Voyage et tourisme
Le Maroc (Afrique)
LE mot Maroc vient de l'espagnol Marrakech, capitale des Almoravides fondée en 1052.
C'est sous le nom de "Maghreb extrême" qu'on désignait autrefois le pays qui s'étend au nord-ouest de l'Afrique : le Maroc d'aujourd'hui, un pays grand comme la France (710 850 km2 avec le Sahara occidental) et peuplé de plus de 30 millions d'habitants. La région la plus peuplée est celle des plaines du Maroc occidental, entre le massif des Jbala, au nord, et le Grand Atlas, au sud ; la densité de la population diminue fortement dans les montagnes et elle est moindre que celle qu'on constate dans un autre pays montagneux de l'Afrique du Nord : la Kabylie. Quant à la zone saharienne, elle est peu habitée, sinon autour des oasis.
Son altitude maximale est le djebel Toubkal (4 165 m).
Le Maroc compte 3 446 km de côtes, dont 512 sur la Méditerranée et 2 934 sur l'Atlantique.
Ses frontières sont les suivantes (en km) : Algérie 1 559, Mauritanie 1 561, Espagne 15,9 (Ceuta et Melilla).
Ses fleuves (en km) sont : Draâ 1 200, Oum er Rbiâ 600, Sebou 500, Moulouya 450, Tensift 270, Ziz 270, Bouregreg 250.
Langues. Officielle : arabe (65 %) ; autres : berbère (tamazight) [33 % dont riffi, zaïme, chleuh], hassania, français, espagnol.
Religions. Musulmans (Officiellement, sunnites ; rite malékite) : 99,95 % (le roi Mohammed VI est commandeur des croyants, "Amir el-Mouminin"). Mosquée Hassan II (Casablanca) : la plus grande après La Mecque, longueur 200 m, largeur 100 m, hauteur 60 m, hauteur du minaret 200 m avec laser vers La Mecque, surface 20 000 m2 plus 80 000 m2 de parvis, toit pouvant en partie s'ouvrir. Israélites : environ 7 000. Chrétiens et autres : 1 % en majorité étrangers ; catholiques (40 000 baptisés), protestants 2 000 à 3 000.
Le Maroc est situé à un des importants carrefours du monde par le détroit de Gibraltar qui le sépare de l'Europe.
Les montagnes du Rif et de l'Atlas isolent le pays de son prochain voisin : l'Algérie, qui n'est reliée à lui que par le couloir de Taza.
En plus de la chaîne montagneuse du Rif qui borde la côte méditerranéenne du Maroc, d'autres massifs importants compartimentent le pays : le Moyen Atlas, le Haut Atlas et l'Anti Atlas, tous trois presque parallèles à la côte de l'Atlantique et coupés les uns des autres par d'immenses plateaux d'un accès difficile.
La présence de l'homme en territoire marocain remonte à l'époque préhistorique, ainsi qu'en témoigne la découverte de restes de squelettes humains fossilisés près de Rabat, Casablanca et autres villes. Ces restes datent de l'ère paléolithique inférieure et appartiennent à une race humaine qui possède les mêmes caractéristiques que l'homme du Neandertal. Il semble que durant le paléolithique supérieur le Maroc fut habité par une espèce humaine étroitement liée à l'homo sapiens. Durant le néolithique, les Phéniciens et les Carthaginois arrivèrent en Afrique du Nord et participèrent à l'évolution du Maroc.
Après l'arrivée des berbères, le Maroc connut sur son territoire le passage des romains, des vandales et des byzantins. Mais son histoire commence avec la conquête arabe et l'implantation de l'Islam à la fin du VIIIe siècle, conquête réalisée par le Chérif Moulay Idriss, arrière-petit-fils d'Ali, gendre de Mahomet ; Idriss II, fils posthume de Moulay Idriss fut le fondateur du premier royaume du Maroc.
Les royaumes de Berghouate, actuellement Chaouia, et de Sijilmassa, dans la région des oasis, et le royaume arabe des Idrissides furent créés postérieurement. A la mort d'Idriss II - au début du IXe siècle - de nouveaux royaumes berbères s'installèrent au Maroc.
Une seconde invasion arabe se produisit plus tard et au Xe siècle les Almoravides fondent un grand empire qui s'étend sur le territoire actuel marocain.
Au XIIe siècle, l'Almohade Ibn Toumert fonda une nouvelle dynastie. Son successeur, Abd el Mou'min, conquit l'Atlas marocain et les principales villes d'Algérie, de Tunisie et d'Andalousie. Son fils et son petit-fils agrandirent l'empire. Mais l'empire almohade s'écroula au IIIe siècle. C'est alors qu'apparaissent les Mérinides et les Saadiens dont les dynasties respectives contribuèrent à cimenter le trésor artistico-culturel marocain.
Vers le milieu du XVIIe siècle, les Alaouites remplacèrent les Saadiens et fondèrent la dynastie - établie par Moulay Ismaïl à Meknès - qui a connu la gloire d'éclairer le Maroc moderne dont l'indépendance fut reconnue par Mohammed V en dénonçant les protectorats imposés par la France et par l'Espagne et que consolida fermement son fils, feu Hassan II. En effet, en 1975, le Maroc a retrouvé son "Sahara occidental" jadis colonisé par l'Espagne, et ce grâce à la "Marche verte".
Dès l'aube du XXe siècle, le Maroc connut une véritable métamorphose : on construisit des ports, des villes, des routes, des voies ferrées, des aérodromes. Cette métamorphose s'étendit aux domaines du commerce et de l'industrie.
Aujourd'hui, le Maroc, est devenu un grand pays moderne tourné vers l'avenir, la nation marocaine une nation vivante, un peuple en marche vers le progrès, fier de ses 3 000 ans d'histoire.
Un tourisme en pleine expansion
La situation privilégiée du Maroc, baigné par deux mers, jouissant d'un climat idéal, attachant par ses particularités, héritier d'une vieille tradition, hospitalier par nature, prédisposait à une vocation touristique qui a été longue à s'affirmer, mais qui connaît aujourd'hui un essor extraordinaire. Longtemps le Maroc a été un pays de grand tourisme, c'est-à-dire réservé à une classe sociale riche, composée d'hommes d'affaires en général qui descendaient dans des hôtels de luxe.
Il n'en est plus de même aujourd'hui, car le pays s'est doté peu à peu d'un équipement suffisant grâce auquel a pu s'imposer le tourisme de masse. Dans le même temps se développait un dense réseau de lignes aériennes et maritimes, qui rapprochait le Maroc de l'Europe à laquelle le rattachent tant de liens historiques.
Depuis 1965, le tourisme au Maroc a été déclaré "industrie prioritaire" ; cette année-là, 500 000 visiteurs sont venus dans le pays. En 1999, ce sont 2 400 000 touristes qui ont visité le Maroc. C'est dire l'importance de plus en plus grande que représente le tourisme dans l'économie marocaine, la source de revenus qui en découle, les possibilités d'emplois nouveaux qu'il offre.
Comment vit le Marocain
Selon qu'il vit à la ville ou à la campagne, la vie quotidienne du Marocain a des aspects bien différents.
Dans une grande ville, elle ne s'éloigne guère de celle que nous connaissons en Europe, par exemple ; les hommes vont au bureau ou à l'usine, les femmes s'occupent de leur foyer ou tissent les merveilleux tapis. On voit aussi de plus en plus souvent, dans les bureaux ou le commerce, des jeunes filles ayant reçu une formation complète et moderne.
Les enfants vont à l'école ou au lycée et, le soir, tous se retrouvent au "foyer" qui a gardé au Maroc son sens profond, où la tradition est toujours respectée, même si les antennes de télévision et les paraboles se dressent partout sur les toits, où les membres de la famille, même les plus éloignés, sont toujours accueillis, comme le sont tous les amis.
A la campagne, la vie est marquée, comme dans toutes les campagnes, par le rythme des saisons ; elle a gardé dans beaucoup d'endroits cet aspect serein ; tous les gestes, même les plus pénibles, sont accomplis sans hâte inutile, d'une façon sûre qui leur confère une certaine noblesse, comme est noble le port des paysans et des montagnards.
Mais la vie quotidienne n'est pas que travail ; de nombreuses fêtes la ponctuent, à la campagne comme à la ville, fêtes religieuses, moussems, qui sont l'occasion de déplacements, de visites rendues et reçues, de petits présents que l'on fait aux parents, aux enfants ou aux amis.
On se rassemble, les femmes parées de leurs plus beaux atours, de leurs plus beaux bijoux ; on bavarde, on retrouve les chants et les danses traditionnels.
Les mariages sont aussi l'occasion de grandes fêtes, où le cercle des amis s'élargit à volonté, où l'étranger même est accueilli avec la plus grande simplicité. Cette hospitalité est l'un des traits principaux du caractère marocain. Que vous soyez reçu dans un palais, une maison modeste ou sous la tente des nomades, elle ne se démentira jamais ; elle va si loin que le Maroc est un pays où l'on ne peut parler de "choses à faire ou à ne pas faire" ; vous êtes "l'hôte" et le titre est sacré.
La fierté, la bravoure font également partie intégrante du caractère marocain ; il peut varier de façon nuancée, selon le milieu ou la région d'origine, mais toujours on y retrouve ces éléments prépondérants.
On ne finit jamais de découvrir le Maroc ; baigné à la fois par la Méditerranée et l'Atlantique, traversé de hautes chaînes de montagnes qui en diversifient les aspects presque à l'infini, où l'on peut se baigner pratiquement toute l'année et aussi skier en hiver, où l'on trouve à la fois des villes modernes, ouvertes sur le monde et à la vie active, et des régions bénies où le rythme de la vie s'accorde profondément avec la nature, où les bijoux ont une longue histoire, où les chants et les danses viennent du fond des âges.
Une cuisine raffinée
Un autre domaine, non moins varié, reste cependant à explorer, celui de la cuisine riche, raffinée, subtile. Elle nous offre toute la gamme des tajines longuement mijotés à l'étouffée, des couscous traditionnels, mais aussi une infinité de potages dont le plus célèbre est la Harira, une soupe riche que mangent les Marocains pour rompre le jeûne quand tombe la nuit, durant le mois de Ramadan.
Les brochettes d'agneau fondent sous la dent, la Pastilla servie en entrée dans les grands dîners et composée d'une pâte feuilletée fine, fourrée d'une farce de pigeon et d'amandes pilées, ravit par son mélange subtil ; le méchoui doré, odorant, est à la fois plaisir des yeux et du palais.
Toutes les salades aussi, variées, colorées, alliant le doux et le piquant, et les desserts enfin où se mêlent la pâte légère, le miel, les amandes, les dattes, les grains de sésame.
N'oublions pas les olives, noires, vertes, violettes, parfumées d'une multitude d'épices, les poivrons de tous genres, les citrons confits.
Parlons aussi du pain marocain, généralement préparé à la maison, sorte de galette plate et savoureuse que l'on rompt pour chacun des invités.
Quelle que soit la saison, le plateau des fruits est toujours abondamment garni : oranges, mandarines, pamplemousses, bananes, bien sûr, mais aussi fraises, prunes, pêches, abricots, cerises, raisins, figues fraîches, grenades, melons et les succulentes pastèques. Et tous les fruits secs traditionnels : noix, amandes, dattes, raisins secs.
Et naturellement le thé à la menthe, que chaque Marocain offre et boit en toutes occasions et dont la préparation est un véritable rite souvent assumé par le chef de famille. Il utilise le thé vert, le sucre plus ou moins et y ajoute la menthe fraîche et parfumée, quelquefois remplacée par des fleurs d'oranger ou de la marjolaine.
Au raffinement de cette cuisine s'ajoute celui de l'accueil. Quelle que soit la maison qui vous reçoit, que l'hôte soit riche ou pauvre, les attentions les plus délicates sont réservées à "l'invité", à "l'ami".
Dans ce domaine encore nous retrouvons intacte la tradition séculaire au sein d'un pays résolument moderne tourné vers l'avenir.
Les Moussem
Le mot Moussem vient de l'arabe "Wasm", marque de propriété des animaux.
Dans l'Arabie anti-islamique, le mot "Maousim" était la grande fête annuelle, la grande foire du marquage des bêtes. Par la suite, on appliqua ce terme à certains pèlerinages qui coïncident avec ces fêtes annuelles. Les pèlerinages honorent, au Maroc, le souvenir des saints personnages et se déroulent dans la ville ou le village, sur les lieux mêmes des tombeaux.
Pour couvrir les frais des festivités et le montant des offrandes, les syndics des corporations, assistés des notables de leurs corps de métier, font une collecte. Les tisserands fournissent la housse du catafalque du saint, en soie brodée d'or. Tanneurs, cordonniers, forgerons, marchands offrent des taureaux pour les sacrifices et d'énormes cierges pour l'illumination du sanctuaire.
Plusieurs jours avant le Moussem, les fêtes succèdent aux réjouissances, les séances de musique et de chants aux repas plantureux.
Enfin le grand jour arrive. C'est alors la présentation des offrandes qu'accompagnent de longues et bruyantes processions qui dureront jusqu'au coucher du soleil.
Le Moussem des fiancés
Il se déroule dans un petit village du Haut Atlas : Imilchil. Pour les jeunes gens et jeunes filles de cette région, il est de tradition de se marier le jour du Moussem. Autrefois, à Agdoud, un saint homme bénissait les unions ce jour-là ; Elles étaient, dit-on, toujours heureuses. Aujourd'hui, cette traditionnelle cérémonie des fiancés a lieu sur l'emplacement même où reposent les cendres de ce saint homme. Elle permet aussi à des milliers de personnes des hauts plateaux de se réunir sous les tentes pendant quarante-huit heures, avec leurs troupeaux, leurs chevaux et leurs chameaux, aux jeunes filles de se parer de leurs bijoux d'argent et de danser.
La fête des cires
A Salé, la ville voisine de Rabat, on a conservé une des plus pittoresques traditions du Maroc : la procession des cires : Dour ech Chemâa. L'origine de cette fête remonterait à l'époque barbaresque. Avant de s'embarquer pour leurs aventureuses expéditions, les corsaires de Salé venaient en procession porter des lustres de cire au sanctuaire de Sidi Abdellah Ben Hassoun, patron de la ville, afin de se placer sous sa protection.
Cette procession se déroule toujours au mois de septembre, et est l'occasion de joyeuses manifestations populaires.
Une chamelle est sacrifiée
En plein Sahara, dans le petit village de Tan-Tan, au mois de juin, toutes les tribus avoisinantes se rassemblent à l'occasion du Moussem de Sidi Mohamed Ma'El Aïnin. Après la prière au marabout, on procède au sacrifice traditionnel de la chamelle. Ensuite, c'est la vente des produits apportés par les membres de ces tribus et des chameaux groupés par milliers durant le Moussem.
Casablanca la blanche
Capitale industrielle et commerciale du Maroc, Casablanca est l'une des villes les plus peuplées (2 940 623 habitants) et les plus importantes du Royaume. Hospitalière et lumineuse, Casablanca fait honneur à son nom. On l'appelle généralement Casa (en arabe Dar el Beida, Maison Blanche). Elle couvre une grande superficie et son port splendide est situé entre les promontoires d'Oukacha et d'El Hank, qui lui font un abri sûr. Elle possède les installations portuaires les plus importantes du continent africain.
Alors que Rabat est la capitale politique du Maroc, aucune autre ville ne peut disputer à Casablanca le titre de capitale économique. La croissance de Casablanca est relativement récente et débute durant les premières années du XXe siècle. Après la Seconde Guerre Mondiale, l'industrialisation de la grande ville marocaine augmenta de façon vertigineuse. C'est le premier port marocain et l'un des plus attrayants de l'Afrique. C'est une escale maritime importante entre l'Europe, l'Afrique et l'Amérique du Sud, particulièrement le Brésil et l'Argentine.
Actuellement, Casablanca s'agrandit constamment et le fait suivant le cours d'une marocanisation profonde et constante, intensive à partir de 1956, année où le Maroc récupéra son indépendance.
L'aspect de la ville est dominé par la présence de grands immeubles modernes dont le profil contraste fortement avec la présence des constructions typiques de style arabe. Le centre de Casablanca est couronné par le magnifique Parc de la Ligue Arabe et ses grandes avenues peuvent concurrencer celles de Paris ou de New York.
La zone de Casablanca actuel fut occupée par l'homme durant l'époque Paléolithique. Les origines de la ville ne sont pas connues exactement mais il semble que la ville d'Anfa se trouvait autrefois au même endroit qu'actuellement. Anfa joue un rôle important dans l'histoire marocaine de la fin du VIIe siècle et début du VIIIe. Durant les XIIe et XIIIe siècles, le nom d'Anfa revient très souvent. Les corsaires d'Anfa furent attaqués en 1468 par une flotte puissante commandée par l'infant Ferdinand du Portugal. La vile souffrit une autre dramatique attaque portugaise en 1515. 60 ans plus tard, les Portugais s'installèrent dans l'ancienne ville qui fut fortifiée, reconstruite et baptisée du nom de Casa Blanca. Les attaques continuelles des tribus voisines et les ravages provoqués par le célèbre tremblement de terre de 1755 obligèrent les Portugais à se retirer de Casablanca. Durant le règne de Sidi Mohamed Ben Abdellah (1757-1790), elle fut habitée par les berbères... La ville fut fortifiée et reconstruite. Elle s'appelait à cette époque Dar el Beida, nom que les Espagnols transformèrent en Casablanca. Au XVIIIe siècle, la ville devint un important centre commercial. Au milieu du XIXe siècle, le rôle commercial de la ville s'accrut davantage et en 1862 un service régulier entre Marseille et le Maroc fut établi. Au début du XXe siècle commencèrent les travaux de construction du port moderne, base principale du développement économique actuel de Casablanca. L'importance économique de la ville n'empêche absolument pas, au contraire, l'afflux touristique constant facilité par la présence proche de plages magnifiques entourées d'une végétation dense et pourvues de magnifiques installations hôtelières. Les plages de Pont Blondin, Sehb Edheb, Temara, Miramar, El Harhoure, Tamaris ou d'Azemmour (entourée d'eucalyptus) sont d'un attrait touristique important.
Il est aussi très intéressant de visiter le célèbre aquarium de Casablanca, inauguré le 3 janvier 1962.
D'autre part, la ville possède de splendides installations sportives : golf, tennis, équitation, de régates et d'autres spécialités ainsi que de nombreux cabarets et night-clubs de grande catégorie.
C'est un véritable plaisir que de parcourir les rues de la ville et de se promener dans les vieux quartiers musulmans, pittoresques à l'excès. La Place Mohamed V est le centre le plus animé de Casablanca. Les principales avenues sont celles de l'Armée Royale, sur laquelle sont situés plusieurs immeubles des plus importants de la ville, le boulevard Mohamed el Hansali - qui conduit de la place Mohamed V au port et qui est littéralement envahi de boutiques et de magasins - et l'avenue Hassan II. La Place des Nations Unies est aussi un lieu important. Dans l'ancienne médina, labyrinthe pittoresque de ruelles, il est conseillé de visiter les mosquées de Jama el Kébir et Jama ech Chleuh et du sanctuaire de Sidi el Kairouani, construit au début du XIXe siècle en hommage à Sidi Allah el Kairouani, premier patron de Casablanca.
Rabat, ville des jardins
Capitale administrative du Maroc moderne, Rabat (avec Salé) compte 1 385 872 habitants.
C'est la ville des arbres et des fleurs, grâce à ses nombreux jardins. Des portes monumentales telle Bab el Rouah et, celle, entourée d'une muraille crénelée et bastionnée de la Kasba des Oudaïa, témoignent de la puissance almohade aux temps où la ville n'était qu'un simple camp militaire - Ribât el Fath - le camp de la Victoire.
Dominant la ville, la Tour Hassan s'élève au-dessus des ruines de la mosquée. La construction fut interrompue en 1199 à la mort de son bâtisseur, Yacoub el Mansour. Les habitants en prélevèrent des matériaux et le tremblement de terre de 1755 compléta l'oeuvre de destruction. Ce sanctuaire abrite le mausolée du roi Mohammed V et de ses deux fils Moulay Abdallah et Sa Majesté feu le roi Hassan II.
Du sommet de la tour, on découvre le panorama de Rabat, l'embouchure du Bou Regreg, la ville de Salé et, à l'horizon, la ligne sombre de la forêt de la Mamora. On aperçoit aussi Chellah, en dehors de la ville.
Par la porte des Zaër, on aboutit à une enceinte intérieure qui, une fois franchie, fait découvrir au visiteur le Méchouar au fond duquel se dresse le Palais du roi. C'est sur le Méchouar - l'esplanade - que s'assemble le peuple marocain à toute occasion pour acclamer son souverain.
Le touriste qui s'intéresse à l'histoire ancienne, le curieux, ne manqueront pas de visiter le Musée des antiquités, qui abrite des bronzes de Volubilis.
On ne peut dissocier Rabat de Salé, sa soeur jumelle et voisine immédiate, qui s'étend sur la rive opposée du fleuve, le Bou Regreg. Elle fut fondée au XIe siècle par les Mérinides, nomades zenètes venus du Sahara qui la dotèrent, aux siècles suivants, d'une enceinte.
Si Rabat est la ville des jardins, Salé est la ville des sanctuaires ; le plus vénéré est celui de Sidi Ben Achir, d'une blancheur immaculée sous le ciel bleu et sur le fond ocre des remparts où d'antiques canons de bronze demeurent pointés vers le large.
De Rabat à Meknès, le voyageur traverse la forêt de la Mamora, plantée en eucalyptus, en chênes-lièges, en pins. Il s'arrêtera à Tiflet et Khemisset pour déguster les brochettes et le thé à la menthe avant d'aborder les lacets de l'oued Beth et le riche plateau de Meknès.
Meknès, l'oeuvre de Moulay Ismaël
Entourée d'une triple enceinte de remparts, Meknès compte aujourd'hui 530 171 habitants. La ville est l'oeuvre de Moulay Ismaël, le grand souverain alaouite qui régna sur le royaume pendant plus d'un demi-siècle. C'est Meknès qu'il avait choisie comme capitale. Une mosquée de la ville abrite les tombeaux de ce grand souverain et de deux de ses fils et cette mosquée est - autorisation exceptionnelle - la seule au Maroc que les non-musulmans peuvent visiter, sauf le vendredi.
Au touriste qui vient de quitter l'élégante ville de Rabat, Meknès impose par son caractère massif, sobre et cette impression se renforcera quand, de la place El Hedime, il apercevra les portes monumentales d'El Mansour et de Jama en-Nouar aux admirables arabesques de céramique ou pourra mesurer les étonnantes perspectives des greniers du Heri et celles des "anciennes écuries" capables de loger des milliers de chevaux. Il sera surpris aussi par les dimensions du grand bassin, immense pièce d'eau qui servait à l'irrigation des jardins. Car Meknès, comme Rabat, est une cité de jardins, mais, ici, il faut les découvrir derrière de hauts murs.
Du côté opposé à Bab El Mansour, c'est la médina, les souks et les galeries marchandes où l'on découvre l'art berbère exprimé sous toutes ses formes, notamment dans la fabrication des tapis. Le touriste ne manquera pas de visiter le Dar Jamaï, ancien palais du sultan à l'intérieur duquel est installé le musée des Arts marocains, qui présente de nombreuses pièces de l'époque du souverain Moulay Ismaël, protecteur des arts.
Fès, ville millénaire
A une heure d'auto de Meknès, voici Fès, la plus ancienne des villes impériales du Maroc, qui compte aujourd'hui 774 754 habitants, fondée en 808 par Idriss II. Rivale de Marrakech pendant des siècles, cité secrète, frondeuse et orgueilleuse, Fès fut d'abord un centre de négoce. Sa vocation intellectuelle devait s'affirmer sous les Mérinides et la ville peut, à juste titre, s'enorgueillir de ses nombreux collèges dont le pus célèbre est l'université Karaouiyine.
En fait, la ville se compose de trois agglomérations très distinctes par leur caractère. Il y a d'abord la ville nouvelle, née au temps du Protectorat, à l'écart sur le plateau, puis Fès Jedid, cité administrative et royale, bâtie par les Mérinides au XIIIe siècle qu'occupe en son centre une grande place où, le soir, vous pourrez vous mêler à la foule qui entoure les conteurs et les charmeurs de serpents.
Mais lorsqu'on parle de Fès, c'est surtout de Fès el-Bali qu'il s'agit, c'est-à-dire le Vieux Fès. Abandonnez votre voiture à proximité de l'une des trois portes - Bab Ftouch, Bab Guissa, Bab Bou Jeloud - que vous aurez choisie pour pénétrer dans la vieille ville, car aucune automobile n'y pourrait circuler. Les ruelles sont si étroites que les ânes et les mulets eux-mêmes, supportant d'énormes charges, y trouvent juste le passage. Les bêtes de somme ne peuvent pénétrer dans la zone sacrée qui entoure la mosquée Karaouiyine. Cette mosquée, construite au IXe siècle, avec ses 270 colonnes et ses 16 nefs, est au centre de l'activité commerciale de la ville. La mosquée et la Zaouïa de Moulay Idriss II où repose le fondateur de la ville, sont l'objet d'une fervente dévotion, mais l'un comme l'autre de ces sanctuaires sont interdits aux non-musulmans. Tout autour, ce sont les souks où on peut voir travailler dans leurs échoppes les cordonniers, les épiciers, les menuisiers, les ciseleurs sur cuivre ; les potiers, les tanneurs, les teinturiers ont leur propre souk ; vous trouverez aussi les restaurants qui vous accueilleront pour vous faire déguster la réputée cuisine fassie.
C'est dans ce quartier que sont groupées les medersas : Attarine, d'une grande richesse de décoration, Seffarine, la plus ancienne, fondée en 1280, Bou Anania, avec sa curieuse horloge.
A hauteur des grands tombeaux où sont inhumés les princes mérinides, vous découvrirez l'ensemble de la vieille ville, enchâssée dans la coquille de ses vieux remparts ocrés. C'est un des plus beaux paysages du monde.
De Fès, une courte distance sépare le touriste de Moulay Idriss, ville sainte fondée en 788 après J.-C. par Moulay Idriss (qui, étant descendant du Prophète, était "chérif", pluriel : Chorfa), premier souverain marocain grâce à qui l'Islam s'implanta dans le pays. En mémoire de l'ancêtre vénéré, Moulay Idriss est, chaque année, honoré par un important moussem, pèlerinage traditionnel au cours duquel les cérémonies religieuses alternent avec d'originales réjouissances populaires.
A peu de distance de Moulay Idriss - une heure de marche à peine - se trouvent les ruines romaines de Volubilis où l'on peut voir les vestiges du forum, le capitole, la basilique, l'arc de triomphe de Caracalla, les thermes de Gallien, témoignages de la vitalité et de la prospérité de cette ville au cours du IIIe siècle grâce au commerce de l'huile, ressource qu'exploitent encore aujourd'hui les paysans du Zerhoun aux pentes couvertes d'oliviers.
Marrakech, la "perle du Sud"
La route est longue qui mène de Fès à Marrakech, mais le touriste pourra faire halte à Azrou, très curieuse ville avec ses maisons couvertes de tuiles rondes, de couleur verte. Les ateliers où sont fabriqués de beaux tapis berbères, les échoppes où de véritables artistes travaillent le bois de cèdre, méritent une visite.
Au terme de l'étape, c'est Marrakech, "la perle du Sud" qui s'étend sous les yeux du voyageur. Seconde ville impériale après Fès en ancienneté, sa population compte 745 541 habitants. Elle fut fondée par les Almoravides à la fin du XIe siècle. Mais la plupart des monuments qu'on peut y voir sont l'oeuvre des Almohades et des Saadiens.
Chef-d'oeuvre de l'art almohade, la mosquée de la Koutoubia que domine un minaret de toute beauté est un des principaux centres d'attraction de la capitale du Sud. Admirable de proportions, on ne se lasse pas d'admirer la perfection des formes de ce sanctuaire de pierre rugueuse et sa riche ornementation.
Parmi les autres mosquées de Marrakech, celles de Yacoub El Mansour, de Bab Doukkala, d'Er Rahba, la plus belle est sans doute la mosquée de Sidi Bel-Abbès, située au nord de la médina, d'une grande richesse ornementale avec ses rosaces de céramique et ses frises de pierre ciselée.
Le Palais de la Bahia (la Brillante), construit à la fin du XIXe siècle, séduit surtout par ses jardins mauresques et ses décors andalous. Non loin de là, des fontaines curieuses, telles la fontaine El Mouasine et la fontaine Echrob ou Chouf au nom qui se traduit ainsi : "Bois et admire".
Très différents de ceux de Fès, les souks de Marrakech présentent un vif intérêt. Ils attirent ici les montagnards de l'Atlas et les hommes du Sud coiffés de leurs grands turbans de cotonnade blanche, les uns et les autres mêlés à la population citadine, conduisant leurs chameaux et leurs ânes dans la pénombre des ruelles couvertes de roseaux. A chaque corporation son quartier : maroquiniers, savetiers, teinturiers, marchands d'épices. Lieu de travail intense et d'échanges, les magasins regorgent de marchandises, en débordent, s'étalent même jusque sur les trottoirs où les tapis de Chichaoua aux décors géométriques irréguliers se mêlent à ceux des Glaoua aux bandes alternées noir et couleur.
A l'intense activité des souks, à la turbulence de la foule qui envahit du matin au soir la grande place de Marrakech - Djema El Fna - où bateleurs, charmeurs de serpents, conteurs exercent leurs talents, s'oppose le calme des bassins et des oliveraies des jardins de l'Agdal et de la Ménara. D'ailleurs la "perle du Sud" vit au sein d'une immense palmeraie que couvrent 150 000 arbres et où, si le coeur vous en dit, vous pourrez faire des promenades à cheval ou à dos de chameau. Cette palmeraie, on la découvre dans toute son étendue des terrasses de la ville, la chaîne de l'Atlas aux sommets enneigés barrant l'horizon.
Vers le Sahara
C'est un autre Maroc qu'on découvre au-delà de l'Atlas en empruntant la route qui mène au Tafilalet : itinéraire aux étonnants contrastes, qui fera passer le voyageur en quelques heures de la verte forêt de cèdres à la montagne rocailleuse, puis aux fraîches palmeraies et aux sables sahariens.
A partir de Rich, la route traverse la vallée de l'oued Ziz et, bientôt, surgissent les premiers palmiers qui seront plusieurs milliers à Ksar El Souk. C'est ensuite Meski, où l'on peut admirer une curiosité naturelle : les eaux transparentes de la source bleue. Peu après, des bouffées d'air chaud annoncent l'approche du désert. Déjà apparaissent les premiers sables, puis la palmeraie s'épanouit : c'est le Tafilalet.
Les vestiges de Sijilmassa, berceau de la dynastie alaouite, où passaient autrefois les caravanes ramenant l'or du Soudan, sont proches d'Erfoud. De la cité fondée au VIIIe siècle, il ne reste que quelques traces à proximité de Rissani, un petit village où s'élève le mausolée de Moulay Ali Ech Cherif, ancêtre de la dynastie alaouite, saint homme dont la légende rapporte qu'il passait une année à agir, une autre à étudier, la troisième à prier.
La datte, or du désert
Le Tafilalet est considéré comme le pays des dattes par excellence. Le palmier dattier rythme la vie du désert. Les hommes de l'oasis le plantent, l'irriguent, l'élèvent avec amour. Il est, au Tafilalet, symbole de joie et chaque année, au mois d'octobre, a lieu à Erfoud la Fête des Dattes. Après la récolte, hommes et femmes de toutes les oasis se rassemblent pour chanter et danser à cette occasion.
Venu d'Irak, le palmier dattier fut planté dans les plaines de l'Euphrate et du Tigre par les Babyloniens, qui le considéraient comme l'"Arbre saint" et comme symbole de fertilité dans les régions arides du désert. On l'appela aussi "l'Arbre de la Sagesse" et "l'Arbre de vie", car c'est la seule plante qui puisse assurer la vie de l'homme dans le désert. Les Sahariens en consomment d'énormes quantités par jour. Des proverbes arabes disent : "Une bonne ménagère sait préparer les dattes chaque jour de la semaine d'une nouvelle façon".
Ce sont les Phéniciens qui introduisirent le palmier dattier en Grèce, en Afrique du Nord et en Espagne. Les Romains le considéraient comme le symbole de la victoire et offraient des palmes aux héros comme récompense. Ce n'est qu'au début du XXe siècle que la datte gagna l'Europe quand des missionnaires d'Afrique du Nord en apportèrent quelques paniers à Marseille.
Au Maroc, nous apprend Ingeborg Lehman, les palmiers dattiers sont la propriété des fellahs. Certains n'en possèdent qu'un seul, d'autres, des centaines. Depuis un certain temps, ils sont collectivement cultivés. Des coopératives se chargent de la fixation des prix, de la qualité, de la mise en vente et de la publicité pour la consommation.
Pendant la récolte, l'oasis est très animée. Des ânes passent et repassent, chargés de grands paniers. Avec la souplesse d'un chat, les fellahs grimpent au faîte des palmiers pour cueillir cet "or du désert". Après la récolte, les fruits sont sélectionnés par qualité et étendus pendant quelque temps au soleil pour en faire sortir le maximum d'humidité. Après le lavage, c'est la mise en caisse et les fruits gagnent enfin le marché.
La route des Kasbahs
La route dite des Kasbahs permet au touriste une magnifique excursion au coeur même du sud marocain. Il faut pour l'atteindre traverser l'Atlas au col de N'Tichka. A Ouarzazate et dans ses environs, des villages de pisé, dominés par leurs kasbahs, sont la principale attraction touristique de la région. A Aït-ben Haddou, le groupe de ces kasbahs aux murailles couleur pain d'épice, aux tours crénelées, est si décoratif qu'on le surnomme le "Mont-Saint-Michel des Chleuhs". A peu de distance de Ouarzazate, la kasbah du village de Taourit était la propriété du Glaoui.
La vallée du Drâa, qui descend de Ouarzazate vers Zagora est un enchantement ; la nature semble l'avoir dotée de privilèges tant elle y déploie de splendeurs qui rivalisent avec l'élagance des "Ksour" dont la couleur ocrée se détache sur le ciel bleu ou sur la rocaille aux tons changeants des monts, tandis qu'au fond de la vallée le vert tendre des cultures et celui plus marqué des palmiers suivent le cours sinueux de ce Drâa qui mène au désert.
Zagora est au bout de la route, mais les découvertes ne s'arrêtent pas là ; une piste mène à Tamgroute par exemple, un simple village où l'on trouve pourtant, rassemblés par une main pieuse, un grand nombre de livres rares, de corans enluminés écrits sur peau de gazelle et datant du XIIIe siècle.
A l'ouest de Ouarzazate, c'est la vallée du Sous, isolée par le Haut et l'Anti Atlas, avec Taroudannt, une des plus anciennes villes du Maroc, et qui a su conserver son caractère intact. Protégée par de hauts remparts, elle connut une grande prospérité au siècle de la puissance saadienne.
D'Agadir au pays des hommes bleus
De Taroudannt le voyageur, poursuivant sa route vers l'ouest dans la vallée du Sous, arrive en quelques heures de voiture à Agadir, sur la côte de l'Atlantique. Grande station balnéaire, Agadir, située à la latitude du Caire, jouit d'un climat idéal. La moyenne des températures maximales varie, en effet, entre 16° en janvier et 26° en août, descend rarement au-dessous de 7° en janvier et 16° en août.
Si vous rêvez d'un soleil qui brille 300 jours par an, de bains de mer qu'on peut prendre au coeur de l'hiver, alors allez à Agadir. La ville est protégée des vents du Sahara par les contreforts du Haut Atlas au nord et la barrière de l'Anti Atlas au sud. Avec sa baie majestueuse dominée par la kasbah et la ville toute blanche, son immense plage est bordée par des bois et d'immenses dunes qui longent une mer tiède offrant au touriste toute la gamme des sports nautiques : canotage, ski nautique, yachting, pêche sous-marine.
C'est un séjour de rêve pour des vacances en toutes saisons, mais, à ceux qui préfèrent les vacances itinérantes, des cars, partant d'Agadir, peuvent les conduire à travers le Sud marocain au pays des hommes bleus. Avec quelque chance, le touriste assistera à quelque Guedra, que les femmes dansent, agenouillées, parées de voiles noirs et de lourds colliers d'argent ou à quelque Aouach que les femmes assemblées en un rang serré dansent en mouvements lents et ondulants autour des hommes accroupis et jouant du tambourin, le bendir. Une mélodie s'élève dont le thème est repris par les hommes, puis par les femmes.
Au large des Purpuraires : Essaouira
Au nord d'Agadir, c'est Essaouira, l'ancienne Mogador, un des tout premiers ports ouverts aux Européens. Cité blanche, infiniment pittoresque, elle est entourée de remparts, car la vieille place forte servait autrefois de base aux corsaires marocains avant qu'elle ne fût occupée par les Portugais, plus tard chassés du lieu par les Saadiens. Vous pourrez y admirer l'ancienne Porte de la Marine et la Skala, vieille citadelle portugaise gardant l'entrée du fort.
Construite sur une presqu'île rocheuse, Essaouira offre une plage très belle et un port de pêche très animé.
Au large de la ville, les îles Purpuraires, ainsi baptisées parce qu'y abonde le murex, mollusque gastéropode à coquille couverte de pointes et dont les Anciens tiraient la pourpre.
Tanger, porte de l'Afrique
Selon la légende, c'est Antée, fils de Neptune et de la Terre qui aurait fondé la ville qu'il nomma "Tingo", du nom de sa femme. Hercule l'étouffa dans ses bras en le soulevant de la terre où il puisait ses forces : le tombeau du géant serait la colline du Charf. C'est encore Hercule qui, après avoir tué le dragon aux cent têtes, gardien du jardin des Hespérides, non loin de Tanger, coupa en deux les terres, créant ainsi le détroit de Gibraltar où mer et océan mêlent leurs océans.
On ne peut quitter le Maroc sans avoir visité Tanger, à l'atmosphère si particulière qu'on y respire grâce à sa position de "porte de l'Afrique". D'abord comptoir phénicien et carthaginois, elle devint la Tingis romaine et fut sans doute, à partir du Ier siècle de notre ère, la capitale de la Mauritanie Tingitane. Elle a, aujourd'hui, une population de 550 200 habitants.
Bénéficiant d'un climat idéal, dotée d'une immense plage de sable et d'un lac artificiel alimenté en eau de mer, Tanger est devenue une très belle station de séjour où les amateurs de sports nautiques et de baignade - quand les aménagements définitifs seront terminés - pourront se livrer à leurs distractions favorites. On y trouve de nombreux hôtels de classe internationale, ainsi que des bungalows. Les terrains de camping ne manquent pas non plus et sont très fréquentés.
Entre une baignade et une partie de ski nautique, le vacancier aura le loisir de faire un tour dans le Grand Socco, réplique de la place Djema el Fna à Marrakech où il retrouvera la même animation. Il ne manquera pas non plus de visiter le Musée d'art marocain et des antiquités où plusieurs vitrines sont consacrées à la musique hispano-mauresque et à des moulages de bronzes découverts dans la cité romaine de Volubilis.
Tétouan, fille de Grenade
Il serait impardonnable au touriste qui a visité Tanger d'ignorer Tétouan, une des plus belles villes du Maroc et dont la population s'élève aujourd'hui à 367 349 habitants (avec Larache).
Entourée au nord et au sud par de hautes montagnes, perchée sur un plateau, abritée par de hautes et épaisses murailles plusieurs fois centenaires, la ville domine une plaine de jardins et d'oliviers, qui s'abaisse en pente douce jusqu'à la large vallée de l'oued Martil.
Occupant le terrain que couvrait autrefois l'ancienne Tamuda, Tétouan - son nom berbère est Tettawin - fut construite en 1307 par le sultan mérinide Abou Thabit, détruite en 1399 par Henri III de Castille, reconstruite un siècle plus tard par un capitaine grenadin, Almandari, qui fit relever ses remparts, ses habitations par 3000 esclaves chrétiens, ses prisonniers de guerre. Ainsi a-t-on nommé parfois Tétouan : fille de Grenade.
De son occupation par les musulmans exilés d'Andalousie, elle a hérité les faïences bleutées qui dallent les patios, l'intérieur des mosquées, des bains publics, des demeures seigneuriales. Par Bab Er Rouah - "la porte du vent" - on pénètre en médina. Brodeurs, armuriers, teinturiers, bijoutiers, babouchiers, tanneurs y travaillent. Là aussi les souks sont grouillants de vie ; là, acheteurs et vendeurs discutent devant les éventaires dans les ruelles ensoleillées qui passent sous des arcades.
Tétouan, outre l'intérêt archéologique que représentent les remparts de sa médina, flanquées de leurs tours, sa kasbah, les minarets de ses nombreuses mosquées - particulièrement celle de Sidi es Saïdi -, est un centre culturel important. Elle possède, en effet, une Ecole des Beaux-Arts, une Ecole des Arts et Métiers, une bibliothèque importante qui contient de vieux manuscrits arabes très rares, deux principaux musées : le Musée Archéologique - avec d'importants objets romains, des fragments de céramique ibère et gréco-punique, des bijoux, des monnaies et les grandes mosaïques découvertes à Lixus, représentant les Trois Grâces et un Bacchus enfant -, et le Musée d'Art et de Folklore marocain. Ce dernier, installé dans une ancienne forteresse, présente le salon de réception d'une riche demeure tétouanaise, avec ses divans recouverts de soieries somptueuses, son lit à baldaquin, ses glaces de Venise. Une section du musée est réservée aux armes anciennes, une autre contient une collection exceptionnelle, unique au Maroc, des instruments de musique anciens utilisés par les orchestres andalous.
Sur la côte méditerranéenne...
Pendant longtemps, le versant atlantique avait seul bénéficié d'aménagements et d'équipements touristiques et balnéaires, mais, depuis plusieurs années, les pouvoirs publics ont commencé d'importants travaux pour mettre en valeur la côte méditerranéenne du Maroc.
Des petits villages, tels M'Diq, Oued Lqhou et surtout Al Hoceima étaient, il y a peu de temps encore, habités par d'humbles pêcheurs qui allaient chaque jour tirer de la mer leur subsistance. Ces villages ont été tirés de leur long sommeil grâce aux efforts de l'initiative privée et des organismes officiels. Ces humbles ports de pêche sont devenus des centres de vacances de premier plan. La côte, de Tanger à la frontière algérienne, est, en effet, bordée de plages magnifiques où alternent criques et calanques ; les eaux calmes des baies conviennent tout à fait à la pratique du ski nautique et de la pêche sous-marine.
Mais les localités de la côte ne sont pas les seules à bénéficier du magnifique effort dans le domaine du tourisme entrepris par les autorités marocaines.
Chefchaouenne, à une heure de voiture au sud de Tétouan, à l'intérieur des terres, est un des plus jolis sites du Maroc. On est assuré d'y jouir d'un repos complet, de calme. Perchée entre les rochers, Chefchaouenne, avec ses toits de tuiles rondes, est la "ville des fontaines" et séduit par ses jardins parfumés, rappel du raffinement de la civilisation hispano-arabe. Des siècles passés, elle garde encore une magnifique forteresse avec donjon ; elle ne possède pas moins de six mosquées, de nombreux sanctuaires et un musée.
|