Il commente l'actualité
Michel Fraysse
Maire RPR de Montferrier-sur-Lez (Hérault) et Vice-président de la Communauté d'agglomération de Montpellier
La Citoyenneté : Hier, la Commissaire du gouvernement a demandé au Tribunal le rejet des 17 recours des anti-agglo. Votre commentaire ?
Michel Fraysse : J'espère que les conclusions de la Commissaire du gouvernement seront suivies par l'ensemble des magistrats et que la Communauté d'agglomération à 38 communes va pouvoir continuer à travailler. Cela dit, il va falloir attendre le jugement sur le fond, quoiqu'il semble que ça prenne une bonne direction. Ce que je souhaite, c'est que ces affaires de l'Agglomération se terminent une bonne fois pour toutes, parce qu'il y a des tas de recours qui sont en cours, notamment à propos de l'agglo à 15 communes. Le Conseil d'État doit se prononcer sur la Communauté d'agglomération à 41 communes.
La Citoyenneté : Certains disent qu'il s'agit d'une bataille politique entre Georges Frêche et la Droite. Qu'en pensez-vous ?
Michel Fraysse : Ce n'est pas directement une guerre entre la Droite et la Gauche. C'est plutôt un conflit entre Georges Frêche et les maires de certaines communes. Parmi les communes qui ont été invitées à entrer dans l'Agglomération, il y en a autant de gauche que de droite qui sont pour ou qui sont contre. Par exemple, Saint Clément de Rivière et Saint Gély du Fesc sont de droite, alors que Villeneuve les Maguelone est communiste.
La Citoyenneté : Pour ce qui est de la Communauté d'agglomération, vous faites quand même l'exception. Vous êtes de droite, mais vous avez de très bonnes relations avec Georges Frêche. Votre commentaire ?
Michel Fraysse : Tout d'abord, sur 15 communes de l'actuelle Agglomération, il y en a 8 de droite et 7 de gauche. Un petit pacte moral a été signé entre Monsieur Frêche et l'ensemble des maires de cette Agglomération. C'est-à-dire que déjà, au temps du District de Montpellier, nous avons mis en avant le fait qu'il ne fallait traiter que les questions économiques. Nous n'avons jamais fait de politique au District. En tous les cas, nous avons essayé de ne pas en faire. Les deux ou trois fois où Monsieur Frêche a dérapé un petit peu, nous sommes allés le voir pour lui rappeler qu'il ne fallait traiter que les questions économiques. Nous avons toujours travaillé pour mettre en place des projets qui soient utiles et d'intérêt général pour l'ensemble des communes du District. C'est pour cela que l'ensemble des maires de droite de l'actuelle Agglomération à 15 communes ont des relations normales avec le Président Georges Frêche.
La Citoyenneté : A propos de la campagne électorale pour l'élection présidentielle, que pensez-vous d'un certain nombre de candidats qui n'arrivent pas à obtenir les 500 signatures ?
Michel Fraysse : A propos de cette campagne électorale, je souhaite qu'enfin se mette en place un vrai débat sur les questions essentielles qu'attendent tous les Français et qui vont diriger la France dans les cinq ans à venir. En effet, je pense que jusqu'à maintenant, cette campagne a déçu l'ensemble des Français.
Une campagne électorale est une occasion pour l'ensemble des partis de s'exprimer et de pouvoir dire ce qu'ils pensent de l'État français.
La Citoyenneté: La sécurité est l'un des points essentiels qui préoccupe les Français aujourd'hui. Qu'en pensez-vous ?
Michel Fraysse : Effectivement, c'est un point très sensible, lié au fait que la cellule familiale est souvent éclatée, donc les jeunes perdent de plus en plus leurs repères, face à des parents démissionnaires. Je prends l'exemple de certaines familles héraultaises où les parents travaillent chacun dans une ville et ne se retrouvent que le week-end. Dans ce cas, les enfants sont livrés à eux-mêmes durant toute la semaine, et le week-end, on leur donne de l'argent pour les loisirs, mais sans aucun contrôle.
En fait, il y a un manque de respect, d'une part vis-à-vis des parents, et d'autre part vis-à-vis des élus qui sont chargés d'appliquer la loi.
Montferrier-sur-Lez, le 14-03-2002
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