Médecine
La ménopause
LA ménopause est la cessation des règles ou menstruations chez la
femme, mênos signifiant en grec mois, menstrues, et pausis, cessation. Elle survient entre 45
et 55 ans, mais peut être précoce (avant 40 ans) ou tardive (après 55 ans). Le tabac, une
mauvaise nutrition, le fait de n'avoir jamais eu d'enfant, l'ablation chirurgicale des
ovaires, ou un facteur génétique, avancent l'âge de la ménopause ; celui-ci est reculé
par des grossesses nombreuses ou à un âge avancé. Alors que l'âge de la puberté a baissé au
cours du temps, celui de la ménopause n'a pas changé.
La ménopause n'existe que dans l'espèce humaine. Ses manifestations varient d'une femme à
l'autre et d'une société à l'autre. En effet, il s'agit d'un phénomène biologique,
psychologique et social. Autrefois, la ménopause était vécue par les femmes comme une
fatalité. Mais de nos jours, les femmes étant plus soucieuses de leur beauté, indépendantes et
actives, il est important pour elles de bien traverser cette période qui correspond à un tiers
de la vie. Cela est devenu possible grâce à un traitement hormonal substitutif.
La ménopause est souvent précédée d'une phase au cours de laquelle les sécrétions
hormonales des ovaires diminuent progressivement, entraînant une irrégularité des cycles
menstruels avec alternance d'hémorragies et d'aménorrhées (interruption des règles). Cette
phase est appelée préménopause et dure en moyenne 5 ans.
Qu'est-ce qu'un cycle menstruel ? C'est l'intervalle qui sépare deux règles ;
il survient tous les mois entre la puberté et la ménopause. Le cycle menstruel a une durée
moyenne de 28 jours, au cours de laquelle les ovaires ont trois comportements différents :
dans la première moitié du cycle, ils sécrètent surtout des oestrogènes ; au milieu du
cycle, c'est l'ovulation où un ovule est produit, permettant ainsi une grossesse ; à la
seconde moitié du cycle, c'est la progestérone qui est sécrétée par les ovaires. Le
fonctionnement des ovaires est régi par des hormones libérées par deux glandes du
cerveau : la LHRH, sécrétée par l'hypothalamus, agit sur l'hypophyse ; cette
dernière sécrète la FSH qui provoque la libération des oesrogènes, et la LH qui déclenche
l'ovulation. Ces deux hormones agissent sur l'ovaire. Un contrôle négatif est exercé sur le
cerveau par les hormones ovariennes. Ainsi, lorsque les oestrogènes diminuent, la FSH et la LH
augmentent et vice versa.
Quel est le rôle des hormones sécrétées par les ovaires ? Les oestrogènes agissent à
la puberté sur le développement de la vulve, du vagin, de l'utérus et des seins dont ils
favorisent la multiplication et la différenciation des cellules. Ils agissent aussi sur les
centres cérébraux de régulation de la température. Ils diminuent le taux de cholestérol et de
triglycérides sanguins. Ils favorisent la calcification des os, maintenant l'équilibre entre
la formation et la dégradation du tissu osseux. La progestérone, sécrétée après l'ovulation,
joue aussi un rôle important : elle fait descendre l'ovule mûr et maintient la
grossesse ; elle réduit le gonflement cyclique du corps et des seins, car elle a un effet
diurétique ; elle facilite le développement des cellules de la lactation dans le sein.
Les androgènes, hormones mâles sécrétées notamment par les testicules (testostérone), sont
aussi produits par les ovaires et les glandes surrénales situées au-dessus des reins. Leurs
effets n'étant plus contrebalancés par les oestrogènes après la ménopause, des signes
masculins peuvent apparaître (pilosité).
La ménopause s'accompagne de nombreuses manifestations variables d'une femme à
l'autre : bouffées de chaleur, irritabilité, troubles du sommeil, fatigue, maux de tête,
dépression, sueurs, prise de poids, fragilité de la peau et des cheveux, ostéoporose
(fragilité des os due à une perte de tissu osseux), sécheresse vaginale, modifications
métaboliques (notamment augmentation du "mauvais" cholestérol associé à des lipoprotéines de
basse densité appelées LDL), maladies cardio-vasculaires (insuffisance cardiaque, infarctus,
accidents vasculaires cérébraux...), troubles veineux (jambes lourdes...), douleurs
articulaires, certains cancers (du sein, de l'endomètre, de l'ovaire, de la vulve).
La qualité des os dépend en grande partie de facteurs génétiques. 10 à 20 % seulement
sont liés à la sécrétion d'oestrogènes chez la femme, à l'exercice physique et à
l'alimentation.
L'ostéoporose chez la femme est provoquée par le vieillissement ou par la privation
d'oestrogènes. Une femme ménopausée sur trois présente une ostéoporose au cours de sa vie.
Cela entraîne des tassements vertébraux, des fractures des vertèbres, du poignet, de
l'avant-bras et du col du fémur. Toutefois, il existe des facteurs de risque de
l'ostéoporose : alcool, tabac, ménopause précoce, carence en calcium, race blanche,
sédentarité, maigreur, antécédents familiaux, le fait de n'avoir jamais accouché
(nulliparité), exposition au soleil limitée. Pour mesurer la masse osseuse, la technique de
référence est l'ostéodensitométrie. Celle-ci mesure la densité minérale osseuse exprimée en
grammes de sel de calcium par centimètre carré (cm2) de tissu osseux examiné.
Mais face à ces troubles, la femme a aujourd'hui la possibilité de prendre un traitement
hormonal substitutif, qui, même s'il peut s'accompagner d'effets secondaires, va l'aider à
traverser ces années beaucoup plus facilement. Ce traitement comprend de l'oestrogène naturel
ou de synthèse, n'ayant pas les effets secondaires des pilules contraceptives.
A court terme, l'oestrogène réduit les bouffées de chaleur, les sueurs, ainsi que les troubles
de l'humeur et du comportement. A moyen terme, il améliore l'état de la peau et les symptômes
urinaires (infections, incontinence), et supprime la sécheresse vaginale. A long terme, il
prévient l'ostéoporose, réduit les risques cardio-vasculaires. Toutefois, l'oestrogène semble
augmenter le risque des cancers du sein et de l'utérus, et chez certaines femmes, il provoque
la formation de caillots sanguins dans les veines. Aujourd'hui, le risque de cancer de
l'utérus est contrôlé par l'adjonction de progestérone ou de progestatifs de synthèse, car la
progestérone déclenche des règles artificielles.
Parfois, le traitement hormonal n'est pas suivi par des femmes qui ont peur du cancer, peur de
grossir et qui ne souhaitent pas avoir de nouveau des règles. Or, les maladies
cardio-vasculaires sont la première cause de mortalité chez les femmes ménopausées.
Les oestrogènes sont contre-indiqués chez les femmes ayant un cancer du sein ou de l'utérus,
ou un antécédent de cancer de l'ovaire, ou une affection hépatique grave, ou une maladie
cardiaque, ou un mélanome (tumeur bénigne ou maligne de la peau).
Le traitement hormonal doit être limité à sept ou dix ans, afin d'éviter une augmentation
possible du risque de cancer du sein. Le bénéfice osseux est quant à lui obtenu avec cette
durée. Il peut être réadministré au-delà de soixante-dix ans pour prévenir les fractures
osseuses.
Un traitement non hormonal peut être suivi entre ces deux périodes, mais aussi en cas de
contre-indications au traitement hormonal.
Il existe plusieurs sortes de traitements non hormonaux de la ménopause. Il peut s'agir de
médicaments allopathiques (sédatifs, anxiolytiques, antibiotiques...), mais aussi de
médecines naturelles, ainsi que d'une meilleure hygiène de vie et de l'alimentation.
Par exemple, pour prévenir l'ostéoporose, la femme peut consommer chaque jour des aliments
riches en calcium, sans oublier l'exercice physique qui favorise la fixation du calcium sur
l'os.
Notons que des précurseurs d'oestrogènes sont contenus dans le soja, le chou-fleur, le
maïs, le riz, les carottes, l'ananas, l'avoine. De plus, le taux d'oestrogènes chez la femme
ménopausée est élevé suite à la consommation d'aliments (miel, dattes, poires, pommes, raisin,
noisettes) riches en bore, un élément du même groupe que l'aluminium.
Par ailleurs, des produits à base de yam sont fabriqués à partir des ignames sauvages du
Mexique, qui ont une formule chimique voisine de celle de la progestérone humaine.
Montpellier - Juin 2000
Diana BOUAYAD-AMINE
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