Fleuve Niger
Les chefs d'Etat adoptent le plan de sauvetage et la Charte de l'eau
Quatre chefs d'Etat de l'Autorité du Bassin du Niger (ABN) ont adopté mercredi 30 avril 2008 à Niamey un programme d'investissement de 3 645 milliards CFA (5,5 milliards d'euros) en faveur du fleuve menacé par l'ensablement et une "Charte de l'eau" qui doit garantir le partage "raisonnable et équitable" des eaux.
Le programme d'investissement est décomposé en 639 actions à mener en quatre plans quinquennaux jusqu'en 2027.
Deux des trois volets du programme sont : le développement des infrastructures socio-économiques (4,454 milliards d'euros) et la Protection des ressources et des écosystèmes (852,386 millions d'euros).
Dans un communiqué final, les chefs d'Etat ont annoncé la tenue d'une table ronde des bailleurs le 23 juin à Niamey pour mobiliser les fonds nécessaires au premier plan quinquennal "prioritaire" 2008-2012, d'un montant de 1,4 milliards d'euros (905 milliards FCFA).
Ils ont également décidé d'accélérer la construction de deux nouveaux barrages à Kandadji au Niger et Taoussa au Mali que la Banque islamique de développement (BID) a décidé de financer fin 2007.
Ces deux ouvrages sont censés protéger l'écosystème dans le bassin du fleuve et accroître le potentiel agricole des Etats régulièrement en proie à des crises alimentaires dues à la sécheresse.
La Charte de l'eau (37 articles) fait obligation aux Etats de bien veiller à ce que le bassin du Niger soit mieux préservé.
Elle reconnaît à chaque pays une jouissance "raisonnable et équitable" des ressources en eau, mais stipule que l'utilisation du fleuve doit être rationnelle et surtout viser à satisfaire les besoins "prioritaires" des populations, notamment la lutte contre la pauvreté.
La Charte impose également des amendes aux pollueurs ainsi que des taxes sur le prélèvement d'eau en grande quantité.
Elle réglemente aussi la construction des ouvrages qui doivent privilégier les avantages économiques et tenir compte des conséquences éventuelles pour les pays situés en aval ou de la rive opposée du fleuve.
Enfin, la Charte dont la date d'entrée en vigueur n'a pas été précisée, prône "la conciliation et la médiation" dans le règlement des différends entre les Etats.
Un Comité technique permanent sera créé pour veiller à sa stricte application.
Le secrétaire d'Etat français à la Coopération et à la Francophonie, Alain Joyandet a annoncé durant le sommet une "importante" contribution de la France au programme qui sera fixée en juin lors de la table ronde.
Troisième fleuve d'Afrique, le Niger long de 4200 km couvre un bassin de 2,1 millions de km2 et assure la survie de plus de 110 millions de personnes. Cette population du bassin doublera d'ici à 2025 du fait de la forte croissance démographique de 3 % par an, d'après l'ABN.
D'où les craintes que le bassin n'assiste à l'afflux massif d'autres "réfugiés écologiques" et soit soumis à une occupation sauvage et une surexploitation de ses ressources en voie d'épuisement.
Les 9 Etats de l'ABN sont : le Bénin, le Burkina Faso, le Cameroun, la Côte d'Ivoire, la Guinée, le Mali, le Nigeria, le Tchad et le Niger.
30-04-2008
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