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Du Mercredi 13 au Samedi 30 Novembre 2013



Médecine

La migraine


LE mot migraine vient du latin hemicrania (moitié du crâne).
Cette maladie fréquente se manifeste par la survenue récurrente de crises : mal de tête violent qui atteint d'abord une seule partie du crâne, puis devient diffus et oppressant.
Elle touche 12 % de la population globale - soit près de 7 millions de personnes en France.
La migraine est plus fréquente chez la femme (18 %) que chez l'homme (6 %). Chez l'enfant, en revanche, le sex ratio est proche de 1 et la prévalence varie de 5 à 10 %.
La migraine débute presque toujours avant l'âge de 40 ans et la fréquence et la sévérité des crises diminuent au cours de la seconde moitié de la vie.
Mais la migraine reste une maladie sous-diagnostiquée et méconnue, puisque d'une part la moitié des migraineux ne consulte jamais et d'autre part l'entourage des patients atteints sous-estime souvent la gravité des crises.



Origine


L'origine de la migraine est rattachée aux spasmes des artères cérébrales. La crise se déroule en deux étapes : brusque constriction des vaisseaux suivie d'une dilatation réflexe prolongée qui stimule des terminaisons du nerf trijumeau et qui provoque la douleur. Ces phénomènes sont liés à des substances chimiques présentes dans le cerveau, qui provoquent les désordres vasculaires et inflammatoires (histamine, sérotonine), ou qui interviennent dans le message douloureux (prostaglandine).



Symptômes


Tous les maux de tête ne sont pas des migraines : celles-ci ne constituent qu'une des 13 variétés différentes de maux de tête répertoriées à ce jour.
La migraine se caractérise par la survenue récurrente de "céphalées" (maux de têtes). Les crises, parfois précédées de manifestations neurologiques transitoires nommées "aura" et entrecoupées de périodes non douloureuses, durent plusieurs heures, généralement un jour, parfois deux à trois jours, revenant à intervalles variables. De nombreux signes cliniques peuvent être associés aux crises de migraine : brusque fatigue, nausées, vomissements, modification de l'appétit, changement d'humeur, intolérance à la lumière et au bruit, troubles de l'attention, troubles de l'acuité visuelle, vertiges, frissons, courbatures, hypotension, pâleur...
Les migraines ophtalmiques sont caractérisées par une douleur précédée de signes visuels importants : taches et zigzags lumineux, brouillards, perturbations du champ visuel.



Cause


La migraine est une maladie héréditaire à gènes multiples. Au moins trois gènes différents, dont deux sont mieux connus interviennent dans la genèse de cette affection. Le premier identifié a été localisé sur le chromosome 19 ; il détermine la fabrication d'une partie de "canal calcium" : une protéine qui forme un canal sélectif des ions calcium à travers la membrane de certaines cellules. Un deuxième gène impliqué a été localisé sur le chromosome 1 ; sa fonction n'est pas encore connue. La migraine est soumise à de nombreux facteurs d'environnement qui interviennent dans le déclenchement des crises :
  • Cycle menstruel
    Chez la femme, la vie hormonale joue un rôle important dans la survenue des crises. En effet, la migraine apparaît souvent autour de la puberté, s'améliore dans 2/3 des cas environ pendant la grossesse, s'aggrave volontiers au cours des menstruations et s'estompe dans 2/3 des cas après la ménopause. La chute des oestrogènes en fin de cycle apparaît comme le facteur déclenchant principal des migraines menstruelles. Souvent les contraceptifs oraux évitent ces troubles.
  • Facteurs individuels
    Soucis, contrariétés, surmenage entraînant un stress qui peut provoquer une migraine.
  • Conditions météo
    Vent, froid, brusque variation de température.
  • Odeurs
    Les odeurs fortes de certaines plantes ou parfums peuvent causer une migraine.
  • Origine alimentaire (discutée)
    La migraine pourrait être liée à une allergie à des aliments (oeufs, chocolat, fraises, certains poissons ou crustacés, fromages fermentés, certains alcools, glaces, charcuteries...).
    Aussi les repas trop riches et trop copieux et les mélanges de boissons alcooliques favorisent les "gueules de bois".
    Est également soupçonné le jeûne (saut d'un repas, notamment le petit déjeuner).
Cette liste n'est pas complète et les déclencheurs varient d'une personne à une autre.



Diagnostic


Dans l'immense majorité des cas, le diagnostic de la migraine ne pose aucune difficulté, car les critères cliniques sont désormais très précis. Des critères de diagnostic rigoureux de la migraine ont été établis dès 1988 par l'International Headache Society (IHS). Ces critères permettent de définir avec précision les différentes formes cliniques de la migraine : migraines sans aura ; migraines avec aura, typique ou prolongée ; migraine hémiplégique familiale (qui constitue une entité à part, dont la transmission est héréditaire) ; migraines ophtalmiques ; migraines propres à l'enfant.



Traitement


Sur les 53 % de femmes ayant au moins deux crises mensuelles, 50 % ne consultent pas et 30 % ne se sentent pas prises au sérieux par leur médecin. 70 % des migraineux abuseraient des antalgiques.
Grâce à l'utilisation judicieuse des nombreux traitements disponibles, il est aujourd'hui possible de diminuer la crise de céphalée migraineuse dans 60 à 80 % des cas. La disparition totale et rapide de la céphalée n'est, quant à elle, obtenue au mieux que dans environ 40 % des cas.
La migraine étant caractérisée par des crises entre lesquelles le patient ne souffre pas, le traitement de la crise constitue donc la base du traitement antimigraineux. Ainsi, quelques gestes simples peuvent apporter un soulagement relatif ou temporaire au patient migraineux : appliquer de la glace sur le crâne, s'allonger dans le noir, presser la tempe du côté douloureux, porter des verres teintés, boire du café fort (contenant beaucoup de caféine), se coucher à l'abri du bruit et de la lumière...
Cependant, il faut souvent recourir à un traitement médicamenteux. Il existe de nombreux traitements de fond qui permettent d'espacer les crises, mais il n'y a pas de guérison définitive.
Quatre grandes classes de médicaments ont une efficacité démontrée dans la crise migraineuse :
  • Les antalgiques ou analgésiques pour calmer la douleur (aspirine, paracétamol...) ;
  • Les anti-inflammatoires non stéroïdiens, ou AINS (naproxène, ibuprofène...) ;
  • Les dérivés de l'ergot de seigle (tartrate d'ergotamine, DHE 45) ;
  • Les triptans (nouvelle classe au mode d'action très innovant) : sumatriptan, zolmitriptan, naratriptan.
Seules les deux dernières classes constituent des médicaments spécifiques de la migraine ; ce sont des vasoconstricteurs. Par ailleurs, d'autres substances (caféine, antiémétiques et psychotropes) peuvent également s'avérer des adjuvants utiles.
Il faut toutefois rappeler que l'on ne doit jamais prolonger un traitement de fond s'il est inefficace. Il risquerait d'aggraver la pathologie et de provoquer des effets secondaires.
Des traitements non médicamenteux ont également montré une action sur la migraine : l'acupuncture, la relaxation et le biofeedback.



Adresse


Action migraine
74-80, rue Roque-de-Fillol
92800 Puteaux.

Montpellier - 8 Juillet 2004

Diana BOUAYAD-AMINE





Sciences et Médecine
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