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La Moldavie (Europe)


LA Moldavie, la République de Moldavie en forme longue (Republica Moldova en roumain), est un pays d'Europe orientale enclavée entre la Roumanie et l'Ukraine, occupant les régions de Bessarabie et de Transnistrie.

Son nom en français


En français, le nom de Moldavie peut prêter à confusion, car il désigne à la fois la République de Moldavie, successeur de la République socialiste soviétique de Moldavie, et une région du pays voisin, la Roumanie. Cette confusion entretient une dispute entre les autorités de Chisinau et celles de Bucarest pour savoir qui sont les héritiers de la Moldavie historique, des moldaves de Roumanie ou des moldaves de Moldavie...

Histoire


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  • Il y a plus de 18 siècles : peuplée par les Daces, la région échappe à la conquête de la Dacie par l'Empire romain
  • Au Moyen Age : elle fait partie de la Principauté de Moldavie et plus tard elle doit payer tribut à l'Empire ottoman pour pouvoir garder l'autonomie (relative)
  • 1812 : elle est conquise par les Russes pour affaiblir l'Empire ottoman
  • 2 décembre 1917 : elle devient une république indépendante - à la fin de la Première guerre mondiale elle est rattachée à la Grande Roumanie - en 1918 elle passe sous contôle communiste et les troupes roumaines envahissent la région - le 27 mars 1918 l'union avec la Roumanie est votée par le parlement
  • 2 août 1940 : avant la Deuxième guerre mondiale les Russes vont conquérir le territoire - en juin 1941 la Roumanie s'allie avec Hitler et envahi à son tour le territoire - en 1945 elle passe sous contrôle soviétique, 86 % des dirigeants sont remplacés par des non-Roumains (Russes).
  • 27 août 1991 : la République de Moldavie a proclamé son indépendance - en décembre 1991 la République Moldave Nistréenne en Transnistrie proclame son indépendance - en décembre 1991 50 000 volontaires Moldaves armés passent en Transnistrie et intervention de la 14e armée russe
  • Le gouvernement communiste actuel a été élu à une grosse majorité (61 députés sur 101) lors d'élections libres validées par la communauté internationale. Le seul parti envisageant un futur possible rattachement avec la Roumanie a fait moins de 10 % des voix.

Géographie


Une délimitation donnée par les Russes était que la République de Moldavie occupait la partie nord de la dite Bessarabie "moderne", qui n'a rien à voir avec l'histoire, puisque justement la République de Moldavie n'a aucun terrioire en commun avec la Bessarabie historique.
Dans cette logique, la Bessarabie, située dans le sud-est européen, aux confins des Balkans, entre les Carpates, les grandes plaines ukrainiennes et la mer Noire, se trouve au coeur d'une zone géostratégique de premier ordre. Le fait que, dans l'Histoire récente, son territoire ait été disputé par les grandes puissances autour d'elle (Autriche, Russie, Turquie) le prouve. De plus, la présence militaire russe en Transnistrie (casques bleus) permet de maintenir un statu quo et évite la reprise des hostilités.

Subdivisions


La Transnistrie, région entre le Dniestr et l'Ukraine, et la Gagaouzie sont considérées régions à administrations autonomes. Capitale de la Transnistrie : Tiraspol. Président : Igor Smirnov.
La République de Moldavie occupe un territoire, la Bessarabie, qui est une enclave, au sens économique du terme, du fait des obstacles qui freinent les échanges : obstacles physiques (insuffisance d'infrastructures, de points frontières) ou économiques (coûts de transport prohibitifs, sous-développement).

Démographie


La République de Moldavie (hors la région sécessioniste de Transnistrie) compte 3 388 000 habitants, selon le recensement de 2004, en baisse de 208 000 habitants par rapport à 1989. Au total, on peut supposer que la population de la République de Moldavie, atteint en 2005 un peu plus de 4 455 000 habitants.
La région est au carrefour de deux cultures : la latinité et le monde slave. La proximité de la mer Noire lui offre aussi une ouverture sur le bassin économique de l'Asie centrale et par extension sur la route de la soie. Cette situation se traduit par une grande diversité ethnique, linguistique, et culturelle (par exemple, selon le dernier recensement de 2004 les Moldaves représentent 76 % de la population, le reste étant formé par les Ukrainiens, Russes, Gagaouzes, Bulgares, Juifs, etc.), due tout autant au brassage de cultures qu'aux grandes vagues migratoires au long des siècles. En outre, le recensement a été effectué sur des bases curieuses : toute personne parlant roumain était classée roumanophone ce qui a eu pour effet de classer dans cette catégorie les très nombreuses personnes bilingues. Il serait sûrement plus juste de dire que 70 % de la population est bilingue (roumain - russe), le reste étant moitié-moitié unilingues (roumain seul ou russe seul). Le pays, hors la Transnistrie, est circonscrit par deux fleuves : le Prout et le Dniestr, ce qui accentue son isolement.
Le Bureau National de Statistique de Chisinau a publié les résultats officiels du récensement. Selon Moldpres, seuls 8 % des citoyens se déclarent ukrainiens, 5,9 % russes, 4,4 % gagaouzes (turcophones chrétiens), roumains 2,2 %, la très grande majorité (près de 80 %) se désignant comme "moldaves" (roumanophones). Ces résultats ne concernent pas la Transnistrie, où la population roumanophone constitue seulement une majorité relative (un peu plus de 40 % de la population, contre 25 % ukrainiens et 20 % des russes). La population de Transnistrie est estimée entre 750 000 et 900 000 personnes (selon les sources).
Evolution de la démographie entre 1961 et 2003 (chiffre de la FAO, 2005). Population en milliers d'habitants.
Selon des chiffres officieux, environ 1/4 de la population (surtout parmi les minorités ukrainienne et russe) a émigré à l'étranger (Pays d'Europe occidentale principalement, Russie et Ukraine) pour des raisons économiques, soit un taux migratoire net de -25 %.

Patrimoine culturel


  • Ermitage de Butuceni
  • Forteresses : Cetatea Alba, Hotin, Orhei, Soroca, Tighina
  • Site archéologique d'Orheiul Vechi

Economie


La République de Moldavie (qui était le principal fournisseur de vin, de légumes et de fruits pour les anciennes républiques soviétiques) est devenue après la chute de l'URSS en 1991 un des pays les plus pauvres d'Europe.
La perte de certains marchés traditionnels, la dépendance énergétique au gaz russe, l'émigration importante des cadres russes et ukrainiens et la sécession de la principale région industrielle, la Transnistrie, ont provoqué la chute dramatique du PIB.
Les premiers signes de redressement en 2000 sont suivis des plusieurs années de forte croissance économique (plus de 8 % en première partie du 2005).
Toutefois, le manque de réformes structurelles et une économie souterraine évaluée à près de 40 % du PIB, provoquent une inflation à deux chiffres (entre 12 % et 15 % par an) et un déficit commercial important (financé en partie par les transferts d'argent des Moldaves qui travaillent à l'étranger).

Politique


Régime :
C'est une démocratie parlementaire. Membre du Conseil de l'Europe.
Le Parti des communistes de la République de Moldavie (PCRM), de "pro-russe" lors des dernières élections, a effectué un net virage pro-européen lors des élections du 6 mars 2005. Le PCRM a recueilli 46 % des suffrages et remporte 56 sièges sur 101. Il est cependant en recul de 4 % et perd 15 siéges par rapport au précédent scrutin du 25 février 2001. Le Bloc "Moldavie démocratique" (BMD) arrive en deuxiéme position et obtient 28,5 % des voix et 34 sièges. Cette coalition de centre été composée de trois formations : l'Alliance "Notre Moldavie" présidée par Serafim Urechean, maire de la capitale Chisinau, le Parti démocratique de Moldavie, présidé par Dumitru Diacov, ancien président du Parlement et le Parti social-libéral, dirigé par le politologue Oleg Serebrian. Le Parti populaire chrétien-démocrate, formation de droite, dirigé par Iurie Rosca, recueille 9,1 % des suffrages et remporte 11 sièges.
Sans surprise, le Président de la République de Moldavie, le communiste Vladimir Voronin, a été réélu le 4 avril 2005, à bulletins secrets, par le Parlement pour un deuxième mandat de quatre ans à la tête de l'Etat. Depuis la réforme constitutionnelle de 2000, le Président de la république doit, pour être élu, recueillir au moins la majorité des trois cinquièmes des cent un députés, soit soixante et un suffrages.
Le Parti communiste ne comptant que cinquante-six députés, Vladimir Voronin a dû rassembler au-delà de sa propre formation, recueillant 75 voix, soit 14 de plus que le seuil minimum requis. Son seul opposant, le président de l'Académie des sciences, Gheorghe Duca a obtenu une seule voix. Ce dernier avait été présenté par le Parti communiste afin que le scrutin puisse se dérouler (le Bloc Moldavie démocratique et le Parti populaire chrétien-démocrate ayant renoncé à présenter un candidat).
Vingt-trois parlementaires du groupe de l'Alliance "Notre Moldavie", membre du Bloc Moldavie démocratique, ont suivi le mot d'ordre de Serafim Urechean, et ont refusé de participer à l'élection. 22 députés appartenant aux deux autres formations de ce Bloc - le Parti démocratique et le Parti social-libéral et les parlementaires du groupe de Parti populaire chrétien-démocrate, ont pris part à l'élection. Enfin, deux bulletins de vote ont été déclarés invalides.

Union avec la Roumanie :
Un temps envisagée par certains activistes politiques au début des années 1990, cette union a été largement rejetée par un vote. Actuellement le seul parti qui la revendique représente moins de 10 % des voix.

La querelle linguistique


Mihai Eminescu, né à Botosani, est le poète national de la Roumanie.Poète patriote, il voulait englober la République de Moldavie, une partie de la Hongrie et une partie de la Serbie.
La querelle linguistique qui oppose les roumanophones aux moldavophones dépasse largement la question de savoir si le roumain et le moldave sont deux variantes d'une langue commune ou si elles sont la même langue. A ce sujet, la soi-dite langue roumaine de type moldave n'a aucun ethnologue connu et aucune distinction n'est faite entre ces deux langues par les experts.
La parution d'un dictionnaire moldave-roumain de 347 pages, et avec plus de 19 000 entrées en juillet 2003 à Chisinau, sous la direction de Vasile Stati, président du département de la Culture du Parti des communistes de la République de Moldavie (PCRM), pourrait donner à croire que la cause est entendue. Si les deux camps s'accordent pour dire que le fond lexical de base et la structure grammaticale des deux langues sont communs, la vérification est facile : un Roumain et un Moldave qui habitent de l'un et de l'autre côté du Prut, par exemple les deux présidents Ion Iliescu et Vladimir Voronin à Costesti Stânca, s'entretiennent sans problème sans dictionnaire dans leur langue natale, et sans le secours d'un interprète (même si ce dernier était présent au cas où ...).
La vraie question date de la création de la République Autonome Socialiste Soviétique Moldave (RASS de Moldavie), le 12 octobre 1924, entité nationale étatique dont le territoire se trouve sur la rive est du Dniestr. Les autorités de la Russie soviétique prennent alors la décision de créer "une langue et une littérature nouvelle" dans la RASS de Moldavie (la plupart des habitants ne sait ni lire ni écrire), première étape de rapprochement des langues (donc des populations) "moldave" et russe, au détriment du roumain, considéré comme un élément dangereux par le pouvoir soviétique. L'introduction de l'alphabet latin en 1932 (à partir de 1859, le roumain en Roumanie s'écrit avec des caractères latins, le moldave en Bessarabie reste écrit en caractères cyrilliques, et la Bessarabie devient une partie de la Roumanie en 1919), puis son interdiction en 1938 sur le territoire de la RASS de Moldavie (sous la pression soviétique) montrent l'importance de ce rapprochement aux yeux de Moscou.
Depuis, chaque camp aligne ses experts, documents et preuves historiques à l'appui pour accentuer la différence fondamentale qu'il y aurait entre :
  • les Roumains de Roumanie qui parlent roumain, issus d'un peuple parlant un fond roman très peu influencé par le slave, puisque localisés dans un espace magyaro-balkanique (malgré un nombre quasiment nul de mots magyares en roumain)
  • et des Moldaves de République de Moldavie, parlant moldave, issus d'un peuple parlant le même fond roman très influencé par le slave, compte tenu de leur appartenance à un espace russo-balkanique (malgré le nombre important de mots slaves en roumain : 20 % des mots, les autres 8 % étant des mots du latin et/ou du français).
En d'autres termes, les autorités communistes du PCM trouvent leur intérêt à bien distinguer les Moldaves des Roumains. Dans la préface du dictionnaire de 2003, par exemple, une carte géographique de la Grande Roumanie (c'est-à-dire de la Roumanie actuelle et de la République de Moldavie) sert de support à la délimitation de la zone où l'on parle le moldave, et qui s'étend bien à l'intérieur du territoire de la Roumanie, jusqu'aux Carpates, ce qui tendrait à montrer que même les Roumains de Roumanie parlent moldave sans le savoir, comme Monsieur Jourdain.
La question linguistique est donc une question de géopolitique, et elle empoisonne les relations entre la Roumanie et la République de Moldavie depuis la création de cette dernière, en 1999. Elle a même repris de la vigueur, depuis que la frontière "virtuelle" de l'Europe se déplace vers l'est, avec l'entrée prévue de la Roumanie dans l'Union européenne en 2007.

Source : Wikipedia


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