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Jean-Pierre Moure, maire PS de Cournonsec, commente l'actualité


Jean-Pierre Moure, maire PS de Cournonsec et conseiller général de l'Hérault, canton de Pignan. Il est président de la commission solidarité et affaires sociales au Département et président du Centre Communal d'Action Sociale (CCAS). Il est également président du Conseil d'Architecture, d'Urbanisme et de l'Environnement de l'Hérault (CAUE).
Il est candidat suppléant d'Hélène Mandroux-Colas aux Législatives de juin prochain sur la quatrième circonscription de l'Hérault.

Entretien


La Citoyenneté :
Aujourd'hui, les sondages donnent 16 à 17 % à Jospin. Qu'est-ce que cela vous inspire ?
Jean-Pierre Moure : D'une façon générale, je suis très prudent par rapport aux sondages.

La Citoyenneté : Au niveau de l'élection présidentielle, on remarque de plus en plus l'émergence de petits candidats. Qu'en pensez-vous ?
Jean-Pierre Moure : Il est logique qu'il y a une multiplication de candidats - et ce n'est pas péjoratif - qui ont moins de retombées médiatiques. Pour sa part, la presse essaie de mettre en évidence le fait qu'il y a des petits candidats, alors qu'ils ne sont pas petits. Il y a une tradition française qui est celle d'un mouvement contestataire, révolutionnaire. Ce qu'il faut, c'est que les gens, tout en respectant ces différentes opinions, puisqu'il y en a 16 en tout, se raccordent sur ce qui est un vote d'efficacité utile, parce qu'il y a quand même des enjeux pour l'avenir qui ne peuvent pas être traduits uniquement en termes de contestation.

La Citoyenneté : Aujourd'hui, vous êtes candidat suppléant d'Hélène Mandroux-Colas, aux élections législatives sur la quatrième circonscription du Département de l'Hérault. Comment cela se présente-t-il, d'autant plus que c'est une circonscription qui compte 129 communes ?
Jean-Pierre Moure : C'est effectivement une circonscription très importante par rapport à la dimension géographique qui la caractérise : 129 communes, plus de 150 000 habitants.

La Citoyenneté : Avec un héritage un peu difficile ?
Jean-Pierre Moure : Oui, mais je ne situe pas l'enjeu par rapport à cela. Je crois que ce qui est important dans la quatrième circonscription, c'est avant tout le côté composite qu'elle représente. En effet, il y a le Coeur d'Hérault qui va d'ailleurs accueillir de la population, et donc tout l'enjeu qualitatif - là, il y a un gros projet de qualité à aborder en accord avec les populations -. Cela touche l'urbain, le péri-urbain, différents types d'économie. Il y a des traditions très importantes liées à la vigne, il y a tout le secteur oléicole. Mais il y a également tous les éléments du patrimoine, dans ce secteur du département. Je crois que l'enjeu est là.

La Citoyenneté : Sur le plan politique, il faut gérer aujourd'hui l'après Saumade, à savoir que la période Saumade était caractérisée par cette concurrence Frêche-Saumade. Comment allez-vous gérer tout cet héritage ?
Jean-Pierre Moure : Je crois qu'il faut regarder devant soi. Nous ne sommes pas en situation de guerre ou de ressasser ce qui a pu se passer de bien ou de mal dans le passé. L'intérêt de cette circonscription, c'est qu'elle soigne ses atouts, ses faiblesses. D'autant plus qu'il s'agit d'un département qui évolue beaucoup en ce moment -  puisque c'est l'un des départements qui, en termes de dynamique, est à l'avant-garde au niveau national, mais qui, en même temps, a traité des problèmes récurrents, des difficultés sur le plan du social.
Donc, je crois que le rôle d'un député, c'est de tirer tous ces problèmes vers le haut. Il y a de bonnes volontés de part et d'autre, il y a de la ressource humaine avec des diversités d'appartenance politique. Mais à mon avis, cela constitue plutôt un atout qu'un inconvénient.

La Citoyenneté : La direction nationale du Parti socialiste a souhaité qu'Hélène Colas se retire au bénéfice des Verts. Vous êtes quand même un homme d'appareil, un homme du PS ?
Jean-Pierre Moure : Non, je ne suis pas un homme d'appareil. Je suis un citoyen membre d'un parti politique.

La Citoyenneté : Vous êtes quand même un homme qui respecte la discipline d'un parti politique ? Mais comment pouvez-vous aller contre les décisions de la direction du PS ?
Jean-Pierre Moure : Hélène Colas ne va pas contre la volonté du Parti. Il n'y a pas au niveau national un accord ficelé, bouclé, empaqueté, d'une circonscription à l'autre. Il y avait effectivement un certain nombre de circonscriptions où le jeu était encore ouvert. La quatrième circonscription fait partie globalement de ce cas de figure. Il est vrai qu'au dernier scrutin des législatives, Hélène Colas avait fait un très bon score sur cette même circonscription.
Je crois que dans une bonne entente pour le second tour, les choses se dérouleront normalement, parce qu'il y a un intérêt majeur dans le prolongement de l'élection présidentielle. Si Jospin l'emporte, et je pense qu'il va l'emporter, même si l'élection présidentielle n'est pas gagnée d'avance - parce que rien n'est jamais gagné d'avance -, Hélène Colas sera dans une position légitime.

La Citoyenneté : Mais les responsables de campagne ont un petit peu peur. A votre avis, faut-il changer le ton de la campagne ? Faut-il un deuxième souffle ?
Jean-Pierre Moure : Ca, c'est l'affaire des candidats. Il faut toujours un deuxième, un troisième souffle. Il faut toujours du souffle. Je crois qu'il faut aussi éviter de tomber dans la facilité qui serait de dire que l'élection est fonction de ce qu'on lit le matin ou de ce qu'on entend en termes de sondages d'opinion. Vous avez vu que dans ces enquêtes d'opinion, une partie importante du corps social qui est interrogée n'a pas encore déclaré son intention réelle. Ce qu'il faut regarder, ce sont les tendances. Lorsqu'on est dans une fourchette 52-48 %, c'est le même bouquet, donc il peut très bien s'inverser. Quelles que soient les élections, je ne me fie jamais aux sondages. Je crois, par ailleurs, que beaucoup de personnes ne s'expriment réellement que le jour du vote. Il y a un moment sacré qui fait que l'individu en tant que tel, au dernier moment, réfléchit sur ce qu'il fait, dans le respect de chacun des candidats.

La Citoyenneté : Sur un plan local, pour les élections cantonales de 2004, connaissez-vous votre adversaire ?
Jean-Pierre Moure : Non, pas encore.

La Citoyenneté : Des bruits circulent selon lesquels ce sera Gérard Francalanci, conseiller municipal d'opposition à Pignan.
Jean-Pierre Moure : Je ne suis pas en train de préparer les élections de 2004, si ce n'est qu'une élection se prépare dès le lendemain de la précédente par l'action que l'on mène ou l'inaction dont on fait preuve. Je pense que s'agissant du secteur de Pignan, la population du canton, les responsables des différentes communes, les responsables d'associations, entreprises ou autres, voient ce qui se fait depuis trois ans par rapport à un secteur qui était dans le péri-urbain, qui avait tendance à s'endormir, qui n'avait pas d'équipements structurants.
Je crois que nous sommes en train de relever un défi très important, parce que nous sommes pilotes sur beaucoup d'aspects de la vie au quotidien et des structurations concrètes en direction des gens, sur le plan de l'accueil de la petite enfance, des équipements socioculturels, de la manière d'interpeller la jeunesse et de répondre à ses attentes, et surtout sur les grosses actions menées via le Sivom, avec le partenariat du Département, en direction de cette population. Monsieur Francalanci ne serait peut-être pas le seul de sa famille politique à avoir des prétentions, de même que dans l'ensemble des forces politiques, c'est le débat démocratique.
Ce qui compte pour moi, c'est l'action qui est menée, et je pense que les gens sont suffisamment matures pour se rendre compte de ce qui est fait.

La Citoyenneté : 2004, ce sera aussi les élections régionales. Alors, Jean-Pierre Moure candidat ?
Jean-Pierre Moure : Vous allez trop vite en besogne. Pour l'instant, nous sommes sur la présidentielle et les législatives.

La Citoyenneté : Il y a quand même des noms qui circulent.
Jean-Pierre Moure : On verra bien. Je n'ai pas de commentaire particulier à faire par rapport à ça. Je ne cours pas après ce qui serait considéré comme un mandat ou une ambition personnelle ou autre. Pour l'instant, la question ne se pose pas.

La Citoyenneté : Certains disent qu'il faut réformer le scrutin des cantonales, par exemple injecter une dose de proportionnelle ou, pourquoi pas, un scrutin de liste. Qu'en pensez-vous ?
Jean-Pierre Moure : Je n'ai pas de position forcément arrêtée, en disant ceci est bon, ceci n'est pas bon. Chaque système a ses bons et ses mauvais côtés. Il est vrai que le fait d'identifier sur un territoire cantonal un élu qui représente les collectivités, les citoyens, la population de ce canton, en termes de clarification, c'est important parce qu'on sait quel est l'élu qui a quelque part traduit toute la transversalité d'une politique qui est menée par le Département, à l'appui des communes. Donc, on l'identifie, c'est un élu de proximité, il a un rôle d'animateur, c'est important parce qu'il y a un lien très étroit entre les populations et cet élu. D'un autre côté, il existe des cantons qui sont disproportionnés au point de vue population. Ainsi, lorsqu'on considère des cantons à 30 000, 40 000 ou 50 000 habitants et d'autres à 2800 habitants, il y a quelque part une forme d'inégalité dans la représentation. Cela ne veut pas dire que les cantons moins importants en population ne doivent pas être représentés, mais cela veut dire aussi qu'il y a une péri-équation à assumer, et c'est là où le scrutin de liste pourrait intervenir, mais à condition qu'il soit bien déterminant. Si on se réfère aux conseillers régionaux, rares sont ceux que la population connaît, mis à part les pointures connues au niveau médiatique, sans vouloir offenser qui que ce soit. Je crois que comme pour tout, c'est une question d'équilibre. On y viendra, mais je ne pense pas qu'il faille le faire de manière abrupte. Quelque part, l'élu qui incarne une politique départementale - en l'occurrence ici dans le Département, nous sommes 49 conseillers généraux -, et notamment les élus de la majorité politique de ce département, par rapport à l'action qui est de la responsabilité de la majorité, fait que c'est assez clair pour les populations de voir qui incarne cette politique.

Montpellier, le 15-04-2002

Lire aussi :
Portrait de Jean-Pierre Moure

Jean-Pierre Moure parle de l'intercommunalité

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