Il commente l'actualité
Daniel Constantin
Préfet de la Région Languedoc-Roussillon, Préfet de l'Hérault
La Citoyenneté : Si vous commentez l'actualité, qu'en est-il de la situation du Schéma Départemental d'élimination des déchets ménagers ?
Daniel Constantin : Le Schéma Départemental des déchets ménagers est, pour moi, un grand souci. Ce schéma a l'inconvénient d'empêcher de faire, mais il ne fait pas faire. Il faut que nous ayons un vrai débat sur les modes d'élimination que nous pouvons pratiquer. Soit on a des zones pour enfouir correctement, et à ce moment-là on les utilise, soit on n'est pas capable d'en trouver, et à ce moment-là il faut maîtriser d'autres techniques comme l'élimination par incinération. Tous les pays et toutes les grandes villes font ainsi. Il faut arrêter ces débats métaphysiques.
La Citoyenneté : Le 2 mars 1982, est né le grand projet de décentralisation. Nous en fêtons cette année les 20 ans. Cette décentralisation se confond cette année avec la mise en place de l'intercommunalité. Votre commentaire sur les trois lois de l'intercommunalité ?
Daniel Constantin : Dieu qu'elles sont compliquées !
La Citoyenneté : Cela est-il dû au fait qu'elles sont au nombre de trois ?
Daniel Constantin : Non. En fait, on a voulu faire des choses tellement perfectionnistes qu'on se perd dans le maquis de la procédure et qu'on oublie l'essentiel qui est quand même d'organiser la cité, les ensembles urbains ou les ensembles ruraux. Globalement, il y a une partie de l'intérêt général qui dépasse le simple stade communal, et donc il faut pouvoir oeuvrer sans que pour autant on ait des constructions impossibles à faire.
La Citoyenneté : Le 13 mars dernier, la commissaire du gouvernement vous a donné raison sur les 17 points étudiés. Vous vous en réjouissez ?
Daniel Constantin : Tout d'abord, il faut que les juges jugent. Mais dans toutes les procédures, dans celle-là comme dans les précédentes, à aucun moment, ni les tribunaux ni les commissaires du gouvernement n'ont remis en cause l'idée que le projet de l'agglomération visait l'intérêt général. C'est tout de même ce qui doit être fondamental. Le reste résulte de textes trop compliqués.
La Citoyenneté : Vous êtes dans une région où il y a un climat politique très particulier. Mais vous êtes quand même arrivé à faire aboutir de grands projets. Quel est le secret du Préfet Daniel Constantin ?
Daniel Constantin : Je crois que quelles que soient les tendances politiques, chacun est porteur d'une partie de l'intérêt général. Et donc, il y a des moments où, forcément, on se rencontre et où on est obligé d'avancer. Ainsi, il faut saisir ces moments forts pour pouvoir réaliser des choses. J'ai la chance d'avoir un peu d'expérience et de me dire qu'au fond, je dois pouvoir trouver le moment opportun pour régler tel ou tel problème. Puis aussi, je le dis sans modestie, je crois que très souvent, les hommes politiques ont souhaité que je les aide à régler leurs problèmes. En dehors de quelques-uns, je n'ai aucune animosité personnelle à l'égard d'aucun d'entre eux.
Par contre, partout où je passe, le Front National demande ma démission. Je ne leur en veux pas, mais je ne les aime pas non plus.
Je ne suis pas dans le secteur public, sans être aussi animé d'un certain nombre de valeurs personnelles. Je ne fais pas ce boulot simplement comme une machine. Pour moi, l'action publique ne peut pas s'exonérer de cette espèce de charge philosophique et humaniste qui va avec.
Montpellier, le 15-03-2002
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