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Le cheval, puis l'électricité. Le tramway à Montpellier a traversé le temps...


Le tramway à cheval


EN 1875, Montpellier compte un peu plus de 50 000 habitants et le commerce prospère. Elle est le siège de nombreux services administratifs et d'une célèbre université. Son statut de capitale régionale exige un nouveau moyen de transport autre que les omnibus de sieur Pourquier. C'est pourquoi Léon Emile Franq dépose à la Mairie de Montpellier un projet de tramways à traction animale. Deux mois plus tard, le Ministère des Travaux Publics autorise la mise en enquête du projet. Ce dernier prévoit un réseau de six lignes à voie normale :
  1. De la Gare au carrefour de l'Hôpital Général par les boulevards du côté de l'Observatoire (1480 m) ;
  2. De la Gare au carrefour de l'Hôpital Général par la Comédie et l'Esplanade (1495 m) ;
  3. Du carrefour de l'Hôpital Général à l'octroi du Faubourg Boutonnet (800 m) ;
  4. Du boulevard Bonne Nouvelle au Pont de Castelnau (2280 m) ;
  5. De l'octroi de Toulouse à la Place de l'Observatoire (860 m) ;
  6. De la Comédie à la future gare de Rabieux (720 m) ;
Le Conseil Général de l'Hérault donne un avis favorable le 29 Avril 1876 suivi par le Conseil Municipal de Montpellier qui approuve le traité de rétrocession à Léon Franq. Les six tracés définitifs sont adoptés :
  1. Place de l'Embarcadère, rue Saint-Roch, boulevard de l'Observatoire, du Jeu de Paume, Saint-Guilhem, du Peyrou, Henri IV, carrefour de l'Hôpital Général ;
  2. Place de l'Embarcadère, rue Maguelone, place de la Comédie, boulevards de l'Esplanade, Bonne Nouvelle, de la Blanquerie, de l'Hôpital Général ;
  3. Carrefour de l'Hôpital Général, rue du Faubourg Boutonnet jusqu'au bureau de l'octroi situé sur la route départementale numéro 2 ;
  4. Boulevard Bonne Nouvelle, route nationale numéro 87 (faubourg de Nîmes), chemin longeant le cimetière Saint-Lazare jusqu'au pont de Castelnau ;
  5. Octroi de la route de Toulouse, route nationale numéro 87, rues du Grand Saint-Jean et du Grand Gallion, place de l'Observatoire ;
  6. Place de la Comédie, boulevard de la Comédie, Place de l'Observatoire, rues du Grand Gallion et du Grand Saint-Jean, cours des Casernes, avenue de la Californie jusqu'à la future gare de Rabieux ;
La concession étant passée entre-temps dans les mains de la Compagnie Générale des Omnibus de Marseille, les travaux débutent à l'automne 1879 et durent un an.
Cinq années après le dépôt du projet, le 14 juillet 1880, le tramway à cheval de Montpellier est inauguré. Un arrêté préfectoral autorise la mise en circulation à dater du 18 du même mois et fixe comme suit les tarifs :
  • embarcadère (Gare PLM) à l'Hôpital Général (1500m) : 0,15 F ;
  • Hôpital Général à Octroi Boutonnet (900m) : 0,10 F ;
  • embarcadère à Octroi Boutonnet (2400m) : 0,25 F (0,20 F en prenant la correspondance) ;
  • embarcadère à porte de Nîmes par le Peyrou (1900m) : 0,15 F ;
  • faubourg de Nîmes à Castelnau (3000m) : 0,25 F ;
  • embarcadère à Castelnau (4900m) : 0,30 F (0,25 F en prenant la correspondance).
Les enfants de 4 à 7 ans payent moitié prix, les soldats peuvent grimper sur la plate-forme arrière à tarif réduit. Jour après jour, il s'affirme comme le moyen de transport incontournable de la ville. Mais cette embellie sera de courte durée : trois mois plus tard, un véhicule déraille. Une série noire s'ouvre avec une épidémie qui tue la moitié des chevaux. Et l'automobile se développe. La concurrence est dure et les difficultés financières surviennent. La "Compagnie Générale des Omnibus" de Marseille tombe en faillite en 1883. Le tramway à cheval n'aura vécu que trois ans.

N.B. : Changement de dénomination des voies publiques de Montpellier empruntées par les tramways à cheval :
  • Blanquerie (boulevard de la) : Louis Blanc (boulevard) ;
  • Blanquerie (rue de la) : Université (rue de l') ;
  • Californie (avenue de la) : Adam de Craponne (rue) ;
  • Casernes (cours des) : Gambetta (cours) ;
  • Comédie (boulevard de la) : Victor Hugo (boulevard) ;
  • Croix de Fer (place de la) : Alexandre Laissac (place) ;
  • Esplanade (boulevard de l') : Sarrail (boulevard) ;
  • Grand Galion (rue du) : Anatole France (rue) ;
  • Hôpital Général (boulevard de l') : Pasteur (boulevard) ;
  • Hôpital Général (carrefour de l') : Albert Premier (place) ;
  • Saint-Guilhem (boulevard) : Ledru-Rollin (boulevard) ;
  • Saint-Roch (rue) : République (rue de la).

Le tramway électrique (1896 - 1949)


APRES le démantèlement du réseau des tramways à cheval en 1883, les omnibus de l'entreprise Pourquier continuent à desservir la ville. Mais, 10 ans plus tard, M. Pourquier décède et personne ne prend sa succession. Et l'idée d'un réseau de tramways électriques fait son chemin. M. Valette, négociant à Castelneau-le-Lez, présente des propositions au Maire de Montpellier. Le 16 avril 1894, le Conseil Municipal approuve le projet mais érige le principe que la ville de Montpellier ne doit assumer aucun risque financier. Le projet reprend les itinéraires des lignes de tramways à cheval les mieux utilisés. Le 15 avril 1896, le Ministère des Travaux Publics autorise la mise à l'enquête d'utilité publique. Le 4 juin 1896, la chambre de commerce donne son accord.

Pour concrétiser le projet, M. Vallet qui n'a ni les moyens financiers, ni les moyens techniques, fait appel à M. Cauderay.

Ce M. Cauderay agit comme représentant de la Compagnie Générale de Traction avec laquelle il passe le 1er mai 1897, avec l'accord verbal de M. Vallet maintenant décédé, un traité à forfait pour la construction du réseau.

Par une suite de démêlés administratifs, ce n'est que le 7 novembre 1897 qu'un arrêté préfectoral autorise les travaux. Le réseau envisagé comprend 6 lignes, qui sont mises en service d'une façon progressive à compter du 20 décembre 1897.

Le 5 février 1898, le réseau compte un peu plus d'une quinzaine de kilomètres de voie. L'été, une nouvelle ligne rallie l'octroi de Lodève à la gare de Palavas, et fin novembre, la voie de Castelnau est prolongée jusqu'au "Riche".

En 1898, le réseau, en exploitation encore partielle, connaît de nombreuses maladies de jeunesse.

Le 10 avril 1900, la "grande ligne" est inaugurée ; elle relie Celleneuve à la place de la Comédie. Le prix du billet est fixé à 20 centimes pour l'octroi de Lodève.

En 1939, les hommes partent aux armées. Les femmes reprennent la sacoche et les manettes.

En 1941, les "trams" transportent plus de 5,7 millions de passagers.

A Montpellier comme sur tous les autres réseaux, des accidents surviennent. 1943, année noire pour le "tram". Le jeudi 16 décembre, 9 h 30, boulevard Henri IV, un accident fait sept morts. Rails humides et freins bloqués : le tramway-bar dévale le boulevard Henri IV et s'écrase place Albert Ier. C'est l'accident le plus meurtrier de l'histoire du tram à Montpellier.

Le matériel est fatigué. Une remise en état du réseau serait indispensable, mais son coût est définitivement jugé trop élevé. Son dernier voyage a lieu en 1949.

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