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La Chine (Asie)


Présentation


La Chine est avant tout la très longue histoire d'un peuple, de sa très riche culture, de sa langue et de son écriture si particulière, de sa pensée qui continue aujourd'hui d'intriguer les occidentaux. Si ceux qui s'intéressent à tel ou tel aspect de la Chine, comme les arts martiaux, la calligraphie ou même la cuisine, sont de plus en plus nombreux, cet "Empire céleste" si lointain et différent reste souvent difficile à comprendre. La "réalité chinoise" échappe à de nombreux observateurs occidentaux, aujourd'hui comme à l'époque de sa découverte par les premiers missionnaires. Dans la seconde moitié du XXe siècle, les nombreuses querelles idéologiques autour du maoïsme et de la Révolution culturelle n'ont pas contribué à éclaircir les débats. Aujourd'hui la Chine est dans une période d'ouverture et de développement économique accéléré. Même si de nombreux problèmes restent à résoudre, il semble que les réformes en cours aient permis au peuple chinois de déployer son industrie et que sa puissance soit désormais comparable à celle des grands pays occidentaux. Elle est aujourd'hui souvent qualifiée d'"usine du monde" et des études ont montré que le panier de la ménagère française, dans sa partie non alimentaire, contenait pour moitié des produits fabriqués en Chine.
Géographiquement, la Chine a progressivement atteint depuis la dynastie fondatrice des Qin en 221 av. J.-C. les proportions d'un continent. Son histoire est rythmée par des mouvements d'unification suivis de désintégration, les longues périodes de stabilité correspondant aux grandes dynasties étant entrecoupées et reliées par des périodes de division et de chaos. C'est cependant la continuité de sa culture et sa relative unité politique qui font dire aujourd'hui que ce serait la plus vieille civilisation vivante du monde. Une de ses caractéristiques fondatrices est probablement le culte de la chose écrite, qu'on peut faire remonter aux pratiques oraculaires de la scapulomancie et au Livre des Mutations, et qui irrigue toute l'activité intellectuelle. Sur la pensée de Confucius, Maître éducateur, et sur celle de ses disciples Mencius et Xunzi, le confucianisme a été fondé, puis utilisé comme doctrine d'Etat par la plupart des empereurs qui se sont succédé sur le trône. D'autres courants de pensée et d'autres personnages ont contribué à informer la culture chinoise, ainsi Lao-tseu et le taoïsme, le bouddhisme, le néo-confucianisme et jusqu'au marxisme plus récemment. Les importants apports extérieurs du bouddhisme ou du marxisme montrent que, contrairement à une idée reçue, la Chine ne s'est isolée du reste du monde que pendant une courte partie de son histoire.
La culture chinoise est toutefois marquée par une profonde originalité qui la rend à la fois attirante et difficile d'accès. Souvent obscure et incomprise, difficile à interpréter et à analyser, elle fait encore trop souvent office de miroir des craintes ou des espoirs fantasmatiques des occidentaux. Pourtant, l'"expérience humaine" chinoise, qui s'est confrontée aux mêmes problèmes que les autres, est d'une ampleur et d'une richesse telles qu'on ne peut pas la tenir pour quantité négligeable. Pour paraphraser Simon Leys, cité en exergue, la Chine est une autre façon d'accomplir la même chose : l'humanité.

République populaire de Chine


La République populaire de Chine (RPC), communément appelée "Chine", est un Etat d'Asie.
Depuis sa fondation en 1949, il est dirigé par le Parti communiste chinois (PCC). C'est actuellement le pays le plus peuplé du monde, avec plus de 1,3 milliards d'habitants, pour la plupart d'ethnie Han. Avec 9 574 479 km2, c'est le plus grand pays d'Asie orientale et le quatrième plus grand pays au monde, après la Russie, le Canada et les Etats-Unis d'Amérique. Il partage une frontière avec quatorze pays : Viêt Nam, Laos, Birmanie, Inde, Bhoutan, Népal, Pakistan, Afghanistan, Tadjikistan, Kirghizistan, Kazakhstan, Russie, Mongolie et Corée du Nord. Bien qu'étant considérée comme un pays communiste, la RPC a adopté une "économie socialiste de marché" où libéralisme économique et contrôle politique se côtoient en une formule spécifique.
La Chine connaît plusieurs problèmes quant à la délimitation de ses frontières. Le moindre d'entre eux n'est pas la question de la République populaire de Chine sur Taiwan, qui ne semble pas en voie de résolution. Le contrôle de la mer de Chine méridionale est également un sujet conflictuel avec les Etats riverains (Malaisie, Viêt Nam, Indonésie). La Chine revendique en effet la souveraineté sur une série d'îlots stratégiques, dont les Îles Spratley et les îles Paracel.
Depuis la rétrocession de Hong Kong et Macao, le terme "Chine continentale" fait généralement référence à la RPC sans ces deux régions administratives spéciales.
En 2005, la Chine a surpassé la France et le Royaume-Uni en enregistrant le 4e plus fort PIB derrière les Etats-Unis, le Japon et l'Allemagne.

Histoire


Dès le néolithique existaient en Chine des sociétés organisées sédentaires qui pratiquaient l'agriculture et l'élevage. La culture du riz apparait vers 5000 av.J.C.
La métallurgie apparait vers 3000 av.J.C. sous la dynastie peut-être mythique des Xia (-2207 à -1766), et l'âge du bronze se situe sous les Shang (-1766 à -1122).

Histoire des Trois Royaumes
La Chine est un foyer majeur de civilisation. Elle est devenue dès la fondation de l'empire par la dynastie des Qin une vaste zone relativement unifiée politiquement et linguistiquement, avec une culture avancée, devançant le reste du monde dans de nombreux domaines tels que les arts, la médecine et les techniques.
Durant deux millénaires, la Chine a subi l'influence alternée de forces centrifuges et centripètes. Lorsque le pouvoir central de l'empereur se délitait et que la cour était la proie des factions rivales et des intrigues, que l'administration ne pouvait plus remédier aux famines et aux catastrophes naturelles et qu'elle ne parvenait plus à contenir la pression des "barbares" qui opéraient de vastes razzias dans les régions frontalières, des mouvements de révolte de paysans affamés déchiraient le pays, des sectes millénaristes voyaient le jour, et les provinces lointaines se retrouvaient sous la coupe de chefs de guerre ne reconnaissant plus l'autorité de l'empereur. Enfin, ceux-ci se proclamaient eux-mêmes Fils du Ciel, divisant l'empire en royaumes rivaux se livrant à des guerres incessantes et montrant ainsi que l'empereur avait perdu le Mandat du Ciel. Quand un chef de guerre, parfois issu de la paysannerie comme Zhu Yuanzhang, le fondateur des Ming, se révélait plus habile que les autres et parvenait à reprendre le contrôle de l'intégralité du pays, on considérait qu'il avait reçu un nouveau Mandat du Ciel et qu'il pouvait fonder une nouvelle dynastie. En près de deux millénaires, plusieurs royaumes furent fondés sur le territoire chinois par des éthnies non-Han ou mixtes, et deux grandes dynasties sont d'origine étrangère : celle des Yuan, mongole, et celle des Qing, mandchoue.
Sous les Han, les Tang, les Song, les Ming et les Qing (dynastie mandchoue) le pays connut de longues périodes de paix. A l'exception des Qing, ces dynasties correspondent à des périodes de prospérité pendant lesquelles on peut considérer que la Chine était le plus grand, le plus stable et le plus riche Etat du monde.
Même pendant les périodes d'unité, la culture chinoise a toujours consisté en un tissu très composite, et la variété des cuisines, des dialectes, des habitudes et des modes de vie ne doit pas être éclipsée par l'étonnante unité culturelle, administrative et politique de ce pays à l'échelle d'un continent. Cette unité et continuité ne sont pas sans rapport avec l'emploi d'une écriture relativement détachée de la phonétique, qui permet de noter de la même façon des langues et des dialectes très différents. Après la Seconde Guerre mondiale, la guerre civile entre le Parti Communiste Chinois et le Guomindang a pris fin en 1949, quand les Communistes ont pris le contrôle de la Chine continentale (île de Hainan incluse), et le Guomindang s'est attribué l'île de Taiwan, plus quelques autres îles éloignées du Fujian. Le 1er octobre 1949, Mao Zedong a déclaré la fondation de la République Populaire de Chine sur la place Tian anmen, à Pékin, établissant un Etat communiste et proclamant : "Les Chinois se sont levés".
La première période de ce jeune Etat est caractérisé par le règne de Mao Zedong, dont l'héritage est sujet à de nombreuses controverses, notamment dues à la politique autoritaire menée alors (éviction d'intellectuels après la campagne des Cent Fleurs), les erreurs de gestion économiques (selon les sources, entre 20 et 30 millions de morts durant les famines engendrées par le Grand Bond en avant), et les dommages culturels (la Révolution Culturelle a donné lieu au pillage d'une très importante partie du patrimoine culturel chinois). Cependant, certaines données sont encore contestées, notamment eu égard au nombre de morts et aux causes du Grand Bond en avant.
Suite aux conséquences dramatiques de la politique économique de Mao durant les années 1960, ce dernier quitta son poste de Président de la RPC, le Congrès national populaire a alors élu Liu Shàoqi comme successeur de Mao. Restant aux rênes du PCC, Mao fut peu à peu éloigné de la gestion des affaires économiques du pays, qui fut confiée à une élite plus modérée, sous l'influence dominante de Liu Shaoqi, Deng Xiaoping et certains autres, qui entamèrent des réformes économiques.
En 1966, Mao lança la Révolution culturelle, qui lui permit de revenir au pouvoir en s'appuyant sur la jeunesse du pays et en attaquant les moyennes élites en poste alors. Une période de chaos s'ensuivit, peu à peu reprise en main par Zhou Enlai. Après la mort de Mao, Deng Xiaoping, considéré comme le leader des réformistes, parvint à se hisser au pouvoir. Suite à quoi, la veuve de Mao, Jiang Qing et ses associés, la Bande des Quatre, furent arrêtés et jugés. Depuis, le gouvernement a considérablement réduit le contrôle gouvernemental de la vie privée des individus et opéré une transition de l'économie de type planifié à une économie mixte.
Le leitmotiv des partisans de la réforme économique est l'ouverture progressive du marché chinois, pour parvenir à la constitution d'une classe moyenne urbaine (15 % de la population actuelle), l'amélioration du niveau de vie (qui s'est vérifié par une augmentation spectaculaire du revenu annuel, du niveau de consommation, de l'espérance de vie, de l'alphabétisme).
Les critiques adressées à ces réformes économiques, émanant généralement des paysans les plus pauvres, des observateurs étrangers et des dissidents au régime communiste, notent que ces réformes ont créé de grandes disparités au sein du pays, une importante pollution, une corruption rampante, un chômage croissant et une mauvaise gestion des entreprises d'Etat. Cette situation est potentiellement menaçante pour la stabilité du régime. Certains acteurs de la vie politique chinoise, journalistes et magistrats, critiquent également le manque de réformes politiques vers plus de démocratie.
Malgré son entrée dans une économie de marché globalisée, (l'OMC), le PCC conserve le contrôle exclusif du pays et maintient sa politique répressive vis-à-vis de groupes menaçant son hégémonie. Ces opposants sont majoritairement issus de certaines minorités (notamment du Tibet et du Xinjiang), certains Han issus de la classe urbaine, ou des dissidents vivant à l'étranger. La question des droits de l'Homme demeure un sujet largement ressassé au sujet de la RPC et est aujourd'hui un moyen de pression économique.
Stigmatisant les violations des droits de l'Homme, les événements de la place Tian Anmen, le 4 juin 1989, ont entraîné un embargo sur les ventes d'armes à la Chine.
La RPC a adopté sa constitution actuelle le 4 décembre 1982.

Politique intérieure


Cette section concerne la Chine continentale.
Dans la terminologie des sciences politiques, la RPC a été un Etat communiste durant la majeure partie du XXe siècle, et est toujours considérée comme telle par beaucoup d'observateurs, aux rang desquels ne figurent pas les politologues. Il est difficile de caractériser la nature de la structure politique de la RPC. Le régime a été décrit comme autoritaire, communiste, socialiste. Cependant, beaucoup préfèrent associer les termes "communiste" et "capitaliste" pour décrire la RPC. Deng Xiao Ping avait proposé la locution "socialisme de marché" pour qualifier l'évolution du RPC.
Les communistes qui ont conservé l'idée qu'une société communiste doit être effectivement contrôlée par ceux qui travaillent ont refusé à la Chine l'étiquette communiste, et ont parfois préféré de parler de "capitalisme d'Etat".
Le gouvernement de la RPC est contrôlé par le Parti communiste chinois. Bien que des pas aient été faits dans le sens d'une libéralisation politique, notamment à travers des élections contestées au niveau des villages, le parti garde le contrôle effectif sur les décisions gouvernementales. Utilisant des méthodes autoritaristes pour mater les contrevenants, l'Etat tente de réduire les dissidences en améliorant l'économie, permettant dans une certaine mesure l'expression critique, et tolérant parfois des voix ouvertement critiques quand elles ne sont pas considérées comme subversives, c'est-à-dire organisées.
La censure est une routine assimilée dans toute l'infrastructure médiatique et le PCC réagit promptement à toutes les organisations qu'il considère comme une menace pour le régime, comme ce fut le cas lors des événements de Tian Anmen. Toutefois, la répression que le PCC emploie ou s'efforce d'opérer a ses limites. Les médias ont aujourd'hui une liberté d'action qui, même sans objectif concerté, expose publiquement nombre de problèmes issus de la corruption et de l'inefficacité de sous-cadres du Parti. Quoique les protestations contre le Parti soient illégales, elles surviennent régulièrement au niveau local, sont parfois tolérées, et c'est leur médiatisation qui est à son tour interdite. Il existe un ministère de la propagande qui applique la censure sur les moyens d'expression, notamment sur Internet. Le Bureau du film garde le contrôle sur la diffusion des films : il a par exemple fait retirer des salles le film américain Da Vinci Code au mois de juin 2006. La télévision n'échappe pas à la censure puisque le gouvernement a décrété que les dessins animés (en grande partie japonais et américain) seront interdits entre 17h et 20h à partir du 1er septembre 2006. Internet est également contrôlé (toutes les connexions sont filtrées), et beaucoup de sites web sont donc inaccessibles, comme par exemple www.freetibet.org (libération du Tibet) ou encore wikipédia : le mode de fonctionnement de cette Encyclopédie participative étant sans doute considéré comme trop dangereux.
Le soutien que le PCC obtient de la part de la population est difficile à saisir, en l'absence d'élections nationales ; les conversations et points de vue exposés parcellairement reflètent un éventail de vues divergentes. Beaucoup semblent apprécier le rôle de stabilisateur social que joue le gouvernement, qui a permis à l'économie de se développer sans interruption. Un problème politique majeur est l'augmentation des disparités entre riches et pauvres et le mécontentement généralisé lié à la corruption répandue parmi les cadres du Parti.
Il existe d'autres partis au sein de la RPC, bien qu'ils soient de facto considérés comme des sous-organes du PCC. Le PCC s'entretient avec ces partis lors d'une conférence spéciale, appelée la Conférence consultative politique du peuple chinois. L'influence de ces partis est très réduite, bien qu'ils puissent agir comme point de vue extérieur, sans avoir de pouvoir réel.

Politique extérieure


La République populaire de Chine maintient des relations diplomatiques avec la plupart des pays du monde, faisant de la reconnaissance de Taiwan comme partie de la RPC une condition préalable pour nouer des relations officielles avec la RPC. Elle interdit activement la venue en Chine de cadres politiques taiwanais, à l'exception notable des entrevues ayant eu lieu en 2005, et de Tenzin Gyatso, le 14e Dalai Lama. Li Hongzhi, le fondateur du mouvement spirituel Falun gong, est également interdit de séjour en Chine.
En 1971, la RPC a remplacé la République de Chine comme seul représentant valable aux Nations unies, et comme un des 5 membres permanents au Conseil de sécurité. La RPC est aussi considérée comme "membre fondateur" de l'ONU quoique n'ayant pas pris part à cette fondation.
La RPC a été membre leader du Mouvement des non-alignés, mais en est aujourd'hui un simple observateur.
Les relations sino-japonaises ont été mises à mal ces dernières décennies à cause du refus du Japon de reconnaître ses crimes passés, notamment le massacre de Nankin. Beaucoup de nations occidentales ont critiqué les violations des droits de l'homme perpétrées par la Chine, ce qui a eu une incidence diplomatique notamment suite aux évènements de la place Tian Anmen en 1989. Toutefois, cet argument s'est fait moins pressant depuis le renforcement des liens économiques de la RPC avec l'Europe et les Etats-Unis. En mai 1999, un bombardier B-2 a laché trois bombes guidées par satellites sur l'ambassade de Chine à Belgrade, pendant le conflit au Kosovo, tuant trois citoyens chinois. Les Etats-Unis ont déclaré avoir agit par erreur en raison de cartes non à jour en provenance de l'Agence Nationale pour l'Imagerie et la Cartographie (aujourd'hui Agence Nationale d'Intelligence Géo-spatiale), qui aurait confondu le bâtiment avec un local du gouvernement yougoslave. Le gouvernement chinois est resté impassible devant cette explication, la considérant comme délibérée. En avril 2001, un avion-espion américain EP-3E Aries II en reconnaissance dans l'espace aérien chinois, près de l'île de Hainan, est entré en collision avec un avion militaire chinois. L'avion chinois s'est écrasé en tuant son pilote, l'avion-espion américain a fait un atterrissage d'urgence sur l'île de Hainan. Les versions divergent : les Etats-Unis déclarent avoir opéré au-dessus des eaux internationales, la RPC assure que c'était dans sa Zone Economique Exclusive (ZEE). De plus, chaque avion accuse son vis-à-vis d'avoir provoqué la collision. Les 24 membres de l'équipage américain ont été détenus 12 jours avant d'être relâchés, alors que la tension entre les deux pays s'était considérablement accrue. Un autre sujet de tension est le rapport Cox de 1999, qui déclare que l'espionnage de la RPC a compromis les secrets nucléaires américains pendant plusieurs dizaines d'années.
En plus de Taiwan, la RPC est impliquée dans plusieurs différends territoriaux. La RPC prend l'irrédentisme comme argument dans ces différends, qui est contre-argumenté par l'intérêt que la RPC prendrait pour les ressources naturelles ou l'intérêt stratégique des zones contestées.
  • Aksai Chin, administré par la Chine, réclamé par l'Inde.
  • Arunachal Pradesh / Tibet du Sud, administré par l'Inde, réclamé par la Chine.
Dans les îles de la Mer de Chine :
  • îles Paracel, administrées par la Chine, réclamées par le Viêt Nam et la Corée.
  • îles Spratley : réclamées par la RPC, Taiwan, le Viêt Nam ; la Malaisie, les Philippines et Brunei réclament une partie d'entre elles.
  • îles Senkaku / Diaoyu, administrées par le Japon, réclamées par la RPC et Taiwan (RDC).
En 2004, la Russie a donné son accord pour transférer l'île Yinlong et la moitié de l'île Haixiazi à la Chine, mettant fin à une longue dispute. Ces deux îles se trouvent au confluent de l'Amour et de l'Oussouri, et ont été à l'origine d'un conflit menant à la dégradation des relations entre les deux pays dans les années 60. Ce geste a été mené dans une volonté de réconciliation et de renforcement des liens économiques, et a été critiqué des deux côtés. Des manoeuvres militaires sino-russes ont eu lieu en été 2005, ce qui témoigne en surface du moins de l'efficacité de cette volonté. Les critiques ont émané des fermiers kazakhs qui ont perdu leur territoire sur les îles, tandis que des Chinois et des communautés chinoises ont critiqué ce traité qui équivaut selon eux à une légitimation du contrôle russe de la Mandchourie extérieure, cédée à la Russie impériale par la dynastie Qing suite aux Traités inégaux, dont le traité d'Algun en 1858 et la Convention de Pékin en 1860, en échange de l'utilisation exclusive du pétrole russe.
Les nationalistes chinois réclament régulièrement la Mongolie, Tuva et la Mandchourie extérieure, les îles Ryukyu, le Bhoutan, le Sikkim, le Ladakh, la vallée de Hukawng, le nord de la Birmanie.

Provinces et régions


La Chine continentale a 22 provinces (23 si l'on compte Taiwan comme le fait la RPC). En plus des provinces, il y a 5 régions autonomes où vivent un important pourcentage de plusieurs minorités nationales ; 4 municipalités pour les plus grandes villes de Chine et 2 régions administratives spéciales (RAS) .

Provinces :
  • Anhui
  • Fujian
  • Gansu
  • Guangdong, c'est-à-dire Canton
  • Guizhou
  • Hainan, l'"Île du Sud"
  • Hebei
  • Heilongjiang
  • Henan
  • Hubei
  • Hunan
  • Jiangsu
  • Jiangxi
  • Jilin
  • Liaoning
  • Qinghai
  • Shaanxi
  • Shandong, "à l'est de la Montagne"
  • Shanxi, "à l'ouest de la Montagne"
  • Sichuan, les "Quatre Fleuves"
  • Yunnan, ou "au sud des Nuages"
  • Zhejiang
Régions autonomes :
  • Guangxi, pour la minorité Zhuang
  • Mongolie intérieure
  • Ningxia pour la minorité Hui
  • Xinjiang ou Turkestan chinois, pour la minorité Ouighour
  • Xizang ou Tibet
Municipalités :
  • Beijing
  • Chongqing
  • Shanghai
  • Tianjin
Régions administratives spéciales :
  • Hong Kong
  • Macao


Agriculture


Pour nourrir sa population, la Chine a du fortement développer son agriculture. Ce secteur constitue encore, malgré le développement industriel récent, une part importante de l'économie chinoise. Plus de 800 millions de personnes vivent dans les zones rurales. L'agriculture, qui occupe la majeure partie de la population active (323 millions d'actifs ruraux), reste un secteur fondamental de l'économie chinoise.
Depuis 5 000 ans, le riz - dont apparition demeure mystèrieuse - domine l'activité rurale de la Chine et constitue l'aliment de base de la majorité de ses habitants.
La Chine doit nourrir 22 % de la population mondiale avec seulement 7 % des terres cultivables. Du fait de l'urbanisation croissante, de la pollution et de la désertification, on estime que la surface cultivable diminue d'environ 2500 km2 par an.
En outre, la Chine est confrontée à un exode rural important. Face aux conditions de plus en plus difficiles de leur vie, les paysans émigrent massivement vers les zones urbaines. On estime qu'environ 8 millions de paysans quittent la campagne chaque année pour rechercher un emploi, et que depuis 1979, entre 80 et 200 millions de paysans auraient émigré en ville.
Bien que le Parti communiste, sous l'impulsion de Mao Zedong se soit appuyé sur les paysans pour prendre le pouvoir, et qu'ils constituent donc la base de sa légitimité, ces derniers ont connus des fortunes diverses, reflétant les différentes options idéologiques suivies ces dernières décennies. Le gouvernement chinois reste néanmoins très attentif au sort des paysans, qui restent plus que jamais l'une de ses priorités.
Le 14 mars 2006, lors d'une conférence de presse, tenue à Beijing peu après la clôture de la session annuelle de la 10ème Assemblée populaire nationale (APN, parlement chinois), le Premier ministre chinois Wen Jiabao annonce que la Chine infligera une punition sévère à tout individu qui réquisitionnera illégalement des terres de paysans.

Armée


La RPC maintient la plus grande armée du monde, ce qui lui vaut des critiques de la part de nombreux observateurs ; toutefois, étant donné la composition de cette armée, son efficacité potentielle en matière militaire est jugée limitée. L'Armée de Libération du Peuple (ALP) comprend les forces navales et aériennes. Le budget officiel de l'ALP en 2005 était de 30 milliards de dollars, non inclus les fonds destinés à l'achat d'armes étrangères, à la recherche et au développement militaires, aux structures para-militaires, ce qui pousse les critiques à accuser la RPC d'induire en erreur délibéremment en présentant un budget largement sous-estimé : les dépenses militaires seraient, selon certaines sources, équivalentes de 140 à 170 % du budget officiel.
D'après des estimations, le budget militaire chinois serait le second au monde, derrière les Etats-Unis ( au moins 400 milliards de dollars). La RPC, malgré sa possession d'un arsenal nucléaire et de son matériel de propulsion, est considéré en et en-dehors de la Chine comme ayant des capacités limitées dans le cas d'un conflit en-dehors de ses frontières, ce qui l'empêcherait de prétendre au statut de "véritable" super-puissance mondiale. Ce constat est notamment lié à ses effectifs navals et aériens (flottes limitées et peu modernes).
La RPC s'équipe militairement en prévision d'un éventuel conflit autour de l'Île de Taiwan. Des chasseurs tels que le Su-27 et le Su-30 ont été achetés à cet effet, parrallèlement à une production locale. La défense aérienne s'articule autour des missiles sol/air ultramodernes S-300, considérés comme le meilleur système d'interception au monde. La RPC est également en train d'améliorer rapidement ses forces blindées en y intégrant des fonctions de ciblage électroniques. La RPC est considérée comme leur seul véritable menace conventionnelle par les Etats-Unis, qui ne cachent pas leur mécontentement à ce sujet, voyant leur chasses gardées menacées en Orient.
L'image internationale de l'ALP a été sérieusement mise à mal lors des événements de la place Tian Anmen, au cours desquels des protestataires pacifiques ont été tués.

Programme spatial


Après la scission sino-soviétique, la Chine a commencé à développer son propre programme nucléaire et de systèmes de propulsion pour armes nucléaires. Le programme de lancements de satellites fut une excroissance naturelle de ce projet. Cela résulta en 1970 par le lancement de Dong Fang Hong I, le premier satellite chinois. La Chine devint alors le cinquième pays à avoir lancé indépendamment son satellite.
Un programme spatial habité était en projet depuis les années 1970, avec le Projet 714, qui devait assurer le lancement de la navette Shuguang. Ce projet avorta cependant en raison d'une série de retournements politiques et économiques.
En 1992, le Projet 921 connu actuellement fut autorisé. Le 19 novembre 1999, la navette inhabitée Shenzhou 1 a été lancée, comme premier test du programme. Après trois autres tests. Shenzhou 5 a été lancé le 15 octobre 2003, à l'aide d'une fusée Longue Marche 2F et du taikonaute (du chinois taikong, espace) Yang Liwei, faisant de la Chine le troisième pays ayant propulsé un véhicule habité dans l'espace par ses propres moyens. La seconde mission, Shenzhou 6, a été inaugurée avec succès le 12 octobre 2005.
Des observateurs ont estimé que la fusée Longue Marche était calquée sur le modèle russe, Soyouz, ce qui est contesté par les Chinois. Le programme émergent de la RPC a suscité de vives réactions aux Etats-Unis, où un rapport du Congrès suite au lancement de 2003 observait, "si les motivations les plus immédiates dans ce programme s'avèrent être le prestige politique, les efforts de la Chine vont presque certainement contribuer à améliorer les systèmes spatiaux militaires entre 2010 et 2020." Des échos grinçants ont été émis via la presse indienne, qui ironise sur le déballage d'une "technologie vieille de quarante ans". Parallèlement, le statut des frontières militaires spatiales est complexe et incertain.

L'essor de la Chine moderne


Lors de la Révolution industrielle initiée en Angleterre, la Chine des Qing se ferma aux influences étrangères : cela a sans doute contribué, dans un contexte d'internationalisation des échanges et de colonialisme, à son déclin économique et technologique. Suite aux guerres de l'opium (1839-1842), les Traités inégaux forcèrent l'empire Qing à diviser son territoire en zones d'influence attribuées aux Huit armées étrangères alliées, ouvertes sans conditions au commerce étranger : l'Allemagne, par exemple, occupait le Shandong, la France le Yunnan. L'économie du pays, axée sur le commerce de l'opium, fut ruinée, son autonomie politique abolie de facto.
En 1851 commença la rébellion des Taiping, alimentée par les croyances des sociétés secrètes de Chine méridionale, et prônant un mouvement de réformes radicales. Mal organisée, l'armée des Taiping fut défaite en 1864, avec l'appui des troupes franco-britanniques.
Lors de la première guerre sino-japonaise (1894 -1895), le Japon vainquit les troupes impériales, et obtint l'île de Taiwan et les îles Penghu a travers le traité de Shimonoseki. En 1898, le Royaume-Uni obtint une concession de 99 ans sur les Nouveaux Territoires (y compris New Kowloon et Lantau). Le Royaume-Uni, la Russie, le Japon, la France, l'Allemagne et la Belgique tirèrent parti de l'état de déréliction croissante du pays pour élargir chacun sa sphère d'influence.
Sous la pression d'intellectuels et hommes politiques progressistes, le choix d'un régime républicain est décidé en 1911 et la République est proclamée en 1912 par Sun Yat-sen ; le dernier empereur, Pu Yi, abdique. Yuan Shi-kai, devenu président, proclame le rétablissement de la monarchie en 1915. Sa mort, en 1916, contribue au chaos économique et politique du pays : la conférence de Paris, en 1919, attribue le Shandong, revendiqué par l'Allemagne récemment défaite, au Japon. Le mouvement du 4 mai 1919 éclate en signe de protestation.
En 1921, le Parti communiste chinois est créé à Shanghai. Entre-temps, Sun Yat-sen a multiplié les contacts et demandes d'assistance auprès de la jeune Union soviétique. En 1923, il fonde à Canton l'académie de Huangpu, et forme son successeur, Tchang Kaï-chek. A la mort de Sun Yat-sen en 1925, celui-ci mène avec succès l'Expédition du Nord, reprenant aux seigneurs de guerre la moitié nord du pays. En avril 1927, il proclame l'établissement de la capitale à Nankin, instaurant la période dite de la République de Nankin. La capitale communiste, Wuhan, est reprise en 1928 par l'armée du Guomindang : le parti nationaliste a le contrôle nominal de l'ensemble du pays et obtient une reconnaissance internationale.
Fin 1931, Mao Zedong proclame la République soviétique chinoise du Jiangxi. Fin 1934, il entame la Longue Marche (12 500 kilomètres), parvenant à rallier au fur et à mesure environ 100 000 hommes. Fin 1935, il se fixe avec eux à Yan'an. En 1932, le royaume fantoche de Manchukuo dont Pu Yi était le souverain nominal avait été établi par les Japonais en Mandchourie, réduisant considérablement le support industriel du Guomindang. La deuxième guerre sino-japonaise se préparait. Menacé par l'occupation japonaise et les mutineries de ses troupes, le parti nationaliste s'allia aux communistes contre l'envahisseur. Exacerbée par le massacre de Nankin en 1937, la lutte anti-japonaise fortifia cette alliance jusqu'en 1940, où des conflits entre communistes et nationalistes reprirent épisodiquement.
Pendant la Seconde Guerre mondiale, les Etats-Unis accordèrent une aide financière massive au Guomindang dans le cadre de l'effort de guerre anti-japonais ; les traités inégaux furent abolis par les Américains et les Britanniques en 1943. En février 1945, la conférence de Yalta autorisa l'Union soviétique, avec l'accord tacite du Parti communiste chinois, à chasser l'armée japonaise de Mandchourie.
En 1947, l'aide américaine, s'avérant inefficace, prit fin. En 1948, les troupes du Guomindang étaient démoralisées, épuisées par la guerre anti-japonaise et la corruption du parti nationaliste. Après son installation à Yan'an, Mao Zedong avait entrepris d'appliquer les principes marxistes-leninistes à la gestion des territoires qu'il occupait, menant une guerilla paysanne et ralliant les masses rurales. En janvier 1949, son mouvement avait rallié la majorité du pays et Pékin fut prise sans combat par l'Armée populaire de libération ; elle redevint capitale de la Chine sous l'appellation internationale de Beijing. Entre avril et novembre, la plupart des autres villes tombèrent sans grande résistance aux mains des communistes.
Le 1er octobre 1949, Mao Zedong proclamait la République populaire de Chine à Pékin. En décembre, Tchang Kaï-chek proclamait Taipei capitale provisoire de la République de Chine.

Territoire


Les frontières de la plupart des provinces de Chine ont été établies à la fin de la dynastie Ming. Les principaux changements depuis lors ont été la réorganisation des provinces du Nord-Est après la prise du pouvoir par le Parti communiste chinois en 1949 et l'établissement de régions autonomes basées sur la théorie de nationalité soviétique après 1949.

Aperçu historique


Les dynasties Shang et particulièrement Zhou, premières entités géopolitiques à l'origine du futur empire chinois fondé par Qin Shi Huangdi, étaient situées dans la région du Fleuve Jaune. Depuis, le territoire s'est étendu dans toutes les directions, avec des périodes de rétrécissement ou de divisions, atteignant son apogée durant les dynasties dynastie Han, dynastie Tang et Qing. La Chine des Qing incluait des territoires situés actuellement en Extrême-Orient russe, en Asie Centrale et en Mongolie.
L'empereur de Chine se considérait en général comme le suzerain des régions environnantes. Beaucoup d'ethnies dites "barbares" étaient soumises au tribut. Les ambassades et cadeaux envoyés par les souverains étrangers étaient parfois également interprétés comme des signes d'allégeance.
L'importance territoriale de la Grande muraille de Chine a été réduite avec l'accession au pouvoir de la dynastie Qing, qui inclut la Mandchourie, située au nord de la muraille, dans son territoire.
En 1683, avec la reddition du bref Royaume de Tungning établi par Koxinga à Taiwan où l'implantation Han venait de débuter, l'île devint une partie de l'empire Qing, l'archipel des Pescadores inclu. Siège de une, puis deux préfectures provinciales, Taiwan fut cédé au Japon après la première guerre sino-japonaise en 1895. En 1945, à la fin de la seconde guerre sino-japonaise, le Japon abandonna ses prétentions sur l'île par le Traité de Paix de San Francisco, et la République de Chine en prit le contrôle, avant de s'y installer en 1949 après la prise du pouvoir par le PCC. Depuis, la souveraineté du territoire est l'objet d'un conflit non résolu entre la RPC et la RC. La montée du mouvement indépendantiste taïwanais, qui ne conteste pas seulement l'autorité de la RPC, mais le principe même du rattachement de Taïwan à la Chine, rend le problème encore plus complexe.

Divisions politiques historiques


Le découpage administratif de la Chine a varié au gré des changements d'administrations. Le premier niveau de division était les provinces, puis les préfectures, sous-préfectures, départements, commanderies, districts et enfin cantons. Les divisions les plus récentes ont ajouté le statut de ville-préfecture, ville-canton, villes et zones urbaines.
Historiquement, la plupart des dynasties chinoises ont pris leur essor dans le coeur de la Chine, à partir d'un des deux fleuves principaux, le fleuve Jaune et le Yangzi Jiang. Plusieurs dynasties ont eu des volontés expansionnistes, s'engageant dans des régions telles que la Mongolie intérieure, la Mandchourie, le Xinjiang, et le Tibet. La dynastie mandchoue des Qing et ses successeurs, la République de Chine et la République Populaire de Chine, ont cimenté les incorporations de ces territoires. Ces territoires étaient délimités par des "limes" plutôt que des frontières rigides, bien connues alors dans les pays industrialisés. Ce problème de délimitation a donné lieu à une série de critiques sur l'intégration de certains territoires en RPC, notamment celle du Tibet et du Xinjiang (qui signifie "nouvelles frontières en chinois").

Géographie et climat


La Chine comprend une immense variété de paysages, avec des plateaux et des montagnes à l'ouest, et des plaines à l'est. Ainsi, les fleuves principaux coulent d'ouest en est, dont le Yangzi Jiang (ou Chang Jiang, "long fleuve"), le fleuve Jaune (centre-est), l'Amour (nord-est) ; certains coulent vers le sud (Rivière des Perles, Mékong, Brahmapoutre...). La plupart de ces fleuves se jettent dans la Mer de Chine.
La plupart des terres arables chinoises se situent autour des deux fleuves principaux, le Yangzi Jiang et le fleuve Jaune, qui sont aussi les foyers principaux des anciennes civilisations chinoises.
A l'est, sur le littoral de la Mer Jaune et de la partie orientale de la Mer de Chine, se trouvent de vastes plaines alluviales toujours densément peuplées ; le littoral de la partie méridionale de la Mer de Chine est plus montagneux.
A l'ouest se trouvent de grandes plaines alluviales, avec de grands plateaux calcaires dans la région tibétaine, où se dresse le Mont Everest. Au nord-ouest s'étendent les déserts du Takla-Makan et du Gobi, qui ont gagné en superficie, sans doute en raison de la sécheresse et de l'influence de l'agriculture.
Pendant de nombreuses dynasties, la frontière sud-ouest de la Chine a été délimitée par les hautes montagnes et les profondes vallées du Yunnan, qui séparent la Chine moderne du Myanmar (Birmanie), du Laos et du Viêt Nam.
La Chine comporte de nombreux climats : au nord, un climat sec avec de sévères hivers ; au centre, un climat plus tempéré ; au sud, un climat sub-tropical.
Les formations paléozoïques de Chine sont pour la plupart marines ; les dépots du mésosoïque et du tertiaire proviennent d'estuaires et d'eaux douces, ou de terres. Des groupes volcaniques composent certaines parties des grandes plaines du nord. Dans les péninsules du Liaodong et du Shandong se trouvent des plateaux basaltiques.
Les conséquences de l'industrialisation et de la déforestation sont considérées être à l'origine des tempêtes de sable en provenance du désert de Gobi qui frappent la capitale, et de l'augmentation des violents typhons qui frappent le sud du pays. Le pays a ainsi perdu 1,6 milliard de tonnes de sol en 2004 ; 800 300 hectares de terre arable ont disparu, dont 145 000 hectares à cause de la construction immobilière et 63 700 à la suite de désastres naturels. De 1997 à 2004, la surface des sols arables a décru de 5,7 %, soit une perte nette de 7,46 millions d'hectares sur cette période.

Economie


Le Parti communiste chinois (PCC) définit l'économie de la Chine comme une "économie socialiste de marché", une "forme de socialisme aux caractéristiques chinoises". De 1978 à 1989, le gouvernement chinois a réformé en profondeur l'économie du pays, la faisant passer d'une économie planifiée de type soviétique à un "socialisme de marché", conservant la structure rigide de contrôle par le PCC, ce qui l'a fait appeller L'atelier du monde, à cause du dumping social de ses usines.
Dans ce but, la collectivisation de l'agriculture a laissé place à un système de responsabilisation individuelle des terres, les cadres locaux ont acquis plus de marge de manoeuvre, des gérants ont été introduits dans les secteurs industriels, permettant l'essor de nombreuses petites entreprises, alors nommées "getihu", et attirant de nombreux commerçants et investisseurs étrangers. Le contrôle des prix a été relâché, à l'exception notable de produits de première nécessité pour les paysans.
En 1992, l'appellaton officielle du système devient "économie de marché socialiste" et le changement d'adjectifs marque le début du changement de nature de classe de l'Etat. Le secteur public commence à se noyer dans l'océan de l'économie marchande, passant de 73 % de la production industrielle en 1988 à 35 % en 1992. Cela a permis le passage d'une économie planifiée à une économie mixte, la redécouverte des fondements du libéralisme économique, sauvant le communisme officiel du régime.
Le gouvernement a résolumment mis entre parenthèses l'égalité des classes durant cette période, menée par le mot d'ordre de Deng Xiaoping : "Enrichissez-vous!". L'enrichissement personnel (individualisme) et la consommation (soutenue par des politiques néo-keynésiennes dès 1997) sont devenus de nouveaux moteurs économiques, accompagnés par une professionalisation progressive des techniques de gestion, destinées à améliorer la productivité (division du travail). Le gouvernement a également oeuvré pour attirer des capitaux étrangers, sources cruciales de développement économique : les Zones économiques spéciales (ZES), exemptes de taxes, ont été créées à cet effet, étendues peu à peu à tout le littoral. Grâce à l'introduction du libre-échange, on observe qu'un quadruplement du Produit intérieur brut (PIB) s'est produit depuis 1978. En 1999, avec 1,3 milliards d'habitants et un revenu per capita de 3 800 US dollars/an, la RPC est devenue la sixième économie mondiale par volume d'échange et la troisième consommatrice d'énergie après les Etats-Unis et l'Union européenne. Le revenu moyen annuel d'un ouvrier chinois est de 1 300 US dollars. Le développement économique actuel de la Chine est l'un des plus rapides du monde, puisque l'on y enregistre une croîssance dont la moyenne se situe entre 7 et 8 % par an, frôlant parfois les 10 %, d'après les statistiques chinoises. La RPC est depuis 2001 membre de l'Organisation mondiale du commerce (OMC).
La Chine continentale entretient son attractivité pour les entreprises avec une main d'oeuvre bon marché, non syndiquée et docile. Un ouvrier non qualifié en Chine coûte environ 1$ US par heure, bien en-dessous des minima des pays industrialisés. La non-organisation des ouvriers chinois est un bénéfice substantiel pour les employeurs, qui y trouvent une flexibilité d'emploi impossible à mettre en oeuvre dans les démocraties libérales censées pourtant être moins sociales.
La mainmise du PCC sur les dissidents ou agitateurs potentiels qui résulteraient de telles unions expliquent en partie leur absence.
Un autre aspect de l'économie chinoise à relever : les bas prix d'éléments non issus de la force de travail. Cela est dû en partie à l'existence de contrôle des prix et de la garantie des sources d'approvisionnement hérités de la précédente économie de type soviétique : les entreprises d'Etat continuant à être démantelées, et leurs ouvriers renvoyés dans des secteurs de compétitivité accrus, l' effet déflationaire induit continue à mettre la pression sur les prix pratiqués au sein de l'économie.
Les incitations par taxes préférentielles sont également à l'origine d'incitations fiscales à produire en Chine, que ce soit pour l'export ou pour le marché local de 1,3 milliards d'individus. La RPC tente d'harmoniser le système de taxes et règlements pratiqués sur les enterprises, aussi bien chinoises qu'étrangères. Ainsi, les taxes préférentielles dont bénéficient les exportateurs dans les ZES et les villes côtières sont l'objet d'une révision. Les exportations chinoises vers les Etats-Unis représentaient 125 milliards de dollars en 2002, tandis que les importations américaines atteignaient 19 milliards. Ce déséquilibre est attribué de façon récurrente par les Etats-Unis à un taux d'échange jugé défavorable entre le yuan et le dollar. Le 21 juillet 2005, la Banque de Chine a annoncé qu'elle mettait en oeuvre un système de fluctuation du yuan dans les limites de 0,3 % par jour par rapport au dollar, contre 3 % maximum par rapport à un panier de devises étrangères, dont le yen et l'euro.
En 2005, la Chine enregistre un PIB la faisant passer du 6e au 4e rang mondial des plus grandes économies mondial derrière, respectivement, les USA, le Japon et l'Allemagne mais désormais devant le Royaume-Uni et la France.
Dans ce nouveau système économique, les entreprises publiques ont du mal à trouver leur place et rencontrent de plus en plus de difficultés. Leurs pertes ont atteint le chiffre record de 102,6 milliards de yuans (12,75 milliards de dollars) en 2005, soit un augmentation de 56,7 % en base annuelle, selon les chiffres du Bureau d'Etat des Statistiques (BES). Sur les deux premiers mois de 2006, les pertes des entreprises publiques ou contrôlées par l'Etat atteignent déjà 26,2 milliards de yuans, soit 3,25 milliards de dollars. L'augmentation des coûts de production, un système de fixation des prix inefficace, la surcapacité et d'importantes lacunes d'ordre technologique sont les principales causes de cette situation, selon Jiang Yuan, statisticien au BES.
La Chine est en octobre 2005 la plus dynamique économie du monde, avec une croissance de 9 % sur l'ensemble de l'année 2004 (cependant, ce chiffre est à prendre avec prudence, car de gros doutes subsistent sur la véracité des documents officiels, qui pourrait selon certains économistes, être minimisés).
Pour l'année 2005, le Produit intérieur brut (PIB) était d'environ 2 000 milliards de dollars, ce qui fait de la Chine, et pour la première fois, la quatrième puissance économique mondiale après les Etats-Unis, le Japon et l'Allemagne, et devant la France et la Grande-Bretagne.

Aperçu historique


La Chine, première civilisation à utiliser le papier à monnaie, a une longue histoire de relations économiques internationales. On retiendra quelques points de repères utiles :
  • La dynastie mongole des Yuan a organisé un système de routes et de poste efficaces, contribuant à la modernisation de l'économie chinoise.
  • Au début de l'ère Ming, les flottes de l'amiral Zheng He ont renforcé les liens existant déjà sur la route des épices, entre l'Inde, la côte africaine orientale, l'Indonésie et supposément l'Australie.
  • Suite à une période de repli sous les Ming, la dynastie Qing a vu son déficit économique s'accroître avec l'arrivée des colonisateurs occidentaux. Au milieu du XIXe siècle, l'économie chinoise a été dans sa plus grande partie asservie au commerce de l'opium pour les intérêts des colonisateurs, précipitant le pays dans un chaos économique et politique.
  • Le règne de Mao Zedong (1949-1976) a été synonyme d'une nouvelle période de quasi-autarcie économique, en-dehors de certains échanges avec les pays de la sphère communiste.
  • Deng Xiaoping a entériné à partir de 1979 une ouverture économique progressive, qui correspond aujourd'hui à une "économie socialiste de marché", ou un paradigme chinois associe capitalisme sauvage et contrôle du parti communiste chinois.

L'atelier du monde


La Chine est surnommée depuis quelques années l'atelier du monde car de nombreuses entreprises sous-traitent la fabrication de produits manufacturés et ainsi réduisent énormément leurs coûts. La plupart des usines ont à disposition une main d'oeuvre disponible en grand nombre permise par le plus grand exode rural jamais observé dans l'histoire. Les conditions de travail sont souvent sujettes à de vives critiques de la part d'observateurs étrangers. L'industrialisation et le développement du pays se fait souvent aux dépens du monde agricole et rural : témoin, des milliers de révoltes paysannes, la plupart inconnues de médias, qui ont affecté le pays ces dernieres années, notamment en raison d'expropriations immobilieres.
Toutefois, la Chine est en manque croissant de main-d'oeuvre qualifiée et bon marché, avec pour conséquence directe la hausse des couts salariaux : le salaire minimum, par exemple, a été rehaussé a 850 RMB au mois d'avril dans la ville de Shenzhen. L'amélioration de la qualité des produits et la maitrise de technologies de pointe semble aujourd'hui le seul choix pour la Chine pour maintenir sa position compétitive d'atelier du monde.

Démographie


"La Chine est un vaste pays, et qui est peuplé de Chinois" (Général de Gaulle).
C'est souvent la proportion colossale de la démographie chinoise qui nourrit le plus les craintes et les fantasmes des occidentaux. Aujourd'hui les entreprises se battent pour obtenir un accès à son marché jugé potentiellement immense, alors qu'hier avec le "péril jaune" on craignait le déferlement asiatique en occident. Pays à l'agriculture traditionnellement prospère, la Chine a très tôt pu développer une population rurale dense et des agglomérations importantes. Sous les Song, des villes comme Guangzhou (Canton) connaissaient une densité de population ainsi qu'une organisation administrative sans égales à l'époque.
Plus d'une centaine d'ethnies ont existé en Chine, l'ethnie Han restant toujours majoritaire. Cette ethnie, composée d'une nébuleuse de peuples assimilés, ne résiste toutefois pas au concept d'une ethnie Han homogène, et pourrait être elle-même divisée en sous-catégories partageant les mêmes traits culturels. Beaucoup de Han ont maintenu leurs traditions, en particulier leur langue, en continuant de s'identifier à l'ethnie Han. Le terme Zhonghua minzu est utilisé comme un notion de "sinité" transcendant les divisions ethniques au sein de la Chine.
Le gouvernement de la RPC reconnait actuellement 56 minorités ethniques officielles, plus l'ethnie Han. Sa population est la plus grande du monde, dépassant les 1,3 milliard d'individus, soit 20 % environ des 6,4 milliards d'individus vivant actuellement d'après les estimations de l'OMS.
La baisse rapide de la mortalité et le retard du contrôle des naissances sous Mao Zedong, encourageant au contraire un temps les chinois à procréer une armée de "petits soldats", ont contribué à une forte croissance démographique. A la fin des années 1970, la politique de l'enfant unique, appliquée dans les villes, a été la réponse à cette explosion, freinant le développement démographique du pays. La nouvelle structure par âge de la population a accru considérablement le taux d'emploi qui est aujourd'hui un des plus élevés du monde, ce qui contribue à expliquer les forts taux d'investissement, d'épargne et de croissance économique observés depuis 1980. Mais cette politique de l'enfant unique n'est pas sans poser des problèmes sociologiques et des problème futurs avec un vieillissement accéléré de population prévu dès 2030.
Le 28 février 2006, le Bureau d'Etat des statistiques (BES) chinois a annoncé que la population chinoise avait augmenté de 7,68 millions de personnes en 2005, soit une croissance naturelle de 5,89 pour mille, contre 5,87 pour mille en 2004. Au 31 décembre 2005, la population chinoise a atteint 1 307 560 000 personnes, dont 562 millions de personnes vivant en ville et 745 millions de personnes dans les régions rurales. Sur ce chiffre total, on compte 674 millions d'hommes (soit 51,5 %) et 634 millions de femmes (soit 48,5 %). En 2005, la Chine a enregistré plus de 16 millions de naissances et environ 8,49 millions de décès.

Médecine


La médecine traditionnelle chinoise, constitue un des aspects les plus fascinants de la civilisation chinoise. Les approches différentes sur le traitement des pathologies (diagnostic a partir du pouls, de la complexion du visage), comprennent notamment une participation active du patient, qui est appelé à changer son alimentation si besoin est.
Les décoctions de médecine traditionnelle, prescrites à la fin d'une consultation, sont destinées à "rééquilibrer les principes vitaux", contre-balancer les mouvements de chaud et de froid, à l'instar des médecines présocratiques en Occident.
Un autre mode d'intervention du médecin chinois est l'acupuncture : suivant les méridiens ou lignes de flux vital parcourant le corps, des aiguilles sont plantées à travers la peau pour rétablir une circulation optimale du souffle vital ou qi. En Chine, elle est souvent combinée avec l'utilisation des médicaments traditionnels.
On peut considérer la médecine chinoise traditionnelle comme essentiellement indirecte dans ses moyens et préventive dans ses fins. Contrairement à l'habitude occidentale qui veut que l'on oublie son corps quand tout va bien et que l'on ne s'en préoccupe qu'en cas de trouble, les Chinois tendent à être constamment attentifs à leur état, à l'affut de signes de déséquilibre qu'ils chercheront à corriger par l'alimentation ou l'usage de remèdes traditionnels ou "alternatifs". Cela explique l'énorme demande en produits naturels ou diététiques, visible particulièrement dans le domaine des produits censés améliorer les performances sexuelles, qui ne constituent en fait que la partie visible de l'iceberg. Des lotions, onguents, potions et remèdes divers sont souvent ramenés comme souvenirs de voyage par les Chinois.

Religions, philosophies, rites


La Chine a été un centre unique de rayonnement religieux : la plupart des grandes religions du monde l'ont traversé ou y ont pris naissance : la notion même de religion y a été interrogée à plusieurs reprises, notamment à l'égard du confucianisme ; toutefois, il ne fait aujourd'hui nul doute que l'étymologie du mot (religion comme "lien") y soit plus que vérifiée à travers l'interprétation, la transfiguration ou l'acclimatation que la Chine lui a proposée au cours de plusieurs millénaires.

Le Yi Jing


De nombreux traits religieux spécifiquement chinois ont été canonisés à travers le Yi Jing, ou Classique des Mutations chinois. Issu de la scapulomancie ou interprétation de signes d'origine naturelle, cet ouvrage a engendré des générations de traditions interprétatives. Le règne des éléments complémentaires, yin et yang, y sont déclinés à travers ses chapitres, de nature hermétique. Intrinsèquement lié aux rituels divinatoires, c'est un manuel d'interprétation chamanique, où les vertus métaphysiques des caractères chinois trouvent leur naissance académique.

Le taoïsme


Le taoïsme, ou plutôt les courants taoïstes, sont apparus à partir du IIe siècle, inspirés par les courants du Yin-Yang et des Cinq éléments, ainsi que par les écrits du philosophe Lao-tseu, dont le fameux Livre de la Voie et de la Vertu est, avec le Livre des Mutations, aux sources de l'ésotérisme chinois. Ces courants se sont constamment enrichis de nouvelles influences et ont fourni à l'ensemble de la religion chinoise beaucoup de ses concepts et pratiques ainsi qu'un certain nombre de divinités. Les maîtres taoïstes prennent en charge beaucoup de rites spécialisés. Il y aurait aujourd'hui plus de 1 500 temples taoïstes en Chine.

Le confucianisme


Fondé sur l'enseignement de la vie de Confucius, notamment à travers ses Entretiens et les ouvrages de ses disciples tels que Mencius, le confucianisme a été érigé en doctrine d'Etat, trouvant son paroxysme sous la dynastie Song. Naturellement voué aux interprétations des dynasties régnantes, la doctrine originelle de Confucius n'est toutefois pas nécessairement synonyme de soumission aux institutions, comme certains contemporains l'observent. Historiquement, le confucianisme a toutefois contribué à imposer l'idéologie des "cinq relations" entre sujets, destinée à affermir l'ordre social et le lien cosmique entre position hiérarchique et vertu céleste.

Le bouddhisme


Apparu dès le premier siècle après Jésus-Christ, le bouddhisme a profondément marqué les croyances religieuses en Chine, engendrant parfois de violentes vagues de répression anti-bouddhiques. La Chine a constitué un des centres majeurs de civilisation bouddhique au monde, par son oeuvre de traduction et d'expansion de la religion à travers de nombreuses régions d'Asie. Le Japon et la Corée en particulier ont largement bénéficié de la richesse de transmission des traditions bouddhiques en Chine. Le bouddhisme chinois appartient en majorité au courant mahâyâna. L'une de ses formes, le bouddhisme tibétain (ou lamaïsme), répandu surtout au Tibet et en Mongolie intérieure, recrute de plus en plus d'adeptes parmi les Hans depuis quelques décennies. Le bouddhisme du Petit Véhicule est également présent, mais nettement minoritaire. On estime qu'il y a environ 13 000 temples bouddhistes en Chine.

Le chan


Le chan résulte de la synthèse entre le taoïsme et le bouddhisme. Le fondateur de cette doctrine est Bodhidharma le 28e patriarche du bouddhisme indien qui, venu de l'Inde, s'est rendu entre 520 et 526 à Shaolin en Chine pour y créer le monastère du même nom. C'est là qu'il met au point les bases d'un art martial chinois : le Shaolin quan , art martial reposant sur une fine connaissance des règles initiatiques issues de la rencontre du taoïsme et du bouddhisme. Le périple de Bodhidharma est le sujet de nombreuses publications. Du chan est issue le zen, au Japon.

L'islam


A partir VIIe siècle, l'islam a constitué un autre vecteur d'échanges culturel particulièrement riche en Chine, notamment au travers de la route de la soie, où des cultures pluri-culturelles ont émergé par exemple dans la région du Tarim, encore vivantes aujourd'hui. Le Yunnan a également été un de ces points d'échanges sino-islamiques : le célèbre navigateur Zheng He était un musulman originaire du Yunnan. Les membres de l'ethnie Hui, en tout point semblables culturellement aux Han actuels en-dehors de leur religion, sont issus de Hans convertis ayant absorbé des musulmans non-chinois.
L'islam a connu sa plus forte expansion sous la dynastie des Yuan (1271-1368). On compte aujourd'hui près de 30 000 mosquées dans le pays.

Le christianisme


Les premières traces de la culture chrétienne en Chine remontent à des stèles nestoriennes du VIIe siècle. Puis vinrent au XIIIe siècle des Franciscains, dont l'activité missionnaire fut interrompue un siècle plus tard sur ordre de l'empereur. C'est à partir des missionnaires jésuites, tout d'abord portugais, que des contacts réguliers ont été entretenus entre les mondes chinois et occidental, la Chine restant relativement imperméable aux vélléités expansionistes chrétiennes. En 1601, Matteo Ricci et ses compagnons furent admis à Pékin, mais les missions furent closes en 1773 sur ordre papal. Le protestantisme a été introduit à partir des guerres de l'opium à travers des missionnaires britanniques. Il y a à présent plus de 4 600 églises et sites de réunion catholiques et 12 000 temples et plus de 25 000 lieux de culte protestants. Il existe une église catholique officielle, non reconnue par le Vatican et une église catholique romaine essentiellement clandestine. L'Eglise orthodoxe est présente pour répondre aux besoins des Chinois d'origine russe, installés dans les confins Nord et Ouest du pays, mais reste très marginale.

Le judaisme


Comme les chrétiens, les juifs ont dû parvenir en Chine pour la première fois au VIIe siècle en suivant la route de la soie. Quatre communautés juives existent en Chine, à Harbin, Shanghai, Canton et Kaifeng ; cette dernière, découverte par Matteo Ricci au XVIIe siècle, remonterait à la dynastie Song. Une communauté plus récente existe à Hong-Kong.

Autres religions


Malgré la méfiance du PCC vis à vis des organisations ou mouvements civils de grande envergure, une nouvelle religion - ou secte - syncrétiste, Falun gong, a émergé en 1992. D'après le ministère de la Sécurité publique (1998), elle compterait 80 millions de sympathisants.
Le chamanisme est pratiqué principalement par les minorités chinoises ; le Dongba est une sorte de paganisme lamaïsé, survivance d'une ancienne religion pratiquée par les Naxi, une des nombreuses minorités ethniques de Chine, d'origine tibétaine, vivant dans le Yunnan.

Culture


Introduction


Les valeurs traditionnelles chinoises sont en grande partie issues de la version orthodoxe du confucianisme, qui a connu son apogé sous la dynastie Song, et est devenue une partie centrale des contenus éducatifs, et des examens mandarinaux. Toutefois, le terme "confucianiste" est lui-même le résultat d'une série de tendances divergentes, dont le légalisme, toutes sujettes à interprétation de la doxa originelle. Notamment, le problème de la conscience éthique individuelle, de la critique des gouvernements a largement été muselé par les penseurs "orthodoxes". Certains néo-confucéens contemporains interprètent le confucianisme dans cette potentialité critique, à l'opposé de l'interprétation commune du confucianisme, synonyme de soumission et de stabilité politique.
Depuis le mouvement du 4 mai 1919, la culture impériale chinoise et son confucianisme orthodoxe ont été taxés de "féodaux" ; toutefois, malgré cette tabula rasa rhétorique, de nombreux aspects de la culture chinoise traditionnelle ont survécu. Mao Zedong, instigateur de la Révolution Culturelle, a en un certain sens imité le premier unificateur de la Chine, Qin Shi Huangdi, qui avait organisé un autodafé et massacré les intellectuels à son époque. Mao, employé à la bibliothèque de Pékin, était un grand admirateur de la culture chinoise classique. Certains observateurs ont remarqué que l'instauration de la République populaire de Chine ne se distingue en rien de celle des dynasties impériales précédentes, suite au "mandat céleste" obtenu suite aux années de lutte. Le culte voué à Mao Zedong a une dimension religieuse indéniable, celle qui suggère justement une ambiguïté entre nation moderne et des traditions politiques ancestrales.
Durant la Révolution culturelle, de nombreux aspects de la culture traditionnelle chinoise, arts, littérature et autres, ont été taxés de "vestiges féodaux", et détruits en grande partie. Cette tabula rasa, comme plusieurs fois dans le passé, a constitué une étape de la réappropriation du patrimoine symbolique de la Chine, décliné sous diverses formes : l'opéra révolutionnaire réunit ainsi une tradition millénaire à la propagande réaliste-socialiste, de même que la calligraphie de Mao Zedong. Par la suite, suite à l'ouverture du pays dans les années 80, toutes les formes traditionnelles d'art ont ré-émergé, de plus en plus encouragées par le Bureau culturel : les échanges culturels sont notamment un des types d'échanges privilégiés entre la RPC et Taiwan ; ils sont un vecteur d'échanges diplomatiques, comme dans le cas des Années croisées entre la France et la Chine. On peut aussi remarquer le soutien du Bureau culturel à la chorégraphe transsexuelle Jing Xing, qui bénéficie, de par sa particularité sexuelle, d'un statut unique au monde.
D'autres exemples rappellent toutefois que la culture en RPC reste soumise à la censure du Bureau culturel, connue notamment pour son filtrage du réseau Internet. Des groupes de punk sont régulièrement interdits quand leurs paroles se font trop politiques ; le rockeur Cui Jian, idole des événements de la place Tian Anmen, est interdit d'apparitions dans des concerts de grande envergure. L'émergence de l'art contemporain en Chine a permis une certaine forme de liberté d'expression, dont la valeur subversive est largement modérée par la dimension cryptique de son langage.

Civilisation chinoise


La civilisation chinoise (aussi appelée monde chinois ou tout simplement Chine) recouvre un ensemble de pays et de cultures s'étant succédé en Asie orientale depuis 4 000 ans. Aujourd'hui, la Chine peut être considérée, selon les points de vue, comme une seule civilisation ou un ensemble de plusieurs civilisations. De même, il peut s'agir d'une nation ou de plusieurs nations réunies dans un même ensemble.
La Chine est la plus vieille civilisation distincte existant encore actuellement ; son histoire est caractérisée par une suite de divisions et de réunifications, de guerres et de paix, sur un territoire changeant. Pendant des siècles, la Chine a été l'une des civilisations les plus avancées dont l'influence se fait sentir encore aujourd'hui dans de nombreux pays d'Asie. C'est aujourd'hui le troisième pays du monde en superficie, et le premier par sa population : un humain sur cinq est chinois (pour la population résidente seulement).
La dernière dynastie impériale chinoise Qing a connu une période de déclin durant la phase d'expansion coloniale des pays occidentaux, menant le pays de défaite en défaite à partir des guerres de l'opium. C'est seulement après la victoire contre l'armée japonaise en 1945 que la Chine a pu se constituer comme nation et retrouver toute son indépendance.
Politiquement, deux Etats distincts prétendent détenir la souveraineté sur la Chine. Le premier est ce qu'il est d'usage d'appeler la Chine continentale, qui est en pratique la République populaire de Chine fondée par le leader communiste Mao Zedong en 1949 à Pékin. Le second est la République de Chine, dont le gouvernement longtemps mené par le leader nationaliste Tchang Kaï-chek est établi sur l'île de Taiwan depuis la victoire des communistes chinois. Elle a été fondée en 1912 par Sun Yat-sen sur les décombres de l'empire chinois de la dynastie des Qing.
Aujourd'hui, la Chine, au sens restrictif (RPC) ou large du terme (le monde chinois), est l'objet d'une fascination pour le reste du monde ; son développement économique, engagé en 1978 par les réformes de Deng Xiaoping et ses successeurs, en fait aujourd'hui un des principaux acteurs économiques et géopolitiques mondiaux.

Le terme culture chinoise désigne un ensemble immense et complexe de réalisations dans les domaines les plus divers, dont les plus anciennes remontent à 5000 ans, qui ont vu le jour sur le territoire de la Chine, la plus vieille entité géo-politique du monde moderne. On peut en effet considérer l'actuelle République populaire de Chine (à laquelle certains proposeront de rattacher Taïwan, au moins sur le plan culturel), comme l'héritière directe, à travers les changements de dynasties et de régime politique, de l'empire Qin fondé en 221 av J.C. par Qin Shi Huang. Cette continuité, qui a permis la diffusion efficace de pratiques, objets et concepts, confère à certains éléments de la culture chinoise un aspect généralisé qui transcende les différences régionales et historiques. On peut citer comme exemples le confucianisme, avec le régime mandarinal et la conception des rapports sociaux et familiaux qu'il a marqués de son empreinte, et le taoïsme, à l'origine de concepts philosophiques ou métaphysiques et de pratiques religieuses généralement adoptées dans le monde chinois. Le prestige de l'empire chinois a contribué à diffuser cette culture commune en Extrême-Orient et en Asie du Sud-Est ; il a également attiré de nombreux étrangers qui ont enrichi la civilisation chinoise. D'autres réalisations culturelles sont au contraires spécifiques à une région ou à une époque. A cet égard, la façon dont les divers domaines de la culture chinoise ont abordé l'influence occidentale et la modernité à partir du XIXe siècle et continuent de réagir à la mondialisation est une question de grand intérêt. Le développement économique de la Chine remet en cause les traditions et les arts populaires, particulièrement dans les régions de l'intérieur. De nombreuses formes de la culture, telles que la broderie ou le théâtre, sont en train de dsiparaître.
Au plus simple, en anthropologie culturelle, la civilisation chinoise est le contexte qui enveloppe, oriente et délimite une gamme de cultures chinoises et sinisées. La civilisation chinoise a donné à l'humanité toutes les techniques et toutes les sciences, tandis que la civilisation indienne a donné à l'humanité les grandes religions et toutes les grandes croyances. La civilisation chinoise est celle du "cousu", tandis que la civilisation indienne est celle du "drapé", comme le peplum et la toge du monde gréco-romain. Elle a donné les langues indo-eurepéennes aux écritures linéaires et séquentielles, en contraste avec l'écriture chinoise spatiale bidimensionnelle simultanée. La civilisation chinoise a donné les ustensiles de table, tandis que les autres mangent à la main et avec les doigts. Avec le retour de Chine du Vénitien Marco Polo, l'Europe a découvert ces ustensiles de table et d'autres modes de cuisson. En tant qu'entité linguistique et culturelle relativement homogène et continue, dont la longévité surprend (et bouleverse les théories du déclin nécessaire des civilisations), la Chine a développé une culture originale et immense, qui a exploré presque tous les modes d'expressions connus : littérature, calligraphie, peinture, musique, etc. Elle a de plus inventé la calligraphie, art considéré comme le plus noble et le plus raffiné. Son économie de moyens (un pinceau, de l'encre noire, une feuille de papier absorbant) et son cadre très contraignant (l'ordre et la disposition des traits sont déterminés) en font, paradoxalement, un art dans lequel l'expressivité est à son comble : le pinceau y tient lieu de "sismographe de l'âme".

Littérature


Une infime partie de la production écrite de la civilisation chinoise est accessible en langues occidentales et bien peu d'oeuvres sont connues du grand public. Etant donné le contexte particulier de ce pays, sa littérature au sens large a connu des évolutions différentes de celle des autres régions du monde. L'épopée, par exemple, y est singulièrement absente. En revanche, les anecdotes, contes, faits divers, courtes biographies, ainsi que les essais, les commentaires des classiques, les traités, les compilations sont des genres foisonnants.
Parmi les livres et les auteurs chinois qui ont été traduits et lus en Occident, on peut noter : Pérégrinations vers l'Ouest, Au bord de l'eau, Le Rêve au Pavillon rouge, la poésie de Du Fu et de Li Bai, ainsi que l'auteur moderne majeur qu'est Lu Xun.

Inventions


Imprimerie :
L'imprimerie n'est pas une invention de Johannes Gensfleisch (connu sous le nom de Gutenberg), mais bien une des nombreuses inventions chinoises. La Chine a connu l'imprimerie à caractères mobiles (au IXe siècle) bien longtemps avant que l'occident ne découvre cette dernière (au XVe siècle). Mais cette technique a été abandonnée par les chinois à l'époque car ce système n'était pas adapté à l'écriture chinoise (les idéogrammes) alors qu'en occident cette technique était adaptée à l'alphabet.

Bonsaï :
Les japonais ont sans doute inventé le mot bonsaï mais l'invention de ce petit arbuste est bien d'origine chinoise.

Cerf-volant :
L'origine de tous les systèmes aériens (Concorde, 747, 380) est sans doute le cerf-volant qui est la première invention a exploiter le vent et l'espace aérien. Le reste des inventions n'est qu'une amélioration du système.

Boussole :
Le GPS, Galileo, etc. sont sans doute des descendants directs ou indirects de la boussole, simple (sans être simpliste) instrument de géolocalisation.

Allumette :
Cet objet simple a dû nécessiter pour sa fabrication des connaissances en chimie, en mécanique, en bois etc. Et de plus est une invention totalement écologique sans doute l'une des inventions en avant-garde de ce qu'on appelle actuellement sous le terme biodégradable.

Fonctionnaire :
Ce système de sélection par concours est bien une invention chinoise qui permettait de choisir les meilleurs lettrés du pays...

La Porcelaine :
Les Chinois sont le premiers peuple au monde à utiliser les techniques de la procelaine

Pâtes :
Encore une invention méconnue ou malconnue du public qui ne prend pas ses origines en Italie.

Architecture


L'architecture chinoise, dont certains exemples datent de plus de 2000 ans, est un aspect capital de la culture chinoise. Il y a des caractéristiques communes à l'architecture chinoise, indépendamment de la région ou de la destination spécifique.
Le plus important est l'emphase donnée à la dimension horizontale. En opposition à l'architecture occidentale qui tend à privilégier la hauteur et la profondeur, l'architecture chinoise souligne la largeur des bâtiments. Les galeries et les palais dans la Cité Interdite, par exemple, ont des plafonds plutôt bas comparé aux résidences princières occidentales, mais leur apparence extérieure suggère la nature vaste de la Chine impériale. Ceci naturellement ne s'applique pas aux pagodes, qui de toutes façons sont relativement rares.
Une autre caractéristique importante est l'accent mis sur la symétrie, qui dénote un sentiment de grandeur qui s'applique à tout, des palais aux fermes. Les jardins en forment une exception notable, car ils sont aussi asymétriques que possible. Comme pour les peinture chinoises sur parchemin, le principe sous-tendant la composition du jardin est de créer un flux permanent, pour laisser l'observateur déambuler et aimer le jardin sans contrainte, comme dans la nature elle-même.

Cinéma


Shanghai est le berceau historique de l'industrie du film chinois, donnant naissance dans les années 1940 et 1950 à des stars du film chinois comme Zhou Xuan, Ruan Lingyu et Hu Die. Après l'arrivée au pouvoir du Communisme, la scène cinématographique est transférée de Shangai vers Hong Kong, qui est resté depuis le coeur de l'industrie du cinéma chinois. A Hong Kong, la majorité des films fabriqués tournent autour des thèmes des arts martiaux (films Wu-xia), le crime organisé (en particulier les Triades chinoises), et d'autres thèmes traditionnels chinois. Tandis que ces films ont toujours été populaires sur le marché hong-kongais, ils le sont tout autant partout dans le monde, et particulièrement aux Etats Unis. Cette réputation atteint son zénith dans les années 1970, alors que les arts martiaux sont très populaires aux Etats-Unis. Désormais, dans les années 2000, les films chinois semblent bénéficier d'un regain de popularité à l'étranger. Dans les vingt dernières années, la Chine est en effet devenu un lieu important de l'industrie du film avec des films comme Adieu ma concubine, 2046, Hero, Suzhou River et Le Secret des poignards volants qui ont été acclamés par la critique autour du monde. Le réalisateur américain Quentin Tarantino envisage de tourner son prochain film, un film Wu-Xia traditionnel, en Chine et d'en écrire les dialogues en Mandarin.
Un autre genre de films reconnu de façon internationale est celui qui se déoulent dans le passé exotique de la Chine avec des symboles traditionnels et nostalgiques, notament grâce aux réalisateurs Wong Kar-wai (Wang Jiawei en Mandarin) et Zhang Yimou.

Source : Wikipedia




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