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Politique

Vincent Auriol
Savoir équilibrer les tendances communiste et gaulliste


VINCENT Auriol est né le 27 août 1884 à Revel en Haute-Garonne. Son père était boulanger.
L'année de la fondation de la SFIO, il s'inscrit au barreau de Toulouse et neuf ans plus tard, le 10 mai 1914, docteur en droit et avocat, il est élu député socialiste de la circonscription de Muret et il sera constamment réélu jusqu'en 1936.
Dès 1920, il devient le spécialiste des questions financières à la SFIO. En 1924, il devient président de la commission des finances de la Chambre.
En 1925, Auriol devient maire de Muret puis conseiller général de Carbonne, mandats qu'il conservera jusqu'à son accession à la présidence.
Ministre des finances dans le gouvernement du Front populaire présidé par Léon Blum (1936), il fait adopter la loi monétaire qui rend le "franc flottant". En 1937, il est nommé ministre de la justice dans le gouvernement Chautemps, puis en 1938, il devient ministre de la coordination des services ministériels dans le second cabinet Blum.
Le 10 juin 1940, il fait partie des quatre-vingt parlementaires qui ont refusé les pleins pouvoirs à Pétain. Il s'obstine à rester en France. Mis en cause au procès de Riom (auquel Blum est lui-même jugé), Vincent Auriol bénéficie d'un non-lieu prononcé par le tribunal de Muret. A partir de l'automne 1942, il rejoint la Résistance dans les montagnes de l'Aveyron et les Causses du Tarn.
Il rejoint alors à Londres, en 1943, puis à Alger, le Général de Gaulle qui le nomme en novembre 1945 ministre d'Etat chargé des rapports avec le Parlement.
En juillet 1944, c'est lui qui représente la France à la Conférence monétaire et financière de Bretton Woods.
En janvier 1946, c'est Vincent Auriol qui assure l'intérim de chef du Gouvernement provisoire de la République française entre le départ du général de Gaulle et l'investiture de Félix Gouin, puis il devient président des deux Assemblées constituantes de 1946 qui aboutissent à la Constitution de la IVe République. Membre de l'Assemblée consultative provisoire, il joue un rôle important dans la confection du nouveau système politique qui doit administrer la France après la Libération.
Il est élu le 16 janvier 1947 premier président de la IVe République, au premier tour de scrutin, au suffrage indirect, avec 51,19 % des voix contre Auguste Champetier de Ribes (27,41 %), par le parlement réuni en Congrès à Versailles. Il est alors âgé de soixante-deux ans. Il arrive à maintenir une certaine continuité politique, malgré les nombreux Ministères qui se succèdent.
Il jouera un rôle très actif tout au long de son septennat, il contribue à ramener la paix sociale en France et assainit les finances. Il achèvera son mandat en décembre 1953. Il ne demande pas le renouvellement de sa fonction.
Le 23 décembre 1953, René Coty lui succède comme président.
La carrière de Vincent Auriol ne s'arrête pas là. Durant les quatre années qui suivent, il publie régulièrement des articles politiques dans les colonnes de France-Soir.
Au printemps 1955, il préside la Conférence internationale des Nations unies contre les préjugés et la discrimination, réunie à Genève et, en 1958, il milite pour le "non" au référendum sur la Constitution. Sur ce point, en conflit avec Guy Mollet, il quitte la SFIO en décembre.
Il devient membre de droit du Conseil Constitutionnel créé en 1958, en sa qualité d'ancien président de la République. Il refuse d'y siéger à partir de 1960 pour protester contre la dérive présidentielle de la Vème République. Il restera dans sa résidence de Muret, à quelques kilomètres de Toulouse.
Rendu populaire par sa simplicité et sa bonhomie méridionale, il exerce un rôle personnel très important favorisant l'émergence d'une troisième force entre extrême-gauche communiste et extrême-droite gaulliste.
En 1965, il soutient la candidature de François Mitterrand lors de l'élection présidentielle. C'est son dernier grand combat politique avant de décéder le 1er janvier 1966 à Paris.



Les différents Chefs du Gouvernement de Vincent Auriol


  • Paul Ramadier (2 fois, 1947)
  • Robert Schuman (2 fois, 1947-1948, 1948)
  • André Marie (1948)
  • Henri Queille (3 fois, 1948-1949, 1950, 1951)
  • Georges Bidault (2 fois, 1949-1950, 1950)
  • René Pléven (2 fois, 1950-1951, 1951-1952)
  • Edgar Faure (1952)
  • Antoine Pinay (1952)
  • René Mayer (1953)
  • Joseph Laniel (1953-1954).


Une série de grèves


Le début de mandat de Vincent Auriol fut marqué par de nombreuses grèves.
  • Janvier 1947 : les gaziers de la Région parisienne, les dockers de Nantes, Michelin à Clermont-Ferrand.
  • Février 1947 : grève dans les ports, grève de la presse parisienne, chez les cheminots parisiens.
  • Du 25 avril au 16 mai 1947 : grève chez Renault que la CGT commence par combattre puis rallie.
  • En novembre 1947 : début d'un mois de violentes grèves en France.
    • Le 28 novembre 1947 : le gouvernement rappelle 80 000 réservistes pour faire face aux "grèves insurrectionnelles".
    • Du 29 novembre au 3 décembre : obstruction communiste à l'Assemblée nationale contre les mesures prises contre les grèves : les députés communistes sont expulsés.
    • Fin des grèves le 10 décembre 1947.
  • Le 8 mars 1948 : 100 000 femmes ont défilé à Paris à l'appel de la CGT.
  • En juin 1948 : grève à Clermont-Ferrand.
  • En octobre 1948 : grève des mineurs à Saint-Etienne : incidents sanglants.
  • Du 4 octobre au 18 novembre 1948 : vague de grèves (mines, métallurgie, chemins de fer) : échec ; intervention de l'armée pour dégager les puits.
  • En 1953, de nouvelles grèves surgissent contre les mesures d'austérité du gouvernement Laniel : du 4 au 26 août, grève générale des services publics.


Politique Extérieure


  • La Guerre Froide
    La Guerre Froide fut premièrement initiée lorsque l'URSS utilisait sa puissance militaire pour instaurer des gouvernements communistes en Europe de l'Est et ce malgré les ententes avec les Etats-Unis pendant la Conférence de Yalta qui donnaient le droit aux élections libres dans les pays sous dominance soviétique après la fin de la Deuxième Guerre Mondiale.
    L'URSS avait souffert d'énormes pertes durant la Deuxième Guerre Mondiale contre l'Allemagne nazie et cherchait à se renforcer en utilisant la puissance de ses voisins.
    On voyait donc l'apparition du "Rideau de fer" qui traversait le continent européen de haut en bas.
    Selon l'URSS, la seule façon de faire survivre le communisme dans un monde capitaliste était d'imposer son système aux pays environnants pour augmenter sa puissance et pour qu'elle ne se trouve pas isolée devant les Etats-Unis et ses alliés.
    Le 23 septembre 1949, l'Occident est sous le choc après l'annonce de l'explosion de la première bombe atomique soviétique.

  • La Guerre d'Indochine
    En 1946, en Indochine, Hô Chi Mihn appelle les Vietnamiens à se battre.
    L'armée est constituée de paysans ou de journaliers.
    Les soldats utilisent n'importe quelles armes pour essayer de se défendre tant bien que mal.
    Malgré le fait que le Viêt-mihn soit en nombre inférieur, il se défend très bien contre les attaques françaises.

  • Viêt-minh
    Les Français occupent les villes et les régions vitales du pays.
    Mais lorsque la végétation devient plus dense et que les zones deviennent plus difficiles d'accès, les Vietnamiens infligent de cuisantes défaites aux Français qui n'ont pas l'habitude de se battre dans de telles conditions.
    Le Viêt-mihn prend ainsi le contrôle de ces zones en y dirigeant l'économie, en régissant le partage des terres et en ayant le contrôle sur la police et les écoles.

  • Diên Biên Phu
    Le 20 novembre 1953, Les parachutistes français du général Navarre, appuyés par les soldats de Saïgon, occupent Diên Biên Phu, où ils installent un camp retranché (15 000 hommes).
    Le général viêt-minh Giap concentre autour de la cuvette huit divisions de 9 000 hommes.
    La fin de la guerre approche...

  • L'Exodus et la Création d'Israël
    Le 18 juillet 1947, les Britanniques, administrateurs de la Palestine depuis la fin de la Première guerre mondiale, arraisonnent le navire "Exodus" dans le port de Haïfa. A son bord 4 500 juifs survivants des camps de la mort, partis du port de Sète le 10 juillet et fuyant vers le terre d'Israël.
    Les Anglais qui interdisent toute immigration juive sur leur protectorat, font ramener de force les passagers en France et en Allemagne à bord de bateaux-prisons.
    Les affrontements provoqueront la mort de 3 personnes et feront 146 blessés.

    La création d'Israël
    Le 29 novembre 1947, l'Assemblée générale de l'ONU réunie à New York, prend la décision de partager la Palestine en deux états : un état arabe et un état juif.
    L'administration de Jérusalem relèvera de l'organisation internationale.
    Le Conseil de la ligue arabe s'oppose à cette décision et très vite les affrontements commencent entre juifs et arabes.
    Le nouvel état d'Israël naîtra le 14 mai 1948.
    Dès ses premiers jours il sera envahi par l'Egypte, la Jordanie, l'Irak, la Syrie et le Liban.

  • La création du COMECON
    Le 25 janvier 1949, création du Conseil d'assistance économique mutuelle (C.A.E.M., mieux connu sous le nom de COMECON). C'est une organisation de coopération économique des pays socialistes, créée sur la proposition de l'URSS, en vue de coordonner et de faciliter la réalisation des plans de reconstruction et de développement de ces pays, et de favoriser les échanges entre eux.

  • La création de l'OTAN
    Le 4 avril 1949, le Traité de l'Atlantique Nord est signé à Washington, il correspond à la fondation de l'OTAN, regroupant douze pays (Etats-Unis, Canada, Belgique, Danemark, France, Islande, Italie, Luxembourg, Norvège, Pays-Bas, Portugal, Royaume-Uni).

  • Le Plan Marshall
    Le 5 juin 1949, lors d'un discours devant les nouveaux diplômés de Harvard, le Secrétaire d'Etat américain, George Catlett Marshall, propose un programme d'aide financière visant à soutenir la reconstruction de l'Europe dévastée par la Deuxième Guerre mondiale.
    Le Plan Marshall, mieux connu sous le nom de "Programme pour la reconstruction de l'Europe", est lancé contre la famine, le désespoir, la pauvreté, le chaos qui succèdent à la guerre.
    La réponse de l'Europe ne se fait pas attendre. Quinze pays décident d'en profiter : l'Autriche, la Belgique, le Danemark, la France, la Grande-Bretagne, la Grèce, l'Irlande, l'Italie, le Luxembourg, la Norvège, les Pays-Bas, le Portugal, la Suède, la Suisse et la Turquie.
    Pour sa part, l'URSS refuse l'aide Marshall car ce plan va à l'encontre de ses intérêts politique et stratégiques.

  • La Guerre de Corée (1950-1953)
    A l'aube du 25 juin 1950, prenant prétexte d'agressions sudistes, les troupes nord-coréennes enfoncèrent les lignes, déferlant sur le sol du Sud, balayant une armée démunie de blindés comme d'armes lourdes, et conquirent Séoul rapidement.
    C'est la première attaque ouvertement lancée depuis la fondation des Nations Unies.
    A la demande des USA, l'ONU se réunit dans l'après-midi et déclare que cette invasion rompt la paix et somme la Corée du Nord (53 membres sur 59) à se retirer du sud.
    Mac Arthur, à la tête du commandement des troupes de l'ONU, débarque tout près du 38e parallèle, le 5 septembre 1950, dans la baie du port d'Inchon.
    Après avoir repoussé rapidement les Nord-Coréens, il déchante très vite car dans la nuit du 25 au 26 novembre 1950, les forces des Nations Unies sont violemment enfoncées par des myriades de combattants volontaires chinois.
    Les forces de l'ONU optèrent alors pour une tactique "de front élastique".
    La guerre se terminera le 27 juillet 1953, par l'armistice signé à Panmunjon par les Communistes mais pas par les Sud-Coréens...
    La guerre de Corée est finie, mais laisse le pays divisé en deux.

  • Les Français divisés au sujet de la CED
    Le 24 novembre 1950, le ministre français de la Défense, René Pleven, avait proposé de créer une armée européenne commune intégrant des unités appartenant à la France, à l'Italie, aux trois pays du Benelux et à la RFA.
    En France, la CED (Communauté Européenne de Défense), instituée par le Traité de Paris signé en 1952, divisait profondément la classe politique.
    Aucun gouvernement ne parvient à réunir une majorité pour ratifier ce traité.
    Le 30 août 1954, le Parlement français rejette définitivement le projet de CED.

  • Crise dans les colonies
    A Madagascar, le 29 mars 1947 : soulèvement anti-français  : la répression est impitoyable.
    Au Maroc, le 10 avril 1947 : discours nationaliste du sultan marocain Mohammed ben Youssef à Tanger.
    Le 1er novembre 1951 : émeutes anti-françaises à Casablanca (Maroc).
    Le 21 mars 1952 : le sultan du Maroc demande la fin du protectorat.
    Du 7 au 8 décembre 1952, émeutes à Casablanca : 39 morts et 1 000 arrestations.
    Le 15 août 1953 : la France dépose et remplace le sultan du Maroc Mohammed V par Sidi Mohammed Ben Arafa.
    En Algérie, le 27 août 1947, l'Assemblée nationale adopte un nouveau statut de l'Algérie : une Assemblée algérienne sera chargée de "gérer, en accord avec le gouverneur général, les intérêts propres de l'Algérie".
    Le 5 août 1951 : fondation en Algérie du Front national de libération (FNL).
    Le 15 mai 1952 : arrestation de Messali-Hadj, chef du MTLD algérien.
    En Tunisie, le 17 janvier 1952 : soulèvement à Bizerte.
    Le 18, Bourguiba, chef du Néo-Destour tunisien, est arrêté et relégué à l'Ile de Ré.


Citations


  • "Je regrette ceux qui voudraient faire de la présidence de la République une magistrature passive, silencieuse, de pure représentation. Je ne serai ni un président soliveau, ni un président personnel."
  • "C'est à l'Elysée que doit siéger le chef réel du pouvoir exécutif."

Le 15 Juin 2005


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