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Voyage et tourisme

La Tunisie (Afrique)


LA Tunisie, ou République tunisienne est un pays du Maghreb bordé par la mer Méditerranée. Sa frontière ouest donne sur l'Algérie (965 kilomètres) et sa frontière sud-est sur la Libye (459 kilomètres). Tunis, sa capitale, est située dans le nord du pays.
La Tunisie, qui possède 1 298 kilomètres de côtes, est une destination populaire pour les touristes européens qui visitent ses stations balnéaires, le Sud saharien et les sites archéologiques comme Carthage, Bulla Regia ou Dougga.

Histoire


La Tunisie est peuplée dès la préhistoire. Des traces de présence humaine sont découvertes dans les couches profondes du paléolithique. Les premiers habitants de la Tunisie sont des tribus berbères.

Buste d'Hannibal Barca
Les Phéniciens s'installent sur sa côte et fondent des colonies dès le Xe siècle av. J.-C.. Au VIe siècle av. J.-C., Carthage grandit en puissance, mais est conquise par Rome (IIe siècle av. J.-C.). La région devient alors l'un de ses greniers.
La période vandale en Tunisie commence à partir de 439 avec la prise de Carthage par les Vandales et les Alains du roi Genséric. Sous son règne (427-477), l'Eglise est victime de violentes persécutions : ses biens sont confisqués tandis que de nombreux hommes d'église sont martyrisés, emprisonnés, exilés voir déportés dans de véritables camps de concentration (au sud de Gafsa). Cependant, la culture latine est largement préservée. Les Vandales eux-mêmes, devenus les maîtres de la province romaine la plus riche de l'Empire, se laissent aller à la douceur de vivre de la Tunisie. Le recrutement de leur armée en souffre à tel point qu'ils préfèrent enrôler les autochtones berbères (romanisés pour la plupart). Carthage est donc facilement prise en septembre 533 par les Byzantins dirigés par le général Bélisaire envoyé par l'empereur Justinien.
L'armée byzantine, composée en fait de mercenaires Hérules et Huns, défoncent la cavalerie vandale autrefois tant redoutée. Le dernier roi vandale, Gélimer, se rend en mars 534. La majeure partie du peuple vandale est déportée vers l'Orient, servant comme esclaves, tandis que d'autres sont enrôlés de gré ou de force dans l'armée byzantine comme soldats auxiliaires. Justinien fait alors de Carthage le siège de son diocèse d'Afrique et plus tard de l'exarchat de Carthage. Mais, à la suite de la crise monothéliste, les empereurs byzantins, opposés à l'Eglise d'Afrique, se détournent rapidement de Carthage.
Trois expéditions seront nécessaires pour que les Arabes réussissent à conquérir la Tunisie. La première expédition est lancée en 647. L'exarque Grégoire est battu à Sbeïtla, ce qui démontre l'existence de points faibles chez les Byzantins. En 661, une seconde expédition est lancée et se termine par la prise de Bizerte. La troisième, menée en 670 par Oqba Ibn Nafaa est décisive : Ibn Nafaa fonde la ville de Kairouan durant la même année et la ville devient le centre des expéditions lancées contre le nord et l'ouest du Maghreb. L'invasion complète faillit échouer avec l'assassinat d'Ibn Nafaa en 683. Les Byzantins parviennent à chasser les troupes arabes hors de Kairouan. Ces dernières reviennent en 688 et sont repoussées en Libye. En 695, elles réussissent à prendre Carthage aux Grecs mais les Byzantins la reprennent en 696. La ville est définitivement conquise en 698, ce qui accélère l'arabisation du pays. En 800, le calife Haroun ar-Rachid délègue son pouvoir en Ifriqiya à l'émir Ibrahim ibn Al-Aghlab qui établit la dynastie des Aghlabides qui y règne durant 100 ans. La Tunisie devient un foyer culturel important avec le rayonnement de Kairouan. Les Aghlabides se dotent d'une importante flotte de combat pour écarter le danger venant de la mer. En décembre 909, Abu Abd Allah al-Husayn al-Shi'i, aidé par les Berbères qui refusent la domination aghlabide, déclare descendre de Fatima Zahra (fille de Mahomet), se proclame chef et imam de Tunisie et fonde la dynastie des Fatimides. En 921, la ville de Mahdia est fondée et proclamée capitale du califat fatimide. Le troisième calife, al-Mansur, transfère la capitale fatimide à Kairouan et s'empare de la Sicile en 948.
A partir du premier tiers du XIIe siècle, la Tunisie est régulièrement attaquée par les Normands de Sicile et du sud de l'Italie (Royaume normanno-sicilien). En 1135, le roi normand Roger II s'empare de Djerba. En 1148, c'est Mahdia, Sousse et Sfax qui tombent aux mains des Normands. Toutefois, ils seront progressivement chassés et Mahdia, leur dernière place forte, n'est reprise aux Normands par les Almohades qu'en janvier 1160. Dans le même temps a lieu l'unification du Maghreb. L'économie devient florissante et des relations commerciales s'établissent avec les principales villes du pourtour méditerannéen (Pise, Gênes, Marseille, Venise et certaines villes d'Espagne). L'essor touche également le domaine culturel avec les ?uvres du grand historien et père de la sociologie Ibn Khaldoun. Les Almohades confient la Tunisie à Abd al-Wâhid ibn Hafs. Son fils Abû Zakariyâ' Yahyâ se sépare d'eux en 1228 et fonde la nouvelle dynastie des Hafsides. Elle règne durant 3 siècles et devient totalement indépendante dès 1236. Les XVe et XVIe siècles voient l'arrivée des maures musulmans et juifs andalous chassés d'Espagne par la Reconquista. Dans le même temps, la côte devient un repaire de pirates barbaresques. Durant les dernières années de la dynastie des Hafsides, les Espagnols envahissent plusieurs des villes côtières qui seront reconquises, quelques années plus tard, par l'Empire ottoman. Sous le contrôle des gouverneurs ottomans, les beys, issus de la dynastie des Husseinites, obtiennent une indépendance virtuelle.

Portrait d'Hussein II Bey
En 1881, la Tunisie devient un protectorat français. Le pays est alors marqué par de profondes mutations touchant tous les domaines. Pendant ce demi-siècle de présence française, le pays est doté d'une infrastructure ferroviaire, routière et portuaire. Mais l'objectif de la colonisation est la mainmise sur les ressources du pays : elle doit en faire une chasse gardée de la métropole. On entame alors l'exploitation des ressources minières et on consacre d'importants investissements dans une agriculture mécanisée à hauts rendements. Or, la dégradation de la situation économique et sociale suscite l'effervescence nationaliste et la conscientisation de la population autochtone. La crise économique des années 1930 et les changements politiques, survenus en France et en Europe, favorisent la naissance d'organisations politiques, syndicales, philanthropiques, sportives, culturelles, de jeunesse, etc. Le mouvement de libération nationale émerge avec les premiers intellectuels formés au collège Sadiki puis en France : ceux qu'on appelle les Jeunes Tunisiens, rassemblés autour d'Ali Bach Hamba et Béchir Sfar puis, par la suite, d'Abdelaziz Thâalbi qui fonde le Destour en 1920 et revendique l'indépendance du pays. Il appartient ensuite à Habib Bourguiba aidé par ses camarades, notamment Mahmoud Materi, Tahar Sfar et Bahri Guiga, de créer le 2 mars 1934 le parti nationaliste du Néo-Destour.
Au cours de la Seconde Guerre mondiale, la Tunisie devient le théâtre des premières opérations communes entre l'armée américaine et son alliée britannique en 1942-1943. Le corps principal de l'armée britannique commandé par le général Bernard Montgomery avance à partir de la Libye, après sa victoire dans la bataille d'El-Alamein, en direction du sud de la Tunisie (ligne Mareth) tandis que les Etats-Unis et d'autres alliés approchent par l'ouest à la suite de leur débarquement en Algérie et au Maroc (Opération Torch). L'Allemagne étant alors engagée dans la bataille de Stalingrad, il est facile de considérer la campagne de Tunisie comme un événement mineur mais en réalité elle a un impact important : elle ouvre la route de la Sicile et de l'Italie aux Alliés.
Après la guerre, le Néo-Destour mène une lutte décisive qui conduit à l'autonomie interne (déclaration de Pierre Mendès France à Carthage le 31 juillet 1954). Le protectorat s'achève avec la signature du traité d'indépendance par Tahar Ben Ammar et Edgar Faure le 20 mars 1956. Le 25 juillet 1957, la Tunisie adopte le régime républicain et Habib Bourguiba devient le premier président de la nouvelle République tunisienne. Le 1er juin 1959, la Tunisie adopte une nouvelle constitution (après celle de 1861). Bourguiba nomme comme premier ministre Bahi Ladgham, Hédi Nouira, Mohamed Mzali, Rachid Sfar et enfin Zine El-Abidine Ben Ali. Le 7 novembre 1987, le premier ministre Ben Ali annonce que Bourguiba est destitué car déclaré inapte à gouverner par un collège de médecins. Prenant sa place, en vertu de la constitution, il est ensuite reconduit en 1989, 1994, 1999 et 2004.

Politique


Politique intérieure
Portrait du président Ben Ali
Le président de la République tunisienne est élu tous les 5 ans au suffrage universel et il peut se présenter aux élections autant de fois qu'il veut pour autant qu'il ait moins de 75 ans. Zine El-Abidine Ben Ali, l'actuel détenteur du poste, est élu le 24 octobre 2004 pour un quatrième mandat. La Tunisie ne connaît que 2 présidents au cours de son histoire moderne : Habib Bourguiba (25 juillet 1957-7 novembre 1987), avec comme premiers ministres Bahi Ladgham, Hédi Nouira, Mohamed Mzali, Rachid Sfar et Zine El-Abidine Ben Ali, puis Ben Ali (depuis le 7 novembre 1987) avec comme premiers ministres Hédi Baccouche, Hamed Karoui et Mohamed Ghannouchi. Le pouvoir législatif, bicaméral depuis 2002, est exercé par la Chambre des députés, composée de 189 députés (dont 37 de l'opposition) élus au suffrage universel, et par la Chambre des conseillers (qui tient sa séance inaugurale le 16 août 2005) qui comprend 112 membres.
La constitution actuelle est celle qui est proclamée le 1er juin 1959, 3 ans après l'indépendance. Elle est modifiée à 2 reprises : le 12 juillet 1988 pour la limiter le nombre de mandats présidentiels à 3 (après que Bourguiba se soit fait proclamer président à vie) et le 1er juin 2002 suite au référendum tenu le 26 mai de la même année (elle permet notamment la suppression de la limite du nombre de mandats présidentiels, allonge l'âge limite pour déposer une candidature à la présidence, instaure une immunité judiciaire pour le président (durant et après l'exercice de ses fonctions) et instaure un parlement bicaméral).
Le Rassemblement constitutionnel démocratique (RCD), parti au pouvoir, fut durant 25 ans le seul parti politique légal - alors qu'il portait le nom de Parti socialiste destourien (PSD) - et domine toujours la vie politique avec plus de 2 millions d'adhérents revendiqués. La scène politique du pays compte actuellement 6 partis politiques d'opposition légaux, 20 % des 182 sièges de la Chambre des députés leur étant réservé.
Le manque de transparence politique, la faible liberté d'expression et la censure (notamment de la presse et de nombreux sites Web) font qu'une situation politique précise de la Tunisie est difficile à déterminer. De nombreuses ONG internationales pointent du doigt les atteintes aux droits de l'Homme en Tunisie notamment en ce qui concerne les atteintes à la liberté d'expression, les prisonniers politiques et d'opinion détenus, l'instrumentalisation de la justice par le pouvoir exécutif, la torture et la situation dans les prisons tunisiennes, ainsi que le harcèlement de toute dissidence politique.

Politique extérieure
La Tunisie revendique sa dimension méditerranéenne. Elle participe ainsi au Forum méditerranéen, dont l'édition 2005 est organisée par la Tunisie, et elle est le premier pays du bassin méditerranéen à avoir signé, le 17 juillet 1995, un accord d'association avec l'Union européenne dans le but de renforcer son ancrage à l'Europe.
Mais elle ne nie pas son identité arabo-musulmane. La Tunisie fait partie de la Ligue arabe depuis 1958 et tente de faire revivre le projet de l'Union du Maghreb arabe en sommeil depuis 1994. Elle accueille, en mai 2004, la 16e session ordinaire du sommet de la Ligue arabe et envoie régulièrement de l'aide humanitaire aux Palestiniens et aux Etats arabo-musulmans en crise comme le Liban, en 2006, ou l'Indonésie après le tsunami du 26 décembre 2004. Le pays est également un membre fondateur de l'Organisation de l'unité africaine, dont elle assure la présidence en 1994-1995, avant de participer à la fondation de l'Union africaine. Le siège de la Banque africaine de développement est situé temporairement à Tunis depuis 2003. En février 2001, la Tunisie adhère à la Communauté des Etats sahélo-sahariens. Elle contribue également à l'élaboration finale de la loi constitutive de l'Union africaine qui se substitue à l'OUA en juillet 2002.
L'action politique de la Tunisie dépasse pourtant les frontières africaines et méditerranéennes. Le président Ben Ali appelle, en 1999, à la création d'un Fonds mondial de solidarité en s'inspirant du Fonds de solidarité nationale 26-26 qui vise officiellement à contribuer à la lutte contre la pauvreté et à la promotion sociale et humaine dans les zones les plus déshéritées dans le monde. L'Assemblée générale de l'ONU adopte le 20 décembre 2002, à l'unanimité, une résolution portant création de ce fonds et instaurant les modalités pratiques requises pour sa mise en place.

Gouvernorats
La Tunisie est divisée en 24 gouvernorats qui portent le nom de leurs chefs-lieux : Tunis, Ariana, Ben Arous, La Manouba, Béja, Jendouba, Le Kef, Siliana, Bizerte, Nabeul, Zaghouan, Gafsa, Kairouan, Kasserine, Mahdia, Monastir, Sfax, Sidi Bouzid, Sousse, Gabès Kébili, Médenine, Tataouine, Tozeur.
A leur tête, se trouvent des gouverneurs, nommés par le président de la République, qui sont les "dépositaires" de l'autorité de l'Etat. 3 institutions les aident à accomplir leurs missions :
  • le conseil local de développement
  • le conseil rural
  • le comité de quartier
Aux côtés des gouverneurs se trouvent les Conseils régionaux qui sont chargés d'examiner "toutes les questions intéressant le gouvernorat dans les domaines économiques, sociaux et culturels." Ils donnent ainsi leur avis sur les programmes et projets que l'Etat envisage de réaliser dans leur gouvernorat respectif, arrêtent le budget des gouvernorats et les impôts perçus au profit de la collectivité publique et établissent des relations de coopération avec des instances étrangères de niveau régional (après approbation du ministre de l'intérieur).

Justice


Le droit tunisien reste largement inspiré par le droit français, tant dans son contenu que dans ses grandes divisions (public et privé) et ses structures.
Modifiée à plusieurs reprises, la constitution tunisienne garantit les principes fondamentaux suivants :
  • l'indépendance de la justice (art. 65) : selon cette disposition, la justice et le corps des juges devraient jouir d'une pleine indépendance. En réalité, la justice tunisienne demeure influencée par le pouvoir exécutif. Ainsi, en tant que chef du Conseil supérieur de la magistrature, le président nomme par décret les magistrats, les révoque ou les transfert sur proposition dudit conseil.
  • la garantie de certains principes fondamentaux du droit comme le principe de la présomption d'innocence (art. 12), la nonrétroactivité de la loi (art. 13), l'inviolabilité de domicile, la liberté de mouvement et les libertés d'opinion, d'expression, de publication, de réunion et d'association. Ces droits peuvent être toutefois limités par des dispositions légales ou la sécurité d'Etat (art. 8-10).
Le système juridictionnel est précisé par la loi portant sur l'organisation judiciaire de 1967, les règles de compétence (attribution, compétence territoriale et compétence d'exception) étant stipulées dans d'autres textes dont le Code de procédure pénale du 24 juillet 1968. Le système judiciaire est composé de 2 grands ensembles : les juridictions civiles (ordinaire, pénale et spéciale) placé sous le contrôle du ministère de la justice et les juridictions spéciales : Conseil de Prud'hommes, Tribunal immobilier, Conseil d'Etat (Tribunal administratif et Cour des comptes), Haute Cour (destinée à juger le crime de trahison commis par un membre du gouvernement) et Tribunal militaire (qui n'est pas une juridiction d'exception selon les autorités tunisiennes). Le domaine de compétence de ce dernier s'étend principalement aux atteintes à la sécurité nationale et à la sûreté intérieure de l'Etat.

Géographie


La Tunisie couvre 163 610 km2, ce qui fait d'elle le plus petit pays du Maghreb. Elle possède un relief relativement contrasté suivant les régions et une façade maritime importante (1 298 kilomètres) principalement orientée vers l'est. La principale chaîne de montagnes, qui traverse le pays dans le sens sud-ouest - nord-est en direction du cap Bon, est la dorsale tunisienne qui constitue l'extrémité orientale de la chaîne de l'Atlas. Entre les montagnes de cette région se trouvent des vallées et des plaines fertiles. Son point culminant est le Djebel Chambi (1 544 mètres) et l'altitude moyenne de 700 m. Le Sahara, situé au sud du pays, couvre environ 40 % du territoire.
Un seul cours d'eau est alimenté de façon continue : la Medjerda qui se jette dans le golfe de Tunis.
Ses principales ressources naturelles sont le pétrole, les phosphates, le minerai de fer, le plomb, le zinc, le sel et ses terres arables.

Climat


Le climat de la Tunisie est soumis aux influences méditerranéennes et sahariennes : elle est en fait répartie en 7 zones bioclimatiques favorables à une grande diversité de pratiques agricoles, la grande différence entre le nord et le reste du pays étant due à la dorsale tunisienne qui sépare les zones soumises au climat méditerranéen de celles soumises au climat aride engendré par le Sahara.
La pluviométrie annuelle varie selon les régions :
  • environ 1 000 millimètres au nord
  • environ 380 millimètres au centre
  • environ 300 millimètres au sud
La saison estivale est marquée par une aridité importante qui se manifeste par la chaleur et la sécheresse en partie dues au sirocco. Les températures varient en raison de la latitude, de l'altitude et de la proximité ou de l'éloignement de la mer Méditerranée. Les températures moyennes pour l'ensemble du pays sont de 12°C en décembre et de 30°C en juillet. Le pays bénéficie également d'un taux d'ensoleillement important (dépassant 3000 heures par an). S'il peut faire quelques degrés au-dessous de 0 en hiver dans les montagnes de Kroumirie, la température grimpe parfois, en été, aux environs de 50°C à l'ombre dans les régions désertiques.

Villes principales


La Tunisie est urbanisée à 63,3 % (2003)[3] et connait un taux d'urbanisation annuelle de 3,6 %. L'ossature urbaine se situe largement dans les régions de Tunis et du Sahel (centre-est du pays) qui disposent des plus grandes infrastructures économiques et concentrent plus de 40 % de la population urbaine.Ces deux régions représentent chacunes plus du cinquième de la population du pays. Les principales villes sont :
  • Tunis : 1 800 000 habitants
  • Sfax : 231 000 habitants (600 000 en intégrant le Grand Sfax)
  • Gabès : 149 000 habitants
  • Sousse : 125 000 habitants
  • Kairouan : 103 000 habitants
  • Gafsa : 94 000 habitants (360 000 en intégrant le Grand Gafsa)
  • Bizerte : 94 000 habitants

Economie


Entre 1956 et 1960, pour affirmer le contrôle public dans les secteurs-clefs, le gouvernement prend en main la direction du secteur bancaire et nationalise les sociétés de transport, d'électricité, de gaz naturel et d'eau. Dans le même temps, le 18 octobre 1958, le dinar tunisien devient la monnaie officielle. Cependant, l'importance croissante de l'Union générale tunisienne du travail (UGTT) mène le pays vers l'adoption du socialisme. Les objectifs principaux sont alors la "décolonisation économique", l'amélioration du niveau de vie, la réduction de la dépendance des capitaux extérieurs et la création d'un marché national. En mai 1964, l'Assemblée nationale décrète l'expropriation des terres en possession étrangère afin d'établir 300 fermes coopératives d'Etat. Toutefois, l'expérience rencontre des difficultés insurmontables et est interrompue en septembre 1969 suite à la parution d'un rapport de la Banque mondiale sur le déficit des entreprises publiques.
Avec l'arrivée d'Hédi Nouira à la tête du gouvernement, l'Etat engage son retrait du secteur industriel en l'ouvrant à l'investissement privé. En réalité, la Tunisie maintient largement le subventionnement des prix, le secteur financier est entièrement géré par le gouvernement et l'économie est protégée par des droits de douane très élevés et des restrictions d'importation. Cependant, l'économie bénéficie de résultats positifs grâce aux 2 chocs pétroliers, qui font augmenter les prix du pétrole et des phosphates, mais aussi grâce à une production agricole en hausse et à des recettes touristiques plus élevées. Néanmoins, la Tunisie reste dépendante des recettes pétrolières et est pénalisée par son endettement extérieur, grevant les finances publiques qui assurent jusque-là les rentes. De plus, elle n'a pas de base productive en mesure d'absorber le surplus de travailleurs et d'exporter une gamme de produits diversifiée et compétitive. Le manque d'investissement de l'Etat dans les infrastructures entrave encore la croissance et dissuade les investisseurs privés. Entre 1985 et 1986, les agitations sociales augmentent de façon dramatique où l'UGTT organise des grèves et des manifestations contre l'augmentation du chômage et la politique salariale. En conséquence, le gouvernement se met d'accord avec le Fonds monétaire international sur la mise en place d'un programme de réforme économique. Au bout de 18 mois, les grands déséquilibres internes et externes sont maîtrisés, la dette extérieure reste raisonnable et une croissance du PIB de 4,3% est atteinte. Dès le début des années 1980, le gouvernement considère aussi la privatisation des entreprises étatiques pour mettre fin à leur endettement. Les secteurs concernés sont surtout le tourisme, les matériaux de construction, l'industrie textile, l'industrie agroalimentaire et la pêche, la mécanique et l'électrotechnique. De plus, le gouvernement encourage l'industrie manufacturière produisant uniquement pour l'exportation en lui donnant la possibilité de s'implanter partout dans le pays tout en travaillant sous le règlement des zones de libre-échange.
La Tunisie possède aujourd'hui une économie diversifiée. Les secteurs les plus importants sont l'agriculture (huile d'olive, agrumes, céréales et dattes), l'industrie (principalement textiles et pièces automobiles), le tourisme et l'extraction minière (phosphates et pétrole). La politique interventionniste de l'Etat continue de se réduire avec l'augmentation des privatisations, la simplification de la structure fiscale et une approche prudente de la dette publique (déficit budgétaire de 2,6 % du PIB en 2004). La croissance annuelle moyenne du PIB est de 5 % depuis 1987 et atteint 5,8 % en 2004. L'accroissement du secteur touristique et des échanges commerciaux sont parmi les principaux éléments de cette croissance régulière. Le taux d'inflation est relativement faible avec 2,9 % en 2005 et 2,5 % en prévision pour 2006. Le taux de chômage reste assez élevé et touche, selon les chiffres officiels, 13,9 % de la population active (2004).
La Tunisie est le premier pays méditerranéen à avoir conclu un accord de libre-échange avec l'Union européenne (17 juillet 1995). Il est entré en vigueur le 1er mars 1998. Selon les termes de cet accord, la Tunisie et l'Union européenne s'engagent à créer progressivement d'ici 2008 une zone de libre-échange. La Tunisie aura alors un statut comparable à la Norvège ou à l'Islande.
- PIB : 28,17 milliards de dollars (2004)
- PIB par habitant : 2 817 dollars (2004)
- Dette extérieure : 14,71 milliards de dollars (2004)
- Taux de chômage : 13,8 % (2004)
- Réserves en devises : 3,853 milliards de dollars (mars 2006)
Une privatisation accrue, davantage de libéralisations du Code d'investissement, pour augmenter l'investissement étranger, et des améliorations de la gouvernance sont parmi les défis de l'avenir.

Transport


La Tunisie compte 7 aéroports internationaux mais c'est le transport ferroviaire qui constitue l'activité principale sur le plan national en matière de transports. Il est constitué d'un réseau national de 1905 kilomètres de voies ferrées et de 200 gares. Le réseau routier est d'une longueur de 18 997 km et permet de relier les différentes régions du pays et de relier la Tunisie à ses voisins algériens et libyens.

Démographie


Alors que la vaste majorité des Tunisiens (98 %) s'identifient aux Arabes, ils sont principalement les descendants des Berbères : moins de 20% de leur matériel génétique serait originaire du Proche-Orient[7]. Toutefois, les Berbères, qui représentent une forte minorité ethnique au Maroc et en Algérie, restent peu nombreux en Tunisie[8]. De plus, de nombreuses civilisations ont envahi le pays puis ont été assimilées à des degrés divers : Phéniciens, Romains, Vandales venant d'Allemagne, Arabes, Ottomans et enfin Français. Beaucoup de Maures et de juifs fuyèrent l'Espagne à la fin du XVe siècle.
Presque la totalité des Tunisiens (98 % de la population) est de confession musulmane sunnite (malékite). De la forte population juive qui a existé durant 2 000 ans, au sud de Djerba, il n'en reste plus aujourd'hui qu'une infime partie, vivant principalement dans la région de Tunis. Il existe également une petite population chrétienne.
Les quelques tribus nomades, minoritaires, sont pour la plupart intégrées et sédentarisées.
La population tunisienne connaît un accroissement annuel de 1,08 % et est urbanisée à 63,3 % (2003)[3]. Mais la Tunisie est un pays qui connait aussi un taux important d'émigration : le nombre de Tunisiens résidant à l'étranger est évalué à 885 000 personnes. 83 % d'entre eux résident en Europe dont 511 000 en France.

Culture


La culture de la Tunisie est riche de ses 3000 ans d'histoire et reflète ses cultures punique, arabe, turque, africaine, européenne et musulmane ainsi que l'influence des dynasties successives qui règnent sur le pays. Les sites historiques (amphithéatre d'El Jem et ruines de Carthage), les musées (dont le Musée national du Bardo), l'architecture des villes (Sidi Bou Saïd et son influence arabo-andalouse), la cuisine (baguette, fromage et croissant français ainsi que pâtes italiennes) et la musique témoignent de ce passé où les cultures du bassin méditerranéen se sont croisées.
  • Langues
    La Tunisie est l'Etat du Maghreb le plus homogène sur le plan linguistique. Les langues parlées en Tunisie sont le tunisien (langue maternelle sémitique derivée de l'arabe littéral et sans statut officiel) et l'arabe littéral (langue officielle enseignée dès la maternelle). La plupart des Tunisiens parlent également le français (langue de culture enseignée dès l'école primaire) comme seconde langue et apprennent l'anglais en primaire (dès l'âge de 9 ans). Ainsi, ils parlent 3 langues. Quant aux lycéens, ils doivent choisir une option obligatoire, qui sera leur quatrième langue, entre l'allemand, l'espagnol ou l'italien. A Djerba et dans quelques régions du sud du pays, on trouve aussi des locuteurs du chelha et du nafusi (des dialectes berbères). L'enseignement de base est gratuit et obligatoire pour tous les enfants jusqu'à l'âge de 16 ans. Le taux d'analphabétisme y est de 22,9% en 2004 et le taux de scolarisation des enfants de 6 ans, égal pour les garçons et les filles, est de 99%.
  • Cinéma
    Même si la production cinématographique tunisienne est relativement jeune, des films tels que Halfaouine, l'enfant des terrasses et Un été à la Goulette de Férid Boughedir, remportent de nombreux prix et trophées internationaux. Les Journées cinématographiques de Carthage constitue le plus ancien des festivals cinématographiques des pays en développement. L'industrie cinématographique tunisienne ainsi que ses paysages attirent également de nombreuses productions étrangères dont La Guerre des étoiles, Pirates ou Le Patient anglais.
  • Littérature
    La littérature tunisienne existe sous 2 formes : celle en langue arabe et celle en langue française. La littérature arabophone remonte au VIIe siècle avec l'arrivée de la civilisation arabe dans la région. Elle est plus importante en volume comme en valeur que la littérature en langue française qui suit l'implantation du protectorat en 1881. Malgré la longue histoire de la littérature tunisienne, la production nationale reste maigre : environ 120 livres en arabe, tous genres confondus, voient le jour en 2000. Parmi les grands auteurs tunisiens, on peut citer Aboul-Qacem Echebbi, Moncef Ghachem et Mahmoud Messaadi.
  • Musique
    La musique tunisienne est influencée principalement par les cultures arabo-andalouse, arabe et occidentale. Son courant musical classique le plus réputé est le malouf. Mais la musique populaire perdure avec l'utilisation d'instruments arabes, comme la darbouka et l'oud, ou des instruments plus spécifiques à la Tunisie comme le mezoued. Parmi les grands chanteurs tunisiens, on peut citer Cheikh El Afrit, Mohamed Jamoussi et Habiba Msika. Chez les musiciens, on peut également citer Anouar Brahem ou Amina Srarfi. Dans le même temps, une majorité de la population est attirée par des musiques d'origine arabe (égyptienne, libanaise ou encore syrienne). La musique occidentale actuelle remporte également un succès important avec l'émergence de nombreux groupes et de festivals de rock, de hip hop, de reggae et de jazz.
  • Festivals
    Des centaines de festivals internationaux, nationaux, régionaux ou locaux ponctuent l'agenda annuel. Les festivals de musique et de théâtre dominent largement la scène culturelle nationale. Certains sont à vocation générale comme le Festival de Carthage alors que d'autres sont plus spécialisés comme le Festival des arts plastiques de Mahrès.
  • Artisanat
    La Tunisie est également réputée pour ses produits artisanaux :
  • Poterie et céramique : le modelage, la cuisson et le décor de ces poteries sont demeurés primitifs. Les lignes, les points, les traits ciliés, les dents de scie, les croix, les losanges sont autant de motifs qui rappellent les tatouages et tissus ruraux. Ce sont les potiers de Guellala qui sont à l'origine de la création d'autres centres potiers sur le littoral tunisien : Tunis, Nabeul, Moknine, etc. Mais si la poterie poreuse s'identifie à Guellala, celle émaillée (jaune, vert ou brune) est la marque de fabrique de Nabeul.
  • Tapis : la petite histoire attribue à une fille d'un gouverneur ottoman de Kairouan l'introduction en Tunisie, en 1830, du tapis à points noués d'inspiration anatolienne.
  • Costumes : Au début du XXe siècle, chaque région ou village possède son propre costume. Aujourd'hui, le costume traditionnel est la tenue par excellence pour les mariages et les cérémonies. C'est la jebba qui s'est imposée comme habit traditionnel national. Cet habit ample, couvrant tout le corps, se différencie selon la qualité de son étoffe, de ses couleurs et de ses passementeries
  • Mosaïque : la Tunisie possède la plus riche collection de mosaïques antiques du monde. C'est à l'époque romaine et surtout à partir du IIe siècle que cet art se développe au point qu'on puisse parler d'une véritable école africaine marquée par la maîtrise de la représentation figurée.
  • Babouche : les babouches d'hommes sont généralement de la couleur naturelle du cuir. Celles des femmes sont dans leur majorité brodées de fils de soie, de coton, d'or et d'argent avec des motifs floraux ou des croissants.
  • Ferronnerie : c'est aux Andalous que l'on attribue la décoration des portes cloutées devenue caractéristique du fer forgé tunisien. La cage à oiseaux de Sidi Bou Saïd s'inspire directement des arabesques en fer forgé qui orne les façades des maisons.

Religion


L'islam est la religion principale de la Tunisie avec un taux qui avoisine les 98 % de la population. Le judaïsme et le christianisme y sont très minoritaires mais la Tunisie se caractérise par sa tolérance et son ouverture aux autres cultures qui ont fait l'identité du pays. La constitution tunisienne prévoit l'exercice libre des religions tant qu'elles ne portent pas atteinte à l'ordre public. Le gouvernement respecte généralement ce droit. Cependant, il ne permet pas l'établissement de partis politiques basés sur la religion, interdit le prosélytisme et limite le port du hijab (notamment dans les administrations et écoles publiques). Les fêtes religieuses musulmanes sont considérées comme des jours fériés (Aïd el-Kebir, Aïd el-Fitr, Mouled, etc.). Le gouvernement reconnaît également la sainteté des fêtes religieuses des non-musulmans.

Sport


La Tunisie s'illustre particulièrement sur le plan sportif dans 2 sports :
  • le football :
    - organisateur et vainqueur de la CAN 2004
    - qualifié pour les coupes du monde 1978, 1998, 2002 et 2006
  • le handball : pays organisateur du championnat du monde de handball 2005 et 4e de cette édition (pour la première fois de son histoire).

Source : Wikipedia


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