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Voyage et tourisme

L'Italie (Europe)



L'ITALIE (officiellement République italienne) est une péninsule située en Europe méridionale, dans le bassin méditerranen. Entourée par la mer de trois côtés (8 500 km de côtes dont 3 766 d'îles), séparée sur le quatrième du reste de l'Europe par les plus hautes montagnes du continent, elle apparaît au premier abord aussi isolée qu'un pays peut l'être. Mais ces mers et ces montagnes n'ont jamais constitué de véritables barrières. Les hommes ont navigué sur les océans et franchi la montagne pour atteindre des pays d'Europe, d'Asie occidentale, d'Afrique du Nord.
Malgré son isolement apparent, l'Italie a toujours été en contact étroit avec les autres pays et apporté à l'Europe et au monde une contribution d'une signification universelle dans le domaine de l'art, de la littérature et des sciences.
L'Italie a une superficie de 301 308 km2. Le pays a des frontières (en km) avec la Suisse 740, la France 488, l'Autriche 430, la Slovénie 232, Saint-Marin 39, le Vatican 3,2.
Sa population avoisine les 60 millions d'habitants.



Aperçu géographique



Le mur des Alpes au Nord, la riche et fertile vallée du Pô s'étendant entre l'arc formé par la chaîne des Alpes et celle des Apennins, la longue péninsule étroite située au milieu de la Méditerranée, telles sont les principales parties de l'Italie. Au sud, à la hauteur de la pointe de la botte, se trouve l'une des deux plus grandes îles italiennes, la Sicile. La seconde, la Sardaigne, complète à l'ouest de la Péninsule le tableau de ce pays.



Quelques éléments d'histoire



L'histoire écrite de l'Italie commence il y a près de 3 000 ans lorsque les marchands, les cultivateurs et les pêcheurs grecs s'établirent sur les côtes sud de ce pays et en Sicile. Bientôt, leurs villes atteignirent une telle prospérité qu'elles furent nommées "la plus grande Grèce" ; ses fondateurs s'étant dépassés dans le domaine du commerce, de l'instruction et des arts ; quelques-uns des établissements grecs existent toujours : Naples (la "Neapolis" ou "nouvelle ville"), la troisième ville italienne, est l'un d'entre eux. Beaucoup ont disparu ; leurs remparts et leurs monuments sont réduits en poussière. Mais de temps en temps, le voyageur tombe sur un temple grec dont les colonnes élancées se confondent avec le paysage au lieu de le défigurer.
Au nord de ces établissements, sur le sommet des collines de l'Italie du centre, un autre peuple, les Etrusques, bâtiront leurs villes et leurs cités. Leur langue nous est inconnue et nous ignorons également leur origine. Mais leurs statues de bronze finement travaillées et leur poterie montrent que cette population possédait des artisans experts, dont le talent a été transmis aux Italiens occupant aujourd'hui les emplacements des anciennes cités étrusques. L'Arc arrondi apparut tout d'abord dans leurs monuments et est devenu, depuis cette époque, l'un des éléments importants de l'architecture italienne.

Les latins, vivant dans la vallée du Tibre, étaient méprisés par leurs voisins, les Etrusques, qui les considéraient comme de simples bergers et cultivateurs. Ils fondèrent Rome, leur première ville, en l'année 753 avant J.-C.
Après une série de guerres victorieuses, Rome étendit son autorité sur la campagne environnante et sur toute l'Italie, plus tard encore sur la Méditerranée entière ; enfin, à l'époque de la naissance du Christ, l'empire romain englobait ce qui est maintenant l'Angleterre, la France, la Suisse, le sud de l'Allemagne, l'Autriche, la Hongrie, les Balkans, ainsi que la Turquie, la Syrie et l'Afrique du Nord.
Les Romains étaient un peuple fort et honnête. Ils compensaient certainement ce qui leur manquait sur le plan artistique par leur valeur militaire, un don extraordinaire de bonne administration et le génie du droit. Le droit romain est probablement l'oeuvre la plus durable que ce peuple ait élaborée et qui a eu l'influence la plus largement répandue. En Angleterre et aux Etats-Unis, le système juridique a certainement suivi une direction très différente de celui du reste de l'Europe, où le droit romain est encore de la plus haute importance.
En France, certains articles du Code civil sont traduits mot à mot du latin. La conception de la famille, les droits de la femme et leurs limites dérivent en droite ligne du droit romain. Même les juges qui ont à connaître des contrats commerciaux éclairent leurs décisions aux mêmes principes que leurs confrères romains du Ier siècle.

Il serait impossible d'imaginer l'Italie sans l'empreinte visible et invisible de Rome. La passion romaine pour les bains a laissé des établissements d'une dimension toujours impressionnante. La coutume des empereurs d'offrir des divertissements gratuits s'est traduite par la construction de monuments comme le Colisée de Rome ; les grandes routes pavées et bien entretenues de l'Empire ont fait de l'art de bâtir les voies de communication une tradition et les routes italiennes sont encore parmi les meilleures du monde (les premières autoroutes furent construites dans ce pays il y a près de 80 ans).
Pendant quatre cents ans depuis l'époque de Jules César jusqu'au Ve siècle de l'ère chrétienne, les empereurs romains régnèrent sur l'Italie et sur de vastes territoires en Europe, en Asie et en Afrique. Le christianisme devint alors la religion officielle de l'Empire et l'évêque de Rome, le chef de l'Eglise. A l'heure actuelle, le pape conserve ce titre et sa résidence est encore dans la ville éternelle. La puissance de l'Empire déclina cependant et en 400 après J.-C. un grand nombre de ses possessions furent conquises par des peuples que les Romains nommèrent les "Barbares".
En 476, le dernier empereur romain perdit son trône ; presque toute son autorité était, du reste, passée récemment à l'empereur de l'Est résidant à Constantinople (appelée également Byzance). A cette époque, l'Italie elle-même était envahie ; Rome et de nombreuses autres cités furent pillées et l'unité du pays détruite. Puis pendant mille quatre cents ans le pays fut divisé. Durant les siècles qui suivirent, il fut dirigé par des étrangers. Les Lombards et plus tard les Francs, occupèrent le nord et la plus grande partie du centre de l'Italie.
Les empereurs byzantins de Constantinople étaient les seigneurs de la côte est. Les Arabes gouvernaient la Sicile et ses riches domaines de culture. Rome, autrefois ville d'un million d'habitants, devint une vaste cité fantôme où ne vivaient plus qu'une trentaine de milliers de personnes. Les palais et les théâtres étaient vides et les immeubles où se tenaient jadis les réunions publiques utilisés comme des forteresses ; les terrains de cultures étaient abandonnés et transformés en marais où sévissait le paludisme, ou en pâturages de mauvaise qualité.

Deux ports de mer : Venise au nord et Amalfi au sud, étaient les seules villes en Italie à ne pas être sous la domination étrangère. Amalfi est bientôt conquise et son commerce passe aux Byzantins ; mais Venise, protégée par la mer, prospère et devient la plus grande puissance maritime et la plus riche cité de l'Italie.
L'exemple de Venise fut suivi par les villes du continent : Florence, Milan, Sienne et de nombreuses autres agglomérations devinrent des républiques indépendantes gouvernées par des conseils composés de citoyens. Quelques-unes de ces cités souveraines étaient assez grandes et étendaient leur autorité sur un vaste territoire au-delà de leurs frontières.
Les conflits entre ces cités et les dissensions intestines qui divisaient la population devinrent une caractéristique importante de la vie italienne. L'implacable rivalité entre les Capulet et les Montaigu, que Shakespeare décrivit dans Roméo et Juliette aurait pu exister dans n'importe quelle ville d'Italie au moyen âge. Les quatorze tours de San Gimignano sont les derniers vestiges de plus de cent maisons ainsi fortifiées, où les citoyens menacés par la guerre civile se retiraient pour se mettre à l'abri.

Le pouvoir et la richesse des villes italiennes s'appuyaient sur le commerce. Venise et Gênes, les deux grandes puissances maritimes de l'Europe du moyen âge se partageaient le commerce existant entre l'Est et l'Ouest. Les épices, les soies, les pierres précieuses venant d'Egypte et du Proche-Orient étaient transportées par des bateaux vénitiens et gênois et expédiées en Allemagne à travers les Alpes ou en France, en Flandre et en Angleterre par voie de mer. Comme les bénéfices s'accumulaient, la puissance financière des villes italiennes s'accrut et leur permit bientôt d'accorder des subsides à une grande partie de l'Europe. Dans notre mot "banque", on trouve comme un écho de cette époque ; le terme vient de "banco", qui exprime en italien le banc où s'asseyaient, sur les places des villes, les changeurs d'argent et les prêteurs.
Cette période de prospérité italienne est extrêmement importante pour l'Europe tout entière. La richesse amassée dans les villes de la Péninsule est à l'origine d'un âge d'or des arts et des lettres, le plus brillant qu'on ait jamais connu en Europe. La "Renaissance", terme souvent employé pour décrire cette période, signifie une nouvelle éclosion ou un retour aux traditions artistiques du monde grec et romain. Mais en réalité il signifie beaucoup plus. L'on peut pratiquement affirmer que la Ranaissance a créé des oeuvres d'une grande et impérissable beauté constituant encore aujourd'hui la gloire de l'Italie et de notre civilisation occidentale.

Les artistes des XVIe et XVIIe siècles étaient des maîtres en plus d'une matière. Léonard de Vinci, dont on admire depuis quatre siècles la Joconde et la Dernière Cène est l'un des plus grands peintres du monde. Mais il était également un génie de la mécanique et inventa des machines volantes, des tanks et des bateaux de guerre qui émerveillent encore les ingénieurs. Michel-Ange décora le plafond de la Chapelle Sixtine à Rome, de la plus importante et la plus célèbre fresque de tous les temps. Il dessina également la magnifique coupole de Saint-Pierre de Rome et comme sculpteur créa des chefs-d'oeuvre immortels tels sa statue de Moïse et les tombeaux de la famille Médicis. Galilée, physicien, astronome, inventeur du télescope, formula la loi de la gravitation universelle après avoir réalisé sa fameuse expérience en jetant, d'après la tradition, des pierres du haut de la tour penchée de Pise.

A partir de 1500, un autre art s'ajoute encore à ceux que les Italiens pratiquaient déjà : il s'agit de la musique. Bien sûr, il y avait des compositeurs en Italie avant cette date ; mais c'est pendant la dernière période de la Renaissance et à l'époque baroque que la musique italienne prend une importance de premier plan en Europe. La plus grande partie du vocabulaire musical est italienne et demeura inchangée depuis le XVIe siècle. Nous nous servons de la terminologie italienne qu'il s'agisse de la forme d'une composition (sonate ou concerto) de la façon dont elle doit être jouée (allegro, andante, adagio), de la force du son qui doit être employé (pianissimo, forte) ou des instruments eux-mêmes (violon, viola, cello, piano).
A partir du XVIe siècle, compositeurs et exécutants italiens ont continuellement été à la source d'un courant de grande musique qui se déverse sur le monde. Monteverdi, père de la musique italienne, par excellence l'opéra ; Palestrina, le premier compositeur moderne de musique sacrée ; Vivaldi, le créateur du concerto pour orchestre et instruments en solo ; et les maîtres de l'Opéra : Donizetti, Verdi, Puccini. Ces noms et combien d'autres sont immortels dans l'histoire de la musique. En Italie, ils demeurent vivants dans l'un des plus grands opéras du monde, "la Scala" de Milan, et dans les salles de concert où l'on peut tout au long de l'année entendre d'excellentes compositions.

L'Italie moderne unifiée est née il y a plus d'un siècle et demi lorsque quatre hommes : un roi, un philosophe, un soldat et un homme d'Etat décidèrent de mettre un terme à la domination étrangère sur ce pays. Victor-Emmanuel, roi de Sardaigne et de Piémont, devient en 1848 le symbole de cette Italie nouvelle. Mazzini, poète, philosophe, rêveur, invente le cri de bataille de "Jeune Italie" et rallie ses compatriotes autour du nouveau drapeau. Garibaldi, militant de la liberté, personnalité frappante et vêtu toujours, au combat, d'une chemise rouge, est le chevalier de l'unité de son pays. S'attaquant parfois à la tête de ses hommes, à des forces écrasantes, il libère à la suite de campagnes spectaculaires et victorieuses l'Italie du Sud de ses occupants. Cavour, le Premier ministre du roi Victor-Emmanuel, forge les alliances qui assurent à son peuple l'appui des autres nations européennes dans la lutte engagée pour réaliser l'unité.

Le fascisme fut l'attitude politique par laquelle un grand nombre d'Italiens répondit aux problèmes et aux difficultés qui assaillirent leur pays à la fin de la Première Guerre Mondiale. L'agitation des années d'après-guerre, la montée rapide des puissants partis socialiste et communiste, la vague des grèves paralysant l'industrie, bouleversèrent profondément le pays. Le mouvement fasciste lui offrit la stabilité, des travaux publics occupant les chômeurs, une poussée vers les possessions d'outre-mer séduisant les Italiens attirés par la tradition de l'empire romain. Le 27 octobre 1922, les fascistes tentent un coup de bluff : la marche sur Rome. Exaltée ensuite par le régime, elle regroupe moins de 30 000 hommes mal armés, tandis que la ville est défendue par 28 000 soldats bien équipés. Mais Victor-Emmanuel III craint pour sa couronne et écoute militaires, nationalistes et grands industriels profascistes, si bien qu'il ne proclame pas l'état de siège et nomme Mussolini chef d'un gouvernement où se côtoient fascistes et libéraux. De 1922 à 1926, Mussolini renforce son pouvoir : il interdit la grève et reçoit les pleins pouvoirs du Parlement (novembre 1922). Lors des élections de 1924, la coalition fasciste obtient la majorité absolue. L'assassinat du député socialiste Matteotti par des sicaires fascistes (1924) met le régime en crise : les députés d'opposition refusent de siéger et se retirent sur l'Aventin, tandis que de nombreux fascistes se désolidarisent de leur chef. Mais les opposants ne parviennent pas à s'unir, et Mussolini renonce à la fiction parlementaire : le 3 janvier 1925, il déclare assumer la responsabilité de cet acte et défie les députés de le poursuivre en justice. Les journaux d'opposition sont suspendus, les ministres libéraux démissionnent. Mussolini gouverne par décrets : l'initiative parlementaire disparaît, l'administration est épurée et les conseils municipaux supprimés. A tous les échelons, l'autorité remplace le principe démocratique. Les lois fascistes de 1926 couronnent l'édifice en niant toutes les libertés, en annulant les passeports et en interdisant journaux, partis et organisations d'opposition. La totalité du pouvoir se trouve dans les mains du Duce (Mussolini), assisté du Grand Conseil du fascisme ; le roi ne possède plus que l'apparence du pouvoir.
La question romaine est réglée par les accords du Latran, en 1929, entre le Saint-Siège et Mussolini ; ils reconnaissent le catholicisme comme religion d'Etat, abrogent la loi des Garanties du 13 mai 1871 et créent l'Etat du Vatican. Partout ailleurs, la force l'emporte : après avoir pacifié la Libye, l'Italie attaque l'Ethiopie, membre de la Société des Nations, à l'automne 1935, puis s'allie à Hitler, aux côtés duquel elle entre en guerre en 1940 (l'Italie a signé le pacte d'Acier avec le IIIe Reich). En 1943, le débarquement anglo-américain en Sicile entraîne la chute de Mussolini, qui se réfugie dans le Nord, où il fonde la République de Salo. L'Italie subit alors deux guerres : l'une civile, entre les fascistes de la République de Salo et les antifascistes ; l'autre entre Allemands et Alliés, qui occupent l'Italie. Le maréchal Badoglio signe un armistice avec les Alliés, et, en 1944, Victor-Emmanuel III est contraint d'abdiquer en faveur de son fils Humbert II, qui devient lieutenant général du royaume. En 1945, Mussolini est arrêté et exécuté sommairement.
Vingt années de fascisme ont laissé peu de traces à Rome ; mais dans la région agricole du Latium, voisine de la capitale, il y eut de profonds changements. Les marais furent asséchés, la malaria fut maîtrisée et ce lieu dépeuplé devint l'une des meilleures régions d'exploitation de l'Italie centrale.

La monarchie est abolie par référendum le 2 juin 1946, et la République est proclamée. Le traité de Paris (1947), signé par les puissances victorieuses avec les anciens alliés de l'Axe (Italie, Roumanie, Hongrie, Bulgarie, Finlande), lui retire ses colonies et procède à des rectifications de frontières, au profit de la Yougoslavie et de la France. De 1946 à 1996, l'instabilité caractérise la vie politique : près de 50 gouvernements se succèdent. Les communistes en seront toujours exclus après mai 1947, bien qu'ils aient recueilli plus de 30 % des voix. Contre les menaces communistes et fascistes, les démocrates-chrétiens dominent la vie politique avec l'appui des Etats-Unis et du Vatican : Alcide De Gasperi, chef de la Démocratie chrétienne et président du Conseil (1945-1953), amorce le redressement économique grâce à l'aide des Etats-Unis (plan Marshall). Jusqu'en 1962, la majorité repose sur le centrisme, qui unit Démocratie chrétienne, parti républicain, parti libéral et parti social-démocrate, opposés à la fois à la droite monarchiste et néofasciste et à la gauche socialiste et communiste. La croissance économique est forte : plus de 6 % de croissance par an, mais le "miracle italien" a accentué les différences entre le Nord industriel et le Sud en proie au sous-développement.



Le Vatican



A l'intérieur de Rome se trouve le Vatican, cité dans la cité, le plus petit Etat souverain du monde (0,44 km2), avec une population de 738 âmes. Mais les jours de fêtes importantes, la grande place devant la basilique Saint-Pierre contient près de 300 000 personnes s'efforçant d'apercevoir le pape, et désirant recevoir sa bénédiction. La cité du Vatican fut créée par le traité de 1929, quand l'Etat italien et le Saint-Siège reconnurent leur existence mutuelle. Au cours des soixante années qui se sont écoulées depuis 1870, le pape est demeuré prisonnier volontaire dans son propre palais. Aujourd'hui, il est souverain de son minuscule Etat, comprenant l'église Saint-Pierre, la grande bibliothèque et le fameux musée d'art du Vatican, sa résidence personnelle et les bureaux de l'Eglise catholique romaine.
C'est seulement une ligne blanche, peinte sur le trottoir de la place Saint-Pierre qui sépare le Vatican de l'Italie.
Depuis le 21 septembre 1984, le Vatican est inscrit dans le patrimoine artistique mondial.



Les monuments romains



Rome est la capitale de l'Italie. Elle compte 2 688 000 habitants.
Rome est une ville qui désoriente le touriste et le laisse au premier abord quelque peu accablé. Tous les styles d'architecture ayant compté au cours des deux derniers millénaires sont rassemblés dans ses murs ; ces murailles du reste existent réellement et ce n'est pas seulement là une façon de parler ! Le centre de la ville est encore entouré sur trois côtés par un ensemble de murs construits aux environs de l'année 275 après J.-C. ; énormes blocs de solide maçonnerie, percés par des ouvertures.
L'extérieur des monuments romains est presque toujours baroque, style qui fut florissant sous les papes entre 1550 et 1750. Mais derrière ces façades, il est difficile de savoir ce qui va être découvert, par exemple l'intérieur d'une église Renaissance, avec un grand autel de style gothique et une crypte médiévale, bâtie elle-même à son tour sur une fondation romaine remontant à l'époque du Christ.
Il existe également une Rome moderne ; certains nouveaux immeubles d'habitation sont d'excellents exemples de l'architecture fonctionnelle d'aujourd'hui.
Rome est avant tout le miroir de l'histoire italienne. Le Forum, le grand lieu de réunion était le rendez-vous des principales personnalités de la cité avant et pendant la période de l'Empire romain et ses immenses temples en ruines, ses arcs de triomphe ont été, depuis bon nombre d'années, un terrain béni d'investigation pour les archéologues.
La splendeur des palais, des églises et des fontaines de la Renaissance rappelle au visiteur la pompe de la Rome des papes. Ces derniers consacrèrent leur fortune personnelle et une grande partie de la richesse de l'Eglise à faire de cette ville éternelle la cité la plus magnifique de leur époque. Le vaste monument de marbre élevé à Victor-Emmanuel, premier roi d'Italie, commémore la période qui s'est écoulée entre 1870 et 1918, marquant, sous le règne de ce souverain et de ses successeurs le progrès lent et régulier du pays.



Milan



Milan est une ville d'industrie et de finance, un noeud de voies ferrées et d'autoroutes. Les banques les plus importantes de la péninsule y ont leur siège central et le marché financier milanais est le baromètre de la marche des affaires nationales. Il y a dans cette cité une activité qui ne ressemble pas à l'agitation fébrile de Rome, mais rappelle plutôt le travail acharné existant dans un grand centre d'affaires quelconque, comme Paris, New York ou Londres.
A l'intérieur et autour de la ville, dans sa banlieue et dans les agglomérations voisines sont groupées les installations industrielles les plus considérables d'Italie. On y trouve les usines d'acier, d'automobiles, de machines à écrire et à coudre, de produits chimiques, de textiles.
Cependant, Milan n'est pas seulement célèbre par l'industrie, la haute finance et sa situation géographique. Le centre de la ville est la grande place où s'élève la cathédrale, l'une des plus importantes et intéressantes églises du pays symbolisant le travail de plusieurs siècles.
Le Pô et ses affluents venant des Alpes apportent une eau abondante et les champs irrigués de blé et d'avoine, de riz et de betteraves s'étendent loin à l'horizon. Plus au nord, les Alpes et leurs contreforts fournissent à la Lombardie une autre source de richesse. Les rapides cours d'eau alpins sont équipés de nombreux barrages, produisant l'électricité nécessaire aux trains, aux machines industrielles, aux maisons et aux fermes.



Le Piémont



Au nord-ouest de la Lombardie se trouve le Piémont, la région qui fut à la pointe du combat mené par l'Italie pour réaliser son unité au cours des batailles de 1848, 1859, 1866. C'est une province encore plus variée que la Lombardie. Le haut Piémont, région montagnarde et sauvage des Alpes, attire les touristes de toute la péninsule et produit une énorme quantité de force hydro-électrique. Le bas pays autour d'Asti est couvert de vignobles donnant un vin pétillant comme le champagne.
Située sur les rives du Pô, Turin est une ville aux boulevards majestueux, aux places bien proportionnées, aux élégants palais d'apparence quelque peu française, car, de toutes les grandes cités italiennes, Turin est la plus proche de la France.



Bologne



Au sud-est de Milan, les larges plaines du Pô se prolongent jusqu'aux rivages de la mer Adriatique. Ce sont les plaines d'Emilie, région longtemps renommée pour la prospérité de ses fermes, ses magnifiques églises, sa bonne cuisine, estimée par certains comme la meilleure d'Italie. Bologne, principale ville de cette province, est célèbre depuis le moyen âge comme la "cité savante", où se trouve le siège de la plus vieille faculté d'Italie, rivalisant avec Paris pour le titre de doyenne de toutes les universités du monde. Bologne est également connue comme une "cité de gourmets", ses rôtis et ses sauces représentent aux yeux des Italiens connaisseurs le symbole de perfection en fait de cuisine. Elle est située au carrefour des grandes voies de communication conduisant à Florence, à Rome et à Naples. Deux tours penchées, une cathédrale gothique incomplète et cependant intéressante et les arcades tout à fait typiques de ses principales rues rendent cette cité aussi fascinante que les villes de l'Italie du Nord.



Venise



Venise est bâtie sur un grand nombre de petites parcelles de terre s'élevant au-dessus des hauts fonds de la région côtière. Etayés par des pieux, ses églises, ses palais et ses bas quartiers s'élevèrent à travers les siècles jusqu'à ce que la configuration actuelle eût pris forme. La ville est demeurée inchangée pendant trois cents ans. Sa rue principale, le Grand Canal, est l'équivalent de l'avenue des Champs-Elysées où les familles des plus riches Vénitiens firent construire leurs maisons, des palais ciselés et ornés jusqu'à ressembler à des boîtes à bijoux, reflétant leur image dans les eaux.
La place Saint-Marc dominée par les grandes coupoles dorées et les mosaïques de la basilique et par la tour de l'horloge haute et élancée, appelée le Campanile, est le centre administratif de Venise.
Venise est l'un des premiers ports de mer italiens, mais le tourisme constitue la plus importante source de revenus depuis qu'au XVIe siècle les fortunes de la République commencèrent à décliner après la découverte de nouvelles routes vers les Indes.



La Toscane



La Toscane, plus qu'aucune autre région d'Italie, s'identifie avec la Renaissance et ses cités et ses villes, ses coteaux et ses chemins sinueux, ses vallées agréables, ses admirables points de vue aperçus des villages situés en haut des collines, constituent une partie de l'héritage artistique livré au monde par la Renaissance.
La Toscane est un pays d'excellente exploitation agricole, spécialement renommée pour son vin de Chianti, et producteur vinicole important.



Florence



Florence est la plus célèbre des cités toscanes et comme centre artistique et artisanal, elle est depuis des siècles la première ville d'Italie. Bâtie le long de l'Arno, fleuve au cours sinueux, Florence est appelée depuis le moyen âge la "ville des ponts". Ceux-ci ont été détruits au cours de la seconde guerre mondiale ; le reste de la ville a été épargné. Seul le plus vieux pont appelé "Ponte Vecchio" (l'ancien pont) est demeuré debout.
Pendant la période brillante de la Renaissance, Florence était la plus riche cité de l'Italie et la fortune de ses grandes familles faisait vivre les principaux artistes de son époque. Le centre de la ville est rempli de palais, d'églises et de musées. Sur la place principale située sous la haute tour de l'hôtel de ville datant du XIVe siècle, se trouve une galerie en plein air contenant de nombreuses statues et le musée des Offices qui abrite la fameuse collection de peintures de la Renaissance.



Assise



Au sud de la Toscane, la route et le chemin de fer passent de la vallée de l'Arno à celle du Tibre, et se dirigent vers l'Ombrie et le Latium. L'Ombrie est presque au centre de la Péninsule italienne. C'est une toute petite région devenue célèbre grâce aux actions et aux paroles de son plus admirable fils, saint François d'Assise.
Saint François d'Assise naquit à Assise, ville constituée par une série de maisons perchées sur le flanc d'une montagne et dominant la large vallée du Tibre. Des milliers de pèlerins y viennent chaque année rendre hommage au saint.



Naples



La région de Naples est la plus peuplée d'Italie et l'une des plus pittoresques. C'est un territoire étroit en forme de faucille, entourant la baie et dominé par le haut cône imposant du mont Vésuve, un des deux volcans d'Europe en activité. Naples est une cité très vivante. Ses rues, pour la plupart étroites, serpentent entre les collines et la mer.
En dehors de Naples, la fertile cendre volcanique du Vésuve qui, autrefois, ensevelit Pompéi sous sa coulée brûlante de lave, fait maintenant pousser des légumes et du chanvre, du blé et des fruits. La baie regorge de toutes sortes de poissons et les restaurants de Naples au bord de l'eau servent les meilleurs produits de mer de toute l'Italie.
Deux îles se trouvent au large et séparent la baie de Naples de la Méditerranée : ce sont Capri et Ischia. Ischia est un ancien volcan éteint. Capri est un rocher presque stérile ; au cours des derniers soixante ans, elle est devenue l'un des lieux de villégiature les plus populaires du monde.



Risques naturels



L'Italie est le pays européen le plus vulnérable aux caprices de la nature. Aucune parcelle n'est à l'abri des inondations, des tremblements de terre ou des effets du volcanisme. Le Sénat romain s'interrogeait déjà sur la possibilité de dévier les fleuves, pour éviter les inondations. Si la plaine du Pô semble à l'écart des tremblements de terre, l'inondation de 1951 fit plus de 100 victimes. Ce triste bilan sera dépassé en 1953 à Reggio di Calabria, puis en 1954 sur la côte d'Amalfi, ensevelie sous les boues. L'inondation qui ravagea Florence en novembre 1966 toucha plus de 1 100 communes. En 1979, la Toce, dans le val d'Ossola, sort de son lit : 30 personnes périssent. Les effets de ces catastrophes sont d'autant plus ressentis que de fortes densités de population se concentrent dans les zones inondables. Les Italiens n'hésitent d'ailleurs pas à installer leurs villes dans les lits majeurs des rivières ; plus de 20 % des habitants de Vénétie vivent dans un espace à risque.
L'Italie est tectoniquement très instable. Près de 5 000 tremblements de terre ont été recensés depuis les débuts de l'ère chrétienne. Trois zones sont particulièrement menacées : les Alpes vénitiennes, l'Apennin toscan, l'Apennin central et méridional. Le séisme le plus meurtrier, celui du 28 décembre 1908 à Messine, a fait plus de 100 000 victimes. Les tremblements de terre, comme celui du Frioul en septembre 1976, dévastent des régions entières. Plus meurtriers que les inondations, ils entraînent leurs cortèges de sans-abri et le détournement des nombreuses aides par les "honorables sociétés", sans compter les répliques (1 500 de ces "secousses" plus faibles, qui interviennent après le choc principal, furent enregistrées après la catastrophe de Messine).
Les éruptions volcaniques, associées à la fragilité et à l'instabilité de l'écorce terrestre, sont devenues moins dangereuses, les progrès de la volcanologie permettant d'établir des prévisions sérieuses ; la concentration de population dans les aires à risque a été réduite. Si quelques terroirs, sur les pentes de l'Etna, le plus grand volcan européen, sont parfois ensevelis sous les laves, les accidents restent ponctuels. Mais on ne peut exclure l'éventualité que Naples, coincée entre les vieux volcans des champs Phlégréens et le Vésuve, ne soit un jour ensevelie sous les lapilli de ces volcans de type explosif, comme le fut Pompéi.



Ressources naturelles



L'Italie est pauvre en ressources naturelles. Les gisements de fer de l'île d'Elbe, les mines de mercure du mont Amiata, en Toscane, et celles de soufre, en Sicile, sont tous fermés. Seules fonctionnent encore quelques exploitations de plomb et de zinc en Sardaigne, de bauxite dans les Pouilles. La principale richesse est constituée par le marbre (région de Carrare). Le domaine énergétique n'est pas épargné. Le méthane, d'abord découvert dans la plaine du Pô, est aussi exploité en Lucanie et en Sicile (un complément provient du Maghreb). L'hydroélectricité des centrales alpines n'est plus suffisante. En 1987, l'accident de Tchernobyl, après un référendum, a fait suspendre le programme nucléaire. Le taux de dépendance énergétique est supérieur à 80 %. Pour combler le déficit énergétique, les Italiens ont créé une flotte pétrolière et édifié la plus puissante industrie de raffinage d'Europe.



Industrie



Les matières premières et les sources d'énergie, peu nombreuses et dispersées, n'ont pas eu d'impact sur le développement industriel, à l'exception de quelques secteurs très spécialisés, comme le marbre en Toscane ou l'électrométallurgie alpine. La fonction bancaire des métropoles, encouragée par l'épargne, a été un facteur déterminant. La forte tradition artisanale a facilité la floraison des petites et moyennes entreprises. Mais l'emprise humaine concerne aussi les grandes firmes. Le renouveau de la Fiat à Turin, qui s'est fait contre le pouvoir purement gestionnaire des syndicats, est l'oeuvre de la famille Agnelli. Cette spécificité se retrouve dans les grands groupes nationalisés - ENI (Ente nazionale idrocarburi) et IRI (Istituto per la ricostruzione industriale) -, mis en place sous le fascisme, puis réformés et reconduits après la Seconde Guerre mondiale. La persistance des traditions et la pauvreté en matières premières expliquent la prédominance des industries de biens de consommation, bien que l'Italie dispose de quelques industries lourdes, la plupart gérées par l'Etat. La sidérurgie sur l'eau (Naples, Gênes et Tarente) assure à la Botte italienne le deuxième rang européen dans ce domaine. Mais la péninsule n'abrite pas de véritable région sidérurgique, comme la Ruhr ou autrefois la Lorraine. La chimie, elle aussi dans le giron de l'Etat, est associée au développement des raffineries portuaires. Pour réduire les pesanteurs bureaucratiques et faire échec au clientélisme, mais aussi pour renflouer les caisses, vides, le désengagement industriel de l'Etat-patron s'accélère : des privatisations sont en cours de réalisation.

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