contact
Contact

Les Clés de l'Islam
Pour une rénovation du Droit islamique

Un livre d'Abdellah AJNAH



Histoire des Sciences

La Médecine arabo-musulmane


LA médecine arabe continua la médecine grecque. Les hôpitaux, en même temps écoles de médecine, virent le jour dans toutes les grandes villes musulmanes. Ils aidèrent à la formation des médecins et permirent la diffusion de l'information médicale.
La "Sunna" (tradition) du Prophète Mohammad contient aussi de nombreux enseignements médicaux. C'est surtout la prévention et l'hygiène alimentaire qui ont été traitées par le Prophète Mohammad qui recommandait une médecine d'hygiène et conseillait d'éviter l'excès de nourriture et le mélange des aliments : "Nous sommes un peuple qui ne mange que lorsqu'il a faim et lorsque nous mangeons, nous évitons les excès". Tel est le sens du hadith (récit) le plus célèbre du Prophète Mohammad en matière médicale. Un autre hadith du Prophète de l'Islam stipule que "toute maladie a son remède". Les spécialistes des hadiths expliquent que l'objectif du Prophète Mohammad est d'inciter le malade à demander ce remède au médecin et ce dernier à le chercher. Ce qui ouvre la porte de la recherche scientifique. A ce titre, la recherche scientifique est considérée comme étant un volet précieux de l'Ijtihad (effort personnel au service de la science).
L'Imam Ibnou al-Kâyem al-Jaouizia a écrit un ouvrage très intéressant intitulé "La Médecine prophétique" et dans lequel il décrit comme son nom l'indique, la pratique de la médecine par le Prophète Mohammad.
Le premier médecin arabe digne d'être signalé a été sans conteste Al-Hareth Ibnou Kaladah dit al Thakefi, né près de la Mecque vers la fin du VIe siècle et mort en 634. Ibnou Kaladah a été formé à l'école de Jundishapur en Perse, il s'intéressait essentiellement à l'hygiène alimentaire et sexuelle, recommandait en priorité l'usage des lavements et des ventouses et ne conseillait l'usage des drogues et des médicaments qu'en cas de nécessité absolue. Il fut à la fois le médecin de Khosroès II et l'ami du Prophète.
Après l'époque prophétique, la médecine eut un caractère très interconfessionnel et elle se pratiqua dans un esprit de grande liberté.
En 750, Bagdad devient un califat dont le développement a pour modèle la ville proche de Jundishapur qui a possédé très tôt un hôpital. Les échanges entre les deux villes forgent des liens culturels entre les mondes islamique et chrétien.
Les médecins arabes d'alors sont des syriens, des perses, des grecs ; ils ne sont pas tous musulmans. Leur activité de traducteurs est intense : l'oeuvre de Galien, celle d'Hippocrate sont et seront traduites d'abord en langue syriaque, puis en arabe. Elles le seront enfin en latin tout au long de la période médiévale. Les Arabes ont largement contribué aux progrès de la médecine occidentale, du Xe siècle environ jusqu'au XVIe siècle. De grands médecins arabes ont aussi enseigné dans la péninsule ibérique, dans des villes espagnoles devenues universitaires, comme Avenzoar (vers 1090-1162) à Séville, ou encore Abou el-Kassis (vers 912-1013) (Albucasis chez les occidentaux) et Averroès (1126-1198), à Cordoue.
Il est impossible de dresser la liste de leurs découvertes et de leurs contributions à la science : un ouvrage de plusieurs centaines de pages serait nécessaire. Néanmoins, il faut se souvenir que :
  • Albucasis effectue des interventions chirurgicales sur les gros abcès, les hémorroïdes, les fistules anales et les cancers, ainsi que des trépanations, des amputations, des trachéotomies, des prothèses dentaires ; c'est lui qui, le premier, se servit de coton pour les pansements.
  • Ibn Nafis (1210-1288), né à Damas, a fait ses études de médecine au Caire. Ce grand érudit a pratiqué des dissections. Il a étudié, en la critiquant, l'anatomie d'Avicenne : il a affirmé ainsi que le coeur possède deux ventricules et non trois comme l'indiquait Avicenne, que la cloison qui les sépare est fermée contrairement à ce qu'assurait Galien. Il en déduisit en la décrivant l'existence d'une circulation pulmonaire.
  • Les premiers hôpitaux pour malades mentaux remontent à 770, à Bagdad (Hôpital Mar el-Stine) et à 875, au Caire (Hôpital Ibn Touloun).
  • Les premiers traités de psychologie et de psychiatrie sont arabes et sont signés Ahmed Ibn el-Gazzar, Rhazès, Avenzoar, Averroès, Mesoui.
  • Les premiers diagnostics de la méningite, de l'ulcère de l'estomac, de la variole sont signés d'Avenzoar, d'Avicenne et de Rhazès.
La médecine arabo-musulmane brille aussi par ses connaissances très développées de la pharmacopée.

Nous allons étudier en détail deux illustres médecins musulmans : Rhazès et Avicenne.

Abu Bakr al-Razi Mohammed ibn Zakaia, Rhazès chez les occidentaux, est né vers 850 (251 de l'Hégire) à Ray. Nous ne savons pas grand chose sur les premières années de sa vie ainsi que sur le déroulement de ses études et ses maîtres. Mais une chose est sûre, c'est que la pratique de la musique fut son principal centre d'intérêt au cours de sa jeunesse. Certains historiens rapportent qu'il fut un excellent joueur de luth. Il a étudié la philosophie et l'alchimie, les mathématiques, la métaphysique, l'astrologie, la théologie, l'orfèvrerie et la monnaie.
Ce n'est qu'à l'âge de trente ans qu'il entama l'étude de la médecine à Ray. Pour cela, il a lu les écrits de Ali ibn Rabban Tabari (mort vers 870), ainsi que de Abdus ibn Zayd (mort en 900). Après cela, il a rejoint Bagdad pour s'instruire et perfectionner sa connaissance de la médecine, et il a voyagé en Syrie, en Egypte et en Espagne.
De retour en Orient, Rhazès est devenu le médecin de la cour du Calife Abu Saleh Al-Mansour, souverain de Khorosan. Par la suite, il est retourné à Ray, où il a pris la direction de l'hôpital local. Le calife Al-Mansour le chargea de diriger le nouvel hôpital central Bimaristan de Bagdad. C'est Rhazès lui-même qui choisit l'emplacement et le type architectural de cet hôpital dont il devint le médecin chef. Il y dispensa un enseignement réputé et y assura régulièrement le service.
Vers la fin de sa vie, sa vue avait été affectée par les vapeurs provenant de ses expériences d'alchimie et les lectures prolongées. Il est mort en 923 (313 de l'Hégire).
Rhazès est sans aucun doute le plus éminent et le plus original des maîtres de la médecine arabo-musulmane de la période médiévale, considéré par certains comme étant le père de la médecine expérimentale.
L'oeuvre de Rhazès est monumentale. Il nous a laissé environ 230 oeuvres dans différents domaines. Dans sa biographie consacrée à Rhazès, Abou Rayhan al-Biruni a recensé cinquante-six traités médicaux, trente-trois ouvrages consacrés aux sciences de la nature, huit à la logique, dix aux mathématiques, dix-sept à la philosophie, six à la métaphysique, quatorze aux sciences de la religion, vingt-deux à la chimie et dix portant sur des sujets variés. Les plus célèbres oeuvres de Rhazès sont : "Kitâb Al-Hawi fi-I-Tibb" (Le Continent), "Kitâb Mansûrî fi-I-Tibb", "Al-Murshid", "Al-Jadri Wa al Hasbeh" (Traité sur la variole et la rougeole), "Shammyeh", "Al-Tibb Al-Molloki" (Médecine Royale) et "At-Tadbîr" en chimie et "Sirr Al-Asraar" (Le secret des secrets) également en chimie.
Son ouvrage "Kitâb Al-Hawi fi-I-Tibb" (Le Continent), est sans conteste parmi les plus remarquables de ses oeuvres. Comme son nom l'indique, ce livre contient toute la médecine. C'est une vaste encyclopédie de médecine pratique et thérapeutique en 24 volumes qui réunit l'ensemble des connaissances médicales du début du Xe siècle. Nous citons ci-après les titres des différents volumes :
  • Volume 1 : les maladies de la tête ;
  • Volume 2 : les maladies des yeux ;
  • Volume 3 : les maladies des oreilles, du nez et des dents ;
  • Volume 4 : les maladies du poumon ;
  • Volume 5 : les maladies de l'oesophage et de l'estomac ;
  • Volume 6 : vomissement, obésité et cachexie ;
  • Volume 7 : les maladies de la poitrine, du coeur, du foie et de la rate ;
  • Volume 8 : les ulcères de l'estomac et de l'intestin, la dysenterie ;
  • Volume 9 : la gynécologie ;
  • Volume 10 : les maladies des reins, de l'urètre... ;
  • Volume 11 : les maladies d'estomac causées par des parasites abdominaux, les hémorroïdes, les désordres vertébraux, la goutte, les varices, éléphantiasis... ;
  • Volume 12 : les différentes sortes de cancer, inflammations, abcès, et tout ce qui a rapport avec les faiblesses du corps ;
  • Volume 13 : les maladies des os, fractures, maladies internes et ulcères, plaies des organes génitaux... ;
  • Volume 14 : défécation et vomissement... ;
  • Volume 15 : les fièvres (typhoïde et entérique) et les maladies causées par les obstructions des canaux naturels ;
  • Volume 16 : fièvres trépidantes (degh) et épuisement, fièvres et refroidissements, fièvres ardentes ou fièvres infectieuses... ;
  • Volume 17 : la variole, la rougeole et les plaies de la gorge ;
  • Volume 18 : conditions critiques, crises ;
  • Volume 19 : l'urine et les rapprochements avec les piqûres de serpents et de scorpions, et les poisons ;
  • Volumes 20 et 21 : les médicaments ;
  • Volume 22 : la pharmacologie (saydaleh) et les sujets rapprochant médecine et pharmacie.
La première édition latine du "Continent" parut à Brescia (Italie) en 1486. Une deuxième traduction fut publiée à Venise en 1529 et en 1562. Cette version latine très rare existe notamment à Cambridge, à la bibliothèque de "King College".
Si le Continent est considéré comme étant l'ouvrage le plus considérable de Rhazès, le plus célèbre et le plus pertinent est sans aucun doute son livre "Al-Jadri Wa al Hasbeh" (Traité sur la variole et la rougeole). Il a été publié dans le monde occidental sous les titres de "De variolis et morbilis" ou encore "Liber de pestilentia". La première traduction en latin date de 1565 à Venise, il a été aussi publié à Londres en 1766, il existe une version française réalisée en 1866 par Leclerc et Lenoir. C'est un traité original, fondé sur des observations personnelles, patientes et minutieuses, et qui constitue le premier ouvrage que l'on possède sur les maladies. Il resta le plus connu et le plus célèbre en Europe jusqu'au XIXe siècle. Rhazès y différencie les diverses affections vésiculo-pustuleuses, en particulier la variole de la varicelle et de la rougeole, il émet la possibilité de l'existence d'une sorte de virus se transmettant de la mère à l'enfant mais aussi entre individus. C'est la plus ancienne relation fidèle entre ces maladies pour lesquelles il n'existait pas précédemment de descriptions grecques. Sa description minutieuse et détaillée des différentes phases éruptives au cours de la variole est un modèle qui permet de le classer parmi les cliniciens de génie. Il décrit la différence clinique entre les deux maladies de façon si frappante que rien depuis n'y a été ajouté. C'est un chef-d'oeuvre de la médecine clinique (Brown 1962).
Rhazès serait parmi les premiers à utiliser les sutures au catgut, la première pommade à base de mercure et les compresses humides et tièdes pour couvrir les intestins au cours des interventions chirurgicales sur l'abdomen.
Il fit cette remarque étonnante pour l'époque : "La vérité, en médecine, est une moyenne qu'on ne peut atteindre ; tout ce que l'on peut lire dans les livres a beaucoup moins de valeur que l'expérience d'un médecin qui pense et raisonne [...]. La lecture ne fait pas le médecin, mais bien l'esprit critique et le talent d'appliquer à des cas particuliers les vérités dont il a connaissance". (Cité dans M. Bergé, Les Arabes, p. 363)...
A propos de la médecine, Rhazès avait l'habitude de dire qu'"en médecine, l'expérience est au-dessus de la science". Il a défini la médecine comme "l'art qui se consacre à la préservation des corps sains, au combat de la maladie, et au rétablissement de la santé du malade".
Il a ainsi désigné les trois aspects de la médecine :
  1. la santé publique ;
  2. la médecine préventive ;
  3. le traitement des maladies spécifiques.
Il a énuméré sept principes pour assurer la préservation de la santé :
  1. Modération et équilibre lorsque le corps est en mouvement et lorsqu'il est au repos.
  2. Modération en mangeant et en buvant.
  3. Elimination des surabondances.
  4. Amélioration et réglementation des habitats.
  5. Eviter les excès néfastes avant qu'ils ne deviennent incontrôlables.
  6. Entretenir une harmonie entre les ambitions et les résolutions.
  7. Se forcer à acquérir de bonnes habitudes notamment concernant la pratique de l'exercice physique.
Rhazès était aussi philosophe, il connaissait Platon et rejetait en partie les vues d'Aristote.

Ibn Sina : Avicenne
Le "prince de la médecine arabo-musulmane" fut incontestablement Abu'l Qasim Ibn Sina, plus connu sous le nom d'Avicenne. Ce persan est un véritable génie et le fondateur de l'école iranienne de médecine. Surnommé "le maître par excellence", il est né en 980 à la ville d'Afshanah située à l'ouest de Bokhara (aujourd'hui en Ouzbékistan), d'un père fonctionnaire de l'administration samanide. Sa langue maternelle était le persan.
A 10 ans, il récitait le Coran dans son entier. A 14 ans, il étudia seul les sciences naturelles et la médecine. A 16 ans, il avait déjà sous sa direction des médecins célèbres de l'époque qui commençaient à assister à ses cours de médecine. A 18 ans, il maîtrisait toutes les sciences connues. A 21 ans, il écrivit son premier livre de philosophie. A cet âge, il entra dans l'administration, pour gagner sa vie. Il acquit une solide réputation et devint à l'occasion Premier ministre. Il occupa par la suite d'autres ministères. Comme la majorité des savants de son époque et dans un climat politique troublé, Avicenne mena une vie itinérante et mouvementée, parsemée de fuites, d'emprisonnements et d'évasions. En 1023, il se réfugia auprès de l'émir d'Ispahan et trouva là une certaine paix durant quatorze ans. En 1037, il mourut brutalement d'une affection intestinale, alors qu'il accompagnait son prince dans une expédition contre Hamadan.
L'oeuvre d'Avicenne est considérable. Ce travailleur acharné (il n'aurait pris que deux jours de repos dans sa vie !), a écrit 456 ouvrages en arabe et 23 en persan. En matière médicale, on dénombre 43 ouvrages. Le "Canon de la médecine" est incontestablement l'une de ses oeuvres maîtresses avec "Le livre de la guérison des âmes" et "Le traité de l'Amour". Malheureusement, l'oeuvre d'Avicenne qui est parvenue jusqu'à nous est incomplète.
Avicenne fut aussi un très grand philosophe et un excellent commentateur d'Aristote. L'une de ses grandes oeuvres philosophiques est "Ach-Chifa" (la Guérison des âmes), qui est une importante somme en dix-huit volumes, "vaste synthèse où tout l'aristotélisme trouve sa place, se couronnant par une interprétation néoplatonicienne de la création".
Comme de nombreux savants de son époque, Avicenne a eu accès aux livres grecs. Ainsi, il explique comment il a rédigé son Livre de la Guérison, à partir de traductions de textes anciens et en ajoutant ses propres observations ou commentaires : "Quand j'ai entrepris ce livre, j'ai commencé par la Logique, et j'ai tenu à me conformer à l'ordre des livres des logiciens : j'y ai exposé des mystères et des subtilités qui ne se trouvent pas dans les livres dont nous disposons. J'ai poursuivi par la Physique [...] ; j'ai poursuivi ensuite par la Géométrie ; j'ai alors résumé, de manière subtile, le livre des Eléments d'Euclide [...]. J'ai fait suivre cela d'un résumé du livre de l'Almageste, en Astronomie, et, outre le résumé, d'un éclaircissement et d'une explication. J'y ai joint, après avoir terminé cela, quelques compléments que l'élève doit connaître pour atteindre l'achèvement de l'art et pour faire coïncider les règles de l'observation et les lois naturelles [...]."
Al-Qânûn fî al-tîbb "la loi de la Médecine", "les règles de la médecine" ou "Le Canoun" rapporte des connaissances médicales de l'époque avec précision, ordre et rigueur dans sa méthode. "Le Canoun" fut traduit en latin et imprimé pour la première fois à Naples en 1491, puis à Venise en 1544 et à Rome en 1593.
Le Canon fut l'ouvrage de référence de la médecine pendant 7 siècles, il fut longtemps la base des études médicales tant en Orient qu'en Occident puisqu'il fut enseigné dans la plupart des facultés européennes (la faculté de Louvain l'enseigna jusqu'au XVIIIe siècle). Il constitua la première somme claire et ordonnée de tout le savoir médical de son temps, enrichi de ses propres observations. Les méthodes de traitement qu'il énuméra demeurèrent en usage 650 ans plus tard. Il s'agit d'une encyclopédie médicale en 5 volumes. Dans le premier volume, Avicenne définit l'objet de cette oeuvre et expose une description des principes généraux et des théories de la médecine, de la physiologie à la thérapeutique en passant par l'étiologie, la symptomatologie, la diététique, la médecine préventive et la psychothérapie. Ce premier volume contient aussi un panorama de l'anatomie et de la pathologie des différents organes, du squelette et des muscles. Dans le second volume, l'auteur procède à une étude des propriétés thérapeutiques des drogues simples (médicaments simples) et de leur préparation. Il étudie aussi le rapport des remèdes avec les différents organes. Enfin, il procède à une classification des drogues simples par ordre alphabétique. Le troisième volume est un panorama des descriptions détaillées des différentes maladies localisées du corps, en commençant par la tête. Pour chaque maladie organique, on trouve une proposition thérapeutique. Dans le quatrième volume, l'auteur analyse les maladies générales, et décrit notamment les fièvres, les tumeurs, les fractures, les abcès et les blessures, avec un chapitre consacré à la beauté et plus exactement aux soins cosmétiques. Dans le cinquième et dernier volume, il est question des drogues composées et de leur préparation. Il propose des prescriptions médicales et des préparations médicinales, avec une énumération de 760 médicaments composés.

Un autre médecin mérite d'être cité. Il s'agit d'Ali ibn al-Abbas al-Magusi dit Haly Abbas (930-994), né à Ahvaz. Il écrivit un livre intitulé "Al-Kitâb al-Malaki" "Le Livre Royal" en 20 volumes. C'est un condensé de toutes les connaissances en médecine. Il s'agit d'un livre de synthèse des connaissances médicales gréco-arabes qui fut considéré comme un chef-d'oeuvre et constitue le premier traité méthodique contenant une riche séméiologie et un thesaurus unique à l'époque. Il fut complété par son livre "Kitâb al-Malaki Fi-Tibb".

L'organisation des hôpitaux
Les hôpitaux fonctionnent dans la plupart des grandes cités musulmanes. Les plus importants sont ceux de Bagdad, Damas, le Caire et Cordoue. Celui de Bagdad a été fondé par le Calife al-Mansûr en 682 de l'Hégire. Près de l'établissement, on construisit une mosquée et une école ("madrasa"). Le bâtiment est divisé en plusieurs sections. Selon les catégories de maladies, spécialement les contagieuses, les malades étaient répartis dans des pièces différentes.
Les hommes et les femmes occupent des salles séparées. Plusieurs médecins et pharmaciens s'y trouvent, à côté des fonctionnaires chargés de la gestion et de l'entretien. Les praticiens se déplacent d'une salle à l'autre pour examiner les malades. Le maître est accompagné de ses assistants qui procèdent à la consultation et indiquent le traitement ; s'ils se trompent, le maître intervient. Des salles de cours et une bibliothèque médicale sont réservées aux étudiants et aux praticiens.

La médecine arabe devait encore connaître des heures de gloire dans l'Espagne musulmane. Il est toujours impossible de faire un bilan complet, mais on peut déjà souscrire au jugement de Montgomery Watt : "Quand on se rend compte de toute l'étendue des domaines que les Arabes embrassèrent dans leurs expérimentations scientifiques, leurs pensées et leurs écrits, on voit que, sans les Arabes, la science et la philosophie européennes ne seraient pas développées comme elles le sont. Les Arabes ne se contentèrent pas de transmettre simplement la pensée grecque. Ils en furent les authentiques continuateurs [...]. Lorsque vers 1100, les Européens s'intéressèrent à la science et à la philosophie de leurs ennemis sarrasins, ces disciplines avaient atteint leur apogée. Les Européens durent apprendre tout ce qu'on pouvait alors apprendre, avant de pouvoir à leur tour progresser eux-mêmes."

Citons enfin que l'homme de bien qui, le premier, fut l'apôtre de la neutralité des médecins en temps de guerre, n'est autre que Saladin ; il ordonna à ses médecins de soigner les prisonniers chrétiens blessés.

13 août 2006





Sciences et Médecine
Autres articles

MAGAZINE

- Tribune citoyenne
- Côté jeunes
- Côté institutions
- Portraits
- Société
- Rétro
- Europe
- Chroniques
- Livres
- Voyage, tourisme et découverte
- C'est arrivé ce mois-ci


PAGES PERSO

- La Fête de La Citoyenneté
- Science et Médecine
- Gastronomie
- Les plus belles oeuvres de l'humanité
- Sports et Loisirs
- Cinéma (films et acteurs)



LIENS EXTERNES

- Wikipedia
- Le journal l'Equipe
- Union européenne
- Magazine Elle
- Allociné
Restaurant
Le Shiva

Spécialités indiennes

7-9, place du Millénaire - Antigone
34000 Montpellier

Tél : 04 67 20 00 49