Voyage et tourisme
Parc national des Ecrins
HAUT Oisans, haut Dauphiné, massif du Pelvoux, massif des Ecrins, comment nommer ce chaos de pierre et de glace ? Rude, sauvage et beau, ce fort bouclier de hautes terres, tour à tour coeur de glace et soleil rocheux, darde ses vallées profondes comme autant de messages alpins et lumineux.
Romanche, Vénéon, haut Drac, Durance, Vallouise, Guisanne, Séveraisse et combien de vallées plus discrètes. L'homme à sa juste place n'a pas défié ce peuple de géants autrement qu'à mains nues, pierre à pierre, de cultures en maisons, pied à pied, de prairies en alpages, de saisons à saisons entre ravages de neiges et débordements d'eau.
Ici, partout, toujours, les marges de la vie gravent une écriture vieille comme le monde, la pierre est majuscule quand l'encre est de lichen. La plume est d'aigle, de lagopède ou bien de tétras-lyre, la page est blanche comme névés de jeune printemps, le renard a ses voies toutes tracées avec les escapades nocturnes des blanchons.
Le chamois gagne l'herbe tendre et toute l'explosion florale si longtemps contenue. Tout cascade, murmure, babille, les pierres elles-mêmes changent de place dans le désordre des dégels.
La haute terre se délivre et se livre, livre ouvert aux plus aventureux.
Dès 1913, l'administration forestière, sensible au caractère exceptionnel de ce massif, mettait en place le "parc national du Pelvoux", premier du nom en territoire français.
Mais ce n'est qu'en 1973, après bien des aléas et grâce à la loi de 1960, que le parc national des Ecrins sera créé.
Sa raison d'être n'a pas changé : protéger, favoriser le maintien des activités traditionnelles, tant du point de vue agricole que récréatif.
Ainsi, le pastoralisme et la randonnée pédestre devront-ils s'accorder et le parc travailler à une nouvelle relation entre citadins et ruraux.
Ainsi, enfants des villes et des montagnes feront-ils du parc un lieu de rencontre, ainsi scientifiques de toutes disciplines coordonneront-ils la recherche dans un espace protégé, créant ainsi une base de données et de références, une "nature étalon" en quelque sorte.
Espace de référence, le parc national des Ecrins l'est aussi pour le suivi des évolutions des espèces animales ou végétales, les variations glaciaires, climatiques, etc.
Espace de ressourcement enfin, il propose une alternative au monde urbanisé. Ici, toutes les aventures sont possibles, des plus modestes aux plus hardies, elles ont pour nom le tour de l'Oisans, du haut Dauphiné et autres tours de Pays, elles ont pour point de mire les Ecrins (4 102 m), la Meije, le Pelvoux, les Agneaux, l'Ailefroide, le pic Sans Nom, l'Olan, le Sirac, les Bans, le Râteau et combien d'autres. Plus modestement, elles ont pour but la simple découverte d'une combe secrète, de prairies chamarrées, de cascades, de torrent, de lacs, d'un col, d'un passage, d'un abri, d'un sous-bois tendre comme branches de mélèze.
Ici, la nature peut encore ouvrir les bras... Sentiers, maisons, gîtes, expositions, films, bibliothèques et musées, fêtes et promenades sont autant de choses proposées pour que nous fassions connaissance.
L'agenda de la haute montagne est loin d'être complet, des professionnels de la nature vous attendent : gardes-moniteurs, scientifiques, pédagogues, mais aussi des professionnels de la montagne : guides, accompagnateurs, gardiens de refuges, qui vous aideront à vivre et à comprendre ce territoire d'exception.
Source : L'agenda des parcs nationaux de France, 1996
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