Voyage et tourisme
Parc national des Cévennes
DE tous les parcs nationaux français, celui des Cévennes est le seul à être implanté en moyenne montagne et, de ce fait, à abriter une population permanente significative : 40 000 personnes (dont plus de 600 en zone centrale du parc, agriculteurs et éleveurs essentiellement), vivent sur ces hautes terres de la bordure méridionale du Massif central, du mont Lozère au mont Aigoual, du bord des grands Causses aux vallées cévenoles.
Cette particularité lui donne une mission que n'ont pas nécessairement les autres parcs nationaux : rechercher les conditions d'un éco-développement soucieux de la protection du patrimoine, respectueux des grands équilibres, et assurant la pérennité des activités agropastorales, nécessaires au maintien de la biodiversité et des paysages.
La qualité exceptionnelle de ces sites humanisés, l'équilibre particulier entre l'homme et la nature entretenu depuis des siècles par des générations de Cévenols, ainsi que le souci d'associer protection et développement, ont valu au parc national des Cévennes la distinction de "réserve mondiale de la biosphère", décernée en 1985 par l'Unesco.
La richesse de sa flore (1 600 espèces, intégrant même certains types subarctiques ou subtropicaux secs) est favorisée par la diversité de ses climats (océanique, continental et méditerranéen), des sols (granitique, calcaire ou schisteux) et de l'altitude de la zone protégée (de 378 à 1 699 m).
La variété des biotopes (milieux forestiers 60 %, milieux ouverts 40 %, milieux aquatiques, etc.) favorise la présence d'une faune importante, depuis le monde discret mais fabuleux des insectes, jusqu'à celui plus spectaculaire des vertébrés où la majorité des espèces européennes occidentales est bien représentée.
La prolifération des cervidés, mouflons, chevreuils et sangliers rend nécessaire, en l'absence de leurs prédateurs naturels (lynx, loup, ours), leur régulation par des dispositifs cynégétiques.
Agir pour mieux protéger
C'est en Europe une des régions qui a connu un enrichissement biologique parmi les plus forts depuis vingt ans, suite à diverses réintroductions (vautours fauve et moine, castor, cerf, chevreuil, mouflon, grand-tétras) et à la protection de biotopes naturellement recolonisés par certaines espèces prestigieuses (loutre, chouette de Tengmalm, aigles royal et botté, hibou grand-duc, etc.).
Sentiers d'interprétation, visites guidées, conférences audiovisuelles, centres d'information, 1 800 km d'itinéraires balisés, écomusées, offrent une approche personnalisée d'un espace protégé si différent des autres, par cette présence des hommes qui y ont vécu, aimé et souffert, léguant un précieux héritage historique, architectural et culturel, qu'il faut connaître pour en apprécier l'âme...
Voilà pourquoi ce parc national va bien au-delà d'une simple protection de la faune, de la flore ou de paysages exceptionnels.
C'est aussi un espace où souffle l'Esprit.
Source : L'agenda des parcs nationaux de France, 1996
|