Voyage et tourisme
Parc national de la Guadeloupe
FORET tropicale spectaculaire, cascades rafraîchissantes, sites exceptionnels : la zone centrale du parc national de la Guadeloupe, coeur du massif de la Basse-Terre, recèle d'innombrables richesses. Près d'un million de visiteurs se pressent chaque année pour découvrir (ou redécouvrir) le volcan actif de la Soufrière (un des plus hospitaliers du monde), les célèbres chutes du Carbet qui ont donné à la Guadeloupe son nom d'"île aux belles eaux", les dizaines de kilomètres de "traces" régulièrement entretenues pour les amateurs de randonnées.
Mais non loin de ces espaces sauvages et insolites s'étend une région accueillante et pittoresque, en partie classée zone périphérique du parc : la Côte sous-le-vent. Etroite bande littorale d'une soixantaine de kilomètres le long de la mer des Caraïbes, cette côte offre le charme d'un pays de traditions, à l'environnement encore largement préservé. Climat, relief, végétation ont forgé ici des paysages variés, aux ambiances attachantes. Depuis toujours, le temps s'y écoule paisiblement, au rythme des hommes travaillant la terre, des pêcheurs confectionnant leurs nasses et réparant leurs filets...
Les Amérindiens d'abord, les Européens ensuite décelèrent très tôt l'intérêt de cette côte à l'abri du vent, aux eaux calmes et profondes.
Plusieurs foyers de peuplement précolombiens y ont été découverts.
Partout se trouvent présents les éléments d'un patrimoine souvent méconnu : forts, batteries, anciennes habitations, vieilles sucreries, bonifieries de café...
La mise en valeur de cette région remonte aux débuts mêmes de la colonisation de la Guadeloupe. Une économie de plantation basée sur les cultures vivrières, l'élevage, et les cultures d'exportation (coton, canne à sucre, tabac, épices, café, cacao, vanille) permit l'essor de toute la côte qui connut alors une réelle prospérité. Deux siècles et demi durant, les grandes "habitations" agricoles alimentèrent l'île en produits vivriers de toutes sortes. L'exploitation du bois, ainsi qu'une importante activité de pêche animaient aussi la région. Puis commença le développement du reste de l'île, et avec lui le déclin de la Côte sous-le-vent. De nombreuses exploitations cessèrent leur activité, l'exode rural fit son oeuvre... Les populations entrèrent dans une longue période d'isolement.
Sortie de l'enclavement, la Côte sous-le-vent connaît aujourd'hui un certain renouveau. Chacun a désormais pris conscience de la part que peut prendre cette région longtemps défavorisée dans le développement économique de la Guadeloupe. Le parc national participe activement à cette mutation grâce à des actions exemplaires et innovantes.
Il encourage ainsi plusieurs projets de relance de l'agriculture traditionnelle (vanille, cacao, épices...). Il a également lancé une réflexion sur les problèmes de commercialisation et de promotion de la production artisanale.
Mais c'est surtout dans le domaine touristique que s'illustre l'action de soutien du parc à l'économie locale. Une des maisons d'accueil du public (la maison du Bois) implantée à Pointe-Noire qui présente les différentes utilisations anciennes des bois de la Guadeloupe est appelée à devenir une véritable vitrine des traditions locales. Le parc national a par ailleurs initié un vaste programme de revalorisation du petit patrimoine architectural non classé. Les projets retenus devraient contribuer largement à relancer l'intérêt touristique de la région.
Un important travail d'information des touristes et des plongeurs est d'autre part entrepris depuis plusieurs années autour du site des îlets Pigeon, réputés pour la richesse de leurs fonds marins. Films, dépliants, bureau d'accueil permettent de sensibiliser le public à la fragilité de ces milieux et à la nécessité de les préserver. Un sentier de découverte sous-marin destiné aux plongeurs munis de bouteilles à air comprimé complète ce dispositif de protection.
Enfin, l'attribution d'un label "parc national" à un certain nombre de gîtes ruraux de qualité va dans le sens d'une nouvelle forme de tourisme intégré, davantage tourné vers la découverte des richesses naturelles et du patrimoine culturel.
L'expérience entreprise par le parc national de la Guadeloupe dans sa zone périphérique est en mesure de constituer un modèle de développement durable avec la participation des populations locales. C'est à ce titre qu'elle constitue un élément de choix de la réserve de la biosphère de l'archipel de la Guadeloupe qui vient d'être désignée par l'UNESCO.
Source : L'agenda des parcs nationaux de France, 1996
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