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La République islamique d'Iran (Asie)
LA République islamique d'Iran (de l'aryen "noble") est une république islamique d'Asie occidentale (ou centrale) ; sa capitale est Téhéran (ou Tehran), la langue officielle est le persan et la monnaie le rial ; le calendrier officiel est le calendrier persan. L'Iran est entouré par le Pakistan, l'Afghanistan, le Turkménistan, la mer Caspienne, l'Azerbaïdjan, l'Arménie, la Turquie, l'Irak, le golfe persique et la mer d'Oman (Océan Indien). L'Iran envisagerait d'entrer dans la ASACR : Asie du Sud.
Origine du nom
Pendant la dynastie Achéménide (550-330 av. J.-C.), les Iraniens appelaient leurs territoires Parsa du nom du royaume de Cyrus le Grand, qui appartenait à la tribu perse, et qu'on retrouve encore aujourd'hui sous la forme de Fars ou Pars, correspondant au nom de cette province d'Iran. Cependant, la totalité de l'Etat était alors appelée Aryanam. A l'époque Parthe (248 av. J.-C. - 224 ap. J.-C.), Aryanam a été modifié en Aryan pour évoluer vers Iranshar et Iran à l'époque sassanide.
Les Grecs utilisaient les termes Aryana et Persis pour désigner la région qui est aujourd'hui connue comme le plateau iranien. Le terme est passé au latin pour devenir Persia, puis en français Perse, terme qui est encore très utilisé dans les pays occidentaux et qui provoque une confusion avec la province du Fars.
Au XXe siècle, une dispute entre intellectuels éclate pour savoir quel devrait être le nom correct du pays. Le 21 mars 1935, jour de Noruz, Reza Shah Pahlavi publie un décret demandant à toutes les relations étrangères du pays de le désigner sous le nom de "Iran" dans leur correspondance officielle, en accord avec le fait que Perse est un terme utilisé pour un pays appelé Iran en persan.
En 1979, la révolution iranienne a abouti à la création de la République Islamique d'Iran, mais les termes Perse et Iran sont toujours largement utilisés.
Histoire
L'Iran possède une des civilisations continues parmi les plus anciennes du monde.
L'Iran possède des vestiges d'occupation humaine et des vestiges culturels appartenant à l'âge de pierre. Des instruments de pierre appartenant au Paléolithique inférieur ont été retrouvés dans le Balouchistan iranien. C'est dans cette région qu'ont été mis à jour une grande quantité de matériel de pierre (parmi les plus anciens découverts en Iran) ayant un âge estimé à 800 000 ans.
Au nord-ouest de l'Iran, la transition vers une économie de production de biens commence durant le Mésolithique (10 000 ans avant J.-C.), puisqu'il existe un site en ayant les caractéristiques dans la région de la mer Caspienne. L'entrée dans le Néolithique se date en Iran entre le 7e et le 6e millénaire avant J.-C. Tureng Tepe et Yarim Tepe constituent des preuves que la vallée de Gorgan possédait des centres d'agriculture au 6e millénaire avant J.-C. Ces cultures auraient eu des contacts étroits avec leurs voisines de Yarim Tepe, Jeitun (sud du Turkménistan) et Sialk II (près de Kashan au centre de l'Iran).
L'âge du cuivre, caractérisé par l'apparition d'éléments de cuivre et de céramiques peintes en Susiane (Sud-ouest de l'Iran, sur le territoire de l'actuel Khuzestan) et à Sialk (centre de l'Iran), s'étend en Iran tout au long du 4e millénaire avant J.-C. Les archéologues commencent à peine à connaître les origines des civilisations installées sur cette terre comme la civilisation de Jiroft datant d'il y a 5000 ans et qui bâtit des villes bien avant les civilisations égyptiennes et grecques.
Au début du IIIe millénaire av. J.-C., apparaît à Suse une forme d'écriture, probablement dérivée du système sumérien, afin de représenter la langue élamite, et l'Empire Elamite (précédé par la civilisation proto-élamite) surgit en tant que nouveau pouvoir régional dans le sud-ouest de l'Iran, concurrençant les empires voisins de Babylonie et d'Assyrie. C'est au cours du second millénaire avant J.-C. qu'arrivent sur le plateau iranien divers peuples iraniens, provenant d'Asie centrale et parlant une variété de dialectes du vieux-persan, une des langues iraniennes appartenant à la famille des langues indo-européennes, apparentées à l'avestique et au sanscrit védique. Au milieu du VIIe siècle av. J.-C., des groupes de tribus iraniennes identifiées comme les Mèdes, établis au nord et au nord-ouest de l'Iran, se libèrent du joug assyrien et établissent leur pouvoir sur la région. A la fin de ce même siècle, les mèdes et les babyloniens se libèrent définitivement du pouvoir assyrien en prenant Ninive en 612 avant J.-C. C'est à la même période qu'apparaissent les premières sources qui mentionnant Cyrus Ier, roi d'Anshan, petit-fils d'Achéménès, fondateur du premier Empire Perse, celui des Achéménides.
Les Achéménides étaient des despotes éclairés qui purent construire un empire de cette taille en laissant une certaine autonomie aux satrapies toutes reliées entre elles par un immense réseau routier. Les historiens attribuent la première déclaration des droits de l'homme à Cyrus II, qui l'inscrivit sur le cylindre de Cyrus.
Cet empire était en guerre contre les Grecs, et c'est à partir du règne de Xerxès Ier que commença son déclin. L'empire fut ensuite conquis par Alexandre le Grand en 330 av. J.-C. avec la prise de Persépolis, capitale des achéménides. Les séleucides, dynastie dont les souverains descendaient des généraux grecs d'Alexandre, succèdent aux achéménides. Leur empire s'effondre totalement en 60 av. J.-C.
L'empire Parthe (aussi appelé Arsacide) est fondé par deux frères, Arsace et Tiridate, qui se rendent indépendants du joug séleucide dans des zones reculées de l'Iran septentrional vers 250 av. J.-C. C'est seulement à partir de la seconde moitié du IIe siècle av. J.-C. que les Parthes, descendants des Scythes, profitent de la faiblesse croissante des Séleucides pour contrôler progressivement tous les territoires à l'est de la Syrie. Cet empire semble avoir pris fin en 224, quand organisé de manière peu autoritaire, il vit son roi Artaban IV défait par un de ses vassaux ; c'est alors qu'apparaissent les Perses de la dynastie naissante des Sassanides.
L'empire sassanide est le second empire persan (226-651). Les Sassanides furent les premiers à appeler leur empire Eranshahr ou Iranshahr, signifiant "Terre des Aryens".
L'époque sassanide, englobant toute l'Antiquité tardive, est considérée comme une des périodes les plus importantes et les plus marquantes de l'histoire de l'Iran. Dans de nombreux domaines, la période sassanide a connu les plus grands accomplissements de la civilisation perse, et a considérablement influencé la civilisation romaine pendant cette période ; leur influence culturelle s'est étendue bien au-delà des frontières de l'empire, atteignant l'Europe occidentale, l'Afrique, la Chine et l'Inde. Cette influence continua pendant la période islamique.
Après avoir défait l'armée byzantine à Damas en 635, Abû Bakr commence la conquête de l'Iran. En 637, les forces arabes occupent la capitale sassanide de Ctésiphon et en 641-642, ils battent l'armée sassanide durant la bataille de Nahavand, laissant alors la voie libre à la conquête de tout l'Iran. La conversion à l'islam, qui offrait certains avantages fut assez rapide parmi les populations urbaines, mais plus lente parmi la paysannerie et les dikhans (propriétaires terriens). La majorité des Iraniens ne devint musulmane qu'au IXe siècle. Bien que les conquérants, particulièrement les Omeyyades avaient tendance à accorder la primauté aux arabes parmi les musulmans, les Iraniens s'intégrèrent progressivement à la nouvelle communauté.
Au VIIIe siècle, le Khorassan, sous domination de l'Empire Omeyyade, se rallie à la doctrine dissidente du chiisme pour s'émanciper de la domination arabe. Il devient ainsi un foyer d'opposition au pouvoir, et déclenche avec l'Irak en 748, une révolte qui va renverser la dynastie omeyyade.
Les dynasties régnantes suivant les Abbassides descendent de tribus guerrières nomades turcophones qui se sont déplacées depuis l'Asie centrale vers la Transoxiane depuis plus d'un millénaire. Au fur et à mesure que le pouvoir des califes diminue, toute une série de dynasties indépendantes et locales font leur apparition dans diverses parties de l'Iran, dont certaines avaient une influence et un pouvoir considérable. On peut citer parmi celles-ci les Tahirides du Khorasan (820 - 872), les Saffarides au Sistan (867 - 903) et les Samanides (875 - 1005), originaires de Boukhara. Les émirs samanides mettront à profit leur force économique et militaire pour faire de leur cour de Boukhara et de leurs capitales régionales (Samarkand, Balkh, Merv, Nichapour) des foyers de vie intellectuelle, rivaux de Bagdad. Outre la culture arabe classique, ils favoriseront l'éclosion de la littérature en langue persane moderne (par opposition au vieux-persan des achéménides et au moyen-persan des Sassanides et, bien que sunnites, accorderont leur protection à des penseurs dont les idées ne relevaient pas toujours de l'orthodoxie.
En 962, un gouverneur d'origine turque des Samanides, Alptegîn, conquiert Ghazna (actuellement en Afghanistan) et établit une dynastie, les Ghaznévides qui régnèrent sur le Khorasan, Ghazna et le Panjâb. C'est sous le patronage de Mahmûd de Ghaznî, 3e des Ghaznévides, que Ferdowsi transcrira par écrit et en persan les histoires orales de la mythologie perse (Shâh Nâmâ, signifiant "Le livre des Rois").
Plusieurs villes samanides sont par la suite perdues au profit d'un nouveau groupe turc arrivant dans la région, les seldjoukides, qui sont un clan de Turcs Oghouzes qui vivaient auparavant au nord de l'Oxus (l'actuel Amou Darya). Leur chef, Toghrul-Beg a d'abord dirigé ses guerriers contre les Ghaznévides du Khorasan. Sous le règne d'un des successeurs de Toghrul-Beg, Malik Shah (1072 - 1092), l'Iran connaît une renaissance culturelle et scientifique, largement attribuée à son brillant vizir iranien, Nizam al-Mulk. Ces dirigeants ont créé l'observatoire d'Esfahan où Omar Khayyam a fait la plupart de ces expériences pour créer un nouveau calendrier, introduisant une année bissextile et mesurant la longueur de l'année comme étant de 365,24219858156 jours. Les Saljukides auront aussi une production artistique très riche à cette époque, connue sous le nom d'Art des Saljukides d'Iran.
Après la mort de Malik Shah en 1092, l'Iran est encore dirigée par des petites dynasties locales. Pendant ce temps, Gengis Khan rassemble des tribus mongoles. En 1219, il tourne ses forces de 700 000 hommes vers l'ouest et dévaste rapidement Boukhara, Samarcande, Balkh, Merv et Nichapur. Avant sa mort en 1227, il a atteint l'Azerbïdjan occidental, pillant et brûlant les villes sur la route. L'invasion mongole de l'iran est désatreuse pour les iraniens. La destruction de nombreux qanats (un système d'irrigation traditionnel) détruit un réseau d'habitat relativement continu, créant de nombreuses villes-oasis isolées sur un terre où elles étaient peu nombreuses auparavant. De nombreux habitants, en particulier les hommes, sont tués, et entre 1220 et 1258, la population de l'Iran diminue de manière brutale. Après la mort d'un des derniers souverains mongols, Abu Saïd, en 1335, l'Iran tombe encore sous le pouvoir de plusieurs petites dynasties locales et indépendantes : les Muzaffarides, les Jalayirides ou d'autres.
Le conquérant suivant à prendre le titre d'empereur fut Tamerlan, d'origine turque ou mongole selon les sources. Il conquit d'abord la Transoxiane, fait de Samarcande sa capitale en 1369 et devient finalement empereur de tout l'Iran en 1381. Les Timurides, minés pas des luttes intérieures, verront leur empire se désintégrer en 1507, quand les Ouzbeks de la dynastie Chaybanides prennent Samarcande. Au même moment, les Safavides, originaires d'Ardabil, (dans l'Azerbaïdjan iranien) vont prendre le pouvoir dans l'ouest de l'Iran et reconquérir une bonne partie du territoire iranien tel qu'il était au temps des Sassanides.
Les Safavides sont membres d'un ordre religieux soufi militant, les Qizilbash. Ils prennent Tabriz en 1501 et en font leur capitale. C'est sous l'impulsion d'Ismail Ier, premier souverain safavide, qu'est décidée la conversion de l'Iran au chiisme. Cette conversion résulte d'une volonté de s'affirmer face à la domination des Ottomans sunnites et de créer une identité iranienne spécifique.
L'apogée des Safavides est atteinte sous Shah Abbas Ier le Grand (1587 - 1629) : il réussit à se défaire des menaces extérieures en signant des traités, équilibre le pouvoir des troupes armées qizilbash en créant un corps d'arméniens et de géorgiens qui lui sont loyaux, étend le territoire administré par son Etat et centralise encore plus l'administration. Il a aussi soutenu les insitutions religieuses en construisant des mosquées et des madresehs (écoles religieuses); cependant, on constate sous son règne une séparation graduelle des institutions religieuses et de l'Etat, dans un mouvement vers une hiérarchie religieuse indépendante. Son règne est aussi un âge d'or pour le commerce et les arts. Il accueille les commerçants étrangers (britanniques, hollandais, français et autres) après avoir chassé les Portugais qui occupaient le détroit d'Ormuz.
Le déclin des Safavides commence véritablement après la mort de Shah Abbas. C'est ce déclin qui permettra à des tribus afghanes de gagner une série de victoires sur la frontière occidentale en 1722, les menant rapidement jusqu'à la capitale et mettant un terme à la dynastie des Safavides. La suprématie afghane est assez brève. Tahmasp Quli, un chef de tribu Afshar, se met à la tête d'une armée au nom des descendants des Safavides qui chasse les Afghans du territoire iranien, puis, en 1736, prend le pouvoir sous le nom de Nâdir Shâh. Il reconquit tout le territoire iranien depuis la Géorgie et l'Arménie jusqu'à l'Afghanistan et organise des campagnes militaires qui le mèneront jusqu'à Delhi en 1739, qu'il met à sac et dont il ramène des trésors fabuleux (comme le trône du Paon). Il est assassiné en 1747 par des chefs de sa propre tribu Afshar, qui donnera son nom à la dynastie des Afsharides qui lui succéda.
Le pays est ensuite la proie de luttes entre tribus qui cherchent à prendre le pouvoir : les Afshar, les Afghans, les Qajars et les Zands. C'est finalement Karim Khan Zand qui prend le pouvoir en 1750 ; il réussit à réunifier presque tout le pays, sauf le Khorasan, qui reste plus indépendant du pouvoir central. Karim Khan Zand refusera de prendre le titre de Shah et préfèrera se nommer Vakil ar-Ra'aayaa ("Le Régent des paysans"). Il est resté connu en Iran pour un règne modéré et bénéfique pour le pays. A sa mort en 1779, une autre lutte pour le pouvoir a lieu qui plonge encore le pays dans l'anarchie. C'est finalement Agha Mohammad Shah Qajar qui prend le pouvoir en battant le dernier Shah de la dynastie Zand, Lotf Ali Khan à Kerman en 1794 et se rend ainsi maître du pays, établissant la dynastie des Qajars en 1795 qui va durer jusqu'en 1925.
Sous les règnes de Fath Ali Shah (1797 - 1834), Mohammad Shah (1835 - 1848) et Nasseredin Shah (1848 - 1896), le pays retrouve l'ordre, la stabilité et l'unité. Sous les Qajars, les marchands (bazaris) et les Oulémas (chefs religieux) deviennent des membres importants de la société iranienne.
A partir du début du XIXe siècle, les Qajars et l'Iran tout entier ont commencé à subir des pressions de la part de deux grandes puissances mondiales : la Russie et la Grande Bretagne. Les deux grandes puissances ont par la suite dominé le commerce de l'Iran et interféré dans les affaires internes du pays. En effet, l'autorité centrale était plutôt faible, la classe dirigeante relativement corrompue, le peuple exploité par ses dirigeants et les puissances coloniales ont pu tirer parti de cette situation grâce à leur supériorité militaire et technologique.
Les premières tentatives iraniennes de modernisation du pays ont commencé sous le règne de Nasseredin Shah, grâce à son Premier ministre Amir Kabir, qui a réformé le système fiscal, renforcé le contrôle centrale sur l'administration, encouragé le commerce et l'industrie et réduit l'influence du clergé chiite et des puissances étrangères. C'est lui qui fonde Dar-ol Fonoun, premier établissement d'enseignement supérieur en Iran en 1851.
Les souverains Qajars suivants vont encore plus faire augmenter la colère populaire et la demande de réforme menant à la révolution constitutionnelle de 1906.
La Première Guerre mondiale sera une période voyant grandir l'influence des Britanniques qui sont de plus en plus intéressés par le pays après la découverte de pétrole dans le Khuzestan en 1908. Ils essaient d'imposer l'accord anglo-persan en 1919, qui est refusé par le parlement.
Peu de temps après, l'officier de la brigade des cosaques Reza Khan prend le pouvoir par un coup d'Etat à Téhéran et deviendra quatre ans plus tard Reza Shah Pahlavi, faisant alors entrer l'Iran dans une nouvelle phase de son histoire. Reza Shah a des plans ambitieux pour moderniser l'Iran. Ces plans incluent le développement d'industries lourdes, de projets d'infrastructures majeurs, la construction d'un chemin de fer national, le Trans-iranien, la création d'un système d'éducation public national, la réforme de la justice (jusque-là contrôlée par le clergé chiite, il fait aussi créer le code civil iranien) et l'amélioration de l'hygiène et du système de santé. Il avait pour cela besoin d'un gouvernement centralisé et fort, ainsi que de plus d'indépendance par rapport à la Grande-Bretagne et à la Russie, ce qu'il obtiendra en annulant les droits spéciaux accordés aux étrangers pendant l'époque Qajar.
Le 21 mars 1935, il demande officiellement à la communauté internationale de ne plus utiliser le terme Perse pour se servir du nom Iran pour désigner son pays (qui est le nom en langue locale depuis toujours) et ordonne la même année l'interdiction du port du voile pour les femmes et l'obligation de porter un habit "à l'occidentale" pour les hommes.
Les rapprochements de Reza Shah avec l'Allemagne qui contribuait beaucoup à l'industrie du pays (premier partenaire commercial de l'Iran en 1939) inquiètent les Britanniques. Quand la guerre éclate, les Britanniques demandent à Reza Shah d'expulser les citoyens allemands du pays, ce qu'il refuse. Reza Shah est ensuite forcé d'abdiquer en faveur de son fils Mohammad Reza Pahlavi et il est envoyé en exil par les Britanniques d'abord à l'île Maurice puis à Johannesburg où il mourra en 1944.
L'occupation de l'Iran a été d'une importance vitale pour les alliés et a permis de rapprocher l'Iran des puissances occidentales. En septembre 1943, l'Iran déclare la guerre à l'Allemagne, ce qui lui permet de devenir membre des Nations-Unies. En novembre de la même année se tient la conférence de Téhéran pendant laquelle Churchill, Roosevelt et Staline réaffirment leur engagement à propos de l'indépendance de l'Iran.
En décembre 1945, le Parti démocratique d'Azerbaïdjan, lié au Tudeh et mené par Jafar Pishevari annonce la création d'une république autonome portant le nom de Gouvernement du peuple d'Azerbaïdjan et soutenue par l'URSS. Au même moment, le mouvement autonomiste kurde crée la République de Mahabad au Kurdistan iranien. Ces deux républiques autonomes bénéficient du soutien de l'URSS, et les troupes soviétiques occupent des parties du Khorasan, du Gorgan, du Mazandaran et du Gilan. En décembre 1946, les gouvernements républicains, qui ne sont plus soutenus par l'URSS, s'effondrent après l'intervention de l'armée iranienne.
En 1953, Mohammad Mossadegh, qui entreprend la nationalisation du pétrole, est éloigné du pouvoir à la suite d'un complot orchestré par les services secrets britanniques et américains (opération Ajax). Après la chute de Mossadegh, Mohammad Reza Chah Pahlavi met progressivement en place un régime autocratique et dictatorial fondé sur l'appui américain. En 1955, l'Iran appartient au pacte de Bagdad et se trouve alors dans le camp américain pendant la guerre froide. Mohammad Reza Shah modernise l'industrie iranienne et grâce aux revenus très importants du pétrole, l'Iran entre dans une période de prospérité fulgurante et de modernisation accélérée mais la société, bouleversée dans ses racines, souffre du manque de moyens d'expression.
Après des mois de protestations populaires et de manifestations contre le régime du Shah, Mohammad Reza Pahlavi fuit le 16 janvier 1979. Le 1er février 1979, Rouhollah Khomeini revient en Iran après un exil de 15 ans en Turquie, en Irak puis enfin en France. Il renverse le gouvernement du Shah le 11 février. Il existait une grande jubilation en Iran autour de la destitution du Shah, mais il existait aussi beaucoup de désaccords sur le futur de l'Iran. Alors que Khomeiny était la figure politique la plus populaire, il existait des douzaines de groupes révolutionnaires, chacun ayant sa propre vue concernant le futur de l'Iran. Il y avait des factions libérales, marxistes, anarchistes et laïques, ainsi qu'un large panorama de groupes religieux cherchant à modeler le futur de l'Iran.
Ce sont les théologiens qui sont les premiers à rétablir l'ordre dans le pays, avec l'aide des comités locaux. Connus sous le nom de Gardiens de la Révolution à partir de mai 1979, ces groupes ont vite pris le pouvoir dans les gouvernements locaux dans tout l'Iran, et récupérèrent ainsi la plupart des pouvoirs. Finalement, un référendum est organisé fin 1979 qui met en place la république islamique telle que Khomeini la conçoit, dirigée par un guide suprême.
Supportés par les Mujaheddin-e-Khalq, des étudiants iraniens militants prennent d'assaut l'ambassade des Etats-Unis à Téhéran le 4 novembre 1979 et l'occupent jusqu'au 20 janvier 1981. (voir Crise iranienne des otages). L'administration Carter gèle les relations diplomatiques avec l'Iran, impose des sanctions économiques le 7 avril 1980.
Le 22 septembre 1980, l'Irak envahit l'Iran. La politique officielle des Etats-Unis cherche à isoler l'Iran. Les Etats-Unis et leurs alliés fournissent des armes et de la technologie à Saddam Hussein. Ironiquement, des membres de l'administration Reagan vendent secrètement des armes et des pièces détachées à l'Iran dans ce qui est connu sous le nom de l'affaire Iran-Contra. L'Iran accepte finalement de respecter le cessez-le-feu exigé par la résolution 598 du conseil de sécurité de l'ONU (20 juillet 1987).
Après la mort de Khomeini le 3 juin 1989, l'Assemblée des experts - un corps élu de religieux expérimentés - choisit le président sortant, l'ayatollah Ali Khamenei comme Guide Suprême.
Pendant la Guerre du Golfe en 1991, le pays reste neutre, limitant son action à la condamnation des Etats-Unis et permettant à l'aviation irakienne de se poser en Irak et aux réfugiés irakiens de pénétrer son territoire. Le président Hachemi Rafsandjani est réélu en 1993 avec une majorité plus faible ; certains observateurs occidentaux attribuèrent ce score réduit au désenchantement dû à une économie mal en point. Mohammad Khatami, religieux modéré, succède à Rafsandjani en 1997. Celui-ci doit mener le pays entre les exigences d'un gouvernement cherchant les réformes et une libéralisation modérée et un clergé très conservateur. Cette faille atteint son paroxysme en juillet 1999, où des protestations massives contre le gouvernement ont lieu dans les rues de Téhéran. Khatami est réélu en juin 2001 et, après cela, les éléments conservateurs du gouvernement iranien oeuvrent pour déstabiliser le mouvement réformateur, bannissant les journaux libéraux et disqualifiant les candidats aux élections parlementaires. Cette mainmise sur la dissidence, combinée avec l'échec de Khatami à réformer le gouvernement, cause une apathie grandissante parmi la jeunesse. Le maire ultra-conservateur de Téhéran, Mahmoud Ahmadinejad est élu président en 2005 dans une élection qui vit la disqualification de plus de 1000 candidats par le Conseil des Gardiens. On observe alors un durcissement du discours antisioniste par le président, ainsi qu'une pression à l'initiative des Américains pour stopper le programme nucléaire iranien. D'après les Etats-Unis, et malgré la volonté affichée du gouvernement de ne pas l'utiliser dans un programme militaire, il pourrait être utilisé pour produire une arme nucléaire.
Politique
L'Iran, depuis l'instauration de la République Islamique, présente un système institutionnel très singulier. Une république théocratique unique au monde avec un mélange de principes théocratiques et des élections populaires. L'Iran est le seul Etat officiellement chiite dans le monde musulman. Le système politique de la République islamique est basé sur la constitution de 1979 appelée "Qanun-e Asasi" ("Loi Fondamentale"). Le système comprend plusieurs corps gouvernants intimement reliés, dont la plupart sont nommés (seuls le président, les membres du parlement, et les membres de l'assemblée des experts sont élus).
L'éxécutif
Le Guide suprême
Le Guide suprême de l'Iran est responsable de la supervision des "politiques générales de la République islamique d'Iran". Le guide suprême est commandant en chef des forces armées, contrôle le renseignement militaire et les opérations liées à la sécurité ; et lui seul a le pouvoir de déclarer la guerre. C'est aussi la seule personne des institutions d'Etat obligatoirement religieuse. L'assemblée des experts est responsable de la supervision du guide suprême dans le cadre de l'exécution de ses devoirs légaux. Le guide suprême actuel est l'Ayatollah Ali Hossein Khamenei (désigné en 1989).
Le président
La Constitution définit le président comme la plus haute autorité de l'Etat après le guide suprême. Le président est élu au suffrage universel pour un mandat de quatre ans. Les candidats à la présidence doivent être autorisés à se présenter par le Conseil des gardiens. Le président est responsable de l'implémentation de la constitution et de l'exercice des pouvoirs exécutifs, à l'exception de ceux directement liés au guide suprême. Le président nomme et supervise le Conseil des Ministres, coordonne les décisions du gouvernement et sélectionne les politiques du gouvernement avant qu'elles soient transmises au parlement. Huit vice-présidents assistent le président, ainsi qu'un cabinet de 21 ministres, qui doivent tous être approuvés par le parlement. Le Président de la République actuel est Mahmoud Ahmadinejad (élu en juin 2005).
Le législatif : le Parlement (Majles)
La législature iranienne est la monocamérisme Majles-e Shura-ye Eslami (Assemblée consultative islamique), comptant 290 membres élus pour un mandat de quatre ans. La Majles ébauche la législation, ratifie les traités internationaux et approuve le budget national. Tout candidat à la législature doit être autorisé à se présenter par le Conseil des gardiens. Des sièges sont réservés pour les minorités religieuses.
Pouvoirs locaux
Conseils de villes et de villages
Les conseils locaux sont élus par un vote public pour des mandats de quatre ans dans toutes les villes et villages d'Iran. D'après l'article 7 de la constitution iranienne, ces conseils locaux, avec le parlement, sont "les organes administratifs et de décision de l'Etat". Cette section de la constitution n'a pas été appliquée avant 1999 quand les premières élections de conseils locaux ont été tenues dans le pays. Les conseils ont différentes responsabilités comme élire les maires, superviser les activités des municipalités, étudier les besoins sociaux, sanitaires, économiques, culturels et éducatifs de leurs administrés. Ils planifient et coordonnent la participation nationale à l'implémentation des décisions sociales, économiques, culturelles, éducatives et autres.
Justice
Le guide suprême nomme le chef du pouvoir judiciaire, qui à son tour nomme le dirigeant de la cour suprême et le procureur en chef. Il existe différents types de tribunaux incluant les tribunaux publics qui sont en charge des cas civils et criminels, et les tribunaux révolutionnaires qui traitent différentes cas, dont les crimes contre la sécurité nationale. Les décisions des tribunaux révolutionnaires sont finales et l'appel n'est pas possible. Le tribunal spécial clérical est en charge des crimes commis par les membres du clergé, bien qu'il se soit aussi chargé de cas impliquant des laïcs. Le tribunal spécial clérical fonctionne indépendamment du système judiciaire régulier et ne rend compte qu'au guide suprême. Les décisions de ce tribunal sont définitives et on ne peut y faire appel.
L'assemblée des experts
L'assemblée des experts, qui se réunit pendant une semaine par an, compte 86 membres du clergé "vertueux et cultivés" élus par suffrage pour un mandat de huit ans. Comme pour les élections présidentielles et législatives, c'est le conseil des Gardiens qui détermine l'éligibilité des candidats. L'assemblée élit le guide suprême et a l'autorité constitutionnelle pour lui retirer le pouvoir à n'importe quel moment. On n'a cependant jamais vu de cas où l'assemblée des experts s'opposait aux décisions du guide suprême.
Le conseil des Gardiens
Le conseil des Gardiens compte 12 juristes dont 6 nommés par le guide suprême. Le dirigeant du pouvoir judiciaire, qui est aussi nommé par le guide suprême, recommande les 6 restants, qui sont officiellement nommés par le parlement. Le conseil interprète la constitution et peut opposer son veto au parlement. Si une loi est jugée incompatible avec la constitution ou la Sharia (Loi islamique), elle est renvoyée au parlement pour révision. Dans l'exercice controversé de son autorité, le conseil se réfère à une interprétation stricte de la constitution afin d'apposer son veto aux candidats au parlement.
Le Conseil de discernement
Le Conseil de discernement a l'autorité pour faire la médiation des problèmes entre le parlement et le conseil des Gardiens, et sert de corps consultatif au guide suprême, en faisant un des organes de pouvoir les plus puissants du pays.
Provinces
L'Iran est subdivisé en 30 provinces :
- Téhéran
- Qom
- Markazi
- Qazvin
- Guilan
- Ardabil
- Zanjan
- Azerbaijan-e-sharghi (de l'est)
- Azerbaijan-e-gharbi (de l'ouest)
- Kurdistan
- Hamedan
- Kermanshah
- Ilam
- Lorestan
- Khuzestan
- Chahar Mahaal-o-Bakhtiari
- Kohkiluyeh-o-Boyer Ahmad
- Bushehr
- Fars
- Hormozgan
- Sistan-o-Balouchestan
- Kerman
- Yazd
- Esfahan
- Semnan
- Mâzanderan
- Golestan
- Khorassan-e-shomali (du Nord)
- Khorassan-e-razavi rasan-e-jonubi (du Sud)
Les provinces (Ostan) sont gouvernées par une ville centrale, généralement la plus grande ville de la province. Le gouverneur de la province (Ostandar) est nommé par le ministre de l'Intérieur.
Depuis 2004, la province du Khorassan est divisée en trois provinces, augmentant le nombre des provinces de 28 à 30.
Géographie
L'Iran est le 16e pays du monde en superficie. Sa taille est équivalente à celle du Royaume-Uni, de la France, de l'Espagne et de l'Allemagne réunis. Sa superficie est de 1 648 000 km2.
Le paysage iranien est dominé par plusieurs chaînes de montagnes qui séparent divers bassins et plateaux les uns des autres. La partie occidentale - la plus peuplée - est la plus montagneuse, avec des chaînes telles celles du Zagros et de l'Elbourz ; c'est dans cette dernière que se trouve le sommet le plus élevé de l'Iran, le Dam?vand qui culmine à 5 607 m. Le plateau iranien est la zone située entre les chaînes de montagnes situées à l'est et à l'ouest du pays. La moitié orientale consiste essentiellement en une série de bassins désertiques inhabités (comme le Dasht-e Kavir) parsemés de rares lacs salés.
Le climat de l'Iran est principalement aride ou semi-aride et sub-tropical le long de la côte de la mer Caspienne. Dans la partie septentrionale du pays (la plaine côtière caspienne), les températures tombent rarement en dessous de O°C en hiver et restent humides toute l'année. Les températures estivales montent rarement au dessus des 29°C, et la précipitation annuelle est de 680 mm à l'est et de 1700 mm à l'ouest. Dans l'ouest du pays, les régions habitées dans les vallées des Monts Zagros connaissent des températures plus clémentes, des températures moyennes en dessous de 0°C et de fortes chutes de neige. Les bassins orientaux et centraux sont très arides, avec moins de 200mm de précipitations annuelles et des températures estivales dépassant les 38°C. Les plaines côtières du golfe Persique ont des hivers tempérés, et des étés très chauds et très humides. Les précipitations y varient entre 135 et 355 mm.
L'Iran est dans une zone du globe sismiquement très peu stable et est régulièrement touchée par des tremblements de terre. Le 26 décembre 2003, un important tremblement de terre a frappé la région de Bam, dans le Sud du pays, détruisant ainsi les vestiges de l'Arg-é Bam (l'ancienne citadelle antique).
Démographie
La démographie iranienne a été complètement bouleversée au cours de XXe siècle. Elle est estimée à 70 millions en 2006 alors qu'elle était de 10 millions au début du siècle. Le taux de natalité a fortement chuté en Iran au cours de la dernière décennie. Il est passé de 5 enfants par femme à la fin des années 1970 à 1,82 aujourd'hui. Cependant, il apparaît que l'Iran a récemment commencé à un peu mieux contrôler son très fort taux de croissance démographique et de nombreuses études montrent que le taux de croissance démographique de l'Iran devrait baisser jusqu'à ce qu'il atteigne le niveau de remplacement et se stabilise vers 2050 (100 millions). La densité de la population est de 40 personnes par km2. Le taux d'urbanisation a aussi été bouleversé. On comptait près de 10% de la population urbanisée au début de XXe siècle. Ce taux est aujourd'hui de 69 %. Le taux d'alphabétisation en Iran est de 80 %.
L'Iran accueille une des plus grandes populations de réfugiés au monde, avec plus d'un million de réfugiés, la plupart d'Afghanistan et d'Irak. La politique officielle du gouvernement vise à rapatrier ces réfugiés.
La diaspora iranienne est estimée à plus de 3 millions de personnes qui ont émigré en Amérique du nord, en Europe de l'ouest et en Amérique du sud, la plupart après la révolution.
Groupes ethniques
L'Iran est une mosaïque de plus de 80 "ethnies" différentes. La majorité des Iraniens parlent une langue du groupe indo-iranien et ils comprennent le persan. Les deux origines principales sont indo-européennes ou turques (Azéris ). Les principaux groupes ethniques sont les suivants : Persans (51 %), Azéris (24 %), Gilakis/Mazandaranis (8 %), Kurdes (7 %), Arabes (3 %), Baloutches (2 %), Lors (2 %), Turkmènes (2 %), Qashqai, Arméniens, Juifs iraniens, Assyriens, Géorgiens, Circassiens, Tats et autres.
Religions
La plupart des Iraniens sont chiites duodécimain. L'islam chiite est la religion officielle d'Iran à laquelle 90% de la population appartient. L'Iran fait partie avec l'Irak, des seuls pays au Moyen-Orient à avoir plus de 80% de non-sunnite dans sa population. 10 % sont sunnites (la branche majoritaire dans le reste du monde musulman). Les autres minorités incluent les juifs, les baha'is, les chrétiens, les zoroastriens, les sabéens (ou mandéens) ou d'autres. Trois religions "révélées" autres que l'islam sont considérées comme officiellement reconnues par la constitution et disposent de leurs représentants au Parlement (Majles) : les chrétiens, les juifs et les zoroastriens. La minorité sabéenne qui ne compte que quelques centaines de fidèles, et les plus de 300 000 Baha'is, durement persécutés sous tous les régimes iraniens, n'ont jamais été reconnus comme minorité religieuse. Les musulmans sunnites, minoritaires en Iran, ne disposent pas non plus de sièges réservés.
Selon l'article 14 de la constitution iranienne et conformément au verset du Coran "Dieu ne vous interdit pas de traiter avec bonté et droiture ceux qui n'ont pas lutté contre vous en raison de votre religion et qui ne vous ont pas expulsés de vos logements", le gouvernement se doit donc de respecter les droits humains des non-musulmans, tant qu'ils ne conspirent pas contre l'islam ou la république islamique d'Iran. Les représentants des minorités religieuses ont confirmé que l'enseignement de leur religion était assuré et respecté tant dans les écoles publiques que dans les écoles propres aux minorités. Cependant, peu après la révolution iranienne, le gouvernement a créé un bureau des minorités (religieuses) afin de les surveiller (et de les contrôler). En 1993, le Majles (parlement) adopte une loi rendant obligatoire la mention de la religion sur les cartes d'identité, ce qui permet au gouvernement de contrôler plus facilement les minorités. Une des conséquences est l'éviction des chrétiens des services publics, des écoles, de l'armée et d'autres institutions de l'Etat. D'après le rapport de Abdelfattah Amor, "Outre le non-accès aux postes gouvernementaux, il apparaît que les minorités ne peuvent accéder professionnellement à l'armée et à la justice et seraient limitées dans leur plan de carrière dans le reste de l'administration, sauf cas exceptionnels."
Economie
L'Iran est le 4e plus important producteur de pétrole au monde et le 2e exportateur de pétrole de l'OPEP et dispose de la deuxième plus grande réserve en gaz naturel dans le monde, après la Russie. L'Iran est fondateur et membre de l'OPEP. L'OPEP a été crée par le Shah d'Iran dans les années 1970. C'est le pétrole qui a permis à l'Iran un rapide développement économique dans les années 1970. Il représente encore aujourd'hui plus de 80% des recettes à l'exportation. Les revenus pétroliers du pays s'élevaient officiellement à 46,6 milliards de dollars en 2005[13], 12 milliards selon l'opposition au régime en France. L'Iran prévoirait l'ouverture d'une bourse iranienne du pétrole notamment ouverte à l'euro.
L'Iran et Oman contrôlent le détroit d'Ormuz (dans le Golfe Persique) par lequel transitent 20 % du trafic pétrolier mondial.
L'économie iranienne combine un système de planification centrale et de fortes participations de l'Etat dans le pétrole et les grandes entreprises (industrie lourde, biens de consommation...) avec une agriculture villageoise et des petits commerces. Le gouvernement actuel poursuit le plan de réformes du marché commencé par le gouvernement précédent et a annoncé qu'il continuerait la politique de diversification de l'industrie du pétrole.
En 1996, des cours du pétrole favorables ont soulagé les pressions financières qui pesaient sur l'Iran et permis à Téhéran de régler ses dettes. La situation financière de l'Iran s'est durcie en 1997 et aggravée en 1998 en raison de la baisse des cours du pétrole.
La nouvelle hausse des cours pétroliers depuis 1999-2000 a permis à l'économie iranienne de respirer à nouveau, mais elle n'a pas suffit à résoudre les problèmes économiques structurels de l'Iran.
En 2005, la banque centrale iranienne a dit que les dettes iraniennes à court terme étaient de 10 milliards de US$ et celles à long et moyen terme se chiffraient à 6,5 milliards de US$.
Son économie a vu une diversification dans le domaine de la production automobile, navale, aérospatiale, technologie nucléaire et dans la fabrication de produits électroniques de pointe. l'Iran possède aussi une industrie de la défense, pharmaceutique et biotechnologique.
L'Iran exporte principalement vers le Japon (18 %), la Chine (9 %), l'Italie, l'Afrique du Sud, la Corée du Sud. Il importe d'Allemagne (13 %), de France (8 %) et de Chine (7 %).
Le pays était obligé d'importer 60 % de son carburant raffiné car les raffineries locales ne pouvaient subvenir à ses besoins. Les 10 pays fournisseurs d'essence automobile de Téhéran en 2006 sont les Emirats arabes unis, l'Arabie Saoudite, l'Inde, la Turquie, le Koweït, le Turkménistan, le Soudan, l'Azerbaïdjan, les Pays-Bas et la France.
Depuis juillet 2006, le pays n'est plus obligé d'importer du carburant raffiné. En effet, la compagnie pétrolière Total a modernisé les raffineries de pétrole d'Iran (Abadan, Téhéran, Ahvaz, Khorramshahr) et grâce à cela, l'Iran a retrouvé son autonomie. Le 3 Août 2006, l'Iran et l'Irak ont signé un protocole d'accord pour que l'Irak envoie en Iran du pétrole brut pour qu'il soit raffiné en Iran. En échange, l'Iran garde 15 % du pétrole raffiné.
Culture
L'Iran a une longue histoire artistique, musicale, poétique, philosophique, de traditions et d'idéologies. Beaucoup d'Iraniens pensent que leur culture est la seule et unique raison ayant permis à leur civilisation de survivre à des milliers d'année de perturbations.
La quête de justice sociale et d'équité est une partie importante des caractéristiques de la culture iranienne. Le respect des anciens et l'hospitalité aux étrangers est aussi partie intégrante de cette étiquette iranienne.
Folklore
La mythologie perse est à la fois très voisine et profondément différente de la mythologie de l'hindouisme. Elle en est très voisine parce que les Iraniens sont, de tous les peuples indo-européens, celui dont la langue a le plus d'affinité avec le sanscrit et aussi celui qui est resté avec les Aryens de l'Inde en relations les plus fréquentes. Elle en est profondément différente, parce que la religion des anciens Perses acquit de bonne heure un caractère beaucoup plus moral que mythologique.
Le nouvel an Iranien (Norouz) est célébré le 21 mars, premier jour du Printemps. Norouz a été nominé en tant que Patrimoine Oral et Immatériel de l'Humanité de l'UNESCO en 2004.
Littérature
"Que quelqu'un pense à l'Iran comme Eden ou comme Jardin,
L'odeur du musc de l'ami, du compagnon, abonde ici bas." (Firdawsi)
"L'Iran est le coeur et l'univers le corps,
De cette parole, le poète ne ressent humilité ni remords." (Nizami)
La littérature persane est très bien considérée par les Persans comme par les étrangers. Le Persan est utilisé depuis plus de 2500 ans et a laissé des traces dans l'histoire de la parole écrite. Par des poètes comme Hafez, Molana (Rumi), Nizami, Omar Khayyam, et Ferdowsi, la poésie Iranienne a fait l'objet d'une attention mondiale grâce à ses très beaux poèmes et chansons.
Cinéma
Avec 300 récompenses internationales dans les 25 dernières années, les films iraniens continuent à être célébrés dans le monde entier. Le réalisateur le plus connu est sans doute Abbas Kiarostami. De nombreux critiques classent l'Iran comme un des cinémas nationaux parmi les plus importants en termes artistiques.
Miniatures
Les thèmes de la miniature persane sont pour la plupart liés à la mythologie persane et à la poésie. Les artistes occidentaux ont découvert la miniature persane au début du XXe siècle. Les miniatures persanes utilisent de la géométrie pure et une palette de couleurs vives.
Il est difficile de tracer les origines de l'art de la miniature persane, qui a atteint son sommet pendant les périodes Mongoles et Timourides (XIIe-XVIe siècle). Les dirigeants mongols de l'Iran ont répandu le culte de la peinture chinoise et l'ont amené avec eux, comme un certain nombre d'artisans chinois. Le papier lui-même est arrivé en Perse depuis la Chine en 753. L'influence chinoise est donc très grande sur cet art.
Tapis
Le tapis persan est un élément essentiel de l'art et de la culture persans, son tissage est devenu un art. Le tissage du tapis est sans doute une des manifestations les plus distinguées de la culture et de l'art persans, on le fait remonter à l'Age du bronze.
Le luxe auquel est associé le tapis persan fournit un contraste saisissant avec ses débuts modestes parmi les tribus nomades de Perse. Le tapis était alors l'article nécessaire contre les hivers rudes. Depuis, il est devenu un mode d'expression artistique par la liberté qu'autorise notamment le choix des couleurs vives et des motifs employés. Les secrets de fabrication sont passés de génération en génération. Les artisans utilisaient les insectes, les plantes, les racines, les écorces et d'autres matières comme source d'inspiration.
A partir du XVIe siècle, la fabrication des tapis s'est développée jusqu'à devenir un art à part entière.
Musique
La musique d'Iran a une histoire plusieurs fois millénaire remontant au Néolithique tel que peuvent l'attester les fouilles archéologiques trouvées principalement à Elam, au sud-ouest de l'Iran. Il faut opérer une distinction entre la science de la musique ou musicologie (Elm-e Musiqi) qui, en tant que branche des mathématiques a toujours été très bien considérée en Iran ; en opposition à la performance musicale (Tarab, Navakhteh, Tasneef, Taraneh ou plus récemment Muzik) qui a souvent eu une relation conflictuelle avec les autorités religieuses.
Danse
La danse en Iran possède une longue histoire et s'est développée depuis les temps datant de l'époque pré-achéménides. En effet, des fouilles en excavation durant ces 30 dernières années donnent accès à la preuve de l'existence de la danse en Iran depuis l'apparition du culte de Mithra 2000 ans avant notre ère. Pour cette nation ancienne, la danse peut être envisagée comme un phénomène important et social et/ou un rituel religieux. Cependant, des restrictions politiques aux danses iraniennes et traditionelles ont eu lieu après la révolution de 1979, la danse et la musique ont un temps été mal vues, voire interdites pendant un temps mais cette histoire millénaire se perpétue toujours, parfois dans un cadre plus privé.
La danse en Iran peut intervenir dans de nombreux contextes très différents ; comme par exemple les évènements sociaux, les rites de passage, les exorcismes et les cérémonies. Ces contextes peuvent être associés à des évènements traditionnels ou historiques (fêtes nationales, jours religieux festifs, fêtes pré-islamiques, migrations tribales...) ou avoir lieu lors d'évènements non planifiés.
Cuisine
La cuisine d'Iran est diverse, chaque province ayant ses propres plats aussi bien que ses styles et traditions culinaires distinctes. La nourriture iranienne n'est pas épicée. Les herbes sont beaucoup utilisées, de même que les fruits tels que prunes, grenades, raisins, coings ou autres. La plupart des plats perses sont une combinaison de riz avec de la viande, poulet, agneau ou poisson et beaucoup d'ail, d'oignon, de légumes, de noix et de fines herbes.
Dans son livre La nouvelle nourriture de la vie, Najmieh Batmanglij écrit que la "Cuisine d'Iran a beaucoup en commun avec d'autres cuisines du Moyen-Orient, mais est souvent considérée comme la plus sophistiquée et la plus imaginative de toutes, aussi colorée et complexe qu'un Tapis Persan."
Médias
Les médias en Iran existent depuis l'apparition du premier journal papier en 1835. Les médias regroupent aujourd'hui plusieurs agences de presse officielles, de très nombreux journaux et magazines, des chaînes de télévision officielles et libres (émettant depuis l'étranger) et des stations de radios. L'explosion du phénomène des blogs est aussi suivie en Iran dans la mesure où le blog est un média permettant de s'exprimer librement et anonymement.
La constitution de l'Iran accorde la liberté de la presse aussi longtemps que sont respectés les principes islamiques. On exige de chaque publicateur de journal ou magazine d'avoir une license de publication valide. Chaque publication qui est perçue comme anti-islamique ne se voit pas attribuer de licence de publication. En pratique, le critère définissant le caractère anti-islamique englobe tous les supports qui présentent un sentiment anti-gouvernemental. En 1987, tous les journaux et magazines en circulation soutenaient les institutions de la république islamique. Après l'élection de Mohammad Khatami en 1997 et la libéralisation relative qui a suivi dans le pays, les publications se sont beaucoup développées, dont certaines réussissent à être plus critiques envers le gouvernement.
Toute les radios et télévisions émettant depuis l'Iran sont contrôlées par le gouvernement. Des stations de télévision et de radios existent à Téhéran et dans la plupart des grandes villes provinciales. Les chaînes en Azerbaïdjan iranien et au Kurdistan iranien sont autorisées à émettre des programmes en azéri et en kurde. Plusieurs groupes d'opposition émettent en Iran depuis l'Irak ou les républiques du Caucase. RFI, la BBC, Voice of America ont des programmes d'actualité en persan émettant sur la bande FM en Iran.
La censure des travaux de fiction est la règle en Iran. Tout éditeur doit soumettre les oeuvres qu'il souhaite publier. De même, Internet est filtré afin que les internautes iraniens ne puissent pas accéder au contenu estimé inapproprié.
Source : Wikipedia
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