sont abolis immédiatement et sans indemnités les droits féodaux attentatoires à la souveraineté de l'Etat et aux Droits naturels de l'homme (utilisation de la notion de "cause injuste" du contrat), les justices seigneuriales, le servage, les banalités, les privilèges des nobles (droit de chasse par exemple), les girouettes, les privilèges de colombier ou de pigeonnier, les titres de noblesse, les armoiries, la dîme (impôt payé à l'Eglise), les péages seigneuriaux.
Les paysans attendent aussi la suppression des droits strictement féodaux, considérés comme la contrepartie d'une concession de terre. Ces droits sont maintenus jusqu'à ce qu'ils soient rachetés par ceux qui les paient. Le montant du rachat est un capital égal à vingt fois la redevance annuelle. Cette suppression très mitigée est mal accueillie par les paysans. Dans les régions où les droits féodaux sont restés lourds (Nord, Est, Paris), les paysans se soulèvent et refusent de payer.
Les députés prennent peur et utilisent une tactique juridique favorable aux bourgeois. En réalité, la féodalité ne sera définitivement supprimée que sous la Convention Montagnarde (loi du 17 juillet 1793).
Les seigneurs nobles ou bourgeois perdent tout de même une partie de leurs revenus. De plus, les confiscations du temps de la Terreur qui s'abattent sur les émigrés et sur les condamnés vont ruiner la noblesse.
La Révolution va éteindre le prestige et la puissance foncière de l'aristocratie.
Le 26 août 1789, l'Assemblée législative proclame la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen. S'inspirant des principes des Lumières et de la Déclaration d'indépendance américaine, ce texte solennel établit des libertés associées à des droits inaliénables.
Les difficultés d'approvisionnement en pain et le refus de Louis XVI de sanctionner la déclaration et les décrets du 4 août, sont à l'origine du mécontentement du peuple de Paris lors des journées du 5 et 6 octobre 1789. Une marche de femmes ramène la famille royale à Paris, laissant à Versailles le symbole de l'absolutisme. Les gardes du corps du roi sont tués, leur tête est accrochée au bout d'une pique. Désormais le roi et l'Assemblée siègent à Paris, surveillés par la population et menacés par l'émeute.
Pour résoudre la crise financière, on confisqua les biens du clergé par des lois du 2 novembre 1789, 13 février 1790 et 19 avril 1790. La même année, les assignats, forme de papier-monnaie, furent introduits. Vu l'urgence, la Constituante fait de ces "domaines nationaux" la garantie d'un papier que ses détenteurs pourront échanger contre de la terre, les assignats, utilisés d'abord comme bons du Trésor, puis recevant cours forcé en avril 1790 pour devenir une véritable monnaie. On émet ainsi pour 400 millions d'assignats : c'est le début d'une véritable fuite en avant.
Le 14 juillet 1790, un an après la prise de la Bastille, la fête de la Fédération est célébrée sur le Champ de mars. Le Marquis de la Fayette assiste à la cérémonie aux côtés du roi et de la reine. Il s'agit d'un moment d'union nationale : le roi prête serment à la Constitution fraîchement établie et sa personne est applaudie par la foule.
Après la ratification de la Constitution, l'Assemblée législative remplace l'Assemblée constituante le 1er octobre 1791. Un petit groupe de fidèles de la famille royale tente d'organiser la fuite du roi et de sa famille pour rejoindre les nobles en exil, mais la mauvaise préparation de la fuite de la famille royale provoqua la fin de l'équipée le 21 juin 1791 à Varennes en Argonne et le retour aux Tuileries sous bonne escorte. Louis XVI accepta à contrecoeur la Constitution de septembre 1791, qui faisait de la France une monarchie constitutionnelle. Le roi doit partager ses pouvoirs avec l'Assemblée législative (succédant à l'Assemblée constituante, chargée de mettre au point la Constitution), mais il conservait son droit de veto royal et le choix des ministres.
Le 17 juillet, les Parisiens se réunissent au Champ de mars, pour demander la déchéance du Roi et l'instauration d'une république. Jean Sylvain Bailly, le maire de Paris, fait tirer la troupe sur les manifestants.
Le 9 novembre 1791, l'Assemblée législative contraint les nobles émigrés à revenir en France dans un délai de deux mois, faute de quoi, leurs propriétés seront confisquées.
De nouvelles factions émergèrent comme les Feuillants (monarchistes constitutionnels), les Girondins (républicains libéraux) et les Jacobins (révolutionnaires radicaux). Le roi, les Feuillants et les Girondins voulaient la guerre pour des raisons diverses. Louis XVI souhaitait gagner en popularité ou être battu : chaque issue l'aurait renforcé. Les Girondins, quant à eux, espéraient exporter la Révolution dans toute l'Europe.
La France déclara la guerre à l'Autriche (20 avril 1792) et la Prusse se rangea aux côtés des Autrichiens quelques semaines plus tard. Les Guerres révolutionnaires françaises avaient commencé ; elles dureront 10 ans (1792-1802). On déclara "la Patrie en danger".
Louis XVI est accusé de trahison. Son procès devant la Convention débute le 11 décembre 1792. Le 17 janvier 1793, il est reconnu coupable et condamné à mort. Il est guillotiné le 21 janvier 1793 sur la place de la Révolution (l'actuelle place de la Concorde). Ce procès fait apparaître des désaccords entre les députés de la Convention. Pour les Girondins (dont un grand nombre sont des élus du département de la Gironde), la Révolution est maintenant terminée. Non, disent les Montagnards (qui siègent sur les bancs les plus hauts de l'Assemblée), emmenés par Robespierre, Danton, Marat, Saint-Just : il faut aller encore plus loin.
Autre conséquence de l'exécution de Louis XVI : les souverains étrangers se dressent contre la France. L'Angleterre, la Russie, la Prusse et d'autres pays forment une coalition. La France est envahie. Le 24 février 1793, 300 000 "volontaires" sont levés de force, ce qui provoque la révolte des Vendéens.
Le 2 juin, les Girondins sont renversés par les Montagnards, qui décident, le 5 septembre, de "mettre la Terreur à l'ordre du jour" pour sauver la Révolution. Tous les "ennemis de la liberté" sont mis en prison et traduits devant un tribunal révolutionnaire. Beaucoup sont guillotinés, comme Marie-Antoinette (le 16 octobre). En quelques mois, 2 600 personnes sont exécutées à Paris. En province, la répression fait près de 40 000 victimes. Le gouvernement de la France est assuré par un Comité de salut public, d'abord dirigé par Danton, puis par Robespierre.
Robespierre va trop loin. Il fait tuer tous ceux qui ne sont pas d'accord avec lui (Danton, par exemple). Or, le peuple demande la fin de la Terreur. Robespierre refuse de l'entendre. Il est renversé par un coup d'Etat le 9 thermidor an II (27 juillet 1794) et exécuté le 29 avec ses amis. C'est la fin de la Terreur.



Babeuf (François Noël, dit Gracchus)


Ce grand admirateur de Robespierre est né à Saint-Quentin en 1760, mort à Vendôme en 1797. Après la chute de Robespierre (1794), il fonda Le Tribun du peuple pour développer ses théories sur le partage des terres et de la richesse. Chantre d'une République des Egaux, il attaqua avec violence le Directoire dans le but de le renverser. Carnot fit condamner à mort ce précurseur du communisme. Ses idées ne disparurent pas pour autant et le babouvisme eut de nombreux disciples.



La Bastille


La Bastille fut construite sur l'ordre de Charles V à la porte Saint-Antoine, à Paris, entre 1370 et 1382. Citadelle militaire, elle ne tarda pas à devenir une prison d'Etat (sous Richelieu). Le roi y faisait enfermer ceux qui s'opposaient à lui. Les prisonniers célèbres de la Bastille : arrêté parce qu'il était protestant, le savant Bernard Palissy mourut à la Bastille à l'âge de 80 ans (1590) ; la prison vit dans ses murs le ministre des Finances de Luis XIV, Fouquet (1663), l'empoisonneuse Voisin (1680), le célèbre "masque de fer" qui y mourut, Voltaire, deux fois (en 1717 et en 1726). Les prisonniers, toujours peu nombreux, étaient bien traités, mais le peuple de Paris considérait la Bastille comme le symbole de la toute-puissance du Roi : jusqu'en 1784, en effet, par une simple lettre, ce dernier pouvait faire enfermer n'importe qui sans justification ni procès. Un commerçant vendra ses pierres en guise de souvenirs. Il en reste quelques vestiges dans le métro, à la station Bastille.



Carnot (Lazare)


Homme d'Etat, militaire, publiciste et géomètre né à Nolay en 1753, mort en exil à Magdebourg en 1823. Rallié aux idées de la Révolution, il fut élu à l'Assemblée législative, puis à la Convention où il siégea avec les Montagnards. Membre du Comité de salut public (juillet 1793), il créa les quatorze armées de la République. Avec l'armée du Nord, contre l'Autriche, il contribua, avec Jourdan, à la victoire de Wattignies, ce qui lui valut le surnom d'Organisateur de la victoire. Membre du Directoire (1795), il en fut proscrit et menacé d'arrestation.
Retiré en Suisse, il revint après le 18 Brumaire. Bonaparte le nommé ministre de la Guerre mais il démissionna peu après.
Membre du Tribunat, il vota contre le consulat à vie et s'opposa à l'établissement de l'Empire. Ministre de l'Intérieur pendant les Cent-Jours, il fit ensuite partie du gouvernement provisoire (1815). Mais la Restauration le bannit comme régicide en 1816.
Il est considéré comme un des pères de la géométrie moderne.



Convention nationale


Assemblée révolutionnaire qui gouverna la France à partir de 1792, succédant à l'Assemblée législative. Elle abolit la royauté, proclama la République et condamna Louis XVI à la peine capitale. On en retient trois périodes : girondine, montagnarde et thermidorienne.
C'est sous la première que la France eut à faire face à la première coalition (Angleterre, Espagne, Hollande) et que débutèrent la guerre de Vendée et la chouannerie. Durant la deuxième fut proclamée la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen (de 1793) et instaurée l'organisation de la Terreur. La troisième enfin marqua la fin du gouvernement révolutionnaire et le retour à une république bourgeoise et modérée. Furent décrétées la liberté du culte et la séparation de l'Eglise et de l'Etat.



Danton (Georges Jacques)


Homme politique français né à Arcis Sur Aube en 1759, mort à Paris en 1794.
Avocat au Conseil du roi (1787), il manifesta sa sympathie pour les idées révolutionnaires dès 1789.
Fondateur du club des Cordeliers (1790), il y affirma ses qualités de tribun.
Substitut du procureur à la Commune (1791), il organisa l'attaque des Tuileries (journée du 10 août 1792).
Elu à la Convention (8 septembre 1792), il siégea à la Montagne et hâta le jugement et la condamnation de Louis XVI.
Il ternit l'éclat de son nom en ordonnant les massacres de Septembre et en instaurant le régime de la Terreur.
Il institua le Tribunal révolutionnaire et le premier Comité de salut public (1793). Confronté au problème des affaires extérieures et à la défense contre la coalition européenne, il préconisa la levée en masse de trois cent mille hommes. Cependant, après l'écrasement des Girondins, il vit se lever contre lui les Hébertistes et les partisans de Robespierre. Ce dernier le fit arrêter le 31 mars 1794 en même temps que Camille Desmoulins et, sous l'inculpation de conspiration contre la République, condamner à mort. Sur l'échafaud, il dit en se tournant vers le bourreau : "Tu montreras ma tête au peuple : elle en vaut bien la peine !"



Déclaration des droits de l'homme


Inspirée des concepts de Montesquieu et des philosophes du XVIIIe siècle, votée en août 1789 par l'Assemblée constituante, la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen servit de préface à la Constitution de 1791. En voici les principes essentiels :
  • les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits ;
  • la nation est souveraine ;
  • la propriété est un droit inviolable et sacré ;
  • chacun doit obéissance à la loi, expression de la volonté générale ;
  • tous les citoyens, selon leurs capacités, sont admis aux emplois publics ;
  • la liberté d'opinions, de croyances, de la parole et de la presse est reconnue, à condition qu'elle ne trouble pas l'ordre public ;
  • par la création d'une force publique, l'Etat s'engage à garantir les droits de chacun et veillera à la répartition équitable des contributions librement acceptées par les représentants de la nation.
La Déclaration des droits de l'homme de 1789 sera suivie par celles de 1793 et de 1795, auxquelles elle survivra.



Desmoulins (Camille)


Publiciste et homme politique français né à Guise (Aisne) en 1760, mort à Paris en 1794. Il étudia au lycée Louis-le-Grand en même temps que Robespierre et embrassa d'abord une carrière d'avocat. Rallié aux idées de la Révolution, il rédigea de violents pamphlets contre la monarchie et prit part aux insurrections des 12 et 14 juillet 1789. Fondateur du journal Les Révolutions de France et de Brabant, il devint secrétaire de Danton (1792) qui l'avait apprécié au club des Cordeliers et fut élu député à la Convention nationale.
Il s'attaqua ensuite aux Girondins dans l'Histoire des brissotins, puis aux hébertistes lorsqu'il créa le périodique Le Vieux Cordelier (décembre 1793). Il soutint la politique de Danton et des "indulgents" et approuva la formation d'un Comité de clémence, ce qui éveilla la défiance de Robespierre. Arrêté le 31 mars 1794, il fut guillotiné le 5 avril suivant. Sa femme Lucille, âgée de 23 ans, subit le même sort le 13 avril pour avoir pris sa défense.



Girondins


Parti politique de la Révolution (1791-1793) qui comptait parmi ses membres plusieurs députés de la Gironde, d'où son nom.
Dominant tout d'abord l'Assemblée, les Girondins furent les plus ardents à faire proclamer la République.
En avril 1792, ils votèrent la déclaration de guerre à l'Autriche. Après les événements du 10 août (destitution du roi) et les massacres de Septembre, ils s'élevèrent contre le régime de la Terreur et cherchèrent à imposer la modération. Ils se heurtèrent alors aux députés montagnards. Leurs efforts pour éloigner Marat, la trahison de Dumouriez et leurs tentatives pour retarder le procès de Louis XVI les firent accuser de conspiration contre l'unité et l'indivisibilité de la République.
Le 31 mai et le 2 juin 1793, sous la pression des Hébertistes et des Enragés, trente-deux des leurs furent arrêtés, jugés et la plupart envoyés à l'échafaud (octobre 1793).
On a souvent désigné les Girondins sous le nom de brissotins à cause de Brissot qui fut un de leurs chefs, ou sous celui de fédéralistes parce qu'ils souhaitaient faire des départements autant d'Etats indépendants, à l'instar des Etats-Unis d'Amérique.



Olympe de Gouges


Olympe de Gouges



Jourdan (Jean-Baptiste, Comte)


Maréchal de France né à Limoges en 1762, mort à Paris en 1833. Tout jeune, il participa à la guerre d'indépendance de l'Amérique. En 1792, il rejoignit Dumouriez dans l'armée du Nord et, après les batailles de Jemmapes et de Neerwinden, obtint le grade de général pour sa conduite exemplaire. Nommé généralissime des mêmes troupes après la trahison de Dumouriez, il remporta la victoire de Wattignies (16 octobre 1793) avec Lazare Carnot, puis celle de Fleurus (janvier 1794).
Remplacé par Hoche à la suite de plusieurs défaites, il entra aux Cinq-Cents et fit voter la loi sur la conscription militaire. En désaccord avec le coup d'Etat du 18 Brumaire, il n'en fut pas moins nommé par Bonaparte ambassadeur de la République cisalpine, puis maréchal d'Empire en 1804.
Toutefois, il n'eut plus de commandement important. En 1808, il suivit Joseph Bonaparte en Espagne en qualité de conseiller militaire. Wellington le vainquit à Vitoria (2 juin 1813). Après la chute de Napoléon, il se rallia aux Bourbons, obtint le titre de comte (1816), fut fait pair (1819), et devint gouverneur des Invalides à partir de 1830.



La Fayette (Marquis de)


Général et homme politique français né à Chavaniac (Auvergne) en 1757, mort à Paris en 1834. A 20 ans, il partit combattre en Amérique dans les rangs des insurgés et s'illustra aux côtés de Washington. Revenu en France deux ans plus tard, il fut de ceux qui convainquirent le gouvernement d'intervenir dans la guerre d'Indépendance américaine. Repartit aussitôt pour l'Amérique (1780), il y fut nommé maréchal de camp et contribua à la fondation de la république des Etats-Unis.
Sa renommée le fit accueillir en France dans l'Assemblée des notables (1787). Il fut ensuite élu député de la noblesse aux Etats généraux (1789). Après la prise de la Bastille, il organisa la Garde nationale et s'interposa entre le peuple et la famille royale pendant les journées d'octobre (Versailles). Son rôle dans la répression de l'émeute du Champ de mars (17 juillet 1791), qui réclamait la déchéance du roi, ébranla sa popularité. Il prit alors la tête de l'armée du Centre, puis du Nord pour repousser l'invasion étrangère.
Opposé à l'abolition de la royauté, il cessa le combat et fut alors pris et interné par les Autrichiens jusqu'en 1797. Il n'eut aucun rôle sous le premier Empire et vota seulement l'abdication pendant les Cent-Jours. Député sous la Restauration, il s'opposa aux Bourbons. Au moment de la révolution de Juillet (1830), il facilita l'accès au trône de Louis-Philippe.



Marat (Jean-Paul)


Médecin et homme politique français né à Boudry, près de Neuchâtel, en 1743. Il étudia la médecine en France (spécialiste des voies respiratoires et électrothérapeute réputé) et embrassa avec enthousiasme les principes révolutionnaires. En septembre 1789, il fonda le journal L'Ami du peuple dont la violence et la position lui valurent l'emprisonnement.
Réfugié pendant quatre mois à Londres (1790), il revint en France et s'inscrivit au club des Cordeliers. Il opta pour l'abolition de la monarchie et exigea des mesures sanglantes contre tout suspect. Il fut l'un des responsables des massacres de Septembre (1792). Elu à la Convention, il siégea parmi les représentants de la Montagne. Lors du procès du roi, il manifesta une haine d'une rare violence. Porte-parole des sans-culottes, adversaire des Girondins, il fut traduit devant le Tribunal révolutionnaire mais acquitté (13 avril 1793). Artisan de l'insurrection des 31 mai et 2 juin 1793, il précipita alors la chute des Girondins.
Il mourut dans sa baignoire, assassiné d'un coup de couteau par Charlotte Corday le 13 juillet 1793. Sa mort fut le prétexte à de nouveaux massacres. Il a écrit plusieurs ouvrages dont un Essai philosophique sur l'homme (1773), Les Chaînes de l'esclavage (1774), un Plan de législation criminelle (1780) et des Notions élémentaires d'optique, qui attirèrent l'attention de Franklin.



Mirabeau (Honoré Gabriel Riqueti, Comte de)


Homme politique français né au Bignon (Loiret) en 1749. Pendant sa jeunesse turbulente et parfois scandaleuse (il fut, par exemple, condamné à mort par contumace pour rapt et adultère par le tribunal de Besançon, et gracié en 1782), son père n'hésita pas à le faire emprisonner plusieurs fois. En 1786, il fut chargé par Calonne d'une mission à Berlin. Mais c'est la Révolution qui devait lui permettre de montrer ses capacités.
Inspiré par Montesquieu et par la monarchie anglaise, il défendit le principe d'équilibre des pouvoirs entre l'Assemblée et le roi.
Elu aux Etats généraux par le tiers état d'Aix, il ne tarda pas à se rendre célèbre par son prodigieux don d'orateur. Cependant, après s'être montré audacieux réformateur et avoir défendu les principes révolutionnaires (Déclaration des droits de l'homme), il se rapprocha du roi. Accusé de trahison par certains, il n'en garda pas moins sa popularité. Il venait d'être élu président de l'Assemblée lorsqu'il mourut subitement en 1791. Ses restes reposent au Panthéon. On lui doit de nombreux écrits, dont des Essais sur les lettres de cachet et les prisons d'Etat (1782), Histoire secrète de la cour de Berlin (1789)...



Napoléon Bonaparte


Né à Ajaccio en Corse le 15 août 1769, il fait des études militaires en France. Il est nommé général à la suite du siège de Toulon par les Anglais (1793). Il commande l'armée d'Italie, conduit la campagne d'Egypte avant de revenir en France et de prendre le pouvoir de 1799.
Aidé par un des membres du Directoire, Emmanuel Joseph Sieyès, et par son frère Lucien, le général Bonaparte prend le pouvoir par la force le 9 novembre 1799. Ce coup de force est plus connu sous le nom de coup d'Etat du 18 brumaire. Ce jour-là, les deux Conseils sont exceptionnellement réunis à Saint-Cloud, près de Paris. Sieyès les a convaincus qu'ils y seraient à l'abri d'un complot qui se trame (ce qui est faux). L'idée est de neutraliser les conseillers. Dans le même temps, Bonaparte est nommé commandant des troupes à Paris. Les députés protestent. Ils sont dispersés par la force.
Dès le lendemain (le 19 brumaire), le Directoire est remplacé par trois consuls nommés pour rédiger une nouvelle Constitution. Il s'agit de Bonaparte, de Sieyès et de Ducos. Les Français veulent vivre en paix et veulent de l'ordre. Bonaparte, héros national, peut les leur apporter. La Constitution de l'an VIII fait de lui le Premier consul. Il a entre les mains tous les pouvoirs. Il commande les armées, propose des lois et les fait appliquer. La Révolution est bel et bien terminée.
Mais Bonaparte n'en reste pas là. Il brandit deux menaces : le retour de la monarchie et le danger de la guerre. Le 25 mars 1802, il signe la paix d'Amiens avec l'Angleterre. Pour la première fois depuis dix ans, l'Europe est en paix. Bonaparte en sort encore plus populaire. Les Français le nomment consul à vie. La France vit désormais sous un régime de dictature militaire.
En 1804, au lendemain d'un complot royaliste, un nouveau vote des électeurs proclame Bonaparte empereur des Français. Le 2 décembre 1804, il est sacré à Paris (Notre-Dame). C'est le premier Empire.
En 1806 et en 1807, il eut à combattre une quatrième coalition contre la Prusse, l'Angleterre et la Russie. Il y mit un terme par les victoires d'Iéna, d'Auerstedt, d'Eylau et de Friedland, suivies de l'entrevue de Tilsit avec le tsar (7 juillet 1807). Entre-temps avait été déclaré le Blocus continental.
L'Empire était alors à l'apogée de sa puissance, mais la longue guerre avec l'Espagne allait en préparer les premières fissures. Murat, entrant dans Madrid le 23 mars 1808, dut réprimer férocement la révolte de la population. Une insurrection générale du pays s'ensuivit. Le 5 mai, Charles IV abdiqua en faveur de Joseph Bonaparte, mais le piège venait de se refermer sur les Français. Pour la première fois, une armée napoléonienne se vit forcée de capituler (Bailén, juillet 1808). Pendant cinq ans (1808-1813), la France s'épuisa dans une guerre sans issue contre les guérilleros espagnols soutenus par les Anglais, et y perdit près de quatre cent mille combattants.
Entre-temps, une cinquième coalition s'était déclarée, réunissant en 1809 l'Angleterre et l'Autriche. Les victoires françaises d'Abensberg, de Ratisbonne, d'Eckmühl, d'Essling et de Wagram (6 juillet 1809) aboutirent à la paix de Vienne (14 octobre 1809). C'est à cette époque que Napoléon, n'ayant pas eu d'enfant de Joséphine de Beauharnais (épousée en 1796), la répudia pour épouser l'archiduchesse d'Autriche Marie-Louise (1er avril 1810).
Le 20 mars 1811 naissait François Charles Joseph, aussitôt proclamé roi de Rome. Les Etats pontificaux ayant été annexés, le pape fut retenu prisonnier à Savonne (1809), puis à Fontainebleau (1812).
En 1815, la défaite de Napoléon à Waterloo face aux armées européennes provoquera la chute de l'Empire et le retour de la monarchie (avec Louis XVIII, le frère de Louis XVI).
Il faudra attendre l'année 1848 pour que la France vive à nouveau en république.
Il meurt sur l'île de Sainte-Hélène le 5 mai 1821.



Robespierre (Maximilien)


Homme politique français né à Arras en 1758, mort à Paris en 1794. Elève au lycée Louis-le-Grand, il eut pour condisciple Camille Desmoulins (1770). Jean-Jacques Rousseau - qu'il rencontra à Ermenonville - l'inspira.
Député du Tiers en 1789, membre du club des Jacobins, il proposa, après la fuite de Louis XVI à Varennes (1791) et l'affaire du Champ de mars, le remplacement du monarque par des moyens constitutionnels. Après l'insurrection du 20 juin 1792, il affirma des idées républicaines, siégea avec les Montagnards et exigea la destitution du roi. Au procès de Louis XVI, il vota la mort sans appel ni sursis. Ennemi implacable des Girondins, il fut à l'origine de leur perte. Tout-puissant au Comité de salut public (juillet 1793), soutenu par Saint-Just, il établit le régime de la Terreur, attaqua, condamna et fit exécuter les hébertistes qu'il jugeait démagogues, et les modérés qui réclamaient un comité de clémence.
Il ordonna la fête de l'Etre suprême, se posant en rénovateur des valeurs morales et religieuses. Imposant à la Convention une loi qui supprimait toute forme de procédure et soumettait à la loi commune les conventionnels eux-mêmes, l'Incorruptible - ainsi que l'avait nommé Marat - multiplia les exécutions. Menacés, les conventionnels s'unirent alors pour l'abattre.
La séance du 9 thermidor, durant laquelle ni lui ni Saint-Just ne purent prononcer un mot, s'acheva par un décret d'arrestation lancé contre eux. Comme Robespierre se rendait à l'Hôtel de Ville pour y proclamer un appel aux armes, il fut grièvement blessé à la mâchoire par le gendarme Merda, et arrêté. Le lendemain, il fut transporté mourant à l'échafaud et guillotiné. La Terreur prit fin avec sa disparition.



Le 14 juillet dans l'histoire


Le 21 mai 1880, le député de la Seine Benjamin Raspail propose d'adopter le 14 juillet comme fête nationale. Il y a 90 ans qu'a eu lieu la fête de la Fédération et, depuis la fin de la Révolution française, on ne célèbre plus, en France, le 14 juillet. Ni Napoléon Ier, ni Louis XVIII, ni Charles X, ni Napoléon III, qui se sont succédé au pouvoir jusqu'en 1870, ne voulaient rappeler un événement qui avait vu la révolte du peuple, le triomphe de la liberté.
Mais en 1870, après la chute de Napoléon III, une république se met en place. Les lois sont faites par des représentants du peuple, élus par le peuple. Les idées de la Révolution française triomphent enfin. Les dix premières années, cependant, sont difficiles. Les royalistes, encore nombreux, n'acceptent pas le nouveau régime. Il faut compter avec eux. Au début, donc, personne ne reparle du 14 juillet.
En 1880, les républicains se sentent plus forts. Ils n'hésitent plus à donner à la France une fête en souvenir de la Révolution. Et quelle date conviendrait-elle mieux que le 14 juillet ? Depuis 1880 donc, chaque 14 juillet, la France célèbre à la fois la prise de la Bastille et la fête de la Fédération.
Certains 14 juillet ont été particulièrement émouvants. Celui de 1919 a vu le défilé de la victoire après la Première Guerre mondiale. Le 14 juillet 1945, après la Seconde Guerre mondiale, connut aussi un éclat particulier, et la fête dura trois jours.
En fait, en France, il existe un certain nombre de fêtes religieuses : Noël, Pâques, la Pentecôte... Des fêtes historiques, également : le 11 novembre, on célèbre la fin de la Première Guerre mondiale, le 8 mai, celle de la Seconde. Mais il n'existe qu'un seul jour où l'on fête la république : le 14 juillet. Il s'agit de la seule fête vraiment "nationale".
Pas de 14 juillet sans défilé de l'armée française sur les Champs-Elysées, à Paris. Très tôt, une foule nombreuse se masse sur les trottoirs, derrière les barrières. Défilent également les élèves des Grandes Ecoles dans leur plus bel uniforme, les gardes républicains sur leurs chevaux, les gendarmes sur leurs motos. Et partout en France, dans les grandes villes comme dans les plus petits villages, des défilés ou des manifestations sont organisés. A l'étranger, les ambassadeurs de France organisent des réceptions.
La nuit du 14 juillet, dans les rues, tout illuminées, règne une animation exceptionnelle. Tout le monde est dehors. Il y a des bals sur les places, dans les salles des fêtes. Des feux d'artifice éclatent, et des cris d'admiration saluent leurs couleurs vives.

Le 2 Août 2006


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