Proposition de loi
Les députés français s'attaquent à l'anorexie
LA Commission des Affaires sociales de l'Assemblée nationale de France a adopté mercredi 9 avril une proposition de loi UMP qui sanctionne l'incitation à l'anorexie.
Un amendement adopté en commission crée en outre un délit de propagande et de publicité en faveur des moyens de parvenir à une maigreur excessive, passible des mêmes peines. Ce délit inspiré de la provocation au suicide est destiné à lutter contre les articles de presse ou les reportages télévisés incitant à l'anorexie.
La proposition de loi vise les moyens de communication - magazines, sites Internet, blogs - qui poussent les personnes à se priver de nourriture pour maigrir ou font ouvertement l'apologie de l'anorexie, par une "valorisation à outrance d'une image filiforme de la femme". Le texte s'alarme tout particulièrement de la "maigreur excessive de certains mannequins".
L'anorexie mentale touche entre 30 000 et 40 000 personnes en France, essentiellement des jeunes filles. Elle apparaît majoritairement au cours de l'adolescence. Le taux de mortalité est évalué à 5,6 % au bout de 10 ans.
Le problème de l'anorexie est d'actualité dans le monde de la mode depuis le décès en novembre 2006 d'une jeune Brésilienne, mannequin de 21 ans, Ana Carolina Reston, morte dans un hôpital de Sao Paulo alors que cette jeune femme d'1,72 m pesait 40 kilos.
La proposition de loi Boyer, qui sera examinée mardi 15 avril dans l'hémicycle, complète l'action engagée en janvier 2007 par le gouvernement. Un groupe de travail pluridisciplinaire comprenant des médecins, des professionnels de la mode et des médias, présidé par le pédopsychiatre Marcel Rufo et le sociologue Jean-Pierre Poulain, a rédigé une "charte d'engagement volontaire sur l'image du corps".
09-04-2008
|
|
|
|