Médecine
L'hépatite A
LA DEFINITION du terme hépatite donnée par le
dictionnaire est la suivante : "Nom générique des affections inflammatoires du foie.
L'hépatite est caractérisée par la mort des cellules hépatiques. Ses agents sont
essentiellement les virus, certains médicaments et des produits toxiques".
Le mot "hépatite" fut utilisé pour la première fois au Ve siècle après J.-C. par Coelius
AURELIANUS, auteur médical romain.
L'hépatite s'accompagne parfois d'ictère (ou jaunisse) : la peau et les muqueuses
deviennent jaunâtres par élévation de la bile dans le sang. Mais dans la plupart des cas,
cette coloration est absente, ce qui entraîne une extension de la contamination liée au retard
du diagnostic.
Les hépatites virales, comme leur nom l'indique, sont causées par des virus A, B, C, D (ou
delta), E. D'autres virus interviennent dans cette pathologie : cytomégalovirus (CMV),
Epstein-Barr virus (EBV), entérovirus (en particulier du type coxsackie), virus du groupe
herpès, virus amaril (virus de la fièvre jaune), virus de la rubéole chez le nouveau-né, virus
des fièvres hémorragiques Ebola, de Lassa, de Marburg.
Une hépatite virale devient chronique au-delà de six mois d'évolution.
L'hépatite A touche principalement les enfants, et est donc caractérisée par des
micro-épidémies dans les crèches et les écoles. Elle est causée par un virus, le VHA, et est
transmise par voie orofécale par l'intermédiaire de l'eau et d'aliments souillés par ce virus
(coquillages, crudités).
Plus répandue dans le monde que les hépatites B et C, l'hépatite A
est aussi appelée maladie "des mains sales". En effet, le virus est éliminé par le tube digestif et se retrouve dans les selles. Le VHA
survit alors quelques semaines sur les surfaces inertes et des mois dans l'eau.
La prévention est donc étroitement liée à des règles d'hygiène simples, notamment le
lavage des mains.
Le VHA appartient à la famille des Picornavirus. Découvert en 1973, le VHA est un virus à
ARN de 27 nanomètres de diamètre et qui n'a pas d'enveloppe extérieure.
Après pénétration dans les cellules du foie (ou hépatocytes), le VHA s'y multiplie. Ainsi,
il induit une inactivation de la réponse immunitaire cellulaire, et une détérioration des hépatocytes.
Les symptômes de l'hépatite A sont ceux d'une grippe avec des troubles digestifs. Dans
99 % des cas, l'hépatite A est banale et bénigne. La période d'incubation est comprise
entre deux et six semaines.
La maladie peut parfois (dans 10 % des cas) s'accompagner d'un ictère (ou jaunisse),
avec des urines foncées et des selles décolorées, ainsi que d'une augmentation de la taille du
foie et de la rate (hépatosplénomégalie).
Si l'hépatite A survient surtout chez l'enfant, quelques cas (sévères en général) ont été
signalés chez l'adulte.
Comme dans les hépatites B et C, au cours d'une hépatite A, on note une nette augmentation
des transaminases ASAT et ALAT, de même que des gamma-GT et des phosphatases alcalines.
De plus, en cas de rétention biliaire associée, le taux de bilirubine dans le sang
(bilirubinémie) est élevé ; des sels et des pigments biliaires sont retrouvés dans les
urines.
Par ailleurs, seule la présence d'anticorps anti-VHA, de type IgM, dans le sang, confirme
le diagnostic. Ces IgM apparaissent dès la 2ème ou la 3ème semaine d'incubation, et
disparaissent en moyenne au bout des 10 premières semaines d'infection.
L'hépatite A concerne aujourd'hui principalement les pays en voie de développement. En
effet, les pays industrialisés, grâce à une nette amélioration de leurs conditions d'hygiène,
sont beaucoup moins touchés par le VHA et, de ce fait, la population générale est très peu
immunisée.
Ainsi, le malade doit respecter des règles d'hygiène strictes : nettoyage à l'eau de
javel des toilettes, aucun contact salivaire par baiser ou partage de verres.
Parmi la population adulte infectée par le VHA, on distingue de nombreux homosexuels
masculins, et de manière plus fréquente s'ils sont séropositifs vis-à-vis du VIH.
Contrairement aux hépatites B et C, l'hépatite A ne dispose pas de
traitement spécifique. Seuls des traitements symptomatiques sont administrés : médicaments contre les maux de tête, contre les vomissements
(antiémétiques) et contre la fièvre (antipyrétiques).
Le vaccin contre l'hépatite A a été commercialisé en 1992. Il est
constitué par une souche virale cultivée sur cellules humaines, purifiée et inactivée. Chez l'enfant, après la première vaccination, un premier rappel est
effectué un mois plus tard. Six mois à un an après la première injection, un deuxième rappel est nécessaire, puis un rappel tous
les dix ans. Chez l'adulte, une injection est effectuée en première vaccination,
puis un rappel est réalisé six mois à un an plus tard. Par la suite, un rappel doit être pratiqué tous les dix ans.
Montpellier - Mai 2000
Diana BOUAYAD-AMINE
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