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Médecine

La sclérose en plaques


LA sclérose en plaques fut décrite vers 1860 par Jean Martin Charcot. C'est une maladie auto-immune où le système immunitaire attaque la matière blanche du système nerveux central.
Maladie évolutive du système nerveux central, la sclérose en plaques est caractérisée par une atteinte de la myéline (enveloppe protectrice des cellules nerveuses). Cette démyélinisation se traduit par des lésions des zones nerveuses dans le cerveau et dans la moelle épinière qui prennent la forme de plaques, d'où le nom de sclérose en plaques.
La sclérose en plaque est l'affection neurologique déficitaire chronique la plus fréquente de l'adulte jeune. Elle frappe les jeunes adultes âgés de 20 à 40 ans. Les personnes habitant en Amérique du Nord et dans le nord de l'Europe (pays à climat tempéré) sont particulièrement sensibles à la maladie, qui n'est cependant pas contagieuse.
La maladie est caractérisée par une dissémination du processus dans l'espace et dans le temps : apparition successive de nouvelles plaques dans différents territoires du système nerveux central (avec respect habituel de la substance grise et du système nerveux périphérique) et parfois réactivation de plaques anciennes. Quoique plutôt rares, on constate certains cas de sclérose en plaques de l'enfant, dans lesquels des symptômes apparaissent dès l'âge de 10 ans.
L'environnement génétique rend compte de 6 % de formes familiale et un sujet dont un membre de la fratrie est atteint a 3 % de chance d'être atteint à son tour. Ce pourcentage est multiplié par 10 chez les jumeaux homozygotes.



Incidence


Alors qu'elle touche 2 millions de personnes dans le monde, la sclérose en plaque atteint 100/100 000 habitants en France, ce qui correspond à 60 000 personnes, à raison de 2000 par an. Les femmes représentent 60 % des cas. Le début se fait en moyenne vers 30 ans, 10 % des cas survenant avant 20 ans et 20 % après 40 ans.



Symptômes


Ils sont habituellement liés à une atteinte du nerf optique ou de la moelle épinière pouvant entraîner déséquilibre, paraplégie, troubles urinaires.
Souvent, les premiers signes de la maladie se traduisent par une baisse temporaire de l'acuité visuelle et par des picotements ou des fourmillements dans les bras. Après quelques jours, ces symptômes sont portés à disparaître puis, une diplopie (vision double) et des troubles de l'équilibre font surface.
Les troubles moteurs (faiblesse musculaire, contraction musculaire, paralysie d'un ou plusieurs membres, incoordination des membres, spasmes musculaires, troubles de la parole ou de l'écriture) sont ressentis par plus de 30 % des patients, tandis que 40 % des patients rencontrent également des troubles sensitifs (fourmillements, sensations anormales dans une partie du corps, aux extrémités, dans les mains, les pieds et le visage, douleurs, maux de tête diffus, vertiges, déséquilibre).



Cause


Le système immunitaire, déréglé par un facteur extérieur (peut-être un virus) sur un terrain génétiquement prédisposé, agresse sa propre myéline créant des lésions. La myéline intervient dans la vitesse de l'influx nerveux. Lorsque celle-ci est altérée, l'influx nerveux passe moins bien, occasionnant une difficulté de fonctionnement de la voie de passage intéressée. S'il s'agit de la voie visuelle, il en résultera des troubles visuels ; s'il s'agit de la voie motrice, il en résultera des troubles moteurs, etc.
Parmi les autres facteurs pouvant favoriser la destruction de la myéline, on a identifié jusqu'à ce jour les toxines, les traumatismes, les allergies alimentaires et les déficiences nutritionnelles. Cette maladie touche surtout les pays tempérés froids.



Diagnostic


Les lésions peuvent aisément être mises en évidence à l'aide de l'imagerie par résonance magnétique (IRM). Elles apparaissent sous forme de foyers ou "plaques" disséminés dans la substance blanche, réalisant une "dissémination dans l'espace" du processus lésionnel. Elles siègent de façon élective au contact du liquide céphalorachidien (LCR), c'est-à-dire dans les régions périventriculaires de l'encéphale et sur le chiasma optique, les nerfs optiques, le tronc cérébral et la moelle épinière. Elles se développent aussi en plein parenchyme, notamment dans les centres ovales des hémisphères cérébraux et l'album cérébelleux. Elles peuvent atteindre plusieurs centimètres et être visibles à l'oeil nu avec une couleur chamoisée caractéristique. Au microscope, elles apparaissent centrées sur un vaisseau.



Evolution de la maladie


Les lésions de la sclérose en plaques évoluent dans le temps. Au départ, il s'agit simplement d'une altération de la myéline, mais à un stade plus avancé, ces zones de démyélinisation sont attaquées par des cellules appelées "astrocytes". La maladie évoluant vers l'aggravation, ces cellules transforment le tissu démyélinisé en sclérose. La plaque sclérosée est irréversible et les symptômes qu'elle provoque sont alors permanents.
Comme la maladie évolue différemment d'une personne à l'autre, ce stade peut être atteint rapidement chez certains patients, alors que d'autres ne seront jamais affectés par des troubles permanents. En moyenne, les premiers troubles permanents apparaissent une dizaine d'années suivant le diagnostic.



Traitements


Les traitements de la sclérose en plaques visent deux objectifs : ralentir la progression de la maladie et soulager le patient des symptômes qui l'affligent. Il est encore impossible de guérir la sclérose en plaques.
Le traitement est symptomatique et influence l'évolution de la maladie : corticoïdes, immunosuppresseurs, antispasmodiques, relaxants musculaires, antidépresseurs, antibiotiques, Interféron-bêta, etc.
Il peut être accompagné de repos et de séances de physiothérapie, de massages thérapeutiques et de rééducation (ergothérapie, kinésithérapie). Il faut cependant demeurer critique face à l'efficacité des traitements, notamment en début de maladie, en tenant compte du caractère spontanément régressif des poussées.
Pour les personnes atteintes de la maladie, il est possible de freiner l'apparition des symptômes en se reposant suffisamment, en évitant les sources de stress, les expositions à la chaleur et au soleil, en faisant régulièrement des exercices et en maintenant une diète saine et équilibrée.



Aliments à éviter


La suppression d'aliments toxiques ou irritants n'a pas d'effet sur l'évolution de la maladie, mais elle peut, chez certains patients, limiter l'apparition de poussées.



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